• Dans la culture judéo-chrétienne, c'est la Bible qui nous en parle, lorsque dans la Genèse, elle décrit le lieu de délices où avaient été placés Adam et Ève, et raconte la manière dont ils en furent chassés, après le péché originel : Dieu  " bannit l'homme et posta devant le jardin d'Eden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l'arbre de la vie ". Après cela, le Paradis terrestre devint un lieu de nostalgie, que chacun voudrait retrouver mais qui demeure l'objet d'une recherche infinie.

    Commun à de nombreuses religions, ce lieu rêvé où l'on vivait, à l'origine du monde, dans un état de béatitude et d’innocence ensuite perdu, représente souvent une sorte d'antichambre du Paradis céleste.

    Le jaïnisme, l'hindouisme et le bouddhisme mentionnent tous trois le mont Meru, dont jaillissent quatre fleuves et sur lequel se dressent la demeure des dieux et l'ancienne patrie de l'homme. Dans le poème du Mahâbhârata, le dieu Indra se bâtit la ville mobile d'Indraloka, qui présente de nombreux point communs avec l'Eden. Les légendes taoïstes racontent le rêve d'un lieux merveilleux où il n'exstait ni rois ni sujets, où tout se déroulait dans la spontanéité la plus naturelle. Ses habitants entraient dans l'eau sans se noyer, n'étaient pas blessés si on les flagellait et s'élevaient dans les airs comme s'ils avaient marché sur le sol.

    Les mythes égyptiens parlent d'un âge heureux, où s'étaient peut-être profilé pour la première fois le songe du jardin des Hespérides. Le paradis des Sumériens s'appelait Dilmun, et ni les maladies ni la mort n'y existaient. Aux yeux des taoïstes, les montagnes du Kunlun constituaient le site du paradis terrestre. Les mythologies chinoise et japonaise mentionnent toutes deux le mont Penglai, que les légendes localisent en des endroits différents : la douleur et l'hivers en sont absents ; de grande tasses de riz et de grand verres de vin ne s'y vide jamais ; des fruits magiques permettent d'y guérir de toutes les maladies et, bien entendu, on y jouit d'une éternelle jeunesse.

    Le Paradis terrestre

    Les grecs et les romains racontaient des fables sur l'Âge d'or et les règnes heureux de Kronos et de Saturne : selon Hésiode, les hommes vivaient alors libres de toute préoccupation, demeuraient jeunes pour l'éternité, se nourrissaient des fruits de la terre sans avoir à la travailler et mourraient comme en s'endormant.

    On voit déjà apparaître chez Pindare le thème des îles Fortunées où étaient censés vivre les justes déjà passés par trois réincarnation terrestres ; en outre, on trouve aussi bien chez Homère que chez Virgile la description des Champs Elysées, demeure des bienheureux. Horace y fait lui aussi allusion, en référence justement aux inquiétudes de la société romaine après les guerres civiles, comme échappatoire à une réalité déplaisante.

    Dans le Coran, les caractéristiques du Paradis céleste se révèlent très proches de celles des différents Paradis terrestre de la tradition occidentale : les bienheureux y habitent des jardins de délices, en compagnie de splendides jeunes filles et au milieu d'un abondance de fruits et de boissons. Cette image inspira la merveilleuse architecture islamique des jardins, lieux de fraîcheur où gargouillent des jets d'eau.

    En somme, il semble que dans chaque culture, le monde de la réalité quotidienne apparaissait souvent douloureux et invivable, on ait rêvé d'une terre heureuse où les hommes auraient autrefois résidé - et où ils pourraient peut-être retourner un jour. Comme l'a rappelé Arturo Graf dans une étude devenue classique sur le mythe du Paradis terrestre, certains chercheurs auraient même avancé l'hypothèse selon laquelle le mythe édénique refléterait
    " le souvenir brouillé d'une condition sociale primitive, antérieur à l'établissement de la propriété foncière ".

