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    La liste serait longue des plantes qui, pour quelque raison, ont figuré au cours des siècles dans l’herbier magique. A la limite, tous les végétaux pourraient y prendre place, puisque aussi bien chacun d’eux participe pour une part, si modeste soit-elle, à la conception cosmogonique des sorciers, magiciens et alchimistes… Tous les végétaux, plus quelques autres, ces derniers ne devant leur existence qu’à la légende ou au mythe.

    Il en est ainsi de la très problématique « herbe qui rompt les cordes ». Lorsqu’un sorcier normand voulait se la procurer (pour se venger d’un ennemi ou pour tout autre usage), il entourait d’un filet le nid d’une pie. A son retour, l’oiseau, s’apercevant qu’il n pouvait rentrer chez lui, allait incontinent se pourvoir l’herbe enchanteresse. Et le sorcier de la lui dérober prestement…

    Dans le même ordre d’idée, une plante exotique d’existence tout aussi douteuse, appelée « abécédaire », était créditée d’un grand pouvoir contre la dyslexie . Elle était censée délier les langues les plus raides et rendre volubiles, bavards même, ls enfants les plus taciturnes.

    Pour être bien réels, d’autres végétaux n’en possèdent pas moins des propriétés surprenantes, du moins si l’on en croit ce qui s’en disait jusqu’au XVIIIe siècle et même bien au-delà, dans les milieux populaires : tailladés au couteau, certains chênes, par exemple, produisent un vin inestimable, celui-là même que le diable fait couler à flots pendant le banquet du sabbat. Selon G. Della Porta, l’yeuse rend craintifs les lions qui foulent son feuillage. Malgré son aspect inoffensif, affirmaient les premiers colons d’Amérique, le cactus-ourson bondit sur qui l’approche d’un peu près. Outre sa réputation de pousser une racine dans la bouche de chaque mort, l’if se signale par la nocivité de son ombrage… En quoi, d’ailleurs, il n’est pas le seul, puisqu’il est tout aussi dangereux de s’abriter à l’ombre de l’aguapa. Pour peu qu’on s’endorme nu sous cet arbre des Indes orientale, on enfle en effet tant et tant qu’on finit par éclater ! Et que dire de l’agave, qui, lorsqu’il est cultivé en Europe, ne fleurit qu’une fois tout ls cent ans, en provoquant une forte explosion ?

    En fait, dans l’univers magique et animiste où vit l’homme des civilisations traditionnelles, la flore tout entière est dotée de propriétés merveilleuse. Le végétal peut tenir son origine de Dieu ou du Diable, mais rien n’empêche non plu qu’il naisse de quelque accident tellurique. Lorsque Vichnou, par exemple, était tortue, la montagne qui était tombée sur son dos détacha de lui un grand nombre de poils, lesquels, jeté ensuite par la marée sur le rivage, y prirent racine et devinrent la plante appelée « darbha ».

    Les trois règnes (minéral, végétal, animal) n’étant pas ressentis comme cloisonnés, et les barrières entre les espèces n’étant pas connue, tout est encore possible : même la génération spontanée et la métamorphose. Témoin, ce qu’on a longtemps pensé du barometz : « Il pousse en Chine, écrit John de Mandeville au XIVe siècle, une sorte de fruits semblables à des gourdes. Lorsqu’ils sont mûrs, les indigènes les coupent en deux et y trouve un petit animal, bien vivant, en chair et en os, comme un agneau sans laine. Les hommes mangent et le fruit et la bête. J’ai goûté de ce fruit, qui est une merveille extraordinaire. »

    L’auteur, ici, ne fait qu’avaliser la fable de l’agneau végétal, propagée bien avant lui par le franciscain Oderic de Pordenone qui visita Ceylan et la Chine. Il n’empêche que cette croyance dura jusqu’au XIXe siècle. Parce que sa sève couleur de sang, ses quatre « membre » et sa tête roussâtre y faisaient songer, le barometz apparaissait tantôt comme une réplique du jidra (quadrupède fabuleux dont parle le Talmud), tantôt comme un arbre majestueux dont le fruits portaient de petits moutons vivants. Si l’on s’en rapporte à l’iconographie, le barometz, pourtant ne serait ien d’autre qu’un vulgaire cotonnier. Et Willy Ley, dans Animaux fabuleux, créatures imaginaires, de noter plaisamment : « On a jamais pu éclaircir le sort de ces animaux. Demeurent-ils sur l’arbre ou s’en vont-ils de leur côté ? Ce point est resté obscur… »

    Si le barometz fut longtemps considéré comme un arbre merveilleux et, somme toute, bénéfique, la globulaire, en revanche, était accusée des pires méfaits… Plutôt que d’y conduire leur troupeaux, les éleveurs provinciaux préféraient incendier les pâturages où végétait cet arbuste, pourtant si inoffensif… C’est que ses globes étaient réputés contenir des gnomes qui se jetaient sur le bétail, se longeaient dans les viscères et conduisaient très vite chèvres et vaches à un état mortel de consomption. A la suite de quoi, ces méchants lutins pénétraient dans le mas et s’acharnaient sur les porcs, les volailles et les autres petits animaux domestiques.

    Mais il arrive que les végétaux soient eux-mêmes capable, sans l’intermédiaire de qui que ce soit, d’avoir un comportement anthropomorphe. En ce cas, aucun des sentiments humains ne leur est interdit, pas même ma passion. « le désir vénérien est si vif chez le palmier femelle, dit G. Della Porta dans sa Magia naturalis, que celui-ci ne donnera relâche à son amoureux désir qu’après que le mâle aimé l’en aura consolé. » Il importe donc que l’on facilite leur « mariage »… La chose est aisée car les palmiers sont sensés comprendre le langage humain. La preuve en est que si un palmier ne porte pas de fruits, il se laisse convaincre quand on le menace de la hache. L’année suivante, ses branches ploieront sous le poids des dattes !

    Avec le drosera, appelé aussi « oreille du Diable » ou « rosée du soleil », la flore verse complètement dans l’occulte. Non que les botanistes nient l’existence du Drosera rotundifolia ou des autres espèces de la famille des Droséracées… Mais cette plante, continue dans les Charentes et en Sologne sous le nom de « matagot », inspirait toujours de la terreur. Parce que c’est une plante carnivore ? (Le drosera capture en effet des insectes grâce à ses spatules préhensibles). Cette particularité, toutefois, n’a guère été mentionnée qu’à partir du XVIIIe siècle, par Denis Diderot notamment, et il ne semble pas qu’elle ait eu sur la population des campagnes l’impact émotionnel qu’elle peut avoir sur nous.  

