• Bernard Werber - L'Arbre des possibles

    L'Arbre des possible est un receuil de 20 histoires courtes issues de l'imagination fertile de Bernard Werber.
            Les thèmes abordés, amusants, imaginatifs et souvent extravagants, sont proches des univers chers à l'auteur.

    Bernard Werber s'amuse en nous racontant ces courts récits fantastiques don la chute donne souvent à réflexion.

    Tel cet homme qui part en vacance au XVIIè siècle sans oublier de se faire vacciner contre la peste mais où d'autres surprises plutôt inattendue l'attendent. Ou tel autre société qui ne sait compter que jusqu'à vingt... Ou encore cette école pour dieux ou l'on apprend a construire des mondes, des civilisations... Sans oublier cette histoire policière ou le principale témoins est plutôt inattendu. Et bien d'autre surprise plus loufoque les unes des autres.

    Bernard Werber - L'Arbre des possibles

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    Les fans de l'auteur retrouveront avec délices son humour, son érudition, mais aussi ses coups de coeur et ses coups de sang, ses colères, ses révoltes, ses inquiétudes. Werber est un fin observateur de la société humaine, dont il se plait parfois à grossir les traits pour en dénoncer les travers. Lisez plutôt " La dernière révolte ", une nouvelle très alarmiste. Chacun de nous y trouvera sa nouvelle favorite, celle qu'il aurait voulu écrire, l'histoire qu'il aurait voulu imaginé.

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    Bernard Werber - L'Arbre des possibles


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  • Le remorqueur interstellaire Nostromo vogue vers la Terre, lointaine encore, quand son Cerveau Central interrompt soudain l'hibernation de l'équipage. Venu d'un astéroïde inconnu, un appel de détresse a retenti. Le code spatial est formel et trois navigateurs se portent volontaires.

    Quand ils regagnent le Nostromo, l'un d'eux, inconscient, n'est plus qu'un poids mort porté par ses camarades : sur son vidage s'est plaqué, incrusté, une sorte de mollusque-ventouse, doté d'un œil sans regard...

    Avec ce "huitième passager", c'est la mort qui a pénétré dans l'astronef. Un combat sans merci s'engage... 

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    Novélisation du film mythique de Ridley Scott et Alan Dean Foster nous fait vivre cette aventure de l'intérieur. Nous sommes proche des membres d'équipage. Le suspense est bien dosé, distribué lentement avec intelligence et l'angoisse se fait sentir au fil des pages.

    Capturer l'atmosphère intense et la chaire de poule du film était un pari difficile à gagner. On a beau connaitre l'histoire par cœur, on se laisse prendre au jeu. Ce livre tiens toute ses promesses avec de délectables passages à faire frémir. 

    Le livre est davantage basé sur le scénario original que sur le montage final du film. Il existe donc de nombreuses différences entre le livre et le film en raison de ce timing. Et ce n'est pas une mauvaise chose : cela donne un aperçu intéressant de la plupart des premiers concepts et récits de l'histoire, et pas seulement ce que nous avons vu dans les salles de cinéma. Et dans ce cas, certains ajouts donnent lieu à de très belle scènes. 


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    Un homme en fuite trouve refuge sur une île déserte. Un lieu étrange, dominé par une villa immense et somptueuse dont les sous-sols recèlent une machinerie aux fonctions incompréhensibles. L'île pourtant, n'est pas si déserte qu'elle l'a semblé de prime abord. Des estivants, réunis sur place par un certain Morel, s'engagent dans une fête languide dont le rituel paraît se reproduire ià l'infini...

    Dans une île déserte, un justiciable en fuite découvre des choses fantastiques. Répétées à l'infini, les images des anciens habitants de l'île parcourent le paysage, figée dans un discours éternel. L'amour du fugitif envers un des mystérieux personnages le conduira à découvrir Morel et sa machine infernale, puis à intégrer son monde. 

