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    Nolan et Loder, l'un avocat, l'autre politicien, sont à la tâte d'un gang. Ils abattent le juge Shaw et font accuser John Ellman, un ancien détenu récemment libéré. Ellman est condamné à mort. Effrayés, jimmy et Nancy, les deux étudiants en médecine qui ont assisté au meurtre, n'osent pas le disculper. Le jours du chatiment arrive. Ellman est exécuté. Il est ramené à la vie par le docteur Beaumont, patron de l'étudiante Nancy. Lorsqu'il revient d'entre les morts, Ellman semble avoir acquis une clairvoyance surhumaine. Il est bien décidé à se venger...

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    Le mort qui marche est une belle tentative de la part de la Warner de mêler le film de gangsters, grande spécialité du studio des année trente, et le film fantastique, genre particulièrement en vogue depuis le succès de Frankenstein. D'ailleurs, la scène où l'homme est littéralement ressuscité dans le laboratoire n'est pas sans rappeler le célèbre film des studios Universal. 

    Le mort qui marche (1936) - Michael Curtiz

     

    Boris Karloff condamné par erreur et ramené à la vie par un savant pas si fou, poursuis de sa vengeance ceux qui l'on jugé. Le film, à prétentions sociales, reste schématique et linéaire, mais contient plusieurs séquences expressionnistes et assez angoissante où Karloff, hâve et cheveux blanchis, se glisse dans des ruelles sombres ou grimpe quelques escaliers craquants avec la démarche saccadée mise au point dans le Frankenstein de Whale.

    John Ellman se venge mais paradoxalement, toutes ses victimes meurent de mort naturelle... un petit coup de pouce du destin ou faut-il y voir la ... main de Dieu ?   

    La réalisation Michael Curtiz, qui tournait dans les années 1930 quatre à six films par an et dans tous les genres, est de bonne facture. Peu connu, Le mort qui marche mérite d'être (re)découvert. 

    Un véritable bijou du 7e art


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  • Metropolis (1927) - Fritz Lang 

    En 2027, Metropolis, gigantesque cité verticale, est divisée en deux : dans les hauteurs, les dirigeants, classe oisive vivant dans les jardins fleuris ; en bas, le domaine des machines et de l'énergie, les ouvriers réduits à une caste d'esclaves. Le jeune Freder, fils de Joh Fredersen, le maître de la Cité, ignore tout de cette situation jusqu'au jour où, séduit par Maria, jeune ouvrière aperçue par hasard, il la suit dans les enfers des sous-sols, jusque dans les catacombes où la jeune fille prédit l'arrivée d'un intercesseur qui instaurera l'égalité entre les hommes.
    De son côté, le savant Rotwang a fabriqué un robot à qui il ne manque que figure humaine. Les deux hommes ayant espionné une réunion clandestine, Fredersen ordonne au savant de donner à sa créature le visage de Maria afin qu'elle manipule les travailleurs, les incitants à la révolte, ce qui permettra de mieux les briser. Mais programmer par Rotwang, Maria pousse les esclaves à détruire les machines ce qui a pour résultat d'inonder la cité souterraine.

    Il y a deux films dans Métropolis. Un monument esthétique dont les premiers plans de la ville, l'Urbs édifiée par les esclaves, donnent la mesure du gigantisme et de la splendeur de ses décors : gratte-ciel inouïs criblés d'enseignes lumineuses et partages par des canyons profonds reliés par des passerelles où circulent une nuée de véhicules, tandis que des avions volent avec nonchalance entre les façades. Une vision directement inspirée par un voyage que le réalisateur fit à New York en 1924 : " En visitant New York, j'ai pensé que c'était le creuset de multiples et confuses forces humaines aveugles, se bousculant l'une dans l'irrésistible désir de s'exploiter, et vivant ainsi dans une anxiété perpétuelle. J'ai passé la journée entière à marcher dans les rues. Les immeubles semblaient être un voile vertical, scintillant et très léger, une luxueuse toile de fond suspendue au ciel sombre pour éblouir, distraire, hypnotiser. La nuit, la ville ne faisait pas que donner l'impression de vivre : elle vivait, comme vivent les illusions. "