     


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  • En 1957, un jeune fermier brésilien, originaire de Sâo Francisco de Sals, écrivit à Jäo Martins et au docteur Fontes pour leur faire part de son aventure. Trouvant le cas peu banal, ces derniers n'hésitèrent pas à lui faire parvenir l'argent du voyage pour pouvoir le rencontrer. L'enquête commença le 22 février 1958, dans le cabinet du docteur Fontes.

    Ce qu'ils apprirent était si étonnant que les deux enquêteurs décidèrent de ne rien révéler à la presse. Ce n'était pas la peine de déclencher une vague d'imitations. En revanche, un cas similaire viendrait peut-être corroborer le premier. Le récit de l'enlèvement du jeune fermier parvint néanmoins aux oreilles du docteur Walter Bulher, en 1961. Il mena sa propre enquête.

    Pourtant, il faudra dix ans pour que tous les détails de l'aventure vécue par Antonio Villas Boas, un jeune fermier de 23 ans, soient enfin révélés dans les revues spécialisées.

    Deux incidents inhabituels, dont les deux frères Boas furent témoins, précédèrent l'enlèvement. Le 5 octobre 1957, vers 11 heures du soir, alors qu'ils allaient se coucher, les deux frères aperçurent, par la fenêtre de leur chambre, une lumière dans la cour de la ferme. Elle se déplaça vers le toit de la maison et brilla pendant quelques minutes entre les lames des volets et les tuiles du toit.

    Le second incident eut lieu neuf jours plus tard, le 14 octobre, vers 9h30 du soir. Les deux frères étaient dans les champs, en train de labourer. Soudain, ils furent éblouis par une éclatante lumière " grosse et ronde ", à environ 100 m au-dessus du sol, à l'autre bout du champ. Antonio s'avança pour voir de quoi il s'agissait. A son approche, la lumière " s'enfuit " à l'autre bout de champ. Ce petit jeu se répéta chaque fois qu'il tenta de s'approcher. Puis le lumière disparut pour de bon.

    Le lendemain soir, 15 octobre, Antonio se trouvait au même endroit, seul cette fois, pour labourer son champ. Vers 1 heure, il vit une grande étoile rouge descendre du ciel. Quand elle fut plus près, il s'aperçut qu'il s'agissait en fait d'un objet lumineux en forme d'oeuf. L'ovni passa à 50 m au-dessus du tracteur, puis atterrit à environ 15 m de là.

    Une lueur intense illumina soudain les alentours. Il faisait aussi clair qu'en plein jour. L'objet était surmonté d'une coupole rotative entourée de lumières violettes. Trois sortes de forets, de " pieds " apparurent tout à coup et se mirent à inspecter le sol.

    Pris de panique, Villas Boas appuya désespérément sur l'accélérateur, mais après quelques toussotements, le tracteur, tomba en panne et refusa de redémarrer. Le jeune fermier sauta alors à terre et se mit à courir à travers champs. Malheureusement pour lui, la terre, fraîchement labourée, gênait considérablement sa progression... 

    Bientôt, " quelqu'un " l'attrapa par le bras. Son assaillant était étrangement vêtu et portait un casque. Il était de petite taille. Villas Boas se débattit et l'envoya à terre. Mais trois autres créatures survinrent et s'emparèrent de lui. Ils le prirent par les pieds et par les mains, malgré ses cris et ses protestations.

    Villas Boas déclara plus tard à ce sujet : 

    " Mes cris semblèrent les surprendre. Ils examinèrent même mon visage, comme s'ils cherchaient à comprendre d'où venaient mes cris. Cette curiosité me rassura un peu. Je n'en continuaient pas moins à me débattre et à appeler au secours. "

    Ils le transportèrent au pied de l'appareil et le hissèrent, par une échelle, avec grande difficulté. On le fit entrer dans une pièce carrée aux mur métalliques. De petites lampes très hautes donnaient une vive lumière. il était entouré de cinq extra-terrestres. Deux d'entre-eux le tenaient toujours fermement. Ils l'emmenèrent ensuite dans une pièce adjacente, plus grande que la première et de forme ovale. Une étrange colonne de métal se dressait du plancher au plafond. Il remarqua aussi une table et des chaises tournantes placées les unes à côté des autres, près d'un pupitre lumineux.