    En revanche, les alchimistes et les magiciens virent dans la faculté que le drocera a de rester humide, même sous les traits ardents du soleil, le signe de quelques fabuleux pouvoir. C’est pourquoi, ils recueillaient sa rosée, l’ »eau de feu », qui servait à leurs travaux occultes. A l’instar des herbes dites « de Saint-Jean », le matagot était récolté au solstice d’été, au moment où, les jours étant les plus long de l’année, les plantes s’étaient gorgées de soleil et étaient censées avoir potentialiser sa quintessence. La cueillette se faisait à minuit, t on s’y rendait à reculons, dans la crainte d’être suivis par le Diable. On tenait à lui disputer une herbe aussi étrange, mais sans prendre trop de risque.

    Un seul pied de drosera dans une ferme n’était-il pas capable d’y répandre une fièvre pernicieuse ? Ne disait-on pas qu’il était phosphorescent la nuit ? Quiconque se frottait les pieds de son suc pouvait en outre marcher sans fatigue des journées entières. Prodige qui se retournait contre le malheureux qui, par mégarde, marchait sur le drosera : il était condamné à errer indéfiniment par monts et par vaux sans pouvoir retrouver son chemin.

    Passons rapidement sur tant d’herbe qui, comme le drosera, firent partie de la panoplie des sorciers et autres prospecteurs de l’occulte : aubépine, dont ls épines servaient à l’envoûtement sur poupée dagyde : bourrache, tant prisée par le Grand Albert ; gui, qui, entre autres merveilles, permet d’ouvrir les portes les mieux verrouillées ; orchidée, dont les nombreuses variétés aux surnoms évocateurs : « folle femelle », « satyre fétide », rognons de prêtre », disent assez l’emploi qu’on en faisait dans la préparation des philtres d’amour ; jusquiame noire et datura, lesquelles servaient aussi bien comme dangereux aphrodisiaque que comme moyen de locomotion pour se rendre au sabbat ; aconit, belladone, ergot du seigle, tellement toxiques qu’il n’en fallait pas beaucoup pour que les filtres qui en contenaient vous fassent passer de vie à trépas…

    Et terminons ce court inventaire en nous arrêtant quelque temps sur la plante la plus extraordinaire qui soit ; la célèbre mandragore, capable selon la tradition de guérir toutes les maladies, de rompre charmes et sortilèges, de dévoiler l’avenir, de changer le plomb en or et de produire mille et une autres merveilles…

    Depuis la plus haute Antiquité, la mandragore a en effet été créditée de toutes sortes de propriétés prodigieuses. S’il est douteux que les Egyptiens en aient fait une plante sacrée, le fait est sûr pour ce qui concerne les Assyriens, comme l’a prouvé Dawson en 1925. Sous la dénomination de « pomme » ou d’ « herbe d’amour », la Bible montre l’importance qu’on lui accordait comme gage d’amour. Homère, déjà, mentionne les difficultés de son arrachage. En l’appelant anthropomorphon ou anthropomorphos, Pythagore et Théophraste font plus que marquer ses vertus thérapeutiques sur lesquelles d’ailleurs, s’étendront abondamment Hippocrate, Celse, Discoride, Pline et beaucoup d’autres. Columelle ne craint pas d’affirmer que la mandragore est d’essence à demi humaine.

    Davantage : un chercheur anglais du début du XXe siècle, J. Budge, a mis au jour dans sa Syrian anatomy, différents textes syriaques qui font de la fameuse racine non seulement la première en date de toutes les plantes de la création, mais une sorte d’entité surnaturelle qu’on encense comme une divinité.

    Qu’est-ce qui valait donc à cette Solanacée une telle réputation ? Est-ce sa toxicité ? Ne serait-ce pas plutôt sa ressemblance avec l’homonculus, petit homme que les alchimistes, dans leur quête prométhéenne, tentaient de fabriquer à partir de sperme et de sang ? Le fait est que partout en Europe, on la recherchait surtout sous les gibets, là où les pendus, avant de mourir, avaient répandu dans un dernier spasme leur sperme.

    Dès le 1er siècle de l’ère chrétienne, l’historien hellénisant Flavius Josèphe avait déjà décrit sa cueillette, qui ne connaitra guère de modifications par la suite, comme on peut s’en rendre compte par ce qu’en rapportent les frères Grimm au XIXe siècle : « Il y a de grands dangers à l’arracher de terre, écrivent-ils, attendu que quand on l’a déracinée, elle pousse des gémissements et des hurlements si épouvantables que celui qui la déchausse meurt sur-le-champ. Aussi, pour l’obtenir, procède-t-on de la manière suivante : le vendredi, avant le lever du soleil, après s’être bien bouché les oreilles avec du coton, on sort, accompagné d’un chien tout noir ; on fait trois croix sur la mandragore, puis on ôte la terre tout autour. On l’attache ensuite avec une ficelle à la queue du chien et l’on court à toute jambes. Le chien suit et arrache la racine, mais tombe mort aussitôt »

    Cela fait, on entoure la mandragore de prévenances, on la cajole, pour qu’elle répondre à vos questions concernant l’avenir, vous donne la santé et le bonheur, vous apporte la fortune et multiplie les pièces d’or que vous placerez sous elle…

    On le voit : la mandragore est une plante qui possède omniscience et toute-puissance. Reste à savoir si certains animaux ne seraient pas logés à la même enseigne. Existe-t-il un bestiaire occulte ?  


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  • Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, les forces navales du monde entier ont relevé fréquemment la présence d’engins sous-marins dont les performances sont bien supérieures à tout ce qu’elles possèdent elles-mêmes. De même que les objets sous-marins non identifiés, ces mystérieux engins semblent se cantonner dans des lieux particuliers de la planète, dont les deux plus remarquables sont les eaux scandinaves et la côte est de l’Amérique du Sud.

