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    Cris et chuchotements chez les fantômes

    Les défunts ne sont pas inaudibles, ni d'ailleurs forcément " aphones ", car il arrive aussi très souvent, dans l'Antiquité, que l'on entende des cris, des pleurs ou des gémissements sortir des tombeaux, tels ceux qui, selon l'historien Tacite, s’échappaient du tombeau de l'impératrice Agrippine, assassinée par son fils Néron au printemps 59. Le cri est d'ailleurs l'un des modes d'expression traditionnels des trépassés. Homère compare ainsi à des chauve-souris les âmes des prétendants de Pénélope, massacrés par Ulysse, et qui s'envolent aux Enfers avec de petits cris stridents, caractéristiques des spectres antiques.

    Les croyances touchant aux fantômes sont toutefois pétries de paradoxes, car on leur prête aussi très souvent la parole dans l'Antiquité. Ils s'expriment alors, selon les cas, d'une voix plus faible ou plus puissante que la normale. Les créatures surnaturelles sont presque toujours " sous " ou " surdéterminées " par rapport à la norme humaine. Dans une célèbre scène de nécromancie d'un roman d'Héliodore, un cadavre répond à sa mère - une horrible sorcière qui vient de la ranimer un court instant pour l'interroger sur le sort de son autre fils -  d'une voix sourde et rauque qui semble sortir de terre ou des profondeurs d'une caverne ". Ce qui rend en ce cas un filet de voix au défunts, ce sont certains breuvages seuls capables de leur rendre un moment force et vigueur - eau, lait et miel, vin ou sang - que les vivants offrent rituellement en libation aux morts. 

    Cris et chuchotements chez les fantômes

    Les esprits des morts savent aussi, quand ils le veulent, jouer des cordes vocales d'un être vivant comme d'un vulgaire instrument. Le sujet peut alors s'exprimer dans une langue inconnue ou avec une tout autre voix que la sienne, celle de l'esprit qui le possède comme dans un célèbre roman de Philostrate. Une mère éplorée s'y plaint de son fils de seize ans, qu'elle dit possédé depuis deux ans par un démon moqueur et menteur : 

    " C'est un très bel enfant, vous le voyez, eh bien ! un démon en est amoureux et il ne lui permet pas de garder toute sa raison ; il l'empêche d'aller à l'école, d'apprendre à tirer l'arc, et même de rester à la maison, et il l’entraîne dans des lieux déserts. Il n'a même plus sa propre voix, mais il fait entendre des sons rauques et caverneux, comme un homme adulte, et les yeux avec lesquels il regarde ne sont pas ses yeux. Tout cela me désole, je m'arrache les cheveux, et je cherche à ramener mon enfant, c'est tout naturel, mais il ne me reconnait pas. Quand j'ai eu l'intention de venir ici, le démon s'est révélé à moi par la bouche de mon enfant et il m'a dit qu'il était le fantôme d'un homme autrefois mort à la guerre, qu'à sa mort il était éperdument amoureux de sa femme, mais qu'elle avait fait offense au lit conjugal en épousant un autre homme trois jours après son décès. Il est devenu misogyne et il a élu domicile dans cet enfant. " 

    Simple démons de la puberté ou aliénation mentale ? On peut hésiter sur l'interprétation à donner aux symptômes décrits. Les Anciens, quant à eux, ne doutaient pas de leur origine, car les morts étaient, à leur yeux, des entités potentiellement dangereuses, capables de pénétrer dans le corps et l'esprit humains  et d'acculer leur victime à la folie. Les Romains disaient alors de l'être aliéné qu'il était larvatus, autrement dit "possédé par une larve", à savoir un "mal mort". On rendait en effet les mauvais esprits responsables de tous les phénomènes que l'on croyait "surnaturels", car inexpliqués, et inexplicables, par le savoir de l'époque : apoplexie, épilepsie, hystérie, impuissance ou stérilité, pestes et épidémies en tous genres. La science moderne les a élucidés depuis, ravalant bien souvent ces mauvais esprits au "simple" statut médical de virus ou de bactéries.

       Parmi eux, on compte aussi certains processus psychiques, en particulier celui du remords, auquel les Anciens avaient en quelque sorte donné une âme. Grecs et Romains étaient en effet convaincus que les esprits des morts venaient hanter les êtres qui leur avaient porté préjudice, comme le fantôme de la belle Cléonice : 

    " On raconte que Pausanias envoya chercher à des fins honteuses une jeune fille de Byzance d'illustre naissance, nommée Cléonice, et que ses parents, sous l'effet de la peur et de la contrainte, lui livrèrent leur enfant. Elle pria les serviteurs postés dans l'antichambre d'éteindre la lumière et, alors qu'elle s'avançait en silence dans l'obscurité vers le lit où Pausanias dormait déjà, elle trébucha et renversa la lampe par mégarde. Lui, réveillé en sursaut par le vacarme et croyant que c'était un ennemi qui l'attaquait, tira le poignard placé à son chevet et en frappa la jeune fille, qui s'écroula. Elle mourut de sa blessure et ne laissa plus, dès lors Pausanias en repos ; la nuit, son fantômes venait le hanter dans son sommeil et lui répétait avec rage ce vers épique : " Cours à ton châtiment : c'est un bien grand mal pour les hommes que la violence ". 

