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    Ronald Kray est un pensionnaire parmi d'autre du Lunatic asylum (asile psychiatrique)  de Longrave, en Angleterre. Une maison de santé plutôt huppée pour malades au psychisme plus ou moins trouble, mais où les bonnes manières du gentleman d'outre-Manche ne se perdent jamais que très discrètement... au fond de certaines cellules capitonnées.

    De prime abord, Kray paraît en fait absolument normal. Il est, en dehors de ses crises, avenant et d'une éducation exquise. Mais quand la démence s'empare de lui, en revanche, il devient capable des pires violences. C'est un assassin qui a bénéficié, du fait des graves troubles psychologiques qu'il ressent, de circonstances dites " atténuantes" C'est la raison pour laquelle il se trouve encore dans cet établissement feutré, dans lequel il passera sans doute le reste de son existence.

    Kray a un frère jumeau parfaitement normal, Reg, qui vient le visiter tous les lundis, avec une régularité d'horloge britannique. Et, à chaque fois, le directeur de l'asile fait accompagner et surveiller de près le frère de Ronald par un gardien particulièrement attentif. En effet, il y  a quelques années, une plaisanterie des deux sosies a failli tourner très mal...

    Le lendemain de la visite hebdomadaire en question, ce ne fut pas Ronald, mais Reg qui vint trouver le directeur de l'asile dans son bureau : " Je suis le frère de Ronald Kray, lui dit-il, Docteur, je n'ai strictement aucune raison de me trouver ici et je vous prie de bien vouloir me laisser sortir. Mon frère s'est éclipsé hier en se faisant passer pour moi, ce en quoi, vous le voyez, il n'a eu aucune peine, et personne dans l'établissement ne s'est opposé à son départ. "

    A cette minute commença une angoissante chasse à l'homme. Ronald, nous le disons pouvait d'un moment à l'autre sombrer dans une crise de démence criminelle. D'autant qu'il ne suivait plus aucun traitement pour l'éviter. Il avait convaincu son frère de jouer un tour aux infirmier et avait prit le large.
    Heureusement, Reg était tellement  " semblable " à son jumeau qu'il pouvait le suivre littéralement en pensée, et rassura le directeur de l'asile et la police jusqu'au bout. Quand Ronald était sur le point d'avoir une crise, Reg la ressentait en profondeur dans sa chair. En l’occurrence, ce n'était pas le cas. Reg n'arrivait pas à le localiser exactement mais il éprouvait son calme à distance. Et il fut à même de prévoir, à une demi-heure près, le moment où Ronald réintégra l'asile de son propre chef...

    Voilà le genre d'affaires qu'étudie le professeur Bouchard, du Département de psychologie de l'université du Minnesota. il a constitué une équipe de onze biologistes, dont la seule préoccupation est d'essayer de résoudre l'énigme que pose les vrais jumeaux. Le centre du problème demeure évidemment le lien mystérieux qui les unit tout au long de leur existence.

    Contrairement à d'autres chercheurs qui, dans le monde, s’intéressent au même phénomène, Bouchard et son staff sont de plus en plus persuadés que ce lien est de nature télépathique, et non de simple identité aboutissant à une répétition strictement parallèle des situations.

    La distinction est d'importance. En effet, dans le premier cas, c'est admettre que les manifestations parapsychologiques sont une réalité qu'il est enfin possible d'étudier d'une manière systématique chez lzs jumeaux. Autrement, on retombe dans la vieille école des prédestinations biologiques, qui ne satisfait plus grand monde. 

    Le professeur Bouchard estime que le cas de deux jumeaux dont il a particulièrement bien étudié le comportement démontre l'existence du lien télépathique gémellaire. Il s'agit de deux frères âgés de 47 ans qu'il appelle, par convention, Oskar et Jack. Ils n'ont pratiquement jamais vécu ensemble, ce qui accroît évidemment l’intérêt de leur identité comportementale. Oskar a été élevé en Allemagne par sa grand-mère dans la religion catholique, et a été affilié aux jeunesses hitlérienne à l'époque du nazisme. Jack pour sa part, a grandi aux Caraïbes, puis a vécu en Israël aux côtés de son père. il est de religion juive. Les deux hommes sont donc strictement différents par l'éducation et les circonstances de l'existence. Tout paraît en fait les séparer.

