• Les romans de chevalerie lui ayant tourné la tête, Alonso Quixano, gentilhomme de la Manche, eut la fantaisie de s'armer chevalier. Ainsi naquit don Quichotte qui, avec sa maigre jument baptisée Rossinante, part à la conquête du monde pour la dame de ses pensées, Dulcinée. Mais, plus ingénieux que valeureux combattant, il reçoit d'emblée quelques mauvais coups qui l'e,voie au lit. Son entourage se demande comment faire passer ces extravagances.

    Don Quichotte, à peine rétabli, entraîne son voisin Sancho Pança à la poursuite de ses chimères. Le brave Sancho, qui personnifie le bon sens, s'étonne parfois de voir le chevalier charger quelques moulins à vent pris pour des géants, mais il le suit, rêvant de posséder l'île que don Quichotte lui a promise comme salaire....

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    La silhouette longue et maigre du vieil homme, fièrement campé sur sa jument décharnée, accompagné d'un paysan courtaud monté sur un âne, est devenue familière. Car ce n'est pas la moindre qualité de don Quichotte que d'éveiller chez autrui la compassion et bientôt le respect. Chevalier revêtu d'une misérable armure, perdu dans son époque où la chevalerie n'a plus cours, don Quichotte conquiert toujours son entourage, et sa folie paraît parfois préférable à la platitude commune.

    Il y a donc, dans le Don Quichotte, comme une philosophie du cœur humain qui fait de ce roman le patrimoine de tous les peuples civilisés. Mais c'est aussi une oeuvre nationale, qui marque dans la littérature espagnole, une date importante, un pamphlet de haute critique, écrit à l'heure où l'Espagne, tardivement sortie du Moyen Age, se livrait enfin à la Renaissance.   

    Jorge Luis Borges nous dit : " Pour se moquer doucement de lui même, il inventa un homme crédule, troublé par la lecture de merveilles, à qui passe par la tête de chercher des prouesses et des enchantements dans des lieu prosaïques qui s'appellent Et Toboso ou Montiel. Vaincu par la réalité, par l'Espagne, don Quichotte mourut dans son village natal aux environs de 1614. Miguel de Cervantès lui survécut peu de temps.
    Pour l'un et pour l'autre, pour le rêveur et pour le rêve, cette trame entière consista dans l'opposition de deux mondes : le monde irréel des romans de chevalerie, le monde quotidien et banal du XVIIè siècle "    

     


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  • L'action se passe dans une ville californienne Lambda, Mill Valley. Miles Bennell, le narrateur, est un jeune médecin. Un jour, une de ses patientes, Wilma, vient lui parler d'un fait étrange lui arrivant : elle a le sentiment profond que son oncle, mais quelqu'un d'autre l'ayant remplacé insidieusement. Il est pareil que son oncle, mais selon elle, ce n'est plus lui ! Très vite, d'autres témoignages de personnes inquiètes affluent, et Miles va peu à peu se rendre compte qu'il s'agit apparemment d'extra-terrestres prenant l'apparence d'êtres humains, les remplaçant afin de prendre peu à peu le contrôle sur la Terre...

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    Paru en 1955, ce roman raconte une invasion originale avec des entités bien différente de ce qu'on voyait à l’époque. Il aborde son invasion extra-terrestre via la question de l'identité. Qu'est-ce qui définit un être humain ? En quoi ces copies sont-elles différentes de nous puisqu'elles nous ressemblent traits pour traits et possèdent nos souvenirs ? Ici l'émotion et la capacité créatrice de l'homme qui font la différence. On retrouve là un thème de prédilection de la science-fiction plus souvent abordée à travers les robots et l'intelligence artificielle que ce soit chez Asimov ou Philip K Dick avec Blade Runner.

    L'écriture est simple et efficace. Le ton est plutôt axé sur la paranoïa comme celle d'un enfant qui raconte que ses parents ne sont pas des vrais parents. Jack Finney fait intervenir un psychanalyste qui rappelle un cas étonnant d'hystérie collective qui avait effrayé la chronique en 1944. La seule issue dont dispose le héros du roman pour échapper aux pièges tendus par son inconscient, c'est de trouver des preuves tangibles de la réalités objective de l'invasion extraterrestre. Le combat contre l'invasion passe dès lors par une lutte acharnée contre soi et contre ses propres doutes, ses convictions et ses préjugés.

    Un récit originale rudement bien mené mais qui fait froid dans le dos... imaginez si vos proches n'étaient pas vos proches...    


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  • De retour d'un voyage d'affaires extraplanétaire, Simon Kress découvre avec amusement que ses piranhas se sont entre-dévorés et que des deux créatures exotiques qui vivaient sur sa propriété, seule une subsiste. En quête de nouveau familiers pour alimenter ses jeux cruels, Simon va mettre la main sur une colonie de rois des sables, d'étranges insectes intelligents capables de bien des surprises...  

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    Six nouvelles qui nous rappelle que l'auteur du Trône de fer est aussi à l'aise avec les textes court de la science-fiction qu'avec l'immense saga de fantasy.

    " Par la croix et le dragon ", qui ouvre le recueil, en est tout simplement le chef d'oeuvre. Martin n'écrit que rarement des textes à forte problématique. Ici, Martin s'intéresse à la " raison " de la religion. Un inquisiteur se voit confronté à un hérétique qui a inventé une nouvelle religion réhabilitant Judas, mêlant allègrement des dragons aux Écritures. Les menteurs créent des religions et des croyances car elles sont un rempart contre le nihilisme vérité, les mensonges de la foi sont un précieux réconfort...