    On dit de nos jours que l'assassin revient toujours sur les lieux du crime ; dans l'Antiquité, c'est plutôt l'assassiné qui revenait sur les lieux du crime !    

     

     

     

     


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  • Un vent de folie balaya les Etats-Unis un jour d'octobre 1938. " C'est la fin du monde ! Préparez-vous à mourir ! ", criait une femme de Minneapolis en entrant dans une église. A Newark, dans le New Jersey, femmes, hommes et enfants couraient dans les rues, le visage couvert de serviettes humides pour se protéger contre les gaz et la fumée. A Pittsburgh, un homme arracha une bouteille de poison des mains de sa femme qui voulait se suicider. A Providence, les services d’électricité furent submergés de coups de téléphone : affolés, les habitants réclamaient le couvre-feu. Dans tout le pays, les services de police, les journeaux et les stations de radio se trouvèrent débordés. Les églises étaient pleine à craquer de fidèles qui n'avaient jamais prié avec autant de ferveur.

    A l'origine de cette hystérie collective, l'annonce faite à la radio qu'un engin spatial martien venait d'atterrir et que ses occupants se livraient à de terribles destructions. Ce "communiqué spécial" était en fait l'entrée en matière de l'adaptation radiophonique du célèbre roman de H.G. Wells, La Guerre des mondes, confiée à Orson Welles et à son Mercury Theatre of the air. Adaptation des plus réussies !

    Orson Welles avait su touché un public qui, dans son ensemble, était prêt à croire que Mars était habitée, car, depuis la fin du siècle dernier, certains astronomes affirmaient apercevoir des canaux à la surface du sol martien. Aux astronomes s'étaient bientôt joints les auteurs de science-fiction, qui firent de ces canaux le produit du'une civilisation avancée.  

    En 1938, les dernières recherches avaient pourtant démontré que les conditions martiennes ne permettaient pas une forme de vie avancée, mais tout au plus, la présence de micro organismes, de mousses ou de lichens. Malgré cela, le public préférait continuer à rêver aux belles princesses et aux bêtes à huit pattes des romans d'Edgar Rice Burroughs et à vivre d'innombrables aventures en compagnie du héros John Carter dans un monde sillonné d'un vaste réseau de canaux d'irrigation. Personne ne tenait à savoir qu'il n'y avait pas d'eau sur cette planète ni assez d'oxygène pour respirer.

    La fin du siècle dernier nous a appris beaucoup sur Mars, dont la couleur distinctive, visible même à l'oeil nu, lui a valu le surnom de "planète rouge". De toutes les planètes dont nous apercevons la surface, Mars est la plus proche de nous. A 228 millions de km du Soleil, elle en est plus éloignée que la Terre. Par voie de conséquence, l'année martienne est plus longue que la nôtre, environ le
    double : 22 mois et demi.

    Y a-t-il une vie sur mars ?

    D'un diamètre deux fois plus petit que celui de la Terre, il règne sur Mars une faible gravité : 40% de la nôtre. Un astronaute pèserait donc moins de la moitié de son poids terrestre. Son axe de rotation étant à peu près incliné comme celui de la Terre, la longueur du jour martien n'excède que de quarante minutes la longueur du jour terrestre. 

    Le télescope mit en évidence l'existence de brillantes calottes polaires dont la taille varie avec les saisons. Elles s'étendent, pendant la saison froide, alternativement à chaque pôle et diminuent de façon notable en été. A cause du manque d’appareils d'observation adéquats, on a cru longtemps que Mars était la réplique de la Terre. Par analogie, on assimilait les taches foncées à des océans et les régions ocres à des continents. 

    Fascinés par les ressemblances entre Mars et la Terre, certains astronomes de l'époque n'hésitèrent pas à affirmer que l'atmosphère et la gravité étaient comparables. Comme l'idée d'une vie martienne prenait de plus en plus corps, différents moyens de communication furent envisagés. Quelqu'un proposa par exemple, de dessiner de grands symboles géométriques qui seraient visibles de l'espace soit en plantant des ceintures d'arbres en Sibérie, ou encore en creusant des canaux dans le Sahara. On envisagea aussi d'allumer de grand feu ou d'envoyer des messages lumineux réfléchis par de vastes miroirs. Idées ingénieuses, certes, mais qui toutes restèrent à l'état de projets.  Ce n'est qu'avec l'invention de la radio que les tentatives de communications interplanétaires devinrent possibles.

    Lorsque en 1924 les deux planètes se trouvèrent très proches, les astronomes se mirent à l'écoute d'éventuels signaux  radio émis par Mars. Marconi n'avait-il pas, quelques années plus tôt, capté des signaux basse fréquences qui venaient peut-être de la planète rouge ? En fait, on pense maintenant qu'il s'agissait probablement de distorsions de transmissions terrestres.