    Pourtant, l'un et l'autre aiment les mêmes plats cuisinés. L'un et l'autre ont, au même moment de l'année, ce que l'on appelle des " envies " en matière de gastronomie. Ils feront ainsi à des dates identiques, une " cure " de restauration chinoise ou de nourriture andalouse... De même, Oskar et Jack portent le même type de vêtements. Ils ont un goût marqué pour certaine chemises à épaulettes et ils aiment exactement les mêmes chaussures. Ils changent ce genre d'habitude périodiquement, et cela toujours aux mêmes dates, alors qu'ils vivent sous des climats radicalement différents et où la mode n'est pas forcément la même. 

    Jusque-là, on pourrait penser qu'une ressemblance chromosomique ou biologique est responsable de ces réflexes particuliers chez l'un et l'autre. Mais que dire de leur curieuse habitude partagée de tirer la chasse d'eau avant de se servir des toilettes ? De même que lire journaux et magazines en commençant systématiquement par la dernière page, ou de se passer des élastique aux poignets ?

     Ils ont eu des maladies identiques au même moment. Ils ont épousé des femmes portant des prénom extrêmement proches. Leurs enfants ont, de même, été baptisés de manière à peu près identique. Bouchard a même constaté que, en dépit des immenses différences d'éducation, ils ont tendance à aimer les mêmes personnages politiques de dimension internationale et à privilégier chez eux des qualités qui ne sont pas nécessairement celles que mettent en valeur les médias...

    Pour le professeur Bouchard, Oskar et Jack sont liés télépathiquement depuis leur conception. Mais Bouchard et sont équipe sont loin d'être les seuls à intéresser à la question. Les états-majors américains autant que les soviétiques ont des programmes d'expérimentation psi. Ils recherchent, entre autres, des sujets spécialement doués qui permettraient d'exploiter à coup sûr la paranormalité à des fins militaires. L'espionnage, bien sûr, mais aussi tout ce qui concerne les communications d'ordres de consignes ou d'informations stratégiques gagneraient évidemment à l'infinie discrétion du contact télépathique...

    On ignore tout des travaux financé par le Pentagone et la C.I.A. Un crédit spécial avait été alloué à plusieurs universités pour étudier précisément les possibilités d'exploiter les jumeaux qui présentent naturellement des facultés bien parapsychologiques bien supérieures à la normale. Les recherche ont-elles ou non abouti ? Il semblerait qu'elles aient été abandonnées, puis reprises selon la politique du moment.

    Du côté soviétique, en revanche, il est certain que les expériences psi avec des jumeaux ont donné des résultats plus que satisfaisants. Selon le docteur Spirkine, un parapsychologue au mieux avec les autorités militaires de l'Est, les premiers télépathes opérationnels seront certainement des frères ou des sœurs monozygotes, c'est-à-dire, pour les embryologistes, provenant d'un seul œuf fécondé.

    " ...  Il n'est pas très difficile, déclare le docteur Spirkine, de découvrir de bons sujets. Ceux-ci permettent d’intéressantes investigations sur le plan de la recherche pure. On peut grâce à eux en savoir davantage sur le mystère des pouvoirs inexpliqués. mais dès qu'il s'agit de transmettre à coup sûr un message, de manière répétitive et sans risque de mésinterprétation, il faut être certain de son fait. Seul les jumeaux univitellins et monozygotes, quand leurs facultés ont été suffisamment développées, autorisent une marge de succès à peu près absolue.. "

    En 1976, des agents secrets américains ont découvert, derrière le rideau de fer que les Russes entraînaient plusieurs couples de jumeaux à des fins militaires. Ces sujets étaient sélectionnés sur la base de l' " identité sensorielle aux stimuli douloureux ". On notait les couples gémellaires, dont les deux membres ressentaient, quelle que soit la distance, une perturbation physiologique identique au même moment. il est bien connu que deux jumeaux souffrent les même maladies, que le deuxième éprouve une souffrance si l'on agresse le premier, qu'il leur arrive même de mourir de la même chose à des centaines de km l'un de l'autre...