    Quand nous parlons de sous-marins et des eaux territoriales scandinaves, tout le monde pense à l’incident de l’automne 1981, où un capitaine soviétique échoua son sous-marin à Karlskorona, à la suite d’une « erreur de navigation ». Comme on le sait, les Soviétiques passent leur temps à espionner les autres flottes et beaucoup d’engins non identifiés ne sont sans doute que des unités soviétiques.

    Mais, de même que les Soviétiques furent à tort accusés lors de l’affaire des « fusées fantômes » en Suède, on les a crédités de beaucoup trop de mystères sous-marins depuis les années cinquante.

    Les performances et le comportement de certains de ces osnis excèdent ceux des marines traditionnelles de la même façon que les flottes aériennes de la Terre sont surpassées par les ovnis. La vitesse maximale du dernier né des sous-marins est de 45 nœuds (80 km/h), mais ces mystérieux engins ont été détectés alors qu’ils voyageaient sous l’eau à des vitesses triples.

    Pendant les manœuvres en Atlantique Nord de 1963, le porte-avion américain Wasp et douze autres vaisseaux détectèrent un engin énorme voyageant sous l’eau à 280 km/h. Il les accompagna quatre jours, manœuvrant au milieu d’eux et plongeant parfois à des profondeurs de
    8 000 m. Le record de plongée pour un sous-marin normal est de 1 900 m

    En juillet 1972, un sous-marin non identifié croisa le long des côtes du Chili, à une profondeur moyenne de 1 000 m, bien au-dessous du seuil des sous-marins traditionnels, car, à cette profondeur, la terrifiante pression constitue un danger bien réel.

    Est-ce un sous-marins soviétique espion qui pénétra de 150 km dans les fjords norvégiens en novembre 1972 ? Pendant trois semaines, la flotte norvégiennes, assistée de navires et d’avions de l’O.T.A.N., pourchassa le mystérieux intrus, qui fut finalement perdu dans le Sognefjord.

    Le 23 novembre, un grand objet sombre fut aperçu sous la surface du fjord Luster, une branche du fjord principal, cependant que, dans l’autre branche, un escorteur traquait un sous-marin au sonar. Cette nuit-là, Martin Nielson vit six fusées rouges lancées dans le ciel, de dessous la surface de l’eau, pendant que, sur un pic inaccessible qui domine le fjord Aurland, des lumières vertes et rouges s’allumaient.

    Le 24 novembre, les forces combinées firent une attaque concertée avec des grenades de fond. Le seul résultat fut le jaillissement d’une source d’une puissance fantastique qui brouilla toutes ls communications, rendant inutiles radars et sonars. Le 27 novembre, les autorités norvégiennes admirent que le mystérieux sous-marin s’était enfoui, toujours non identifié. Des incidents similaires ont eu lieu dans d’autres fjord norvégiens, près des côtes suédoises et le long de la côte du Groenland, généralement dans des zones dénuées d’intérêt militaire, mais aucun vaisseau ne fut pris, endommagé ou même seulement identifié.  

    En 1978, il y eut une vague fabuleuse d’osnis en Italie. Plus de cinq cents rapports furent recueillis, et après en avoir trié les bourdes et les canulars, les statistiques indiquaient toujours un étonnant taux d’activité qui culmina les trois derniers mois de l’année. Le long des côtes de l’Adriatique, la liste des phénomènes inexpliqués comprenait des colonnes d’eau s’élevant à 30 m par mer calme, des lumières rouges et blanches suivant les bateaux de pêche la nuit, des osnis sur ou sous la surface de l’eau, émergeant, plongeant, et des interférences électriques sur les radars, radios et télévisions. Les pêcheurs finirent par exiger une protection militaire pour sortir en mer.

    Le soir du 9 novembre, Nello di Valentino, capitaine d’une vedette en patrouille, vit en compagnie de deux de ses hommes une brillante lueur rouge émerger de la mer à 1 km. Elle s’éleva à la hauteur de 300 à 400 m, et fila ensuite vers l’est. Pendant ce temps, les communications radio furent interrompues avec la terre. Une bonne partie de la population passait ses nuits à chercher des ovnis ou des osnis, de sorte que, bien entendu, des rencontres tout à fait naturelles purent passer pour extraterrestres.

    A l’aube du 7 décembre, dans le golfe de Venise, près de Caorle, des centaines de personnes virent avec angoisse des engins et des êtres étranges sortir de l’eau. En fait, il s’agissait d’un exercice aéro-naval combiné avec des véhicules et des troupes amphibies…

    Mais il ne fut pas si facile d’expliquer l’aventure de ces trois pêcheurs français, du port de Busc, en Méditerranée, qui, le 1 août 1962, à 11 heures du soir, naviguaient de conserve par une nuit calme et claire. A environ 300 m, apparut un long engin métallique qui se déplaçait lentement à la surface. Les trois hommes discutèrent pour conclurent qu’il s’agissait d’un sous-marin, encore qu’ils ne pussent l’identifier. L’eau proche de l’engin se mit à bouillonner, et une douzaine d’hommes-grenouilles émergèrent de l’eau et grimpèrent sur l’étrange sous-marin. Les trois Français les interpellèrent gentiment, mais les étrangers ne prêtèrent aucune attention à eux, jusqu’à ce que le dernier fût prêt à descendre dans le vaisseau. Alors, il se retourna vers les pêcheurs, leva le bras droit en guise de salut et disparut à son tour.

    Les pêcheurs ahuris virent l’engin s’élever et planer au-dessus des vagues. Des lumières rouges et vertes clignotèrent, et il commença a tourner de la gauche vers la droite. En même temps, le corps de l’engin brilla d’une lueur orange, et, décrivant un arc gracieux au-dessus de la mer, il accéléra rapidement, jusqu’à devenir un point lumineux qui s’effaça bientôt.

    De telles activités nocturnes ont été relevées un peu partout : un mois plus tard seulement, dans le golfe de Santa Catalina, au sud de Los Angeles, le patron d’un bateau et son compagnon observèrent un étrange vaisseau, à travers leurs jumelles de nuit, à une distance d’environ
    400 m. Cela ressemblait à un sous-marin bas sur l’eau, gris acier et sans marques distinctives. Il portait une superstructure bizarre, autour de laquelle gravitaient cinq personnages apparemment très affairés. Au bout d’un moment, le mystérieux sous-marin bougea et le patron pêcheur dut s’écarter de peur d’être renversé. L’étrange vaisseau les frôla à grande vitesse. Il était silencieux et ne laissait pas de sillage, mais produisait une houle terrible alors qu’il fonçait vers le large Les autorités navales parurent s’intéressé au témoignage du patron et lui montrèrent différentes silhouettes de sous-marin. En vain.