    C'est en 1877 que Mars devint le centre d'un débat passionné. Cette année là, en effet, l'astronome italien Giovanni Schiaparelli établit une carte martienne qui révélait tout un "réseau de lignes ou de traits fins" qui quadrillaient la planète. Il les compara aux "fils les plus délicats d'une toile d'araignée" et on les nomma canali ("chenal" ou "lit de rivière" en italien). Mais ce mot fut très vite traduit par "caaux", ce qui sous-entendait l'intervention d'une intelligence évoluée. Schiaparelli dénombra 40 canaux de cette sorte en 1877.

    Carte de Mars par Giovanni Schiaparelli établie en 1877

    L'astronome américain Percival Lowell reprit les travaux de son confrère italien avec, toutefois, beaucoup moins de prudence quand à leur origine. Très vite, Lowell se forgea une idée de Mars bien précise : celle d'un monde plus ancien et devenu aride où les habitants avaient construit un réseau de fossés pour apporter l'eau des calottes polaires vers les récoltes des régions équatoriales.

     Plus prudent, Schiaparelli avait été le premier à faire remarquer que les régions sombres n'étaient pas forcément des océans, car si tel avait été le cas, le soleil se serait reflété à la surface. Aussi, lorsque des observateurs remarquèrent que des canaux traversaient ces taches sombres, ils changèrent d'avis. Il ne s'agissait plus d'océans mais d'étendues végétales. De la mousse ou du lichen, ou, selon Lowell, des plantations ou des cultures. Observation majeure à l'appui de cette hypothèse : ces régions sombres varient avec les saisons, donc selon le rythme de la végétation. 

    En fait, on sait maintenant qu'elles ne sont qu'une illusion d'optique créé par le contraste avec la couleur rouge des régions avoisinantes. Beaucoup d'astronomes restèrent toutefois convaincus qu'il s'agissait d'ancienne cuvettes marines. Lowell prétendit même avoir noté que, lorsque les calottes glacières fondaient et que l'eau affluait vers les récoltes, la végétation poussait et les taches sombres gagnaient sur le désert. Il établit des cartes de la surface de Mars où il reporta le système de canaux. Certains rayonnent à partir d'une "oasis" centrale ; d'autres se dédoublent.

    A ceux qui lui faisaient remarquer que des canaux seraient invisibles de la Terre, Lowell expliquait que chaque canal était bordé de vastes étendues de terre cultivées qui les rendaient visibles.

    Les idées de Percival Lowell n'avaient pas que des défenseurs. La contradiction la plus sérieuse fut apportée en 1907 par Alfred Russel Wallace, ami et collègue de Charles Darwin. Il démontra que les vues de Lowell étaient erronées , que les températures martiennes étaient trop basses et l'air trop sec pour que la vie existe, du moins, toute forme de vie évoluée. Au terme de ses recherches, il conclut que la planète était inhabitable et inhabitée.

     A l'aide de télescopes de lus en plus perfectionné, des "canaux" perdirent de leur belle régularité et apparurent comme une suite de points et de taches. Le rêve de la civilisation qui leur avait donné naissance s'évanouit peu à peu. Il fallut se rendre à l'évidence : les fameux canaux n'étaient que le produit d'une illusion d’optique.

    Mais, déjà, dès 1930, différents travaux avaient démontré que l'air martien était aussi raréfié que l'air terrestre à une altitude équivalente à de fois celle de l'Everest. Une atmosphère si réduite ne permet pas de garder la chaleur : Mars est une planète froide, où des créatures de la taille des hommes ne peuvent se développer.   

    Restait toutefois la possibilité d'une forme de vie moins évoluée. Cette question fut remise à l'ordre du jour avec l'apparition des premières sondes spatiales. En 1965, Mariner 4 envoya les premières photos du sol martien prises à 10 000 km de distance. A leur grande surprise, les astronomes découvrirent que Mars, avec ses cratères de 120 km de diamètre, ressemblait à la Lune. Par contre, des canaux ou de leurs créateurs, aucun signe.

    L’analyse des signaux émis par Mariner 4 révéla que l'atmosphère martienne est constituée principalement de dioxyde de carbone. La pression atmosphérique au sol représente moins d'un centième de la pression au sol terrestre. Les astronomes en conclurent que les températures ne devaient jamais dépasser 0° C et que le rayonnement ultraviolet devait être intense. En 1969, les sondes Mariner 6 et 7 confirmèrent cette vision d'un monde lunaire stérile.

    Y a-t-il une vie sur mars ?

    Ces missions portèrent un coup fatal à l'éventualité de la vie sur Mars. Toutefois, le vieux rêve resurgit en 1971 lorsque parut la première carte complète martienne, établie par Mariner 9 pendant son orbite autour de la planète. Une certaine forme de vie existait peut-être, ou avait existé... En effet, lorsque les orages de poussière qui balayaient la planète se furent apaisés, des pics montagneux très élevés apparurent : les sommets de gigantesques volcans. Le mont Olympe, le plus grand, mesure 24 km de haut et 560 km de diamètre. Apparurent aussi des vallées en méandre qui ressemblaient à d'anciens lits de rivière. Malheureusement, Mariner 9 ne photographia pas les régions géologiquement les plus intéressantes. Cependant, les photos ont apporté la réponse à l'énigme des taches sombres, dues à la présence d'une roche noire. Les variations d'apparence saisonnière sont le fait de nuages de poussière poussé par les vents.