    Suivit alors une " conversation " que le témoin décrivit en ces termes : 

    " Je n'ai jamais entendu rien de pareil. On aurait dit des aboiements et des jappements lents, ni aigus ni rauques, certains plus long que d'autres. Leur voix émettait parfois plusieurs sons à la fois, puis, tout à coup, elle se brisait comme dans un frémissement... Mais ce n'étaient que des sons inarticulés, des aboiements d'animaux. Rien de comparable aux syllabes et aux mots d'une langue étrangère. Ils étaient tellement indistincts à mon oreille que je suis incapable de les reproduire... Ma voix n'est pas faite pour cela... La simple pensée de ces aboiements me donne des frissons. "

    Cette étrange " conversation " terminée, les cinq extra-terrestres entourèrent Villas Boas et le dévêtirent de force, mais sans lui faire mal. Il protesta énergiquement, mais en vain, ses ravisseurs le contemplant toujours d'un air inquisiteur chaque fois qu'il criait.

    On possède d'eux un portrait assez précis. Ils étaient vêtus de combinaison grises très ajustées et portaient des casques renforcés de bandes de métal à l'arrière et sur le devant. A travers une sorte de visière, on pouvait apercevoir leurs yeux clairs. Leurs casques étaient surmontés de trois tubes. Celui du centre descendait le long de la colonne vertébrale et pénétrait dans la combinaison au milieu du dos. Les deux autres tubes étaient aussi rattachés à la combinaison, mais sous les bras. Les manches se terminaient par des gants qui rendaient leurs mouvements maladroits.

    Les " chaussures " semblaient faire partie intégrante de la combinaison ; les semelles en étaient épaisses (environ 5 cm). Sur la poitrine, ils portaient tous une sorte de petite plaque, " de la taille d'une tranche d'ananas ", qui réfléchissait la lumière. Une bande de métal reliait cette plaque à une ceinture.  

    La pièce n'était pas chauffée et le pauvre fermier tremblait de froid et aussi d'inquiétude. Pourquoi l'avait-on dévêtu ? Que lui voulait-on ? Un des extra-terrestres s'approcha de lui et lui frotta le corps avec une sorte d'éponge imprégnée d'un produit " aussi clair que de l'eau, mais plus épais et sans odeur ". Ce n'était pas de l'huile non plus. "

    Puis on le fit sortir de la pièce et on l'emmena  dans une autre direction. En chemin, il remarqua une porte où était inscrit des symboles, peints en rouge. Ils arrivèrent dans une autre pièce. L'un des extra-terrestre s'approcha avec une coupe d'où pendaient deux tubes flexibles. On lui en fixa un au menton. L'autre servait à pomper. Horrifié, Villas Boas vit la coupe se remplir... de son propre
    sang ! Puis on le laissa seul. Ne sachant quoi faire, il prit place sur un confortable divan et passa en revue tout ce qui venait de lui arriver. 

    Soudain, une odeur désagréable le prit à la gorge. En levant la tête, il aperçut, près du plafond, des tubes métalliques d'où sortait une lumière grise. L'odeur lui souleva bientôt le cœur et il alla vomir dans un coin de la pièce. il se sentit un peu mieux après.

    Quelques instants plus tard, une femme apparut dans l’entrebâillement de la porte. Elle était nue ! Et très belle. Plus petite que Villas Boas, elle lui arrivait aux épaules. Ses chevaux étaient très blonds, presque blancs et soyeux. Ils bouclaient et les coiffait avec une raie au milieu. Elle avait de grands yeux en amande "bridés vers l'extérieur ". Le nez était petit et droit, et les pommettes saillantes. L'ensemble du visage était assez large, à l'exception du menton qui était très pointu. Les lèvres et la bouche étaient très fines. Les oreilles étaient normalement petites.

