• Les villes mayas sont conquises mais ne disparaissent pas. Parfois la végétation reprend ses droits, dispute au hommes les prérogatives d'un asservissement définitif. Au loin, le volcan se couvre et se découvre, annonçant l'imminence de combats sanglants entre les forces métalliques des conquistadores et des guerriers aux plumes multicolores du Pays-Fleuri. Plus loin encore, Cuculcan, l'un des plus anciens dieux suprêmes, se laisse envoûter par l'anis sauvage. Neuf contes et légendes restituent la marqueterie d'une culture dont le métissage effectué au XVIè siècle nourrit l'identité présente du Guatemala.

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    D'aucun ont employé les termes de " réalisme magique " et de " réalisme halluciné " pour qualifier le style de Miguel Angel Asturias. Son verbe se développe harmonieusement, sans jamais rompre le fil ténu qui unit la réalité et le songe. De ce lien en suspension naît la poésie. Evoquant les croyances ancestrales, les superstitions, le panthéon des dieux mayas ou l'irruption de l'Espagne conquérante, Asturias nous confie à un festin onirique où l'histoire guatémaltèque se fait chair. 

    Un Guatemala irréductible sort des limbes de notre ignorance, nous invite à un voyage imaginaire à travers les siècles passés et les éléments indomptés.

    Quel mélange que ce mélange de nature torride, de botanique aberrante, de magie indigène, de théologie de Salamanque, où le volcan, les moines, l'Homme-Pavot, le Marchand de bijoux sans prix, les " bandes d'ivrognesses dominicales ", les " maîtres mages qui vont dans les villes enseigner la fabrication des tissus et la valeur du Zéro ", composent les plus délirants des songes.

    Un récit fantastique, voire surréaliste qui nous plonge dans un univers onirique mêlant nature et divinités.

    Légendes du Guatemala n'est cependant pas une lecture facile et s'adresse à un public averti. Le style d'Angel Asturiad peut surprendre au début mais le charme opère et c'est l'essentiel.

     


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  • A Madrid, il est un homme que tous admirent : le moine. Avant d'être nommé supérieur de sa communauté, il n'est jamais sorti de son couvent, où il fut recueilli dès sa naissance, abandonné par ses parents. Il ne sort de sa retraite et de son recueillement que pour faire des sermons à la cathédrale, dans laquelle une foule impressionnante vient l'écouter pieusement. " C'est un saint ", disent de lui les habitants de Madrid. Mais personne ne le connait véritablement, si ce n'est Rosario, jeune novice qui lui voue une admiration toute particulière, et Dieu le Père en personne ! Le moine est trop sensible à l'image - certes inoffensive - de la Vierge Marie devant laquelle il prie chaque jour, et trop prompt à réveiller ses sens si longtemps endormis, pour rester saint toute sa vie. Derrière la rose se cache un dangereux serpent et, derrière le moine, c'est le diable lui-même qui veille...

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    L'un des thèmes de la littérature gothique du XVIIIè et du XIXè siècle est le moine vaniteux et libidineux. Apparu dans les fabliaux du Moyen-Âge, il s'est enraciné dans l'imaginaire collectif. Cependant, l'originalité apportée par le roman gothique à ce cliché de la littérature, est de lui conférer une psychologie et une aura démoniaque et irrésistible ascension vers le Mal. En un mot, faire du moine paillard traditionnel, un personnage complexe, sombre et tourmenté, à l'image de la trame du roman gothique. Cet ouvrage au succès retentissant servira de modèle aux roman gothiques qui suivront.

    Le Moine est probablement le plus célèbre roman "terrifiant" anglais du XVIIIè siècle, mais aussi l'un de plus transgressifs. En effet, il est le premier récit à mettre en scène un moine dans le rôle du héros maléfique. Sa publication fit scandale et Lewis fut obligé d'en expurger certains passage dans la deuxième éditions.  