     La présence de volcans sur le sol martien est une très bonne nouvelle pour les biologistes. Les éruptions volcaniques produisent de grandes quantités de gaz, constitués en majeure partie de vapeur d'eau, qui se condensent et tombent ensuite sous forme de pluie. Les lacs asséchés et les lits de rivière martiens s'expliqueraient-ils ainsi ? Ave une atmosphère plus dense, la planète a peut-être été aussi plus chaude. Il n'est donc pas impossible que toutes les conditions nécessaires à l'apparition de la vie aient un jour été réuies, une vie dont les restes sont peut-être encore enfouis sous les sables rouges.

    L'aventure martienne n'est peut-être pas terminée...    

      


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    Il existe indéniablement une énergie inconnue et bénéfique émise par certaines formes ou structures : pyramides, mobiles géométriques, etc... Expériences et applications pratiques l'ont amplement démontré. Mais peut-on soit-même en tirer parti ? La pyramide de Chéops en réduction n'est-elle qu'un gadget à aiguiser les lames de rasoir ou l'énergie des formes a-t-elle un avenir plus largement utilitaire ?

    Un entrepreneur de maçonnerie américain, Jim Onan, propose à ses clients une résidence secondaire assez insolite. Ce n'est ni plus ni moins que la réplique de la pyramide de Chéops à l'échelle que vous permettent vos moyen ! Elle est aménagée comme une maison de campagne ordinaire. Mais à l'intérieur, tout est dessiné selon les lois des émissions dues aux formes. De sorte que, en plus du confort moderne, vous profitez des influences bénéfiques de la structure pyramidale. 

    La construction prévoit une orientation nord-sud du bâtiment, comme le suggèrent les tombeaux pharaoniques du plateau de Guizèh et les expériences conduites sur le pouvoir des formes. Pour un certain supplément, Onan vous propose un revêtement spécial à la poudre d'or. On aurait aussi démontré que ce métal focalisait plus que tout autre les ondes positives... 

    La Onan Building Company a-t-elle voulu profiter de la mode des pyramides pour faire astucieusement de l'argent, ou bien existe-t-il des raisons de penser qu'une résidence en forme de pyramide peut avoir une influence bénéfique sur ses habitants ?

    Le docteur Serge V. King est un des plus grand spécialistes au monde des pyramides et autres structures propres à émettre des " ondes de forme ou de force ", qu'elles soient positives ou négatives. N'ayant aucun intérêt immobilier dans l'affaire Onan pas plus qu'ailleurs, son propos est donc uniquement scientifique.

    " Voici, - écrit-il dans l'introduction  de son livre Pyramidal Enery Book -  une liste de ce que la pyramide est susceptible d'accomplir. L'ordre est pas préférentiel : 

    - Aiguiser les lames de rasoir à la coutellerie
    - adoucir le café, le thé et le tabac
    - donner à l'eau du robinet un goût d'eau de source
    - stimuler la croissance des plantes
    - accélérer le temps de germination des graines
    - conserver la nourriture
    - rehausser les saveurs naturelles
    - faire mûrir les fruits et les légumes
    - retarder la croissance des algues et empêcher celle des bactéries
    - améliorer la réception de la radio et de la télévision
    - recharger les batteries
    - augmenter la conscience et rendre la relaxation plus profitable
    - stimuler le processus de guérison et alléger la douleur
    - accroître la vitalité et la virilité

    Cela parait incroyable ! Et paradoxalement, le fait que l'énergie des pyramides puisse accomplir autant de choses constitue un handicap dès que l'on essaie de convaincre la science "officielle" de son efficacité. Le docteur King n'est pourtant pas le premier venu. Il teste des pyramides depuis vingt ans. Même si on accepte pas encore de discuter dans toutes les universités de ses travaux et de ses communications, des applications pratiques ont déjà été adoptées.

    L'énergie des pyramides

    Avec le centre d'étude agronomique de Livermore, en Californie, le docteur Serge V. King a démontré l'activité de la forme pyramidale sur les plantes, et en particulier sur les semences. Des graines de provenance et de qualité  identiques ont été séparées en deux parties, dont l'une a été semée sous une structure pyramidale de verre et l'autre, pour servir de témoin, sous une serre parallélépipédique traditionnelle : le temps de germination des graines de la pyramide a été deux fois moindre que pour le groupe témoin. Une fois le cycle végétatif en train, ce dernier a pris un singulier retard. Les radis étaient plus petits et de qualité inférieure.

    King et les chercheurs du Centre ont fait une autre constatation, à partir de semences de carottes cette fois. Les insectes et parasites s'attaquaient beaucoup moins aux légumes poussant sous pyramide qu'aux autres.

    De nombreux maraîchers californiens ont été intéressés par cette découverte. On commence d'ailleurs à voir, dans la région de Livermore, quelques serres de forme pyramidale. Aucun chiffre précis n'a encore été donné par les professionnel mettant ainsi en pratique agricole les ondes de forme, mais il ne fait aucun doute que d'ores et déjà les résultats sont des plus satisfaisants.