    La porte refermée, Villas Boas se retrouva seul avec cette femme au corps splendide. Sa poitrine était haute et ferme. Sa taille, très fine, était mise en valeur par des hanches et des cuisses larges. Elle avait de petits pieds et des mains longues et fines. 

    Elle s'approcha du jeune fermier et, dressée sur la pointe des pieds, elle posa doucement sa tête sur son épaule. Puis, frottant son corps contre le sien, elle lui fit clairement comprendre ce qu'elle voulait. L'acte qui suivit sembla le plus naturel du monde.

    Ensuite, elle se fatigua et refusa d'autres avances. Elle ne l'embrassa jamais, mais le mordit gentiment une fois au menton. A plusieurs reprises, elle émit quelques petits grognements  " qui faillirent tout gâcher ", commenta Villas Boas, " car j'avais soudain, la désagréable impression d'être en compagnie d'un animal ".

    Lorsqu'un de ses compagnons vint la chercher, elle se tourna vers le jeune homme, pointa son doigt vers son ventre puis le leva vers le ciel. " Elle veut me dire par-là qu'ils reviendront me chercher ",  se dit-il terrifié. Quatre ans plus tard, lorsque le docteur Fontes le rencontra, cette peur ne l'avais pas quitté. Pour le rassurer, ce dernier lui suggéra que le geste de la jeune femme avait peut-être une autre signification.

    Peut-être voulait-elle lui dire : " Cet enfants, notre enfant, naîtra sur ma planète natale. " Villas Boas conclut alors qu'il n'avait fait que servir d' "étalon ".

    La jeune femme partie, ses ravisseurs lui demandèrent de se rhabiller, puis il lui firent visiter l'appareil. A un moment donné, il essaya de substituer un instrument, mais un de ses gardes s'en aperçut et lui arracha des mains. La visite terminée, on le reconduisit à l'échelle et on l'invita à redescendre.

    Puis l'échelle remonta. Les lumières s'allumèrent, la coupole se mit à tournoyer à toute vitesse et l'engin décolla. D'autres lumières clignotèrent et, après s'être incliné sur le côté, il partit comme une flèche.

    Il était alors 5h30 du matin. L'aventure avait duré quatre heures. Villas Boas rentra précipitamment chez lui, tenaillé par la faim et affaibli par ses vomissements. Il dormit jusqu'à 4h30 de l'après-midi. A ce premier réveil, il se sentit bien. Mais, lorsqu'il voulut se reposer à nouveau, il dormit mal, secoué de terribles cauchemars.

    Le lendemain, il fut prit de vomissements et souffrit de violents maux de tête . Puis ses yeux se mirent à le brûler et des plaies apparurent sur son corps. Elles séchèrent au bout de quelques jours, mais laissèrent des cicatrices rondes et violacées.

    Lorsque le docteur Fontes l'examina, il remarqua deux petites plaques de chaque côté du menton, selon lui " cicatrices laissées par une lésion superficielle combinée avec hémorragie sous-cutanée ". Le corps présentait d'autres cicatrices semblables.

    Dans une lettre qu'il adressa à la Revue des soucoupes volantes, le docteur Fontes propose un diagnostic : une trop longue exposition à des radiations, " Malheureusement, ajoute-t-il, quand j'ai examiné la victime, il était trop tard pour procéder à des analyses de sang qui auraient confirmé ce diagnostic "

    Le 10 octobre 1971, Jâo Martins fit enfin paraître en brésilien un compte rendu de cette affaire dans un journal de Rio de Janièro, le Domingo illustrado.

