• Le cauchemar

     

    Le cauchemar, dont le nom est apparu au XVè siècle, est un démon malfaisant venant tourmenter les humains durant leur sommeil en leur inspirant des terreurs nocturnes irraisonnées et en provoquant des oppressions, des étouffements et des suffocations.

    Le mot lui-même vient de cauchemare ou quauquemare, forme de l'ancien français chaucher (peser) ou du picard cauquer (fouler, presser) et du néerlandais mare (fantôme), ce qui renforce cette idée d'un esprit venant physiquement peser sur sa victime. En latin, le cauchemar est nommé phantasma, qui a donné en français "fantôme" et "fantasme".

    Les "chauche-mares" ou "cauche-mares" sont parfois assimilés à des sorcières, des fantômes, des démons incubes ou succubes, à la mort elle-même, ou encore à des lutins mal intentionnés que l'on soupçonne de venir s'assoir sur la poitrine des dormeurs. 

    En Auvergne, il s'agit d'une bête appelée le betsoutu. En Italie, dans les Abruzzes, le cauchemar prend l'apparence d'un chat noir.

    Le cauchemar est " un esprit diabolique qui passe par le trou de serrure et vient se jeter sur vous quand vous dormez, si vous êtes couché sur le dos. Il est connu sous le nom de chauco-vieillo ;il monte sur le lit par les pieds et se fait un malin plaisir de vous étouffer. Si cependant vous avez la force et le courage de le saisir au corps, vous pourriez peut-être l'étrangler ; mais, d'un autre côté, il est si doux moelleux au toucher qu'ordinairement il vous échappe et s'en va, en vous disant des sottises "

    Le cauchemar

    Collin de Plancy précise : " On appelle ainsi un embarra de poitrine, une oppression et une difficulté de respirer qui surviennent pendant le sommeil, causent des rêves fatiguant, et ne cesse que quand on se réveille. On ne savait pas trop, au XVè siècle, ce que c'était que le cauchemar, qu'on appelait aussi Chaude-poulet. On en fit un monstre ; c'était un moyen prompt de résoudre la difficulté. les uns voyaient dans cet accident une sorcière ou un spectre qui pressait le ventre des gens endormis, leur dérobait la parole et la respiration, les empêchait de crier et de s'éveiller, pour demander du secours. " 

    La terrifiante Mahr

    Dans les pays scandinave, le cauchemar est une sorcière baptisée Mahr, dont la visite précède souvent la mort. Un récit du Xè siècle met en scène le roi Vanlandi qui, après avoir épousé Drifa en Finlande, lui promet de revenir dans un délai de trois ans avant de rentrer chez lui à Uppsala. Mais dix années plus tard, le roi n'est toujours pas de retour. Drifa fait alors appel à la magicienne Huld, souveraine du peuple féérique des huldres, qui lance contre Vanlandi un sortilège mortel. Le roi se trouve saisi d'un sommeil magique, dont il s'éveille en sursaut, en criant que la Mahr est en train de le piétiner. Ses gardes accourent, mais il est trop tard. la cruelle Mahr écrase les jambes du roi, empoigne sa tête et le tue.

    Cauchemar et indigestion

    Au XVIè siècle, Ambroise Paré indique dans Des monstres et prodiges la meilleure façon de se garder du cauchemar, qu'il nomme "chauche-poulet" : " La cause est le plus souvent pour avoir bu et mangé viandes par trop vaporeuses, qui ont causé une crudit, desquelles se sont élevées au cerveau grosses vapeurs qui remplissent ses ventricules à raison de quoi la faculté animal qui fait sentir et mouvoir est empêchée de reluire par les nerfs, dont s'ensuit une suffocation imaginaire, par la liaison qui se fait tant u diaphragme qu'aux poumons et aux autres parties de la respiration. Et alors la voix est empêchée, tellement que si peu qu'il leur en demeure, c'est en geignant et balbutiant, et requérant aide et secours, s'ils pouvaient parler "

    Le cauchemar

    Comment s'en débarrasser ?