    Les situations de crise affinent incontestablement, on l'a plus d'une fois démontré, les facultés du paranormal. Et dans le cas précis de la gémellité, c'est encore plus évident que partout ailleurs. Ainsi, lorsque l'un des deux jumeaux est, par exemple, blessé à la guerre, l'autre ressent très exactement la douleur provoquée par la balle meurtrière. Sa propre vie pourra être mise en danger sans raison extérieure, uniquement par le fait de cette mystérieuse correspondance biologique et télépathique entre les deux...

    On a démontré ainsi, en Union Soviétique, qu'en anesthésiant chimiquement un jumeau dans un laboratoire moscovite, l'autre éprouvait les effets du sommeil artificiel à des milliers de km de là, dans une salle de l'université de Novossibirks. Si l'on pince le premier jusqu'au sang à un bras, une tache rouge apparaît sur le bras du second. Si l'un prend un médicament précis et suffisamment efficace, l'autre en ressent les effets secondaires...

    Fort de ces constatations, les parapsychologues militaires de l'est ont décidé d'utiliser les facultés gémellaires d'une manière systématique. Fin 1977, au moment de la célèbre affaire d'espionnage parapsychologique à laquelle fut mêlé le journaliste californien Robert Thot, la presse américaine la plus sérieuse a écrit qu'il existait en U.R.S.S. un programme de sélection des jumeaux dès la période scolaire. Ces surdoués du paranormal seraient entraînés dans un laboratoire près de Moscou, qui est contrôlé par l'armée rouge et le K.G.B. ainsi que dans la Cité des savants (Akademgorod), dans la périphérie de Novossibirsk.

     On sait peut-être utiliser les pouvoirs des jumeaux, mais la nature de ces extraordinaires facultés demeure essentiellement mystérieuse. Comme le disait, lors d'une conférence, le professeur Bouchard : " Les jumeaux sont profondément différents des autres humains. il est rare qu'ils aient des destinées véritablement ordinaires. A tout instant de leur existence, qui n'est jamais totalement individuelle, l'étrange peut surgir et ouvrir des portes inattendues sur l’insondable énigme des facultés perdues de l'être humain... "

    Au commencement de l'Homme, et bien souvent dans le passé, les jumeaux étaient soit des dieux, soit des damnés biologiques, mais toujours marqués du sceau de la différence. Dans le futur, ils seront peut-être, en nous permettant de mieux connaitre les pouvoirs méconnus de l'extra-sensoriel, une chance toute particulière d'évolution de l'homme vers une maîtrise globale de ses inimaginables possibilités...

     Un même destin

    Le 27 juillet 1939, dans un hôpital de Londres, Helena Jacobsson, une étudiante finlandaise célibataire, donnait naissance à deux petites jumelles. Elles furent baptisées Daphné - l'aînée de 12 minutes et Barbara. Toutes les deux furent adoptées. Barbara grandit à Londres, sa jumelle à Luton. Elles étaient dans leur 39ème année lorsqu'elles se rencontrèrent en mai 1979, Barbara avait mis 5 ans pour retrouver les traces de sa sœur...

    Barbara Herbert et sa famille vivaient dans le sud de l'Angleterre. Daphné Goodship dans le nord. Leurs mères adoptives respectives étaient mortes alors qu'elles n'étaient encore que des enfants. Les deux fillettes étaient tombées d'un escalier à l'âge de 15 ans. A 16 ans, elles rencontraient leurs futurs maris, qu'elles allaient épouser dans leur 20ème année !