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    Les fictions de caractère policier rapportent des faits mystérieux qu'un fait raisonnable justifie et illustre ensuite ! Adolfo Bioy Casares, dans ce court roman, résout avec bonheur un problème peut-être plus difficile. Il déploie une Odyssée de prodiges qui ne paraissent admettre d'autre clef que l'hallucination ou le symbole, puis il les expliques pleinement grâce à un seul postulat fantastique, mais qui n'est pas surnaturel. 

    " J'ai discuté avec son auteur des détails de la trame, je l'ai relue ; il ne me semble pas que ce soit une inexactitude ou une hyperbole de la qualifier de parfaite " (Jorge Luis Borges)

    Ce court roman de 120 pages est un petit bijou aussi bien par la forme du récit que par e thème choisi : l'accès à l'immortalité.

    Quand nous avons eu l'opportunité de faire un portrait de l'immortalité dans le monde de la fiction, nous imaginons des êtres immortels comme les elfes du Seigneur des Anneaux ou des êtres mythologiques, c'est-à-dire des divinités. Nous voyons ainsi que le prix à payer pour l'immortalité ou pour essayer de l'imiter est élevé. Dans L'Invention de Morel, le scientifique Morel a créé une machine capable de nous offrir l'immortalité de l'âme, mais cela aura un coût très élevé pour notre corps mortel.

    Par ailleurs, le roman explore aussi le thème de l'amour, l'idéalisation de ce dernier et la façon dont il maintient en vie le fugitif. Il s'agit de son unique échappatoire, de son unique désir. L'amour est aussi naturel et humain que la mort, tout comme la peur de la solitude exprimée par le protagoniste. 


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    La Dame à la licorne, la plus célèbre des tapisseries médiévales, est exposée au musée depuis 1882, après une campagne de mobilisation essentiellement menée par Prosper Mérimée. Artistes et curieux, de George Sand à Jean Cocteau, se sont passionnés pour ce trésor de savoir-faire retrouvé au château de Boussac en 1814 et présenté à l'exposition universelle en 1878. 

    L’ambiguïté de la tapisserie est présente dès le Moyen-Âge dans la figure même de la licorne. Si le sens qui a perduré jusqu'à nos jours est celui d'un animal associé à la rareté et à la pureté, d'autres représentations en font une créature mystérieuse, farouche et agressive. L'époque médiévale lui prête des propriétés magiques. Comme le sang de dragon, la corne de la licorne est réputée pour ses pouvoirs : elle purifie l'eau et détecte les poisons. Elle est très prisée, si bien qu'on la trouve dans les trésors médiévaux, comme cette dent de narval d'une longueur de
    plus 1,90 mètre.  

    La licorne est le plus souvent associée à une jeune fille, en tant que symbole de virginité, ou bien à la Vierge elle-même, dont elle est souvent la compagne. Il arrive même qu'elle soit associée au Christ, comme dans la tapisserie de l'Annonciation mystique. Sa symbolique accompagne cependant la vie de tous les jours du Moyen Âge  : tantôt aquamanile, où est mise en valeur sa fonction purificatrice liée à l'eau, tantôt blason sur les armoiries pour sa noblesse, au même titre que le lion.

    Au Moyen-Âge, la licorne est en effet considérée comme parfaitement réelle, tout au plus exotique : on la retrouve dans les bestiaires et dans les récits de voyage. Ainsi, le musée de Cluny expose un ouvrage scientifique prêté par la bibliothèque de l'université de pharmacie de l'Observatoire, qui lui consacre une très sérieuse page. Mais cette symbolique de pureté et d’innocence sainte est, paradoxalement inversée dans la Bible : les psaumes implorent Dieu de protéger les hommes de la licorne et de la gueule de loup. Elle est cette fois perçue comme dangereuse, au même titre qu'un loup. Cette vision perdure, jusqu’à être être notamment illustrée par la tenture dite de saint Etienne dans sa huitième scène : " Le corps de saint Etienne respecté par animaux sauvages ", où elle est représentée parmi les fauves. C'est la symbolique de la créature farouche, inatteignable, qui domine donc ici.        