    L'édition originale du Moine a été publiée en 1796 avec beaucoup de succès, bien plus, d'ailleurs, que n'en connurent les ouvrages suivants de Lewis. La seule véritable traduction à laquelle il est fait traditionnellement référence est celle de Léon de Wailly en 1840. Lorsque Antonin Artaud entreprend de réécrire Le Moine, ce travail est réaliser sur commande et dans la perspective de l'adapter au théâtre ou au cinéma. Artaud n'a jamais prétendu traduire littéralement le texte, mais a plutôt voulu en faire ressortir l'aspect fantastique.  

    Le texte original a été écourté, pour un résultat toutefois long, où les rebondissements de situations nous font découvrir des liens tout d'abord insoupçonnés entre les différents protagonistes. " La Nonne sanglantes " et " Le Juif errant " sont des passages pleins de suspense qui donnent des sueurs froides. On retrouve dans ce choix d'Artaud, son gout pour les mondes parallèles où les repères n'existent pas. Le Moine est un récit vraiment diabolique, où le suspense et l'horreur sont entretenus jusqu'au bout.

    Ecrit vers l'âge de vingt ans, Le Moine fut à la fois le premier et le meilleur roman de Matthew Gregory Lewis. Le personnage d'Ambrosio, moine orgueilleux et libidineux fait désormais patie du cercle très fermé des "génies du mal", tels que Melmoth de Mathurin ou le Faust de Goethe 


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  • Hanshichi est un détective dans le Japon du XIXè siècle. Il reçoit régulièrement la visite d'un jeune journaliste auquel il raconte les enquêtes qui ont parsemé sa carrière, leurs mystères et comment ils les a résolues. Le garçon les cosignes avec soin et bâtit un vrai recueil d'investigations. Au fil des rencontre avec le Sherlock Holmes de l'époque, il entend et consigne des histoires impliquant des fantômes, des oiseaux géants, des loutres, des voleurs, des enfants, des samouraïs, des enlèvements ou des amants. Des histoires en lien avec les croyances de l'ancien temps et dans lesquelles il a fallu retrouver le chemin de la rationalité. Comment est-il possible qu'un kimono se balade tout seul dans la ville ? Qu'une jeune fille soit enlevée, ramenée chez elle puis enlevée de nouveau ? Qu'une cloche sonne alors qu'il n'y a plus le mécanisme pour la faire bouger ? D'empoisonner l'homme qu'on aime sans le savoir ? Ou qu'un humain se transforme en chat ?

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    Nous nous délectons avec cette suite d'enquêtes policières sans bavures, sans effusion de sang ni explosion. Le petit plus de ce livre est d'avoir été écrit par un vrai japonais à l'époque où le japon quittait ses kimonos pour le costumes trois pièces.

    Ces histoires ont été écrite par Kidô Okamoto au siècle passé. Fils d'un samouraï et auteur de théâtre, il a inventé le genre littéraire policier au Japon avec cette série. Son principe est excellent et même si les enquêtes n'ont pas de liens entre elles, il est difficile de ne pas en enchaîner la lecture.

    Ces nouvelles sont vraiment une mine d'information. On est plongé au cœur de la vie courante, et on y suit le rythme des nombreuses fêtes et célébrations. On y découvre beaucoup de métiers différents et on en apprend énormément sur les us et coutumes des japonais. Le dépaysement est total.  


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    Dans la prison d'Etat de Californie, à San Quentin, Darrell Standing s'apprête à être pendu. Il y a huit ans, il a été condamné à perpétuité pour crime passionnel.

    Sur les huit années incarcération, il a passé cinq ans dans les ténèbres d'un cachot, surnommé la "mort vivante". Victime d'une dénonciation calomnieuse, il est maintenant condamné à mort. En attendant l'heure fatale, il pratique l'auto-hypnose et s'évade par la pensée au gré de son imagination dans le passé.

    Il se voit ainsi au cœur de Paris de Louis XIII sous les traits d'un escrimeur ; comme enfant rescapé d'une caravane de pionniers massacrés par les Indiens ; en marin anglais marié à une princesse coréenne du XVIè siècle ; comme matelot viking bientôt reconverti en centurion de Ponce Pilate au moment du procès de Jésus ; en homme des cavernes à l'aube de l'humanité.

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    Jack London ne cessera de dénoncer la brutalité des prisons. Et pour cause : il a lui-même été enfermé pour vagabondage, au pénitencier du comté d'Erié.