    Pour chasser le cauchemar, il faut s'endormir les bras croisés sur la poitrine, ouvrir un couteau près du lit, placer un fer à cheval sous l'oreiller, ou réciter trois fois de suite la formule suivante : Je me coucherai et je dormirai en paix, car Toi seul, ô Eternel, me feras habiller en assurance. Ainsi soit-il. " On peut aussi s'asperger d'eau bénite avant de se coucjer, ou bien conserver dans sa chambre les cierge de la chandeleur ou les branches bénites des Rameaux. 
    Une autre méthode, valable pour la plupart des esprits dont on veut se débarrasser, consiste à placer près du lit et dans quelques récipient en équilibre instable des pois, des lentilles, du millet ou tout autre type de graine ou de légume sec. Le cauchemar Chauce-poulet, Chaufaton et autre Chaude-mare sera obligé de ramasser et de compter une à une les graines, les lentilles ou les pois, ce qui lui prendra une bonne partie de la nuit. En outre, cette besogne est si monotone et si ennuyeuse que, écœuré, il risque fort de ne jamais revenir.

     


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  • Les biologistes s'interrogent sur le comportement altruiste de certains animaux. Doit-on y voir une simple programmation génétique destinée à assurer la survie de l'espèce ou doit-on l'interpréter différemment ?

    Tous le monde à Édimbourg connait la statue de Greyfriars Bobby, qui s'élève au centre de la ville. Pendant quatorze ans, ce petit skye-terrier monta la garde chaque nuit près de la tombe de son maître. Menaces ou suppliques, rien n'ébranla jamais son émouvante constance. Devant tant de loyauté, les habitants d’Édimbourg n'hésitèrent pas à lui dédier une statue.

    L'histoire de Greyfriars Bobby n'est pas unique en son genre. D'autres chiens " héroïques " sont restés
    célèbres : Dox, le berger allemand qui, en Italie, défendit son maître contre des bandits ; Beddgelert, au pays de Galles, qui sauva un bébé attaqué par les loups, et tant d'autres immortalisés dans des romans. Mais les chiens ne sont pas les seuls animaux " héroïques ". Les chevaux, les lions, les loups et surtout les dauphins se sont aussi révélés à l'occasion des amis de l'homme. On connaît le cas de Pelorus Jack, le dauphins qui, en Nouvelles-Zélande, guidait les navires à travers un détroit particulièrement dangereux.

    De tels comportement " altruistes " ne peuvent manquer de surprendre lorsqu'on connait la dure loi de la nature. Pas de sentimentalisme dans le monde animal. Le chat joue avec la souris avant de la tuer et les renards étranglent les poules qu'ils n'ont aucune intention de manger. Pas de code moral non plus, et le cannibalisme, est fréquent : les chenilles de certains papillons ne peuvent se rencontrer sans que l'une dévore l'autre ; les araignées et les mantes religieuses mangent leur partenaire pendant la copulation.

    C'est en observant cette lutte continuelle que Charles Darwin élabora sa théorie de la sélection naturelle : seuls les plus forts survivent et s'adaptent. La nature toute entière est régie par cette loi implacable. D'où le mystère : comment expliquer que certains animaux se sacrifient pour sauver d'autres animaux ? N'est-ce pas plutôt une erreur d'interprétation de notre part, ce que nous prenons pour de l'altruisme obéissant en fait à des mobiles cachés ?

    Ce débat biologique est aussi d'un intérêt philosophique fondamental. Si on arrive à prouver que les animaux peuvent être bons, on prouve du même coup que le sens du bien est inscrit dans la nature même de l'homme, et qu'il n'est pas un simple fait de culture.

      En premier lieu, nous devons nous demander si l'idée même de la bonté animal n'est pas une simple vision anthropomorphique. Prenons l'exemple des chenilles cannibales dont nous parlions. Lorsqu'elles tombent des feuilles de thym sauvage sur lesquelles elles vivent, elles se retrouvent à terre sans défense et deviennent la proie de n'importe quel prédateur. Heureusement, les fourmis d'une espèce déterminée surviennent souvent à ce moment-là et les sauvent d'une mort certaine en les transportant dans leur nid. Cas de comportement altruiste, jugera-t-on, surtout lorsque l'on sait qu'une fois dans la fourmilière la chenille s'empresse de dévorer les larves des fourmis. La réalité est plus complexe.. La fourmi n'agit pas par " bonté ", mais... par
    gourmandise ! Pour se délecter du lait produit par certaines glandes placées sous l'abdomen de la chenille, les fourmis consentent à tout, même au massacre de leurs petits.