    Présente dans plusieurs oeuvre de Gustave Moreau, la licorne est presque toujours associées à la pureté féminine, et participe à l'aura mystère qui entoure le tableau auquel elle donne son nom : Les licornes. Ses congénères y sont représentées en compagnie de jeune femmes richement parées, qui portent non seulement le lys de la virginité mais également une épée effilée. Au siècle suivant, en 1953 c'est Jean Cocteau qui, fasciné par la tenture, réécrit le mythe avec un ballet auquel il donne le nom de La Dame à la licorne, sur une musique du XVIè siècle. Les costumes évoquent là encore la blancheur et la pureté, mais le dessin que fait l'artiste de la créature rappelle avant tout son caractère farouche.

    Cette beauté éthérée qui semble jusque-là prédominer les représentations de la licorne est détournée par Nicolas Buffe et sa Peau de licorne, qui prend la forme d'une peau étalée sur le sol. A chaque angle, les sabots figurent ce qui reste de la dépouille de l'animal, ainsi que son crâne cornu et sa queue aux extrémités opposées, et Buffe fait figurer sur la peau elle-même, au milieu des volutes traditionnelles, des motifs humoristiques tirés de la pop culture. 

    Cette dissolution de la figure sacrée de la licorne trouve son point culminant dans l’ouvre la tenture L'oubli et mémoire de la Dame licorne : la Vue de Claude Rutault, qui représente la fameuse tapisserie dont les contours sont peu à peu floutés, jusqu'à ce qu'il n'en reste rien. Ainsi, après avoir été redécouverte il y a seulement deux siècles, La Dame à la licorne s'estompe à nouveau.  

    La Dame à la licorne

     


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    La période médiévale ne fut pas exempte de procès de sorcelleries ; Jeanne d'Arc elle-même dut affronter cette épreuve de janvier à mai 1431. Ce mouvement judiciaire naquit d'ailleurs véritablement un siècle auparavant, vers 1326, lorsque le pape Jean XXII promulgua en Avignon la bulle Super illius specula qui assimila la sorcellerie à une hérésie, une déviance religieuse.

    Les accusations et condamnation ne se multiplièrent pas pour autant par la suite. Si Jurdana de Irissari fut brûlée dès 1329 en Basse-Navarre, il fallut attendre 1390-1391 pour que le prévôt de Paris orchestrât en France les deux premiers procès officiels de ce genre, deux procédures qui s'achevèrent par l'exécution par le feu de quatre femmes. A vrai dire, ce n'est qu'à la fin du XVè siècle que s'accéléra l’acharnement contre les "sorcières", et ce jusqu'au milieu du XVIIè siècle. Désormais armé notamment de la bulle Summis desiderantes affectibus (1484) du pape Innocent VIII et du tristement célèbre "Marteau des sorcières" que Jacques Sprenger et Henrich Kramer publièrent en 1486, les autorités, en particulier l'Inquisition, disposaient d'armes impitoyable pour anéantir les suppôts de Satan. D'autres textes officiels et ouvrages complétèrent régulièrement ces écrits et constituèrent un véritable arsenal à destination des chasseurs de sorcières, comme la Constitutio Criminalis Carolina (1532) de Charles Quint, le Demonomanie des sorciers (1580) de Jean Blondin, et le Démonolâtrie (1595) de Nicoas Rémy. Certains au contraire, s'opposèrent à ces procs et réagirent en conséquence. Réfutant la magie et rejetant la sorcellerie dans le monde de l'imaginaire, l'humaniste repenti Cornelius Agrippa, le médecin Jean Wier, l'érudit Montaigne et l'archevêque de Contorbéry William Laud furent parmi les rares à s'insurger, vainement contre ces pratiques.