    L'expérience de l'eau ne manque pas non plus d’intérêt. Elle a été faite en Tchécoslovaquie et en U.R.S.S. par divers savants intéressés par la pyramide de Drbal, qui a été breveté en 1959 pour aiguiser des lames de rasoirs. Le docteur King l'a lui-même tentée avec des résultats identiques.

    Un litre d'eau déposé sous une pyramide dans un récipient ouvert à l'intersection des médianes de la base subit des transformations notables par rapport à la même quantité de liquide exposé à l'extérieur de la pyramide. Les chercheurs soviétiques, Vladimir Prolapov et Dmitri Vernadsky en particulier, ont noté une pureté plus grande de l'eau soumise aux énergies des formes. La pyramide paraît affecter le comportement des substances minérales dans le liquide. Elle les équilibre. Selon leurs hypothèses, elle interviendrait sur la structure moléculaire. 

    " Nous disons "purifie", précise le docteur Vernadsky, mais ce n'est pas exact. La pyramide ajoute quelque chose à l'eau au niveau de sa structure, et non de sa composition. Ce "quelque chose" a une action positive sur l'utilisateur de l'eau. On a ainsi constaté que le liquide influencé par l'émission due aux formes avait une action bénéfique sur la peau dans certaines dermatoses. Il est aussi troublant de constater que l'eau du robinet, javellisée et chargée de sels minéraux, perd son gout caractéristique après un très court séjour sous la pyramide. Cette dernière accélère dans des proportions considérables l'élimination du chlore à l'air libre...

    De la maison plaquée or des entreprises Onan aux appareils de king, nous nous sommes limités à la seule structure pyramidale. D'autres " ensembles volumétriques responsables d'émissions dues à leurs formes ", comme disent les spécialistes, peuvent être envisagés. Il est même possible de les réaliser soi-même et d'en tester directement les influences bénéfiques. 

    Le chercheurs anglo-saxon John P. Boyle en propose un certain nombre, qui ont été expérimentés dans des conditions de contrôle scientifique très satisfaisantes. Suspendus dans une pièce où l'on vit, par exemple, ils ont une action certaine sur l'ionisation de l'air. Ils semblent accroître de manière sensible de dynamisme des personnes qui vivent dans leur périphérie. Dans une chambre à coucher, ils améliorent le sommeil, et, en règle générale, apportent un bien-être nerveux inhabituel. 

     


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  • Il faut rappeler qu'à l'époque de l'apparition des " fantômes " de Trianon, aucune étude sérieuse n'avait encore été consacrée aux phénomènes de rétrocognition. C'est ce qui explique en partie les manifestations de scepticisme, voire d'hilarité, qui furent enregistrées lorsque les deux Anglaises rendirent publique leur étrange aventure.

    Pour beaucoup de contemporains, il était évident que ces deux femmes d'âge mûr, naïves et peut-être même un tantinet hystériques, avaient eu des hallucinations. Sans doute leur mémoire était-elle défaillante, ou bien encore, en suivant leur incorrigible penchant au romanesque, avaient-elles ainsi agrémenté une réalité par trop banale... De plus, il sembla incroyable que les deux touristes n'aient pas réalisé sur le moment qu'elles voyaient des choses qui ne pouvaient pas exister réellement.

    Les réactions de Miss Moberley et de Miss Jourdain témoignent néanmoins d'un certain bon sens : elles étaient devenues suffisamment conscientes du caractère anormal de leur expérience pour tenter d'élucider le mystère à l'aide de document historiques. Au cours des années suivantes, elles devaient effectuer des recherches minutieuses concernant la construction du Trianon : modifications successives de l'architecture originale, plans des jardins, costumes et livrées des serviteurs du château, etc...

    A cet égard, il semble qu'on ne puisse guère prendre en considération l'hypothèse émise par un journaliste, qui insinuait que les deu femmes avaient été abusées et qu'elles n'avaient pas réalisé qu'elles avaient vu, en fait, des personnages contemporains, vivant eux aussi en 1901. Pourtant l'uniforme vert et le tricorne des jardiniers n'étaient certainement plus portés par le personnel de Versailles au début du siècle. Et d'ailleurs comme le firent remarquer Miss Moberley et Miss Jourdain, à la lumière de leurs recherches historiques : " Le vert était la couleur de la livrée royale et, comme tel, n'était plus porté à Trianon, pas plus qu'à Versailles. "

    On a également suggéré que les deux Anglaises avaient pu se trouver mêlées sans s'en apercevoir à quelque fête costumées. Pourquoi pas, mais comment expliquer alors que les acteurs de cette mascarade se soient promenés dans des bosquets qui n'existaient plus et qu'ils aient suivi des sentiers disparus depuis longtemps, lors de ce bel après-midi d'août 1901 ?

       A cela, on peut répondre que Miss Moberley et son amie erraient, elles aussi, sur les mêmes sentiers et parmi les même bosquets. . Certes, mais elles n'étaient pas vêtues des mêmes toilettes désuètes appartenant manifestement à une autre époque. De plus, en ce qui concerne la musique entendue en janvier 1902, les vérifications ultérieures semblèrent prouver qu'aucun orchestre n'avait joué ce jour-là, ni dans le parc, ni aux environs. 