    On pourrait citer de nombreux exemples similaire. Il faut se rendre à l'évidence : l'altruisme n’existe pas dans les relations d'espèce à espèce.

    Cependant, il est tout autrement des relations entre membres d'une même espèce. Les loutres femelles, par exemple, défendent farouchement leurs petits au mépris de leur propre sécurité. Comportement très fréquent dans le monde animal. Chez les oiseaux, tout particulièrement, où les petits sont soumis à tant de dangers. Enfin des cas de dévouement véritable ? Non, répondront les biologistes. Ce que nous interprétons comme le sacrifice d'amour d'une mère pour ses petits n'est que l'application d'une loi essentielle du monde animal : celle de la survie de l'espèce. C'est le rôle fondamental de la mère, l'instinct auquel elle obéit en procréant, mais aussi en défendant ses petits pour assurer à tout pris leur survie.

    Si on pense, comme Charles Darwin, qu' " aucun instinct n'a été créé pour le bien d'autres animaux ", que penser des femelles qui prennent soin d'autres petits que les leurs ? Par un phénomène encore mal expliqué, on a remarqué que, dans un groupe de renards, une seule femelle à la fois donne naissance à des petits. Ses compagnes, stériles, l'aident à les élever et à trouver la nourriture nécessaire. Le même phénomène se produit chez les chacals. Et, bien sûr, on connaît l'exemple extrême des abeilles et des fourmis chez lesquelles les fonctions sont totalement différenciées. Est-ce un hasard si, dans leur ovopositeur, les abeilles stériles portent un poison qui constitue une arme très efficace . Arme fatale pour l'abeille, qui meurt déchirée par le dard.

    Comment cette technique " kamikaze ", véritablement altruiste, a-t-elle pu, se développer dans ce monde impitoyable ?

    Il y a, à ce sujet, deux écoles de pensée. la première théorie, élaborée par V.C. Wynne Edwards, de l'université d'Abberdeen, et popularisée par le journaliste Robert Ardrey, affirme que l'individu est moins important que le groupe et que, par conséquent, c'est l’intérêt du groupe ou de l'espèce qui détermine le cours de l'évolution. Ce qui expliquerait que, parmi les renardes, celle qui sont stériles aident leurs compagnes fertiles à élever leurs petits et que, chez les abeilles, les ouvrière se chargent de la défense de la ruche.

    Toutefois, la réalité est plus complexe. Le bien de la communauté semble une notion bien étrangère au monde  , animal. Plus important encore, la sélection naturelle n'agit que sur l'individu et sur les gènes dont il est dépositaire, non sur le groupe. Comme beaucoup d'autres caractéristiques, le dard est transmis par les gènes et, bien qu'ils représente un avantage certain pour le groupe, il se perd quand l'individu disparaît. Comment se transmettent les caractéristiques qui intéressent le groupe ? Le professeur Wynne Edwards n'a aucune réponse satisfaisante à apporter à ce sujet. Le mécanisme de l'altruisme reste pour lui aussi un mystère.

    La seconde école de pensée se rapproche du darwinisme classique, avec toutefois, une différence fondamentale. D'après certains penseurs de cette école, la sélection naturelle n'agit pas sur les individus, mais sur les gènes.
    Selon Richard Dawkins, auteur du Gène égoïste, nos corps ne sont que des enveloppes nécessaires à la survie de notre code génétique. Ce n'est pas l'individu qui cherche à laisser autant de gènes que possible, mais chaque gène qui cherche à se reproduire au maximum.

    Cette théorie peut s'appliquer au cas des renardes stériles. Leur intense désir de procréation expliquerait leur comportement " désintéressé ". D'autre part, appartenant au même groupe, elles ont certainement des gènes en commun avec la mère et les renardeaux.

     Proportion qui peut être calculée : dans des circonstances normales, les neveux et les nièces partageront 25 % des gènes d'un individu donné, ses enfants 50 %. Ce qui signifie statistiquement que si cet individu, par ses actions, assure la survie, ou, mieux encore, double le nombre de ses neveux et nièces, il aura transmis autant, sinon plus, de gènes que s'il avait eu des enfants. Le même but est atteint d'une façon différente.