    La lutte contre les sorcières devient alors un phénomène social. Bien que les chiffres soient sujets à caution, il est probable qu'environ 100 000 procès se tinrent à travers l'Europe durant la période moderne, avec un pic entre 1560 et 1630, et que la moitié se conclurent par un condamnation à mort. Ce constat cache cependant une forte disparité régionale. L'Europe méridionale, malgré le poids de l'inquisition en Espagne et l'omniprésence de l'Eglise en Italie et l'Angleterre des Stuart furent relativement épargnées, à la fois peu confrontée tant aux procès qu'aux sentences capitales. Au contraire, la France et surtout l'Europe centrale furent aux premières loges de la chasse aux sorcières. Ainsi, la Suisse seule fut le théâtre de 8000 procès, soit plus que le total des îles britanniques et que celui des pays scandinaves qui ne dépassèrent pas chacun 5000 procédures judiciaires. Ce dernier chiffre est tout aussi éloquent lorsque l'on sait qu'il correspond au nombre d'exécutions dans le monde helvétique. De leur côté, les territoires allemands sont particulièrement hostiles à la sorcellerie. Ainsi, entre autres exemples, 99 "sorcières" furent exécutées à Wurzbourg en 1616 et 600 le furent  entre 1623 et 1630 dans l’évêché de Bamberg où, d'ailleurs une Hexenhauss (maison de sorcières) fut spécialement bâtie pour enfermer les accusées.

    Cette répartition géographique des procès n'est pas le fruit du hasard. Au-delà des hystéries collectives propres aux temps de guerre, épidémies et autres famines, ce furent tout d'abord les populations des zones pauvres et éloignées des grands centres de pouvoir, donc avec moins d'accès à l'éducation, qui furent les plus sujettes à accuser, juger et condamner aux flammes les sorcières. Le monde urbain resta relativement à l'écart de ce mouvement. Prenons pour exemple le royaume de France où les procès furent nombreux dans le Languedoc mais plus rare dans la capitale ; entre 1564 et 1639, période phare de cet épisode historique, le Parlement de Paris n'organisa que 750 procès pour sorcellerie et n'exécuta que 10% des 1094 accusés . Dans un contexte très rural où le manque d'éducation se conjuguait à des croyances encore prégnantes, les autorités locales menèrent une politique de justice impitoyable dont certaines femmes firent les frais. Le but était d’asseoir un pouvoir politique parfois contesté que de christianiser en profondeur une société paysanne superstitieuse qui gardait des traces de paganisme, notamment en terre germanique. La dimension religieuse fut incontestablement le second facteur qui caractérisait les contrées où se concentraient les procès pour sorcellerie, à savoir les zones de confrontations, voire de conflits entre catholiques et protestants. En effet, chaque camp accusait son concurrent de diabolisme et s'appliquait à combattre les complices du diable avec zèle afin de conforter et de prouver sa place de seul représentant de Dieu sur Terre. Les femme accusées de sorcellerie ne jouèrent alors que le rôle de bouc émissaire là où ces religions tentaient d'imposer leur dogme, comme ce fut le cas là où les deux Eglises coexistaient, et notamment dans les terres germaniques et helvétiques.

    Au fil des décennies puis des siècles, la chasse aux sorcières déclina cependant. Un certain équilibre religieux s'instaura entre catholicisme et protestantisme tandis que la société moderne imposait des standards qui firent oublier ceux du Moyen Âge. De plus, le cartésianisme et l'essor de la science, encore timide, contribuèrent à calmer les esprits. Dès 1620, le Parlement de Paris commença à se désolidariser de ce type de procès, avant qu'un édit de Louis XIV mette fin au crime de sorcellerie en 1632. Même la papauté, déjà, en 1657, s'était insurgée par décret contre les abus de ce type de procès. Si des "sorciers" furent encore tuées par la populace au cours du XIXè siècle, les derniers procès officiels se tinrent au XVIIIè siècle. En 1684, Alice Moland fut la dernière d'entre elles, exécutée en Angleterre, et Veronika Zeritschim clôt ce chapitre de l'histoire en terre impériale, en 1756. En 1782, Anna Göldi fut décapitée dans le canton suisse de Glaris ; dernière sorcière identifiée, sa mort précède de peu celle de deux femmes inconnues qui furent brûlées dans la ville de Poznan en 1793. Leur décès marque la fin des procès de sorcelleries en Europe. A l"heure ou Diderot publie son Encyclopédie, en 1778, la sorcellerie n'est plus qu' "opération magique, honteuse ou ridicule, attribuée stupidement par la superstition, à l'invocation et au pouvoir des démons ".       

     

     

     


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