    Elles perdirent toutes deux leur bébé. Ensuite, chacune des jumelles donna naissance à deux garçons, suivis d'une petite fille. Daphné, cependant, devait encore avoir deux enfants. Elles aimaient la sculpture. L'une utilisait du bois, l'autre du savon. Elles avaient des petits doigts recourbés, éprouvaient la hantise du vide et des nausées à la vue du sang. Chacune était affectée d'un petit rire nerveux.

    elles avaient une passion pour les romans d'Alistair MacLean et lisaient le journal féminin My Weekly. 
    Toutes deux souffraient d'un léger souffle cardiaque et d'une dilatation de la glande thyroïde. Aucune des deux n'avait jamais voté, excepté une fois, car elles s'étaient retrouvées secrétaires de scrutin. Lors de cette réunion, elles portaient toutes deux une veste de velours marron, une robe beige et un pardessus blanc. leurs cheveux, q'elles avaient presque blancs, étaient devenus auburn. Une seule différence : Daphné pesait 9 kg de moins que sa jumelle.

     

     

     

     


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    Le mystère des jumeaux intrigue et défie l'homme depuis la nuit des temps. Aussi loin que l'on remonte dans l'histoire de n'importe quelle ethnie de la planète, on retrouve toujours à peu près la même attitude contradictoire face au phénomène gémellaire.

    On craint et l'on vénère les jumeaux tout à la fois. On les porte au pinacle ou on les persécute... Comme si l'on ressentait confusément qu'ils participent d'une identité différente de celle du commun, qu'ils disposent aussi de certains pouvoirs surnuméraires relevant du paranormal...

     La symbolique qui entoure les jumeaux dans les mythes, les légendes et la tradition est d'une extraordinaire richesse. Leur symétrie physiologique et psychique s'accorde admirablement avec la dualité que l'esprit humain aime depuis toujours introduire dans son appréhension du monde et de lui-même.

    Ainsi, l'un représentera le Ciel, l'autre la Terre. Le premier symbolisera le jour, l'autre la nuit. L'un, l'activité agressive et conquérante du mâle, l'autre la douceur soumise et la féminité. Réuni, le couple gémellaire va devenir symbolique de l’ambivalence existant en chaque être, puis de l’harmonie intérieure acquise au prix de l'équilibre des pulsions antagonistes...

    Bref, on n'en sortirait pas de traquer ainsi l'image mythique et rituelle des jumeaux. Ethnologues, spécialistes de l'histoire des mentalités et socio-psychologues ont accumulé les thèses à leur sujet. Et encore reconnaissent-ils être bien loin d'avoir mis le point final à l'investigation du phénomène ! Tant au sens physiologique pour les généticiens que dans les domaines encore plus incertains des symboles et des croyances, le mystère de la gémellité s’approfondit encore quand la parapsychologie s'en mêle. Car les jumeaux sont presque toujours le lieu de manifestation extrasensorielles particulièrement spectaculaires.

    On a constaté cela depuis toujours. pour les Anciens, leur naissance même présupposait d'ailleurs le plus souvent une union entre dieux et mortels. C'est ainsi le cas de la plupart des jumeaux de la mythologie
    indo-européenne, qu'il s'agisse des Açvin, des Dioscures, de Castor et Pollux et des autres...

    Des pouvoirs précis découlent de cette origine semi-divine. Les jumeaux seront, par exemple, guérisseurs et magiciens ; ils commanderont fréquemment aux forces de la nature. On peut leur demander d'agir sur la météorologie autant pour obtenir de bonnes récoltes ou produire le vent nécessaire aux navires que pour déchaîner les pires tempêtes sur la tête de l'ennemi. Ils protègent aussi des dangers. Ils sauvent les navigateurs des périls qui les guettent. Et, en général, ceux qui voyagent ou sont appelés à connaître de périlleuses aventures se mettent sous leur protection.

    En Inde, les jumeaux védiques, ont parmi d'autres, le pouvoirs de rajeunir les vieillards et, comme le spécifie allégoriquement le poème, " d'en faire des maris pour les toutes jeunes femmes ". Ce qui est un euphémisme pour signifier qu'ils sont susceptibles d'agir sur la virilité et la fertilité des couples

    Chez les Pueblos de l'Orénoque, ils guérissent, et surtout assurent l'équilibre des sociétés humaines dans lesquelles se sont introduites des dissensions menaçant le bon ordre traditionnel. On se mettra donc systématiquement sous leur protection.