     

     Dans le cas des fourmis et des abeilles, c'est en fait la méthode la plus efficace : les mâles de ces espèces n'ont que la moitié des gènes des femelles. Ce qui expliquerait aussi que les cas d' "altruisme" soient fréquents chez ces insectes.

    Il faut donc admettre que les renardes stériles et les abeilles ouvrières n'agissent que dans leur intérêts. Leur comportement apparemment " désintéressé " n'est en fait qu'une façon de transmettre leurs gènes sans les dangers de la procréation.

    Les amoureux des animaux seront déçus. Ils objecteront toutefois et à juste titre, que cette théorie n'explique pas la fidélité et la loyauté de Greyfriars Bobby, et que les animaux ne sont pas que des machines compliquées, totalement programmées par les gènes.

    Comment, en effet, expliquer le choix initial du " programme génétique " ? Doit-on penser, comme Descartes, que les animaux ne sont que des machines sans âmes, ou, comme les biologistes, que la vie n'est que le fruit du hasard et de la nécessité ?

     


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    Se peut-il qu'il existe en l'homme une faculté inconnue qualifiable de parapsychologique qui autorise pareille performance.

    Bien entendu, la science traditionnelle nie énergiquement une telle possibilité. Pourtant, des chercheurs aussi honnêtes qu'éminents, les deux physiciens américains Russell Targ et Harold Puthoff, par exemple, ont lancé il y a quelques années un formidable pavé dans la mare des idées reçues en affirmant qu'ils avaient mis la main sur des sujets psi possédant un pouvoir de ce genre.

    L'un et l'autre font partie de l'élite des chercheurs du Stanford Institute, en Californie, l'un des centres d'investigation scientifique avancée les mieux équipés du monde. Ils ont à leur actif un certain nombre de découvertes importantes. Et ils jouissaient de tout le respect de leurs collègues américains et étrangers avant cette insolite série d'expériences qu'ils ont conduites sur la projection de la vision à distance.

    Dans une salle confortable du Stanford, un homme est assis. Pat Price, le médium est bien connu des parapsychologues internationaux. Comme Ingo Swann ou Hella Hammid, il ne fait pas métier de ses extraordinaires talents. Mis à part de modestes jetons de présence dans les universités et laboratoires où ils acceptent d'opérer, la parapsychologie ne leur rapporte absolument rien, ce qui, évidemment,les rend  moins suspects que les professionnels, Geller, par exemple.

     Price croise les mains, comme à son ordinaire, et deux plis marquent profondément son front. Le docteur Russel Targ, seule personne présente avec lui dans la pièce, vient de lui faire signe que l'expérience va commencer.

    A l'autre bout du campus universitaire, dans une salle presque identique, le docteur Puthoff et plusieurs témoins extérieurs à l'expérience ont consulté leurs montres. Puthoff se dirige vers un coffre-fort, l'ouvre et en retire une série d'enveloppes scellées. On fait constater par les témoins que tout se déroule comme le prévoit le protocole. Dans une expérience scientifique aussi particulière, tous les éléments de doute doivent être éliminés.

    De la même manière, on a l’assurance qu'à des centaines de mètres de là Price et Targ ne peuvent avoir de contacts avec l'extérieur. Ils se trouvent dans une pièce parfaitement isolée. Les murs ont été prévus pour empêcher toute forme de communication, radio ou autres. Il ont été fouillés, radiographiés, testés de toutes les manières possibles. Ils sont gardés par d'autres témoins, eux aussi étrangers à l'expérience.

    En présence des assistants, le docteur Puthoff tire au sort une enveloppe parmi le lot qu'il a extrait du coffre-fort. On la fait décacheter par une main innocente, comme on dit. Puthoff en sort une photographie. Il s'agit d'un monument bien connu dans l’enceinte universitaire du Stanford, la tour Hoover...