    A sa parution, le livre eut un tel retentissement que l'administration pénitentiaire américaine fut contrainte d'interdire l'effroyable pratique de la camisole.

    Passant du réalisme au fantastique, l'univers monotone et exigu d'une geôle aux rebondissement multiples, Le Vagabond des étoiles est à la fois un procès contre l'univers carcéral et un hommage à l'imaginaire.

    Alors, vies antérieures ou pouvoir de l'imagination ? Darell est convaincu que même si le corps meurt l'esprit demeure. Face à sa condamnation à mort, il est plus rassurant de savoir qu'une autre vie l'attend.

    Un roman plein d'espérances malgré la violence quotidienne subie par notre héros.

    Un livre captivant, une lecture fluide, toute en beauté et en poésie, ce livre est certainement l'un des plus grand chef-d'oeuvre de Jack London 


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    Un recueil des plus belles histoires de la tradition soufie. Un livre qui nous emmène dans les caravansérails et maisons de thé du Moyen-Orient et d’Asie centrale où les mystérieux derviches, partis à la recherche de la Vérité, se rencontrent et partagent leurs histoires. 

    Contes, récits, paraboles, ces textes qui ont plusieurs niveaux de sens tour à tour nous émerveillent, nous amusent et nous éveillent.

    Paradoxalement, les contes derviches n'ont jamais été présentés comme ne faisant partie du monde des fables, des légendes et du folklore. Pour leur esprit, leur construction et leur piquant, ils sont comparés aux plus beaux récits de toutes les cultures confondues. Pourtant leur véritable fonction en tant qu'histoires-enseignements soufies est si méconnue du monde moderne qu'il n'existe aucune expression, technique .ou courante, permettant de les décrire. Le contenu de Contes derviches est le résultat de mille années de développement ; Un millénaire pendant lequel des maîtres derviches ont utilisé ces contes et d'autres histoires éducatives pour apporter un enseignement à leurs disciples.
    Les contes servent à transmettre le pouvoir d'une perception accrue, inconnue de l'homme ordinaire.

    Ces contes derviches aux parfums moyen-orientaux dépaysent le lecteur et égarent le voyageur.

     

    Trois conseils

    Un jour, un homme attrapa un petit oiseau chétif qui lui dit: “Captif, je ne te serai d'aucun secours, mais si tu me rends la liberté, je te donnerai trois précieux conseils.”

    L'oiseau promit de donner le premier conseil quand il serait encore entre ses mains, le deuxième lorsqu'il serait perché sur la branche d'un arbre et le troisième alors qu'il aurait gagné le sommet d'une montagne.

    L'homme accepta et écouta le premier conseil de l'oiseau: “Si tu perds quelque chose, ne le regrette pas même si tu y tiens autant qu'à ta propre vie.”

    L'homme relâcha l'oiseau qui alla se percher sur une branche avant de lui prodiguer le deuxième conseil: “ Ne crois jamais rien qui soit contraire au bon sens.”

    Puis l'oiseau s'envola jusqu'au sommet d'une montagne d'où il déclara: “Pauvre infortuné ! Sais-tu que mon corps renferme deux énormes joyaux dont tu serais maintenant l'heureux propriétaire si seulement tu m'avais tué.”

    L'homme, pris d'un effroyable tourment à la pensée du gain perdu, implora l'oiseau:

    “ Donnes-moi au moins le troisième conseil.

    - Quel idiot tu fais, répondit l'oiseau. Tu es là à me demander encore un conseil alors que tu n'as même pas prêté attention aux deux premiers. Je t'ai dit de ne pas te tourmenter si tu perds quelque chose et de ne pas ajouter foi à ce qui est contraire au bon sens. Et c'est précisément ce que tu es en train de faire en ce moment. Tu te laisses berner par des inepties et te lamentes parce que tu as perdu quelque chose. Crois-tu réellement que mon corps chétif puisse contenir deux énormes joyaux et les transporter jusqu'au sommet d'une montagne ? Tu n'es qu'un nigaud prisonnier des balivernes communément colportées en ce bas monde.”


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