    Du fait de leur naissance semi-divine, ils ont une appréhension des choses et des êtres différente de la nôtre, ce que nous appelons, avec le terme consacré des parapsychologues modernes, les " pouvoirs surnuméraires ".
    Ils savent alors que nous devons apprendre, et il leur suffit de penser, de concevoir en esprit pour que leur création s’effectue... 

    Parallèlement, le couple gémellaire peut être tout aussi bien maléfique que favorable. On redoute les pouvoirs en questions qui peuvent, quand toutes précautions ne sont pas prises, aboutir au pire. Cela vient de ce que l'on considèrent souvent que l'un des jumeaux est bon et l'autre mauvais. L'un représente le jour et l'autre la nuit, l'un le bien, l'autre le mal. Et il faut se défendre de l'aspect ténébreux de l'association.

    Chez les Indiens Hopis d'Amérique, on estime que les dangers encourus par la conception de jumeaux risquent de dépasser de loin les bénéfices qu'on en tirera. Aussi, lorsque les signes d'une pareille éventualité sont reconnus chez la femme enceinte, elle ne manque jamais de se rendre chez le chaman pour qu'il réunisse dans son sein les deux êtres menaçant de s'y développer.

    " ... Il prend de la farine de maïs devant la porte et la répand au soleil ; il file de la laine noire, il file de la laine blanche, et les deux fils mêlés il entoure le poignet gauche de ma mère ; c'est un moyen très puissant pour assembler les enfants. Alors, nous, jumeaux, nous avons commencer à ne faire q'un seul... On voit bien que j'étais un bébé exceptionnel, jumeaux fondus en un. On en doute pas. On voit bien la double mèche derrière ma tête, et ceux qui étaient présents à ma naissance ont raconté combien j'avais l'air gros et à double sexe quand je suis sorti du ventre de ma mère. Ils savent tous que l'on appelle antilopes de tels bébés, parce que très souvent les antilopes naissent jumelles... " (Talayesva Don C... , Soleil Hopi)

    L'expérience du sorcier a réussi. Les deux jumeaux ne forment plus qu'un seul être, et se sera un chef, parce que, justement, il réunit en lui les pouvoirs qu'ils se seraient partagés. Quant aux risques, ils ont été éliminés par la fusion. En ce qui concerne précisément la référence à l'endrogynat équilibré du héros, elle mériterait évidemment un développement spécifique, mais qui nous éloignerait du propos. Il faut cependant signaler qu'au niveau des inconscients collectifs, cette ambivalence des pulsions tient une place très importante dans la manière d'appréhender la gémellité.

     Nos sociétés modernes n'ont, en définitive, rien renié des attitudes traditionnelles envers les jumeaux. Certes, on sait mieux aujourd'hui pourquoi et comment ils naissent. Biologistes et généticiens distinguent ainsi, entre les naissances doubles, les vrais couples gémellaires des faux. Les premiers proviennent d'un seul œuf fécondé et sont les moins nombreux (environ 30%). Les seconds procèdent d’œufs distincts, ce qui entraîne des différences parfois notables dans leurs caractères héréditaires. les vrais jumeaux, eux, possèdent des assortiments chromosomiques absolument identiques. Cela se traduit par l'apparence à un même sexe ainsi que par une ressemblance complète, tant pour les caractères morphologiques, la taille, la complexion, le visage, les yeux, les cheveux, etc..., que pour le comportement physiologique et surtout psychologique.

    Cette ressemblance psychique a des conséquences que, par le passé, on considérait comme surnaturelles et qu'on fait aujourd’hui relever du paranormal. Aux termes près, cela ne fait pas une très grande différence. Les parapsychologues scientifiques n'expliquent guère plus que les anciennes croyances ce qui constitue le mystère de la gémellité.