    Metropolis (1927) - Fritz Lang

    D'où l'autre aspect de la ville, inversé, ses sous-sols laborieux où une armée de travailleurs-esclaves à la démarche mécanique quand ils se rendent au travail, aux gestes millimétrés d'horloge quand ils sont montrés littéralement crucifiés à les cadrans géants dont ils manipulent les aiguilles, paraissent être des robots dévorés vifs : ainsi de ce plan emblématique et célèbre où l'entrée de l'usine souterraine se transforme en Moloch à la gueule grande ouverte. Mais il existe aussi un troisième niveau, les catacombes où comme les chrétiens s'y réfugiant au temps des persécutions romaines, les travailleurs se réunissent pour écouter Maria, la porteuse de bonne, puis de mauvaise parole. Ici, l'on tombe dans un décor sombre et barbare où seule une haie de croix dressés apporte une faible lueur d’espérance. Tout l'enjeu de l’expressionnisme, qui baigne et sculpte le film, est là : les forces de l'ombre minant la lumière, le désordre se nourrissant en profondeur d'un ordre qui n'est qu'apparence et faux-semblants, tout comme l'ordre-chevaleresque des Nibelungen suscitait les barbares qui le détruiront.     

    Mais il existe un second film sous le premier, un message caché dans l'ordre d'acier puis dans le chaos, dès lors que la révolte des esclaves aura éclaté, que les machines seront détruites, que l'eau envahira les quartiers ouvriers . Un message singulièrement incohérent - un robot à l'image va pousser à la révolte les travailleurs, provoquant une inondation qui les submergera et les anéantira - mais au sens in fine dévoilé quand l'amour de Fredersen pour Maria arrangera tout, la jeune femme forçant le maître de la ville et son contremaître à se serrer la main sur le parvis d'une cathédrale. C'est la fameuse morale du film voulue par le scénariste, Thea von Arbou, alors épouse du réalisateur, à savoir qu'il y a un médiateur entre les mains et le cerveau : le cœur.  

    Metropolis (1927) - Fritz Lang

    Une fin idéaliste et paternaliste que Lang n'a jamais acceptée : " J'ai souvent déclaré que je n'aimais pas Metropolis, et cela parce que je ne peux pas accepter aujourd'hui le leitmotiv du film. Il est absurde de dire que le coeur est l'intermédiaire entre les mains et le cerveau, c'est-à-dire, bien sûr, entre l'employé et l'employeur. Le problème est social, non moral " On peut considérer que la fabrication du film a été aussi un combat typiquement expressionniste, celui du texte contre les images qu'il cherchait à édulcorer. Certes, Wells a pu déclarer que " Metropolis était un film à peu près complètement idiot ", et Bunuel de renchérir : " Metropolis, ce sont deux films collés par le ventre mais avec des nécessités spirituelles divergentes, d'un extrême antagonisme. "

    Il n'empêche que le combat était perdu d'avance, tant la force visuelle du film rend aujourd'hui caduc le discours embrumé du scénario. Le flash-back sur l'édification dela tour de Babel où des milliers d'esclaves au crâne rasé tirent d'énormes blocs de pierre ; la fabrication du robot dans l'antre frankensteinien de rotwang, alors que le magnifique androïde femelle se transforme au milieu des éclairs, en une seconde Maria qui lui a servi de modèle ; la danse hystérique de la fausse Maria déguisée en princesse assyrienne au milieu des bourgeois qui veulent inutilement la toucher ; la cataracte qui noie le quartier ouvrier, la vraie Maria et Fredersen se retrouvant réunis sur un fragile promontoire entouré d'un cercle de mains se tendant vers eux : autant de séquences magnifiques et d'un dynamisme incandescent, aux mouvements de foules virtuoses, à mille lieues du statisme ordinairement dévolu à l'expressionnisme. Metropolis fut et reste unique, dans sa démesure comme dans ses errements. 

    Sorti en Allemagne en janvier 1927, le film reste le plus coûteux jamais entrepris dans son pays (30 millions d'euros actuels), conçut par la UFA comme une offensive majeure contre Hollywood. Son tournage s'étala sur 9 mois et nécessita 36 000 figurants (dont 750 enfants, 1 000 noirs, 25 Chinois et 1 000 crânes rasés).   


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  • En pleine nuit, dans une auberge des montagnes du Dauphiné, un voyageur égaré pénètre soudain. Il est manchot, serre conte sa poitrine un petit coffret au contenu mystérieux. Roland Brissot raconte aussitôt son histoire : peintre sans talent et désargenté, il a accepter de racheter pour un sou à un restaurateur une main diabolique qui va lui procurer génie, gloire, fortune, et l'amour d'Irène, son modèle qui jusqu’alors le repoussait. Mais tout ça a un prix : son âme. 