    Il écrit en conclusion : " Nous avons soumis Antonio Villas Boas à un interrogatoire serré. Il ne s'est jamais contredit. Il n'est tombé dans aucun des pièges que nous lui tendions pour savoir s'il ne cherchait pas la notoriété ou l'argent. Les examens médicaux prouvent qu'il jouit d'une bonne santé physique et mentale. Ses amis et voisins certifient que c'est un homme sérieux et travailleur. "

    Martin révéla aussi que l'interrogatoire avait parfois été très pénible à supporter, mais que, malgré la pression, Villas Boas n'avait jamais dévié de son premier récit. Le journaliste conclut que : " Si cette histoire est véridique, il y a peut-être quelques part, dans l'Univers, un enfant... qui se prépare à revenir parmi nous ! "  

     


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  • Poveglia, une île de la lagune de Venise, traîne une sinistre réputation. Elle a été utilisée, dès l'époque romaine pour isoler les malades de la peste noire. Idem au XVIIè siècle : l’île est transformée en lazaret, établissement de mise en quarantaine des passagers, équipages et marchandises en provenance de ports où sévissait la peste. Les rumeurs locales racontent que plus de 160 000 personnes y furent enterrée. De grandes fosses y auraient été ainsi creusées et d'imposants bûchers installés afin de brûler les corps. 

    En 1922, c'est au tour d'un hôpital psychiatrique d'être bâti sur l'île et, très vite, d'horribles histoires circulent, affirmant que les patients, après leur arrivée, voyaient les fantômes de esprits tourmentés victimes de la peste cinq siècles auparavant. Le médecin résident décida alors d’enquêter sur ces phénomènes... en pratiquant des lobotomies et des expériences médicales pour le moins controversées. D'après des témoignages, celui-ci aurait été victime des mêmes phénomènes d'apparitions et, croyant sombrer dans la démence, il se suicida en se jetant du clocher de l’hôpital. 

    Après ces terribls incidents, l'hôpital fut fermé en 1968 et demeure inhabité depuis. Tout comme l'île entière d'ailleurs, abandonnée par le gouvernement italien, qui a annoncé en 2014 son intention de se séparer de cette terre maudite. Depuis quelques années, de nouvelles légendes ont été propagées par des chasseurs de fantômes anglo-saxon et des chercheurs en paranormal, qui affirment que de nombreux esprits tourmentés hantent toujours l'île de Paveglia    

     

     


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  • L'île italienne de la baie de Naples, en mer Méditerranée s’étend sur une centaine de mètres de longueur pour une largeur équivalente et tiens son nom des cavités qui l'environnent. 

    La légende raconte que le poète Virgile, qui aurait eu des dons de magicien, a enseigné son savoir ésotérique sur l'île. Au XVIIè siècle, elle était occupée par des établissements romains, puis elle fut utilisée pour défendre le golfe de Naples. Au début du XIXè siècle, elle est occupée par un ermite, connu sous le nom de " The Wizard ", le sorcier en français. Peu de temps après la mort de l'ermite y est construite une luxueuse villa, qui fut propriété de l'écrivain britannique Norman Douglas, en exil après avoir échappé de justesse à la prison de Londres, où il était accusé d'actes de séductions envers un garçon de seize ans. Il y mourra d'une overdose.

    Dans les années 1920, l'île est reliée au continent par le téléphérique et de nombreux propriétaires vont se succéder dans la villa. Tous mourrons dans des circonstances étranges. Ainsi, le Suisse Hans Braun est retrouvé mort, enveloppé dans un tapis ; un peu plus tard, sa femme se noie en mer. Le prochain propriétaire, l'Allemand Otto Grunback, meurt d'une crise cardiaque dans la villa. L'industriel pharmaceutique Maurice-Yves Sandoz, après avoir résidé sur l'île, se suicide dans un hôpital psychiatrique en Suisse. 

    La villa a également appartenu à l'industriel et homme d'affaires italien Gianni Agnelli, dont le fils unique s'est suicidé, et au milliardaire américain Paul Getty, qui a subi l'enlèvement d'un de ses petit-fils. Le dernier propriétaire privé de l'île est Gianpasquale Grappone, qui a ensuite été emprisonné quand sa compagnie d'assurance s'est subitement effondrée.