    Price se concentre dès cet instant. Le médium en action, est filmé par des caméras vidéo qui, là encore, sont prévues pour empêcher une éventuelle supercherie, mais aussi pour rendre un compte objectif du déroulement de l'expérience. On notera, en visionnant les bandes enregistrées, que le médium s'est mis à transpirer légèrement et que ses pupilles ont commencé à se dilater.

    Puthoff et les assistants du groupe B quittent la salle du coffre-fort et se rendent auprès de la tour Hoover. Ils prennent un chemin détourné. Il est absolument impossible que le médium et l'autre savant aient, de quelque manière que ce soit, connaissance de leur itinéraire et de leur destination. Si la photographie tirée au sort avait été celle d'un site plus éloigné, on aurait utilisé pour se rendre sur les lieux une automobile ou même un hélicoptère prévus à cet effet.

    A peine sont-ils parvenus au pied de la tour que Price va décrire cette dernière, avec toute la précision voulue, devant les micros et les caméras de la pièce où il se trouve !

    Russell Targ et Harold Puthoff ont répété l'expérience autant de fois qu'il le fallait pour qu'elle acquière une base véritablement scientifique. Ils en ont d'ailleurs fait varier les conditions toujours dans le même dessein. Un appareil a même été spécialement mis au point. Il projette des images, et le sujet psi doit prévoir quelques secondes avant les caractéristiques de ce qui va apparaître. Le temps lui étant compté, l'expérience parait évidemment très ardue et, partant, beaucoup plus significative de l'existence réelle de l'étrange phénomène de vision à distance.

    Ingo Swann

    Des médium comme Price, Ingo Swann ou Hella Hammid ont réussi ces tests de façon tout à fait remarquable. les uns et les autres ont décrit des lieux situés très loin de l'endroit où ils se trouvaient et qu'ils n'avaient jamais vus. Il leur même arrivé d'en donner le nom et les coordonnées géographiques avec un degré de précision hautement satisfaisant.

    Après toutes ces vérifications, les deux savants ont publiés plusieurs articles sur la vision à distance  et leurs sujets dans les plus grandes revues scientifiques américaine. La prestigieuse publication Nature elle-même les accueillit à plusieurs reprises dans ses colonnes. Et nul n'ignore que la fine fleur de la science internationale rêve d'y faire paraître à pleine pages ses hypothèses ou les résultats de ses travaux !

    C'est d'ailleurs les articles de Nature qui ont mis la communauté scientifique en émoi. On a parfois immédiatement crié au scandale. Pour une grande partie de la recherche officielle, en effet, il n'est même pas question de prendre les facultés et phénomènes paranormaux en considération. Cela n'existe pas, un point c'est tout ! Tout savant qui s'avise de s'en préoccuper est un naïf ou un charlatan. 

    D'autres chercheurs, plus honnêtes ceux-là, ont tenté de reproduire les expériences de Targ et Puthoff. Certains, comme le défunt docteur Kit Pedler et le biologiste Beverley Rubik, ont proposé aux deux savants californiens de participer aux nouvelles séries de tests qu'ils entreprenaient. Les physiciens du Stanford n'ont évidemment pas refuser. Pedler aussi bien que Rubik ont pu se rendre compte qu'ils n'avaient pas été abusés.

    Beverly Rubik

    D'autres n'ont pas autant de chance, à moins qu'ils n'aient travaillé avec des médiums moins doués que les Swann ou Pat Price. Leurs visions à distance étaient moins précises ou complètement fausses. Et la polémique se poursuit avec, malheureusement, cet âpreté déplaisante qu'elle prend quand elle oppose des fanatiques et non plus des hommes d'objectivité courtoise, comme devraient l'être ceux qui font vocation de recherche scientifique.

    Elle gagne aujourd'hui les milieux de l'archéologie, Hella Hammid, dont nous avons évoqué les dons et qui a beaucoup travaillé avec Russell targ et Harold Puthoff, a en effet rejoint l'équipe du docteur Schwartz. Ce dernier fait beaucoup parler de lui ces derniers temps pour avoir appliqué le talent de ses médiums à la recherche des lieux de fouilles intéressants.

    Mme Hammid et d'autres procèdent au fond comme des radiesthésistes. On leur demande de découvrir l'endroit exact où se cache un temple enfoui, une nécropole oubliée ou n'importe quel site archéologique valable. Non seulement ils doivent localiser, mais encore il leur faut obtenir une visualisation la plus précise possible de la disposition des vestiges.