    Les vrais jumeaux et, dans une moindre mesure, les faux sont ainsi naturellement télépathes. Quad l'un pense fortement à quelque chose ou qu'il vit une profonde émotion, l'autre, à quelques distance qu'il se trouve, pense ou ressent la même chose. Quand l'un est blessé, l'autre souffre exactement au point où sévit la blessure. Quand l'un est amoureux, il arrive bien souvent que l'autre se trouve dans un curieux état de trouble érotique qu'aucun objet ne justifie... 

    Le plus souvent, même s'ils ont été séparés très tôt, ils ont une existence curieusement identique. Ils ont les mêmes manies, les mêmes phobies, des phases dépressives comme des moments d'optimisme qui correspondent exactement.

    On a ainsi étudié le cas de deux Anglaises, Bridget Harrison et Dorothy Lowe. Vraies jumelles, elles ont été séparées dès la naissance et elles ont été élevées, puis ont vécu dans des milieux complètement différents. elles ne se sont pratiquement jamais rencontrées, jusqu'à ce que l'investigation scientifique s'occupe d'elles pour leur apprendre leur incroyable similitude par-delà la dissemblance de leurs destins. 

    Ainsi, depuis l'âge de dix-huit ans, sans s'être une seule fois concertées, elles passaient tous les matins sept bagues aux mêmes doigts. Il n'est pas commun de porter autant de bijoux annulaires et encore moins d'avoir choisi exactement les mêmes pierres précieuses ou semi-précieuses ! En outre, chacune portait deux bracelets d'argent torsadé au même poignet et à l'autre un troisième bracelet plus une montre. Par une coquetterie étonnamment similaire, elles ne portaient jamais qu'une seule boucle d'oreille, à l'oreille droite.

    L'étrange similitude de comportement ne s'arrêtait pas là.

    L'une et l'autre avaient désiré n'avoir que deux enfants, contre le gré, d'ailleurs, dans les deux cas, de leurs maris. Le plus extraordinaire est qu'elles ont appelé leur fils respectivement Richard Andrew et Andrew Richard. Ce pourrait être une coïncidence. Mais que dire alors de leurs filles qui se nomment respectivement Catherine Louise et Karen Louise ?

    On retrouvera exactement le même parallélisme incroyable chez deux jumeaux américain étudiés par le C.P. Lieubeach Institude de Jacksonville, en Floride, dont un des programmes est justement voué aux pouvoirs mystérieux de la gémellité.

    Enfants trouvés, leurs parents adoptifs les ont prénommés Jim et Jim. Ils ont d'ailleurs été séparés très jeunes, vers quatre ans et demi. L'un a donc vécu sur la côte ouest des Etats-Unis tandis que l'autre grandissait en 
    Nouvelle-Angleterre. Ils ne se sont plus jamais revus et n'ont échangé aucune correspondance. C'est l'enquête du Lieubeach Institute qui leur a permis de se retrouver alors qu'ils avaient l'un et l'autre près de quarante ans...

     La liste des similitudes étranges entre les deux Jim est incroyablement longues. Par exemple, ils ont eu l'un et l'autre un fils dont ils ont personnellement choisi le prénom. Le premier a appelé le sien James Allan ( avec 2 L), le second James Alan (avec un seul L). Les deux enfants sont nés le même jours à moins d'une heure de différence, ce qui laisse supposer qu'ils avaient été connu une croissance utérine identique. D'ailleurs, leurs mères se ressemblaient beaucoup et portaient l'une et l'autre le prénom de Linda !

    Les deux Jim et les deux Linda ont divorcé la même semaine du même mois et de la même année. La faute en incombait dans les deux cas aux jumeaux, qui fréquentaient hors mariage - coïncidence inouïe - deux femmes appelées Betty... Et ce n'est pas fini ! Ils se rongent les ongles aux mêmes moments et ont des maux de tête se situant dans la même partie du crâne. Ils ont choisi pour les soigner deux docteurs dont les cabinets sont éloignés de plus de 4 000 km mais dont le nom est identique : Vaugham. A un moment de leur vie, ils ont grossi simultanément de 5 kg en trois mois, etc...