     

    Le kiosque dont elles se souvenaient ressemblait assez à celui qui figure sur les plans originaux de Trianon : il s'agissait d'une
    " ruine artistique " à but purement décoratif. Malheureusement, on ignore si cette " folie " est restée à l'état de projet ou si elle a été effectivement réalisée. Ce même kiosque posera d'ailleurs bien des problèmes à Miss Moberley et ) Miss Jourdain, tellement désireuse de l'identifier à l'un des éléments du Trianon d'origine qu'elles se laissèrent aller à de fâcheuses contradictions dans leurs dépositions successives.

    " L'édifice avait un petit air oriental ", déclarèrent-elles notamment. Léon Rey, qui écrivait alors dans La Revue de Paris, pensa pouvoir assimiler l'édifice à un petit bâtiment dit " Jeu de bague ", dont le style était en effet vaguement chinois. Mais les deux Anglaises réfutèrent cette hypothèse, arguant des différences notables existant entre le kiosque de leurs souvenirs et le Jeu de bague.

    Notons toutefois que cette allusion de leur part à un style chinois date seulement de 1909, si bien qu'il est permis de penser que les dignes femmes se sont laissées influencer par leur imagination. Néanmoins, nous savons qu'en 1774 le jardinier royal de Marie-Antoinette, Antoine Richard, traça des plans qui indiquent l'emplacement d'un petit kiosque de jardin, du type de celui qu'avaient vu les deux femmes. 

    Lorsque l'on examine aujourd'hui les faits rapportés par Miss Moberley et Miss Jourdain , ainsi que les innombrables commentaires et articles qui suivirent, il en ressort surtout une extraordinaire impression de confusion du fait des interprétations contradictoires qui furent avancées. Ainsi, l'homme à la mine sinistre qui inspira aux deux amies une aversion instinctive fut identifié par certains comme le comte de Vaudreuil, dont on connait le rôle funeste durant la fin du règne de Marie-Antoinette. D'autres, par contre, y virent l'incarnation diabolique du vieux roi Louis XV. De la même manière, il n'est pas un détail rapporté par les Anglaises qui n'ait fait l'objet d'explications aussi ingénieuses que diverses et parfois fort hasardeuses.

     D'autre part, on a accusé les demoiselles d'avoir, au cours de leurs recherches, retenu uniquement des éléments susceptibles de confirmer et d'attester leur incroyable aventure. Les deux femmes professeurs furent parfois présentées comme deux vieilles filles refoulées, nourries de toutes sortes d'inepties romanesques concernant le destin tragique de Marie-Antoinette

    Et pourtant, ce n'est pas l'impression que laissent les écrits de Miss Moberley et Miss Jourdain, car elles y apparaissent au contraire comme équilibrées et pleines de bon sens, et très sincèrement intriguées par leur étrange aventure de ce mois d'août 1901. Si on a pu les soupçonner d'avoir délibérément modifié leur récit en fonction des nouveaux éléments historiques qu'elles découvraient, on peut tout aussi bien supposer que seules les recherches effectuées les ont mises en mesure de réaliser pleinement ce qu'elles avaient vu...

    Personne aujourd'hui ne peut savoir avec certitude ce qui s'est effectivement passé en ce 10 août 1901. Les deux femmes ont-elles vécu une sorte de " glissement temporel " ? S'agit-il de rétrocognition . Il est en tout cas certain que l'aspect le plus convaincant et le plus troublant de cette singulière expérience réside dans les modifications topographiques enregistrées par Miss Moberley et Miss Jourdain après leurs premières visites : elles ont parcouru des sentiers qui n'existaient plus depuis longtemps, et il semble qu'elles aient véritablement erré dans le Trianon du XVIIIè siècle.

    Les Anglaise seraient-elles prédestinées à vivre semblables incursion dans le temps ? Ou bien le paysage français est-il particulièrement propice à ce genre de phénomène ?

     

     

     


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    Par un bel après-midi du mois d'août 1901, Miss Ann Moberley et Miss Eleanor Jourdain, deux respectables Anglaises d'âge mûr qui passent leurs vacances à Paris, décident de se rendre au château de Versailles, qu'elles ne connaissent encore ni l'une.
    Ces deux femmes cultivées intéressent en effet tout particulièrement aux sites historiques.

    Précisons enfin que ces deux enseignantes, estimées de leur entourage, n'ont jamais manifesté, jusque-là, de crédulité ou d'émotivité excessives.

    Après avoir visité les différentes salles du château, nos deux demoiselles s'arrêtent dans la Galerie des Glaces pour s'y reposer quelques instants. Il fait un temps magnifique. Par les fenêtres ouvertes leur parviennent les effluves embaumés des jardins en fleurs. Aussi décident-elle de diriger leurs pas vers le Petit Trianon, le ravissant petit château construit par Gabriel pour Louis XV et Mme de Pompadour, que Louis XVI offrira ensuite à sa jeune femme Marie-Antoinette.    