    Récemment, l'équipe Schwartz a mis en évidence plusieurs points de fouilles complètement insoupçonnés dans le nord de l'Egypte. Elle a aussi travaillé sur des sites de l'Amérique précolombienne avec un succès indéniable.

    Hella Hammid, en particulier, est d'une précision stupéfiante. Alors que les autres sujets psi se contentent d'écrire, avec tout ce que les mots peuvent comporter de vague et de difficile à interpréter, elle dessine ses visions. Au Stanford, Targ et Puthoff avaient déjà utilisé cette prodigieuse faculté. Pour Schwartz et les archéologues qui acceptent de collaborer avec lui, elle est évidemment inappréciable, d'autant que ce médium ne commet qu'un nombre insignifiant d'erreurs ou d'approximations, que peuvent facilement corriger les instruments de détections traditionnels.

    Hella Hammid

    Outre la querelle des savants, l'affaire de la vision à distance et la publication des articles de Targ et Puthoff dans Nature ont suscité une tout autre série de questions.

    On a ainsi beaucoup épilogué dans la presse spécialisée américaine sur l'origine de cet intérêt du Standford Institue pour des choses que la science officielle tenait pour canulars ou billevesées. Qui pouvait bien en effet s’intéresser à une prétendue vision à distance chez un non moins prétendu sujet psi ?

    Des escrocs en mal d'idées pour abuser de nouvelles dupes ?... Des scientifiques honorables, peut être, et, dans ce cas, eux-même dupés, se fourvoyant dans des domaines ressortissant davantage du mysticisme de bas étage que de la sérieuse investigation des véritables secrets de l'homme et de la nature ....

    Jusqu'au jour où l'on a acquis la certitude que Targ et Puthoff n'avaient rien de naïf et que certaines fuites se sont produites.

    On a par exemple appris que les forces américaines, la Navy, en particulier, finançait d'importants programmes au Stanford. Les travaux du docteur Schwartz l’intéressaient aussi au plus haut point. De fait, un bon médium, s'il peut trouver des tombeaux et des statuettes antiques, peut aussi déceler des installations militaires trop bien dissimilées pour être découvertes par les appareils de détections traditionnels. Il est à même de localiser et de décrire des bases secrètes à distance. D'ailleurs, des sujets comme Price ou Swann sont aujourd'hui connus pour avoir été longuement testés dans les laboratoires spéciaux du Pentagone.

    La " vision " à distance de l'aéroport de San Andreas, en Californie

    De là à en déduire que les deux savants physiciens et chercheurs en renom avaient été chargés d'un projet spécifique entrant dans ces desseins, il n'y avait qu'un pas. Bien des indications permettaient de le franchir.

    " Targ et Puthoff ne s'en sont probablement pas douté au début. L'armée cache toujours remarquablement son jeu lorsqu'elle fait conduire des recherches par les meilleurs spécialistes du pays...

    " Les programmes sont fragmentés de telle sorte que ces savants ne soupçonnent pas le véritable but. Par la suite, lorsque la découverte est faite ou en voie de l'être, on jette le discrédit sur la recherche en question. On assure que tout n'est que canular ou délire de savants un peu fous. C'est ce qui s'est passé au Stanford avec la vision à distance "

    Caugham, expert en matière d'espionnage et de recherches secrètes, a suivi de près l'affaire Targ et Puthoff. C'était la première fois qu'une grande université américaine faisait état de phénomènes parapsychologiques tangibles. Rhine ne faisait que des statistiques ; les deux savants du Stanford publiaient des preuves pratiques : un homme pouvait voir à distance, décrire ce qui lui était caché avec toute les précautions du monde, accéder donc à d'inviolables secrets... par la seule puissance de son esprit. La faculté psi existait bel et bien, au moins chez quelques sujets privilégiés, dont les Price, Swann ou Hammid.

    Aujourd'hui, on a suffisamment polémiqué, discrédité les recherches du Stanford et d'ailleurs, malgré les résultats obtenus, pour pouvoir continuer à travailler dans le plus grand secret.

    A quand les applications pratiques ?

     

     

     


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