    Comment expliquer ces activités nocturnes ? Quel était ce cylindre de métal brillant de 7 m X 3 m qu’un pêcheur sous-marin trouva près des côtes d’Espagne en juillet 1970 ? Les parois lisses, sans rivets, du cylindre n’avaient pas d’ouverture apparente et son bon état donnait à penser qu’il n’était pas immergé depuis longtemps. Le matin suivant, le plongeur y retourna pour mieux se rendre compte, mais l’objet avait disparu. Il fouilla les alentours sans pouvoir le retrouver.

    C’est peut-être un objet similaire que vit Martin Meylach, un chercheur de trésors, près de Miami, en septembre 1966. Meylach y retourna avec deux plongeurs de la marine américaine. L’objet fut-il récupéré ou avait-il disparu comme celui d’Espagne, nous ne le sauront pas. L’armée de l’Air démentit formellement qu’il pût s’agir d’un missile perdu par un avion.

    En avril 1967, deux garçons danois virent un ovni lâcher plusieurs objets dans le Kattegat, près de Sjaeland Odde, à 80 km au nord-est de Copenhague . Ceux que l’on récupéra se révélèrent, à l’analyse, composés de chaux et de « charbon non organique » mélangé à une matière totalement inconnue.

    Lorentz Johnson aperçut un cigare brillant qui lâchait deux long objets dans les eaux du fjord Namsen en décembre 1959. Quelques temps apès, des ufologues munis d’un sonar trouvèrent un objet à 90 m de profondeur, donc impossible à remonter pour de simples plongeurs. Ils établirent dans leur rapport qu’ils pouvaient voir sur le rivage des traces de roues s’enfonçant dans la mer. Des traces non identifiées de 1 m de large, apparemment dues à un objet sphérique, furent trouvées sur une plage du Venezuela en août 1967. Deux jours plus tard, deux scientifiques américains arrivèrent pour étudier les traces et les trouvèrent apparemment fort intéressantes.

    Tout semble indiquer que les gouvernements du monde entier portent un vif intérêt à toutes ces activités sous-marines ; bien qu’ils ne le reconnaissent point. Ce qu’ils ont pu apprendre du matériel repéché demeure inconnu.

    En 1970, Ivan T. Sanderson, biologiste et fondateur de la Société pour l’investigation de l’inexpliqué, a publié un livre sur Les Résidents invisibles où il expose quelques cas analogues à ceus que nous venons d’examiner. Il suggère que, sous les océans, vit une race plus vielle que l’humanité, peut-être dérivée des formes de vie qui ne quittèrent pas la mer primordiale pour évoluer, mais se développèrent différemment, et plus vite sous l’eau. En avance de millions d’années sur le genre humain, ils évitent les contacts directs avec les formes de vie primitives – l’homme – et ont développé leur technologie au point qu’ils peuvent facilement accomplir des voyages interstellaires grâce à leurs vaisseaux, que nous appelons ovnis et osnis.

    L’ufologue joh Keel avance qu’ « une force aéronavale clandestine opère sur cette planète » et suppose que ces bases sous-marine se situe près du cercle polaire. Les fondateurs de l’Organisation pour la recherche des phénomènes aériens (APRO), Jim et Coral Lorenzen, prétendent, eux que ls osnis sont le résultat des opérations de triangulation et de cartographie des extra-terrestres venus d’autres planètes en ovnis.

    En 1973, les membres de la Société argentine pour l ‘étude des phénomènes inusités déclarèrent qu’après des années d’études et de recherches ils étaient désormais certains que des machines venues d’un autre monde avaient établi des base sous-marines dans le golfe de San Matias et de San Jorge sur la côte patagone.

    L’importance de ases sous-marines pour une civilisation secrète et technologiquement avancée est douteuse. Mais la profondeur des mers est un monde encore inconnu et, comme toujours en ufologie, les preuves continuent à fuir les enquêteurs.    

     


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    Le « continent noir » : cette expression forgée par les Européens évoquait non seulement leur ignorance de l’intérieur de l’Afrique et de son passé, mais soulignait aussi leur conviction qu’il n’existait aucune civilisation intéressante à connaitre, ni aucune histoire méritant ce nom. Le mystère ne venait pas, croyaient-ils, de la myopie des étranger, mais plutôt du voile sombre qui obscurcissait les esprits des de ce continent, plongés depuis des temps immémoriaux dans la barbarie, l’idolâtrie et la misère.

    Le fait que l’on n’ait pas retrouvé en Afrique, sauf dans les régions devenues musulmanes, la chronologie d’événements historiques et les lignées qui font l’histoire de l’Europe lettrée, a contribué, dans une large mesure, à ce que cette vision de l’histoire africaine persiste. Les sociétés de l’Afrique antique n’ont pas laissé de narration écrites. Les inscriptions dans la pierre qui donnèrent en d’autres lieux tant de renseignements intéressants aux archéologues sont absente de la partie de l’Afrique qui s’étend au sud du Soudan, et les Egyptiens on peu parlé de l’Afrique au-delà du Nil.

    Les archives archéologiques africaines sont minces et manquent d’authenticité. Il est impossible de dire combien de vestiges ont été détruits dans les sites antiques par ces ennemis naturels du savoir historique que sont les légions d’insectes et les climats impitoyablement érosifs.

    Les épidémies qui ont ravagé ces régions ont peut-être aussi une part de responsabilité dans notre méconnaissance de l’histoire de l’ancienne Afrique. En effet, il s’est révélé    impossible, dans la plupart des régions au sud du Nil, d’élever des animaux de trait qui résistent aux maladies, sauf en Ethiopie, où le climat plus sain des hauts plateaux à permis l’élevage des chevaux.

    Dans le reste du continent, l’absence d’animaux de trait a privé les Africains de l’Antiquité de l’usage de la charrue et, du même coup, d’une agriculture prospère. Beaucoup ont été contraints de se déplacer constamment à la recherche de pâturages nouveau et meilleurs. Comme toujours, lorsque l’existence se réduit à une lutte pour la survie, ces peuples n’ont pour ainsi dire laissé aucune trace de leur passage et n’ont pas eu l’opportunité de développer une écriture.