    On comprend mieux pourquoi la population de Naples la considère comme une île maudite en raison de la mort prématurée de la plupart de ses occupants ! Devant autant de mauvais sort, l'île de la Gaiola  et sa villa de luxe restent désormais complètement abandonnées. Mais la malédiction s'acharne  : les journaux ont de nouveau parlé de ce sinistre endroit en 2009, après le meurtre de Franco Ambrosio et de sa femme Giovanna Sacco, qui possédait une villa... en face de l'île.   

     

     


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    Pour le Moyen-Âge, les défunts poursuivent une autre vie dans un au-delà qui reçoit diverses formes et qui, la plupart du temp, reste proche de notre monde. Ils se manifestent sous la forme de fantômes et de revenants. Les textes fourmillent littéralement d'histoire sur eux... Précisons d'emblée qu'il ne faut pas confondre ces deux types de trépassés, erreur commise par nos lointains ancêtres qui ne faisaient pas vraiment la différence entre eux. 

    Le mutisme des fantômes est normal pour Cicéron qui s'étonne qu'on leur prête la parole, " comme s'il était possible de parler sans langue, sans palais, sans que fonctionne les organes de la gorge, de la poitrine, des poumons ". 
    A la fin du XVè siècle, l'Anonyme de Byland note qu'un revenant " formait ses mots dans ses entrailles et ne parlait pas en utilisant sa langue "

    Au XIIIè siècle,un comte procure à un défunt une sépulture décente ; celui-ci l'aide à gagner la main d'une dame et, lorsque le comte veut lui serrer la main, il ne saisit que du vide. Le clerc anglais  Gautier Map a avancé une explication de ce type de phénomène : " A propos d'une hallucination, c'est-à-dire d'une apparition furtive, on parle de fantôme " ; ce sont en fait les démons qui créent d'eux-mêmes ces apparences, ajoute-t-il.
    Parlant d'un fantôme, Guillaume de Newbury note : " Il sortait la nuit de sa sépulture, à l'instigation de Satan, comme on le croit. " Pour les Chrétiens, les apparitions sont toujours de nature diabolique ; ce sont des fantasmagories, des illusions.

    Ekkehart de Saint-Gall évoque dans sa Chronique une apparition singulière qui eut lieu en 1125 : les sentinelles d'un château de Saxe virent un homme sortir du mur de la forteresse ; son corps brûlait comme une torche. Pour les clercs, il ne peut s'agir que de damnés, comme le confirme un exemplum composé entre 1180 et 1200 : deux clercs s'adonnent à la nécromancie ; l'un trépasse après avoir promis de se montrer trente jours après son décès. A la date indiquée, il apparaît enveloppé dans un manteau et accompagné de démons. Il sort la main de son manteau : elle brûle et des gouttes incandescentes en tombent.

    Tous ces morts qui ne trouvent pas le repos font connaitre leur présence par des bruits. Thietmar de Mesebourg relate dans sa Chronique un fait étonnant : le vendredi 1 décembre, au premier chant du coq, une lumière jaillit de l'église de Rottmersleben et on entend un fort grognement, ce qui annonce la mort de Liudgard, une cousine de l'auteur qui déclare : " Un jour, moi et mon compagnon entendîmes des morts parler entre eux " Pour Thietmar, ces bruits annoncent un décès pour l lendemain, cela ne fait aucun doute. Un mauvais aumônier hantait les alentours du monastère de Melrose en poussant " des grognements effrayants ".

     Parfois les apparitions s'accompagnent de cris, de tintements, de coups sourds, comme dans l'histoire de la maison hantée d’Athènes que rapporte déjà Pline le Jeune dans une lettre à Lucinius Surra : un fantôme a prit possession des lieux car il a été enterré dans la cour et ne trouve pas le repos ; il se montre enchaîné. Vers 1115, Guilbert de Nogent nous dit avoir entendu, une nuit d'hiver, " un bruit de voix proches et nombreuses " qui précède de peu l'apparition d'un défunt. L'immense majorité des témoignages nous apprennent, lorsqu'ils précisent les faits que les bruis sont d'abord dus à des morts relevant de la catégorie des âmes en peine ou des âmes du purgatoire, dans une optique chrétienne.