    Elles traversent donc le parc et longent le Grand Canal, à l'extrémité nord duquel s'élève le Grand Trianon, dont Mansart traça les plans pour le Roi-Soleil. De là, elles prennent sur leur gauche et arrivent à une large avenue de verdure.  

    Mais les deux promeneuses ne sont pas très sûres de la direction à suivre, si bien qu'au lieu d'emprunter cette route, qui les aurait effectivement conduites tout droit au Petit Trianon, elles la traversent et s'engagent dans une petite allée latérale...

    C'est alors que Miss Moberley remarque une femme qui agite un linge blanc par la fenêtre d'un petit pavillon qui marque l'angle de l'allée en question. Sur le moment, elle s'étonne que son amie ne se soit pas arrêtée pour demander son chemin, mais elle poursuit sa conversation et cet incident lui sort de l'esprit. Plus tard, toutefois, elle mentionnera ce fait à Miss Jourdain et apprendra alors que si celle-ci n'a pas réagi, c'est qu'elle n'a vu ni femme ni pavillon...

    A ce moment, en effet, les deux Anglaises bavardent avec animation, s'entretenant de l'Angleterre et des amis qu'elles y ont laissés  et elles n'ont encore rien remarqué d'insolite dans les lieux qu'elles traversent. Elles tournent sur leur droite, longeant quelques petits bâtiments : un porche entrouvert leur laisse apercevoir les dernière marches d'un escalier sculpté. A cet endroit, trois sentiers se présentent devant elles. Sans s'arrêter, elles choisissent celui du milieu, pour la seule raison que deux hommes - munis l'un d'une sorte de brouette, l'autre d'une bêche - y travaillent.

    Il doit s'agir, pensent-elles, de jardiniers affectés à l'entretien du parc, encore que le costume de ceux-ci leur paraissent assez étrange ! Miss Moberley et Miss Jourdain continuent leur chemin dans la direction indiquée par les ouvriers, toujours plongées dans leur conversation. 

    Cependant, toutes deux commencent à se sentir curieusement oppressées. Le paysage alentour leur semble étrangement dépourvu de relief et comme réduit à deux dimensions, un peu à la manière d'un décor de théâtre.  Leur sentiment de malaise s’accroît encore à mesure qu'elles se rapprochent d'un petit kiosque circulaire qui s'élève au milieu des jardins.     

    Là est assis un homme dont la physionomie basanée et peu amène les impressionne désagréablement. Il porte, notent-elles au passage, une sorte de houppelande et un chapeau à larges bords. Elles sont alors plutôt incertaines quant à la route à suivre, mais rien au monde ne pourrait les inciter à aborder l'inconnu au kiosque...

    Soudain, des bruits de pas résonnent derrière elles. Pourtant, lorsqu'elles se retournent, le sentier est vide... A cet instant, Miss Moberley remarque un autre personnage qui se tient debout non loin d'elles et qui semble avoir surgi comme par magie du paysage environnant. Il lui apparaît comme "un gentleman  accompli... de haute taille, avec de grand yeux sombres et une chevelure noire et bouclée". Lui aussi porte un manteau ample et un grand chapeau. Le nouvel arrivant leur indique leur chemin avec un empressement et une sorte de jubilation intérieure tout à fait singuliers.

    S'engageant dans la direction qu'il leur a montrée, elles se retournent pour le remercier de son obligeance : à leur grand étonnement, il a déjà disparu ! Elles entendent à nouveau des pas derrière elles, tout proches leur semble-t-il, mais à nouveau elles ne voient personne.

    Elles traversent alors un petit pont qui enjambe un ravin miniature où bouillonne une cascade du plus charmant effet, et elles arrivent finalement à une demeure campagnarde de forme carrée, se prolongeant au nord et à l'ouest par deux terrasses. Miss Moberley aperçoit une femme assise dans l'herbe, le dos appuyé à la balustrade de la terrasse, qui lui semble occupée à dessiner. L'inconnue les regarde fixement tandis qu'elles passent devant elle, et l'Anglaise distingue alors son visage : ses traits fort beaux, qui trahissent toutefois un âge certain, lui paraissent peu attirant. Elle porte une longue robe faite d'un tissu impalpable, avec une sorte de fichu drapé assez bas sur les épaules. Son abondante chevelure blonde est surmontée d'une vaporeuse capeline blanche.

    Les Anglaises passent en silence devant la mystérieuse dame et gravissent les marches conduisant à la terrasse. Miss Moberley a de plus en plus l'impression de vivre un rêve éveillé. Elle distingue encore une fois la singulière silhouette féminine, vue de dos cette fois. Et elle se sent soudain inexplicablement soulagée à l'idée que son amie ne s'est pas adressée à l'inconnue pour lui demander s'il était permis de pénétrer à l'intérieur de la maison. En fait, elle apprendra que Miss Jourdain n'a vu aucune femme lorsqu'elle sont arrivées.

    Deux touristes sont arrivées à l'angle sud-ouest de la terrasse. En revenant sur leur pas, elles remarquent une seconde maison, d'où sort un jeune homme qui s'offre à leur faire visiter les environs. Mais un groupe bruyant et joyeux arrive alors sur les lieux et interrompt le dialogue. Comme un charme qui se rompt, l'indéfinissable malaise se dissipe et les deux femmes reprennent pied dans la réalité. 