    "La dame des étoiles", récit de la descente aux enfers d'une femme contrainte à la prostitution dans un étrange astroport est également une belle réussite, ainsi que "La cité de pierre", relatant la vaine quête d'un équipage livré à lui-même sur une planète abandonnée. La nouvelle qui donne son nom au recueil est une des plus réussie.

    Ces nouvelles sont toutes des années 70, et ont une remarquable homogénéité de thèmes : les souterrains qu'on explore, les constructions mystérieuses, les manipulations génétiques et les mutations, les fêtes décadentes, les religions stupides et délirantes, la monstruosité cachée sous des airs avenants...

    Plusieurs de ces textes sont de vrais petits bijoux, ils sont à découvrir sans hésitation !   

     


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  • Calcutta, 1916. Un soldat anglais fuit dans les ombres nocturnes de la Cité des palais. Au creux de ses bras, il abrite des jumeaux de quelques jours qu'il vient d'arracher à un mystérieux criminel.Dès leur naissance, les jumeaux Ben et Sheere sont séparés par un terrible drame. Sherre est confiée à sa grand-mère tandis que Ben est mis à l'abri dans un orphelinat.Le jour de leur seize ans, Sheere et Ben sont réunis. Une ombre maléfique se déchaîne alors. Quelle est cette force qui s'attache aux jumeaux ? Quel secret cache cette haine féroce ? C'est au cour de l'ancienne gare de Calcutta qu'ils doivent découvrir la vérité. Dans ce lieu maudit, ravagé le jour même de son inauguration par un incendie qui a fait plus de cent morts, Ben et Sheere vont affronter les vérités de leur passé. 

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    Une histoire de fraternité de gamins qui ont grandi ensemble dans un orphelinat qui combattent une sombre créature surgie du passé de l'un d'entre eux. Une histoire d'épouvante dont le fantastique et la montée de l'angoisse bien distillée est par moment flippante et qui alterne avec des moments de franche camaraderie. Un livre fantastique, onirique, poétique et mélancolique qui ne laissera personne de marbre.

    La quête de vérité sera pleine d'embûches, de courses poursuites, de souffrance et de déceptions. Carlos Ruiz Zafon nous emmène au plus profond de l'étrange où le diable ou même les démons peuvent revêtir plusieurs facette et ira même jusqu'à pousser jusqu'au bout de l'angoisse nos jeunes héros pour sauver leur vie et celle de leurs amis !

    Nous retrouvons avec plaisir cette touche surnaturelle, le bien contre le mal, les maléfices et les serments secrets propres à toutes les histoires de Ruiz Zafôn.

     Les héros sont plein d'énergie, ont un sens profond de l'amitié et certains tombent amoureux pour la première fois. Devant le danger qui les menaces, ils font face avec courage. L'empathie fonctionne à merveille du côté du lecteur, et Zafon nous renvoie, avec malice, à nos rêves de gosses quand nous voulions partir à l’aventure. Mais c'est sans oublier que Zafon est un écrivain de tradition gothique et qu'il va nous happer dans un déluge d'aventures et de romantisme, auquel on ne peut résister. 


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  • Une météorite pas plus grosse qu'une boule de bowling tombe dans les bois. Découverte par un vieil homme, elle exsude une substance gélatineuse qui recouvre sa main et dont il ne peut plus se défaire. Steve et sa copine l'emmène au cabinet médical de la ville, où la substance grossit, se nimbe d'une vive lueur rouge avant d'engloutir ses premières victimes : le médecin, son infirmière - et ce n'est qu'un début.

    Tourné pour 120 000 dollars, Danger planétaire introduit un élément de SF dans un succédané de la Fureur de vivre, ou des ados révoltés font des courses de voiture et flirtent dedans.  

    Les effets spéciaux, un ballon-sonde gonflable recouvert d'un gel silicone coloré, font ce qu'ils peuvent, mais il serait exagéré, ainsi qu'on a pu le suggérer, de voir dans sa couleur rouge une métaphore du péril communiste.

    La scène la plus mythique du film est celle où le Blob attaque une salle de cinéma qui projette un film d'horreur. Il y pénètre par une grille d'aération , puis avale le projectionniste avant de s'écrouler dans la salle comme la sirupeuse gelée de groseille qu'il est. 

    Le climax présente nos héros emprisonnés dans un petit restaurant que le monstre s’apprête à submerger sous sa masse. Rien ne l’arrête, ni l'acide, ni les coups de fusils, ni même le câble à haute tension qu'on abat sur lui. Alors que tout semble perdu, Steve se rend compte que les extincteurs au CO² stoppent sa progression. Congelé, le Blob est transporté par avion jusqu'en Antarctique, où il est imprudemment abandonné. Au mot fin, s'ajoute le point d'interrogation qui nous promet une suite, qu'il faudra attendre quatorze ans. 

    Contre toute attente, cette petite série B deviendra culte, grace à l'essor de la carrière de Steve McQueen, qui aura bien mérité de la SF, même s'il n'u est jamais revenu.

    Il est clair qu'il faut remettre le film dans le contexte de l'époque... De nos jours, les effets spéciaux sont bien entendu dépassés, on voit clairement que c'est une simple boule de gélatine et les attaques sur les bâtiments de simples maquettes...

    N'empêche que pour l'époque c'est plutôt bien foutu ! Et du coup le film a un charme fou et on peut être surpris par les différentes attaques du blob. La créature va attaquer à multiples reprises, il y a peu de hors champs de caméra, on sent que le réalisateur voulait vraiment impressionner le public  

     


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