    Toutefois en dépit de ces obstacles, quelques régions ont vu se développer des sociétés sédentaires et riches. De puissants empires se sont édifiés et ont étendu leur suprématie sur de vaste territoires : ils ont prospéré puis ont décliné, sans être connus des chroniqueurs de l’Europe. Des routes de commerce ont traversé forêts et déserts vers les côtes ou l’arrière-pays. Des objets de facture chinoise, exhumés en Afrique orientale, sont là pour attester qu’il y a eu contact entre l’Afrique et la Chine. Au XIIe siècle, les riches Cantonais possédaient des esclaves africains.

    Les voyageurs arabes de l’époque médiévale revenant d’Afrique occidentale ont fait mention du riche Etat du Ghana, qu’ils appelaient la « terre de l’or ».
    Plus tard s’épanouit le royaume du Mali, à propos duquel les Arabes contèrent leurs émois à la vue de femmes et de jeunes filles se promenant nues en public.

    Au XVIe siècle, les Portugais établirent des comptoirs sur la côte est de l’Afrique après avoir retrouvé la route maritime de l’Europe à l’Inde par le Cap de Bonne-Espérance. Ils rapportèrent l’existence de royaumes, de celui du Congo notamment dans la région des grands lacs de l’Afrique orientale. Nombre de ces royaumes décrits par les Portugais furent éphémères, peut-être en raison de l’insuffisance de leurs ressources ou du pouvoir limité de leur dirigeants. On ne peut dire combien s’étaient effondrés et avaient disparu à l’époque où les explorateurs européens pénétrèrent en Afrique.

    Les lacunes de l’histoire africaine ont été imparfaitement comblées par la tradition orale, largement enluminée de nombreux mythes et légendes colorés. L’histoire du Ghana en est un exemple : aux environs de 1680, le chef des Ashanti, Osei Tutu, décida de rassembler son peuple contre leur puissant voisin Denkera. Son ministre-prêtre Anokye fit descendre du ciel sur les genoux d’Osei un siège en or qui devint par la suite le symbole sacré de l’unité Ashanti.

    De telles légendes, qui donnent un caractère magique aux événements et à la politique, tendent à s’inscrire dans la voie d’une donnée historique tout comme la légende du roi Arthur, épisode mal connu de l’histoire de la Grande-Bretagne, dans la période qui suivit la fin de l’occupation romaine, vers 426.

    En outre, en Afrique come en Amérique précolombienne, l’essentiel des témoignages les plus anciens ont été ceux d’étrangers. Inévitablement, peut-être, beaucoup de ces observateurs sont venus en Afrique avec tous leur préjugés. Le « scandale » des jeunes filles nues du Mali, tel qu’il apparut au travers du regard puritain des musulmans, n’en est qu’un exemple.

    Le royaume de Koush échappa aux préjugés habituels des historiens européens. Ses villes étaient construites en grès. Si maintenant elles s’effondrent, elles se sont néanmoins conservées plus longtemps que les constructions de bois, de paille et d’argile de la plupart des sociétés africaines. Sa langue était écrite sous deux formes, l’une formelle et hiéroglyphique, l’autre informelle et cursive, mais ni l’une ni l’autre n’ont livré tous leurs secrets aux linguistes. Le plus important, du point de vue de l’archéologie classique, est que Koush était en relation étroite avec l’ancienne Egypte, dont on connait beaucoup de choses. Koush a été en quelque sorte la petite-fille de l’ancienne Égypte.  

    Ce royaume fut édifié par un peuple africain subissant fortement la domination égyptienne. A l’origine, les Egyptiens y avaient leur garnisons. Cependant, vers 1000 avant J-C, Koush parait avoir été indépendant. Sa capitale, à cette époque, était Napata, située juste en dessous de la quatrième cataracte du Nil. Moins de trois siècles plus tard, vers 730 avant J-C, Koush fut assez puissant pour rompre ses liens avec l’Egypte. Le roi Koushite, Piankhi qui devait être âgé d’à peine 20 ou 21 ans, envahit et conquit l’Egypte et fonda ainsi la XXVe dynastie au règne court et malheureux.

    Cependant, l’Egypte était déjà sur son déclin et les cinq pharaons Koushites se révélèrent incapables de l’arrêter. En fait, leur dynastie ne dura que 74 ans.
    Vers 656 avant J-C, les Assyriens, conduits par Assurbanipal, envahirent l’Egypte et les Koushites furent chassés. Vers 590 avant J-C, Koush fut attaqué et Napata mis à sac par le pharaon Psamtik II de la dynastie Saissan qui prit la succession. Les Koushites furent contraints de reculer leurs frontières plus au sud. A ce moment critique, Méroé qui était le centre administratif du sud du royaume depuis 750 avant J-C, devint la capital. La population de Koush en devint plus négroïde, et les liens avec l’Egypte et la culture égyptienne commencèrent à se relâcher dès que les contacts cessèrent.

    A défaite devant les Assyriens


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  • Les délires de Velikovsky

    Deux ans après la publication de « Mondes en collision », le fameux ouvrage de Velikovsky, parut aux Etats-Unis, un livre satirique intitulé In The Name of Science. L’auteur : Martin Gardner, un journaliste du Scientific American. Dans cet ouvrage fort divertissant, il tourne en dérision les thèse pseudo-scientifiques le plus célèbres. Celle de la Flat Earth Society (Société de la Terre creuse), par exemple, ou celle de l’orgone, chère à Wilhem Reich.

    Voici comment Garder juge l’oeuvre de Velikovsky : « Le docteur Velikovsky est un cas typique. Se spécialisant dans une discipline où il s’est instruit par lui-même, il mène seul ses recherches. Il est convaincu de la portée révolutionnaire de ses idées, fruit d’une inspiration plutôt que d’une déduction scientifique. Aucun critique ne l’arrête dans son travail. »

    Gardner précise que Velikovsky n’apporte pour preuve que des mythes dont il fait les « rêves », souvenirs des catastrophes inscrits dans l’inconscient collectif des peuples du monde entier. Quand à la nouvelle interprétation de l’histoire orientale que propose Velikovsky dans « Age in Chaos », parue en 1952 , Gardner la compare à un récit de science-fiction sur lequel il se refuse à faire tout autre commentaire.

