• Les fantômes sont des êtres de passage du fini à l'infini. Ils ne sont ni morts ni vivants, ils sont les passagers du Temps, vivants sans entrailles, passagers du néant. 

    Le plus évident des exemples de ces passagers de l'instant est celui d'Elpénor, ce compagnon d'Ulysse qui, mort accidentellement, sans que le héros aux mille souffrances en ait été averti, vint implorer qu'on lui fit les rites funéraires, faute de quoi il serait condamné à errer à la lisière du monde des morts et à hanter la conscience des vivants. C'est la définition exacte du fantôme : une apparition qui, de surcroît, parle ! Virgile reprendra l'idée du fantôme qui réclame les honneurs funèbres avec le Palinure du chant VI qui clôt les errances d'Enée.

    Le texte fondateur est pour l'occident la fameuse Nekuïa d'Ulysse, au chant XIde l'Odyssée. Circé, la magicienne après avoir tenté d'ensorceler Ulysse pour le séduire, se résout à l'aider à descendre aux Enfers pour qu'il y découvre son avenir mais aussi des figures du passé. 

    Les morts suscitent d'abord l'effroi et il faut se les concilier. C'est une chose de les voir, il faut aussi leur parler. Pour cela, le vivant Ulysse doit accomplir des incantations et des libations. D'abord le mélikraton, le lait miellé : par le lait blanc, symbole de vie, il dissipe la noirceur de la mort ; par le miel il adoucit son amertume. Puis, par le vin, il surmonte sa peur car une légère ivresse fait tomber les inhibitions. Par l'eau lustrale, il se purifie au moment d'entrer dans un espace sacré. Enfin, par le sang salé d'un sacrifice, il gave les morts de leur nourriture préférée et leur redonne un peu de la substance qui va leur permettre d'être identifiés et de parler. Sur une stèle du Louvre, Ulysse écarte les ombres qui l'entourent pour atteindre Tirésias et entendre son avenir. Entre la supplique d'Elpénor, le chagrin de découvrir sa mère, descendue chez Hadès pendant sa longue absence, et l'insatiable curiosité de son avenir, la rencontre du héros grec avec les spectres des défunts nous permet d'appréhender trois besoins profondément humains, espérer, pleurer, savoir. 

     

     

     


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    En 1905, deux chercheurs suédois, Hjalmar Wijk et Paul Bjerre, émirent l'hypothèse que les manifestations décrites dans les cas de hantises étaient reliées à l'action d'êtres vivants et non à des individus décédés. Bien que cette nouvelle théorie concernant les observations de phénomènes inexpliqués parut plus logique et plus scientifique, les chercheurs et parapsychologues se sont, depuis attardés à la démontrer sans réellement réussir à la confirmer ou à l'élaborer plus avant. Malgré ce nouvel apport explicatif, le physicien Sir Olivier Lodge émit l'avis, en 1908, que les manifestations spectrales consistaient en la représentation de tragédies anciennes s'étant déroutées sur les lieux des événements. De ce moment, cette hypothèse, bien que sans nouveauté, sembla admise de manière générale par l'ensemble des chercheurs même si elle ne put être confirmée dans les faits. Ernest Bozzano, spécialiste italien des phénomènes métapsychiques, croyait pour sa part que l'esprit d'un individu pouvait avoir une existence dépassant la vie corporelle et être emprisonné sur un site terrestre après sa mort. 

    Certains parapsychologues ont par ailleurs évoqué la possibilité qu'un lieu s'imprègne de la personnalité de l'individu y ayant vécu, favorisant ainsi sa présence fantomatique, alors que le chercheur Harry Price croyait plutôt en l'existence d'une sorte d'éther métapsychique, dimension invisible de la réalité coexistant au milieu des dimensions habituelles qui nous sont familières. 

    Andrew McKenzie, chercheur et auteur bien connu dans le domaine du paranormal émit quant à lui l’hypothèse que les manifestions pourraient être à la fois l'oeuvre d'un individu et d'un lieu. Il évoquait le fait que certains endroit seraient imprégnés d'un sentiment ou d'une atmosphère à laquelle seraient sensibles certaines personne, ce qui pourrait engendrer diverses manifestations, éloignant ainsi l'habituelle intervention obligatoire d'un défunt.


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  • Il faut admettre qu'il n'est pas observé de changements notables dans les témoignages et récits rapportés depuis des siècles concernant les lieux dits hantés. Ces hantises domestiques touchent en majorité des résidences privées, bien que quelques-unes aient été rapportées dans des hôpitaux, des immeubles ou même des usines.

    Certains cas se révèlent plus particuliers et impliquent l'apparition de flaques d'eau, d'incendies spontanée, de problèmes électriques, de musique entendue avec ou sans instruments présents et de découpures de vêtements ou de rideaux. Il est également possible, à l'occasion, de retrouver des phénomènes lumineux ou des apparitions. Mais les principaux phénomènes associés aux hantises sont avant tout sonores. En effet, sont toujours décrits en premier lieu des coups, des tapotements, des grattements, etc. Puis des mouvements d'objets, légers la plupart du temps, commencent à se produire, que ce soit par des projections ou des glissements. 

    La coutume veut également que les revenants se manifestent sur les lieux qu'ils connaissaient bien de leur vivant, ce qui justifie leur présence aux yeux des témoins. D'autres associent des objets anciens, parfois présents à leur arrivée dans une nouvelle demeure, comme pouvant avoir attiré des entités qui y seraient reliées. D'autres encore se demandent quels actes ils ont pu accomplir pour que les fantômes se manifestent dans leur résidence.  

    Plusieurs cherchent à savoir si quelqu'un n'y aurait pas déjà fait tourner des tables ou, pire encore, pratiqué la magie noire, provoquant ainsi les phénomènes observés. Il semble donc admis, selon les croyances véhiculées, que ces pratiques laissent derrière elles des résidus de certaines forces méconnues, dont le témoin peut constater l'action. 

    A noter que dans la tradition haïtienne le terme zombi désignait tout d'abord l'ensemble des revenants, mais qu'il est actuellement attribué plus particulièrement à un mort-vivant, soit un individu soumis à un état de léthargie, enterré et rendu à la conscience par le kôbô (sorcier)  l'ayant drogué auparavant. Quoi qu'il en soit, la présence d'entités défuntes demeure très présente dans le folklore haïtien.

     

     

     


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