    Au départ sceptique, Roland sombre peu à peu dans la déprime. Il tentera alors de racheter la main au diable, qui lui propose un marché : le prix doublera chaque jours. Roland hésite et la main atteint vite des sommes astronomiques. Une seule solution pour lui, la rendre à son premier propriétaire, un moine du XVè siècle enterré dans la basilique dauphinoise.

    La main du diable (1943) - Maurice Tourneur

    Premier film, tourné en 1942, d'un contrat de cinq métrages signé avec la Continental par le père de Jacques Tourneur, qui accouchait là de son chef-d'oeuvre, cette lointaine adaptation du récit de Gérard de Nerval est un joyau de ce qu'on peut appeler les " films d'occupation ", où le fantastique permettait de fuir la réalité. Tout concourt à la réussite du métrage : un suspense jamais en défaut, une magnifique photo noir et blanc, des décors parfois surréalistes, la cohorte des comédiens français de l'époque apportent leur grain de sel, et l'interprétation sans reproche d'un Pierre Fresnay sec, dur, lâche et cynique, qui n'hésitait pas alors à montrer une face que ses apparitions plus tardives en curé et autres docteurs Schweitzer pourraient faire oublier. Mariant à merveille la comédie et le drame, lesté d'une morale sans concession, le film rappelle ceux de René Clair, ce dernier en ayant d'ailleurs repris, pour ses "Belles de nuit", l'un des thème musicaux.      


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  • Honoré de Balzac

    Honoré de Balzac, qui a écrit des dizaines d'ouvrages, n'est finalement l'homme que d'un seul livre. Son ambition littéraire était folle. Elle a fini par dévorer sa vie. Il nous reste aujourd'hui sa Comédie humaine, livre unique et monumental en plusieurs tableaux, qui est comme un gigantesque palais dont certaines pièces seraient entièrement décorées, d'autres à peine repeintes et quelques-unes encore sur plans. 

    Dans ce palais de mots et d'images, quelques jardins pleins de mystères communiquent avec des souterrains aux secrets inquiétants. Des passages dérobés relient les salles d'apparat, tandis que, derrière la maçonnerie apparente, d'obscurs escaliers tissent le réseau frissonnant d'une architecture parallèle.

    Véritable miroir du monde, La Comédie humaine reflète aussi bien les lumières de la raison que les ténèbres du fantastique, ces deux faces de notre éternel quotidien. Et Balzac, qui est un des plus grand écrivains français, est, par le même jeu de miroir, une de nos plus grandes plumes fantastiques.

    Balzac est né en 1799. Le siècle des Lumières s'achève : il aura vu l'intelligence française se libérer des superstitions religieuses. Il aura également vu un prodigieux réveil des courants ésotériques : de la franc-maçonnerie aux baquets de Mesmer, de Cagliostro à Saint-Martin, le "philosophe inconnu", et à Swedenborg, l'occulte aura été la grande passion de l'Ancien Régime. Comme la plupart des grands écrivains du XIXe siècle, Balzac se montrera toujours fasciné par les forces cachées qui sont la vraie énergie. 

    Les détails de sa vie sont connus. Ceux de son oeuvre également : en moins de cinquante ans de vie, ce fou d'écriture fera vivre plus de 2 000 personnages, qui se retrouveront dans l'un ou l'autre des 90 romans de la Comédie humaine... Arrêtons-nous plutôt aux œuvres qui donnent leur véritables sens à cette colossale fresque : comme par hasard, ce sont les œuvres fantastiques...

    Honoré de Balzac

    C'est par le roman noir que Balzac fait ses premières armes littéraire en 1822. La mode est alors aux fantômes et au surnaturel : l'apprenti romancier s'y complaît avec frénésie, usant des pseudonymes les plus divers. Plusieurs de ses romans ultérieurs, intégrés à la Comédie humaine, garderont l'empreinte de cette vague "noire" : son Melmoth réconcilié est démarqué du Melmoth de Maturin, tandis que son Vicaire des Ardennes rappelle le Moine de C.S. Lewis et que sa Dernière Fée imite adroitement les romans d'Anne Radcliffe.

    Le "vrai " Balzac accède à la gloire autour de 1830. Cette année-là, il écrit La Peau de chagrin et songe à ses futurs chefs-d’œuvres, à la dominante fantastique : Louis Lambert  - La Recherche de l'absolu - Séraphita ou Melmoth réconcilié. Au cours des deux décennies suivantes, Balzac n'écrira plus que des romans "sociologiques".