    Comment juger objectivement une oeuvre aussi démesurée ? Il faut bien admettre que la logique de la démarche de Velikovsky nous échappe parfois. Le lien entre une comète détachée de Jupiter et les sept plaies d’Egypte ne semblent pas a priori évident. Sans parler du partage des eaux de la mer Rouge, les murs de Jéricho et de la victoire sur les armées de Sennacherib, le roi assyrien qui osa s’attaquer à la ville de Juda. S’il est regrettable que Gardner se permette de juger « Ages in Chaos » sans même l’avoir lu, il faut aussi reconnaitre que son exaspération n’est pas sans fondement.

    Velikovsky est mort en novembre 1979 sans avoir eu le temps d’achever le troisième volume « d’Age of Chaos ». C’était une personnalité puissante, dévoré par une passion unique à laquelle il consacra sa vie entière. Pour bien le comprendre, il est essentiel de rappeler qu’il était un disciple de Freud. C’est la lecture de  « Moïse et le monothéisme » qui décida de sa vocation et qui le lança à la recherche de l’histoire de son peuple. Freud, son père spirituel, bâtit toute une théorie sur la « révélation » de l’origine sexuelle des névroses. Il fallut des années avant que les psychiatres osent remettre en question l’interprétation freudienne et en estiment les limites.

    Semblable en cela à Freud, Velikovsky était obsédé par la théorie et en voyait partout la confirmation. Puisque les textes anciens décrivaient Vénus comme une planète menaçante et imprévisible qui déversait des pluies de feu sur la terre, Velikovsky en vint à se poser la question suivante : n’était-ce pas Vénus, alors qu’elle n’était encore qu’une comète, qui était responsable des catastrophes mentionnées dans la Bible ?

    Tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’Antiquité savent que certains mystères n’ont jamais été résolus. Que penser, par exemple, de la soudaine disparition de la civilisation minoenne, vers 1500 avant notre ère ? Faut-il l’attribuer, comme certains le pensent, à l’éruption du volcan de l’île de Santorin, situé au nord de la Crète, qui aurait fait l’effet d’une bombe atomique ? Quelque auteurs font de l’île de Santorin le continent mythique de l’Atlantide ; d’autres prétendent que l’explosion détruisit le civilisation minoenne. C’est une hypothèse plausible. 

    Il existe cependant une contradiction majeure : Phaïstos, située en Crète du Sud, fut détruite à la même époque. Or, il est impossible que les vagues d’un raz de marée aient franchi la chaine de montagne qui sépare les deux endroits. L’hypothèse de Velikovsky – le passage de la comète trop près de la Terre – est plus vraisemblable…

    Malheureusement, Velikovsky eut tort de faire référence à l’Atlantide, ce qui lui enleva immédiatement la considération du monde scientifique. Il s’attira d’autre part les foudres des historiens en changeant sciemment la chronologie communément admise de l’Antiquité du Moyen-Orient.

    Selon la thèse que Freud développe dans Moïse et le monothéisme, l’exode aurait eu lieu pendant le règne du pharaon Akhenaton. Ce dernier serait mort assassiné pour avoir voulu imposer la nouvelle religion solaire monothéiste. C’est par Moïse qu’elle se serait transmise au peuple juif. D’abord d’accord avec cette thèse de Freud, Velikovsky en vint à la rejeter complètement. Un des grands mystères de l’Antiquité méditerranéenne est de comprendre la destruction de l’ancienne Crète et l’émergence de la Grèce d’Homère – Puis celle de Socrate. C’est comme si l’histoire s’était soudain arrête.

    Fidèle à lui-même, Velikovsky n’hésita pas à remettre tout en question. Selon lui, la réponse était évidente : les historiens se trompaient tout simplement dans les dates. Les événements importants auxquels ils faisaient allusion s’étaient passé six cents ans plus tard qu’ils ne le prétendaient. Ce qui résolvait le problème des années vides. Velikovsky entreprit alors une étude comparée des histoires égyptiennes, juives, assyriennes et babylonienne. Age in Chaos est le résultat de ce titanesque travail de compilation et reste d’un abord très difficile.

    Prenons l’exemple ce de que l’on a appelé les « tablettes d’Ammizaduga », retrouvées sur le mont Kuyunjik, site de l’ancienne Ninive, parmi d’autres documents de la grande bibliothèque du roi Assurbanipal. Les informations qu’elles nous donnent sur Vénus ne coïncident pas avec ce que nous savons des mouvements actuels des planètes. Les anciens astronomes se seraient-ils trompés dans leurs observations et dans leurs calculs ? Non, répond Vlikovsky. Ces tablettes prouvent tout simplement que la trajectoire de Vénus n’était pas régulière à l’époque des babyloniens !

    L’American Association for the Advancement of Science organisa, en 1974, une réunion spéciale dont l’objectif était de démontrer une fois pour toutes que les thèses de Velikovsky étaient erronées. A cet effet, la mathématicien Peter Huber assura qu’il suffisait d’effectuer quelques corrections mineures pour retrouver la trajectoire actuelle de Vénus. Toutefois, le professeur Lynn Rose et Raymond Vaughan, démontrèrent que pris à la valeur nominale, les chiffres fournis par les tablettes indiquaient une orbite différente. Et ce, en ne tenant compte que d’un pourcentage minimal d’erreurs d’écriture. Ce qui n’était pas le cas des calculs effectués par Peter Huber. Pour retrouver l’orbite actuelle de Vénus, il avait corrigé « 30% d’erreurs d’écriture » Rose et Vaughan affirmaient quant à eux que c’était 60% d’erreurs qu’il fallait admettre pour effectuer le réajustement.   

    Velikovsky triompha aussi dans un autre domaine. Les bouleversements qui, selon lui, avaient agité notre système solaire faisaient entrer en ligne de compte de puissantes forces électro-magnétiques qui, d’après les hommes de science de l’époque, n’existaient pas. La découverte dans les années 1960 des ceintures de Van Hallen donna raison à Velikovsky.