    Constance de Lyon rédige la Vie de saint Germain vers 475 - 480 et rapporte un épisode étonnant de vie du saint : avec ses compagnons, alors qu'il passait la nuit dans une maison hantée et isolée, " apparut soudain un hideux fantôme tandis qu'une grêle de pierres s'abattait sur les murs de l'édifice ", ce qui apparente ce mort à un poltergeist. Conjuré par saint Germain, le " hideux fantôme " parle, révèle ses crimes et demande une sépulture. Depuis le petit traité de saint Augustin sur Les Soins à donner aux morts, écrit entre 422 et 424, la notion de sépulture chrétienne est en effet étroitement liée aux apparitions. Plus païenne est la notion des défuns n'ayat pas reçu la sépulture rituelle.

    Dans les Loisirs impériaux, Gervais de Tilbury nous raconte qu'un défunt se montra à une jeune fille de Beaucaire en 1211 ; répondant au nom de Guillaume, il apparut trois ou cinq jours après son décès à celle qu'il avait aimée, et elle seule le voyait.

    Parfois les morts se regroupent : " En petite Bretagne on vit des proies nocturnes et des chevaliers les conduisant qui passaient toujours en silence. La troupe et les phalanges allant de nuit, que l'on appelait d'Herlethingus, assez célèbres en Angleterre, apparurent jusqu'à l'époque de notre roi Henri II " nous confie Gautier Map. Cette cohorte fantôme fut par la suite interprétée comme un purgatoire itinérant et trouva place chez de nombreux auteurs de l'Occident médiéval.

    Les défunts apparaissent aussi dans les rêves. " Une nuit, la jeune Herdis rêva qu'une femme venait à elle, rapporte la Saga des habitants du Val au Saumon ; elle portait un manteau de laine et un linge recouvrait sa tête. "
    L'apparition délivre un message ; on arrache le plancher et on trouve des ossements noirs et inquiétants d'une sorcière, un bel exemple de ce que l'on appelle " l'influence des restes ". L'empreinte chrétienne est très forte dans les histoires de fantômes. La grande leçon des textes est que le péché est toujours puni mais que les vivants peuvent secourir les morts par des suffrages. Le poète Michel Behain illustre même le danger d'évoquer le nom de Dieu : 

        Un beau jour, le comte Eberhard de Wurtemberg partit seul chasser en forêt . Il entendit bientôt un grand fracas et vis paraître une créature inquiétante qui poursuivait un cerf. Effrayé, il mit pied à terre, se réfugia dans un bosquet et demanda à l'apparition si elle lui voulait du mal. L'inconnu lui répondit :
    " Non, je suis un homme comme un autre. Autrefois, je fus un seigneur qui aimait passionnément  la chasse et je demandais un jour à Dieu de me permettre de chasser jusqu'au Jugement dernier. Pour mon malheur, je fus exaucé et il y a déjà 500 ans que je traque cet unique cerf. " Eberhard lui dit alors : " Montre-moi ton visage afin que je puisse éventuellement te reconnaître. " L'autre se découvrit : son visage était à peine gros comme le poing, ridé et sec comme une feuille morte - puis il s'éloigna à la poursuite du cerf.

    Il existe enfin des armées fantômes dans le témoignage d l'historien Giraud de Barri. Dans la Conquête de l'Irlande, il rapporte comment l'armée de Robert Fitz-Stephen, campant à Ossory, fut alarmée par le bruit produit par des milliers d'hommes, accompagné de choc des armes et des haches, et Giraud d'ajouter : " De telle apparitions spectrales se font souvent voir en Irlande aux armées en campagne. "

    Reflétant une interrogation majeure sur le destin de l'homme après son décès, les histoires de fantômes apportent leur propre réponse en fonction de la religion des témoins. C'est une tentative d'explication de croyances irrationnelles venue du fond des temps et qui jouissent encore aujourd'hui d'une étonnante pérénité car elles suscitent l'espoir que la mort n'est pas une fin.      

     

     

     

     


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