    Durant toute la semaine suivante, les deux amies ne feront entre elles aucune allusion à cette journée, qu'elles semblent inconsciemment vouloir oublier. Mais lorsque Miss Moberley entreprendra de coucher par écrit le récit de sa visite à Versailles, elle se sentira à nouveau envahie par la même étrange sensation d'oppression. " Pensez-vous que le Petit Trianon soit hanté ? " demande-t-elle tout de go à Miss Jourdain, qui lui répond sans hésiter par l'affirmative. C'est alors seulement qu'elles constatent, en comparant leur notes et leurs souvenirs respectifs, à quel point leur perception des événement diffère. 

    Trois mois après ce jour mémorable, les deux femmes rédigent un récit complet et détaillé de leur aventure. Et c'est bien justement ce long délai qui apparaîtra suspect : des révélations aussi tardives susciteront le scepticisme des contemporains. Comment imaginer, objecteront les incrédules, que des souvenirs datant de trois mois puissent être suffisamment précis et exacts ? De toute évidence, un témoignage immédiat, moins élaboré, aurait été plus fiable. En d'autres termes, nos dignes demoiselles sont soupçonnées d'avoir laissé libre cours à leur imagination et d'avoir enjolivé la réalité.

    D'autant qu'elles ont pu être influencées par les nombreuses légendes relatives à Trianon. On sait par exemple qu'un des amis parisiens de Miss Jourdain lui a raconté que plusieurs habitants de Versailles affirment que le fantôme de Marie-Antoinette leur est apparu, précisément pendant une journée du mois d'août : la reine portait une robe rose et une grande capeline à bords souples.

    Les uns voient dans ces scènes venues du passé une réminiscence des dernières fêtes champêtres et des derniers divertissement donnés en ces lieux par la souveraine promise à un destin tragique. D'autres soulignent que ces apparitions sont toujours survenue le jour anniversaire du fatal 10 août 1792, qui vit la mise à sac des Tuileries et qui marqua le début de la captivité et du martyr de la famille royale.

     

    Versailles - Le secret de la reine fantôme

    Miss Doberley et Miss Jourdain n'avaient peut-être pas jusque-là pris conscience du caractère extraordinaire de leur aventure. Elles commencent à croire qu'elles ont pénétré à leur insu dans un autre univers temporel, dans une sorte de projection du passé émanant de ces lieux si fortement imprégnés de la personnalité de la reine Marie-Antoinette. Terriblement bouleversées et perplexes, les deux femmes sentent qu'il leur faut absolument retourner à Versailles.

    Miss Jourdain se rend donc à Trianon, seule cette fois, dans le courant du mois de janvier suivant. Là encore, elle ressent comme une sorte d’envoûtement, tenant à la fois à l'atmosphère magique du site et à divers incident insolites. Mais certains détails ont changé depuis l'été précédent. Le kiosque, par exemple, lui semble différent et il ne s'en dégage plus cette impression d'inquiétude qu'elles avaient éprouve auparavant.

    En fait, c'est seulement lorsque l'Anglaise s'engage sur le petit pont qui mène au célèbre Hameau, où Marie Antoinette et ses compagnes  aimaient tant à jouer aux bergères, qu'il lui semble franchir comme une frontière invisible délimitant deux univers différents. Elle remarque notamment une charrette, que deux paysans vêtus d'une sorte de tunique et d'une cape à capuchon sont en train de charger de bois mort. A ce moment, elle détourne un instant la tête pour observer le Hameau et, lorsqu'elle les cherche à nouveau des yeux, la charrette et les deux hommes ont disparu.

    Elle note encore d'autres faits  étranges : elle voit un homme enveloppé d'un grand manteau qui se glisse furtivement entre les arbres. Elle entend tout près d'elle le bruissement de robes soyeuses sans entrevoir âme qui vive. Les échos assourdis d'une musique allègre lui parviennent de temps à autre, comme provenant d'un orchestre tantôt lointain, tantôt tout proche. Enfin, elle a la sensation très nette d'être entourée par une foule de figurants invisibles. Rien, cependant , ne rappelle ce qui s'est passé en août 1901.

    Les deux amies reviendront à Versailles plusieurs fois par la suite, sans jamais revivre leur première expérience. Au contraire, le parc lui-même leur apparaîtra singulièrement différent par rapport à leur première visite : les bosquets n’occupent plus la même place et les sentiers ne suivent plus le même tracé ; les bâtiments, qui leur avaient paru presque neufs, portent les marques du temps et certains murs tombent même en ruine ; le kiosque n’existe plus. Plus de trace, enfin du petit pont, du ravin miniature et de la cascade.

    Le Trianon du XXè siècle n'offre plus guère de ressemblance avec le site qu’elles ont parcouru précédemment. Fort troublées, Miss Moberley et Miss Jourdain décident d'orienter leur recherche vers le passé...

    Comment expliquer leur extraordinaire aventure ? 

      

     

     

     

     


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