    Avec les années, les défenseurs de Velikovsky se firent de plus en plus nombreux. Au moment de sa mort, en 1979, le public avait de lui l’image d’un savant brillant et courageux à qui on pouvait simplement reprocher sa trop grande curiosité intellectuelle. En 1972, le magazine américain Pensée lui consacra plusieurs numéros qui furent plus tard rassemblés et publiés sous le titre « Velikovsky reconsidered ». En 1966, un livre intitulé « The Velikovsky Affair », lui avait déjà rendu justice en révélant au public la bassesse des méthodes utilisée contre lui. Vers la fin de sa vie, il fit de nombreuses conférences et participa à de nombreuses émissions télévisées. Réussit-il à faire admettre ses idées ? Vraisemblablement non. Du moins rassura-t-il le public sur sa bonne foi et son sérieux.

    Comment, en conclusion juger son oeuvre ? Bien qu’il soit difficile de trancher, il semble que sa thèse ne soit pas fondée. A l’étude des prétentions géologiques de Earth in Upheaval et ses arguments historique de « Ramses the Second and His Time », les commentaires ironiques de Martin Gardner reviennent à l’esprit. La plupart des hommes de science ne rejettent pas l’idée de grandes collisions, mais il est tout simplement impossible qu’elles aient pu se produire si récemment. Les géologues n’ont jamais trouvé la moindre preuve d’une catastrophe naturelle qui se serait produit il y a quelques millions d’années.

    Une chose est certaine : malgré son immense travail de compilation, Velikovsky n’apporte aucune preuve définitive à l’appui de sa thèse. L’avenir lui donnera peut-être raison. Son oeuvre constituera alors un très bel exemple d’inspiration scientifique.    

     


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    Nous l’avons vu : ce n’est ni par hasard ni par caprice que Versailles « au Val de Gallie » devint la résidence royale. De la part de Louis XIV, une telle décision répondait à tout un courant d’idées dont Guillaume Postel et Tommaso Campanella, entre autres, furent les théoriciens, et l’on doit à des hommes tels que Richelieu, ce redoutable prince de l’Eglise d’avoir traduit ces aspirations sur un plan concret : aussi bien guerrier que diplomatique.

    Car, pour utopique qu’elle paraisse, la Cité du Soleil de Campanella est sans conteste un manifeste théologico-politique de la monarchie absolue et de l’illuminisme gallican issu de la Contre-Réforme. Quant à Versailles, cet ensemble architectural et paysager unique au monde, il en sera la réalisation artistique, la concrétisation symbolique. Le Vau, F. d’Orbay, Mansart, Le Brun, Marsy, Tuby, Girardon, Le Nôtre, Le Hongre, Coysevox, parmi maints autres artistes du siècle, y exprimeront le meilleur d’eux-mêmes.

    A l’examen, en effet, la demeure du Roi-Soleil se révèle tout autre chose que la manifestation de la rationalité triomphante et de l’esprit géométrique. Outre l’esthétique baroque dont parfois ils témoignent, les bâtiments, les allées, les jardins, les bassins, les fontaines nous donnent à lire ce qui fut leurs raisons d’être véritables : une mythologie à la mesure de celui qui y avait élu séjour, et comme un condensé de l’idée que le roi se faisait de sa mission et de son pouvoir.

    C’est ce qu’à fort bien vu Talleyrand, lorsqu’il déclarait : « La gloire de Louis XIV a resserré toutes ses idées dans les limites de Versailles. »

    A Versailles, la moindre décoration est devise, tout se fait « armes parlantes ». Ainsi bien sûr, des mascarons qui ornent le linteau des portes, et où l’on retrouve la figure solaire.

    Toutefois, certains emblèmes sont moins évidents, quoique tout aussi nombreux. Pourquoi , par exemple, tant de lyres ? Et ce dès l’entrée du château, sur les grilles qui bordent la place d’Armes. Comme on le sait, la lyre est l’attribut d’Apollon, dieu solaire des Arts, auquel Louis XIV, en tant que mécène, ne pouvait que s’identifier. Mais cet instrument de musique est aussi une invention d’Hermès, le gardien des portes, le messager, celui qui, dans la tradition ésotérique, est chargé de préserver le secret, et tout à la fois de le révéler à quiconque s’en montre digne. Secret ou symbole aux multiples facettes, d’ailleurs, dans lequel l’initié puise à sa convenance, mais surtout selon la pénétration et la profondeur de son savoir.

    Cette idée n’était pas du tout étrangère au maitre des lieux, qui, tel Hermès, dispense à ses sujets, ses lumières à proportion de ce qu’ils peuvent en comprendre et en fonction de ce qu’ils sont, le souverain détenant seul la compréhension intégrale de tous les signes et de tous les mystères.

    Aussi, comme l’a remarqué M. Hautecoeur, le roi quand il se trouve en présence d’un visiteur de marque versé dans les belles-lettres, prend-il soin d’expliquer telle particularité de son palais par les Métamorphoses d’Ovide. Mais, lorsqu’il a affaire à un marin ou à un guerrier, il met l’accent sur les enseignement fournis par les allégories relatives à Neptune ou à Mars. Devant les gens du négoce, il en appelle à Mercure. Quelqu’une des personnes de son entourage a-t-elle besoin d’être encouragée dans ses pratiques religieuses ? Ainsi que le rappelle le R.P. Guillou dans son essais intitulé Le Palais du Soleil, Louis XIV ne dédaigne pas de commenter pour elle les symboles de la chapelle, ayant trait à la Résurrection et à la toute-puissance de Dieu…

    Versailles, cependant, ne se signale pas seulement par la valeur didactique de ses allégories, ou du moins ce n’est que d’une façon tout à fait secondaire, dans la mesure où le palais et ses dépendances sont à l’image du royaume, où ils sont le signe de cette monarchie idéale annoncée par Postel et Campanella. A ce titre, Versailles est bel et bien, certes, un microcosme dans le macrocosme, mais il tel que pour autant que le Roi-Soleil y habite et en est le centre. De là la disposition qu’affectent les appartements royaux eu sein de l’ensemble.