    L'argument de La Peau de chagrin est classique : un antiquaire vend à un jeune homme désespéré une peau de chagrin qui exauce tous ses désirs, mais en rétrécissant à chaque expression d'un souhait. Un instant grisé, le jeune homme se voit vite condamné à une vie végétative, avant de mourir tout aussi désespéré. Nul n'échappe à son destin, qu'il soit lié aux forces de la lumière ou à celle de l'ombre.

    Honoré de Balzac

    Dans Louis Lambert, Balzac se penche sur un autre destin, celui d'un homme aveuglé par une trop brutale illumination, celle que procure l'intelligence de l'Univers. L'écrivain profitera de la fiction pour exposer ses idées sur les phénomènes paranormaux. 

    Si Séraphita reprend le vieux thème de l'androgyne, avec un rare bonheur d'écriture, La Recherche de l'absolu revient sur celui d'un destin incendié par la quête de la lumière. Balthazar Claës y liquide l'immense fortune léguée par ses ancêtres en s'épuisant à trouver l'absolu, le principe d'unité de la matière. On ne badine pas avec les secrets de l'Univers.   

    Parmi les autres chefs-d'oeuvre fantastiques de Balzac, il faut également mentionné Élixir de longue vie, influencé par Hoffman, Le Chef-d'oeuvre inconnu, une étrange méditation sur l'art (deux artistes s'interrogent sur une toile qui ne représente... rien, l'auteur du tableau ayant poussé trop loin la soif de l'absolue beauté), La Comédie du diable, Les Deux Rêves, dans lequel le fantôme de Catherine de Médicis vient "conseiller" Robespierre, où Falthurne, un roman demeuré inachevé et publié après la mort de l'écrivain.

    Honoré de Balzac

    La plupart de ces romans et de ces contes ont été classés par Balzac lui-même dans les Etudes philosophiques, où il regroupait tous ses textes touchants de près ou de loin aux phénomènes étranges, susceptibles de "conduire le lecteur à une quelconque rêverie philosophique"

    Il ne faut pas en effet, se méprendre sur le Balzac fantastique : il s'agissait avant tout de donner  à penser et à réfléchir, non de jouer avec les nerfs du lecteur. Le fantastique balzacien est avant tout une mise en question de l'Univers par l'homme. C'est la peur de cet homme face à l'insondable, à l'inexplicable et à l'infini.

    L'absolu existe-il ? Balzac ne nous a montré que des êtres détruits dans sa recherche. Il ne nous a pas découragés. C'est sans doute pourquoi, contrairement aux autres romans "noirs" de son temps, aujourd’hui bien démodés, ses œuvres demeurent aussi fortes. Et aussi présentes.   

     


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  • Robert Johnson

    Né le 8 mai 1911, Robert Johnson est un guitariste et chanteur américain de blues. Bien qu'il ait commencé à enregistrer des disque seulement deux ans avant sa mort, Robert Johnson est devenu une légende et une grande source d'inspiration pour des artistes comme Jimi Hendrix, Jimmy Page, Bob Dylan, Brian Jones, Keith Richards ou encore Eric Clapton. En 2003, le magazine Rolling  Stone l'a classé cinquième meilleur guitariste de tous les temps.

    Mais une grande partie de sa vie est enveloppée de mystère.
    Son House, un musicien contemporain de Johnson, a affirmé que ce dernier était devenu un joueur d'harmonica décent, mais un guitariste médiocre avant de disparaître quelques temps. A son retour, il était métamorphosé et était devenu un guitariste hors-pair !

    La légende veut que Johnson ait pris sa guitare et se soit rendu au carrefour des autoroutes 49 et 61, dans le Mississippi, où il aurait fait un pacte avec le diable.

    Lorsqu'il revint en ville, les musiciens qui s'étaient moqués de lui par le passé voulurent savoir comment il avait fait pour acquérir un tel talent.

    Et, toujours selon la légende, Johnson leur aurait répondu qu'il s'était rendu au carrefour juste avant minuit par une nuit de pleine lune. Un homme l'y attendait, et lui aurait proposé ce marché alléchant qu'il ne pouvait refuser.

    Prenant la guitare de Johnson, le diable l'aurait accordée puis joué quelques notes avant de lui rendre l'instrument.

    Après une carrière éclaire mais flamboyante, Robert Johnson meurt en août 1938 à l'âge de 27 ans. De fait il deviendra le 1er musicien de club des 27 à mourir prématurément.

     

     

     


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