    Les auteurs du « Guide de Versailles mystérieux » notent à juste titre que « la disposition des sept salons de 1673 est rigoureusement astrologique ». « On entre, ajoutent-ils, sous le signe de la Lune, mère des générations, d’abord dans le salon de Diane ; on passe ensuite dans la salle des gardes, consacrés à Mars, dieu de la Guerre, puis dans le salon de Mercure, l’antichambre. La grande chambre du roi est consacrée à Apollon. Vient ensuite le cabinet de Conseil, sous le signe de Jupiter. On traverse enfin la petite chambre du roi, dédié à Saturne. Ma dernière pièce, Dont les fenêtres sont orientées vers l’appartement de la reine est décorée des symboles de Vénus.

    Remarques judicieuses, au reste ratifiées par l’historiographe des bâtiments lui-même André Félibien des Avaux, qui écrit : « Comme le Soleil est la devise du roi, l’on a pris les sept planètes pour servir de sujets de tableaux aux sept pièces de cet appartement, de sorte que dans chacune on y doit représenter ls actions des héros de l’Antiquité qui auront rapport à chacune des planètes et aux actions de Sa Majesté. »

    Le symbolisme est clair. L’appartement royal, dans sa répartition, est le reflet exact du système des valeurs, de leur hiérarchie, mis en oeuvre par Louis XIV. Le roi entend s’inscrire dans la lignée de ses ancêtres ; en accordant la préséance à la déesse des nuits, il reconnait sa filiation . De même, place est faite à ce qui lui permet de régner : la force des armes avec Mars, la diplomatie avec Mercure, le commandement avec Jupiter. Mais il n’oublie ni la sagesse réflexive ni la méditation solaire, non plus que le devoir de s’assurer une descendance.

    En somme, le parcours de pièce en pièce est à la fois logique et chronologique. Le premier salon représente le passé et rappelle que Versailles fut d’abord un pavillon de chasse. Le dernier est tourné vers l’avenir.

    Mais, ce qui apparaît comme beaucoup plus significatif encore, c’est la place qu’occupe la grande chambre du roi par rapport aux autres pièces. On s’aperçoit que cette pièce se situe au centre, entre, d’une part, Diane (ou la Lune), Mars, Mercure, et de l’autre, Jupiter, Saturne et Vénus.

    Cette place ne doit rien au hasard. En voici une preuve supplémentaire : à la suite des remaniements successifs dont Versailles fut l’objet, au cours des années, la grande chambre du roi ne se trouvait plus au centre du palais. Louis XIV la fit donc transférer assez tardivement, il est vrai ; mais, comme nous le verrons, non sans qu’il y ait là quelques- autre raison encore. 

    « Le transfert de la chambre de Louis XIV, écrit l’historien Pierre Verlet dans son essais Versailles, était presque inévitable. Selon une très ancienne tradition, le roi longeait au centre même de son château. Il était le cœur du château : lorsqu’il dormait, la vie semblait s’arrêter. Par les cérémonie du coucher et du lever, entre lesquelles le sommeil du roi libérait les courtisans de leur service, la chambre du roi fixait, plus encore que le cour du soleil, les limites des jours et des nuits de Versailles, et l’on peut noter comme un symbole que Louis XIV désigna pour la dernière chambre non seulement le milieu de son château, mais le plein est, l’axe même sur lequel le soleil se lève sur ses terres. »

    La nouvelle chambre donne en effet sur le grand canal, dans les eaux duquel le souverain peut voir se refléter, du levant au couchant, d’Orient en Occident, la course de l’astre du jour.

    Du fait du transfert de l’appartement royal, cependant, les salons planétaires disparaissent, et Louis XIV, très intentionnellement, ne fera rien pour conserver l’ancienne disposition. Désormais, Apollon gouverne et règne seul, roi des roi, monarque absolu. L’atteste d’ailleurs sa devise nouvelle : Nec pluribus impar, qui succède à la devise de sa jeunesse : Foecundis ignibus ardet. Après avoir brûlé de feux multiples, féconds, mais quelques peu désordonnés, Louis le Grand se déclare unique, incomparable, et toutes choses à Versailles répètent inlassablement ce qui en est devenu le dogme, aussi bien le rituel du lever et du coucher, les fêtes, l’habit de cérémonie du souverain constellé de pierreries, que les motifs ornementaux du palais, les immenses miroirs de la galerie des Glaces, l’alignement des statues et des plans d’eau, les dimensions de l’ensemble architectural et paysager…

    Versailles s’étend, en effet, sur quelque 7 milliers d’hectares, le canal mesure plus de 1 kilomètre et demi de longueur, sans compter ses branches perpendiculaires, qui totalisent plus de 1000 mètres ; et le tout à l’avenant !

    Devant tant de démesure, on serait tenté de croire que Versailles ne doit son existence qu’à la célébration du culte royal et qu’aucune place n’est laissée à autre chose qu’à cette autoglorification perpétuelle. Qu’on se détrompe, cependant : la demeure du Roi-Soleil recèle aussi sa part d’ombre, de nuit, de doute.

    Dans les métamorphoses, Ovide relate en effet l’infortune de Phaéton. Ce dernier passait généralement pour le fils du Soleil et de Clymène, une Océanides. Quelqu’un lui ayant soutenu le contraire, Phaéton se rendit au palais du Soleil pour apprendre de sa bouche la vérité sur sa naissance. Il supplia Phébus (alia le Soleil) de lui donner la permission de conduire son char, rien qu’une fois seulement, ce qui suffirait à prouver à tout l’Univers qu’il était bien son fils. Phébus tenta de détourner Phaéton de cette périlleuse entreprise. En vain.

    Le jeune homme prit donc les rêne, mais ne reconnaissant plus la main de leur maitre, les chevaux fougueux du Soleil se détournèrent de leur chemin habituel, tantôt s’élevant trop haut, descendant trop tantôt près de la Terre, et semant la désolation. Ce que voyant, et afin de limiter le désastre, Jupiter décida de précipiter Phaéton et son attelage dans le fleuve Eridan, où le jeune homme trouva la mort.

    Ce mythe doit se comprendre à la lumière de l’histoire personnelle de Louis XIV, dont on disait qu’il n’était pas le fils de Louis XIII, soupçonné d’impuissance. Il était d’autre part de notoriété publique qu’Anne d’Autriche avait été une femme volage. On comprend aisément quelle leçon Louis XIV pouvait tirer de ce mythe : en tenant fermement les rênes du char de l’Etat, ne prouvait-il pas à lui-même, que sa royauté n’était pas usurpée ?    


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