    Des cas semblables ne manquent pas, et le Lieubeach Institute de Jacksonville comme l'université d'Etat du Minnesota, qui ont conduit ce genre d'enquêtes, ont bien été forcés de conclure qu'il existait un lien paranormal entre deux vrais jumeaux. Ce parallélisme frappant, qui ne peut s'expliquer par les voies sensorielles normales, a sans doute été déterminant dans l'élaboration millénaire des mythes et croyances auxquels nous avons fait sommairement allusion. Pour le primitif, il y a évidemment une " magie " dans le phénomène de la gémellité. Et les spécialistes actuels de la parapsychologie scientifique s'accordent pour reconnaître leur incapacité à lui trouver une explication satisfaisante.

    Télépathie ? Cela ne fait presque aucun doute. L'identité physiologique et psychique des jumeaux est tellement profonde qu'il existe entre eux un échange perpétuel de messages en tous genres sur une fréquence encore inconnue. Au point que, bien souvent, lorsque l'un d'entre eux meurt, l'autre le suit de près, même et surtout q'il n'est pas au courant de cette mort.. Comme s'il n'étaient au fond qu'un seul être qu'une anomalie de la nature a dramatiquement scindé en deux moitiés d'âmes au moment de la naissance... 

     

     

     

     


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    " Ceux qui assemblèrent les étoiles en constellations ne semblent pas avoir d'autre but que celui de... semer la confusion ! " s'exclama un jour Sir John Herschel , le grand astronome britannique du siècle dernier. 

    Il faut admettre que l'imagination - plus que la logique - semble avoir inspiré ceux qui peuplèrent le ciel de dragons, de serpents de mer, d'un lion, de deux ourses et d'une chèvre, ainsi que la plupart des dieux et déesse du panthéon grec.

     Qui était ce peuple à l'imagination si fertile ? Les Grecs ? Hypothèse logique de prime abord, puisqu'on y retrouve toute leur mythologie. Mais on retrouve aussi d'autres figures d'inspiration plus ancienne. Alors ?
    Il faut chercher plus loin dans le temps.

     Comme l'histoire ne nous a laissé aucun point de repère, la seule solution est de se tourner vers le
    ciel lui-même. Et pour étudier la distribution des constellations, il faut d'abord comprendre les mouvements du ciel.

     

    On peut comparer les mouvements des étoiles à des points lumineux fixés à une immense sphère invisible. Le ciel semble pivoter d'est en ouest, faisant un tour complet toutes les 24 heures. Pour un observateur de l'hémisphère boréal, la révolution semble s'opérer autour d'un point fixe, invisible dans le ciel : le pôle Nord céleste, alors que, pour un observateur de l'hémisphère austral, elle semble opérer autour d'un point fixe correspondant : le pôle Sud céleste.

    C'est bien sûr, le mouvement de rotation de la Terre d'ouest en est qui crée le mouvement apparent du ciel. les pôles célestes se situent au-dessus des pôles terrestres. La même correspondance existe entre l'équateur terrestre et l'équateur céleste.

    Pour un observateur de l'hémisphère Nord, le pôle Sud céleste et la région avoisinante ne sont jamais visibles. Au pôle Nord le ciel de l'hémisphère Sud disparaît totalement. Mais si un observateur s'installe quelques part sur l'équateur pendant une année entière, il pourra observer l'intégralité du ciel, nord et sud. Pour mener à bien notre étude, nous choisissons un point d'observation situé dans l'hémisphère Nord, à mi-chemin entre le pôle et l'équateur. 

    Chaque nuit, la plupart des étoiles se lèvent à l'est, tournent dans le ciel et se couchent à l'ouest. Seuls deux groupes d'étoiles échappent à ce schéma : les étoiles circumpolaire Nord qu'elles ne franchissent jamais la ligne de l'horizon, et les étoiles circumpolaire sud, si proche du pôle Sud qu'elles ne se " lèvent " jamais.

    N'oublions pas le Soleil. Il reproduit pendant le jour le mouvement est-ouest des étoiles, mais en " déviant ".
    Le cercle qu'il décrit dans le ciel est une réflexion de la révolution annuelle de la Terre.

    Le chemin annuel su Soleil parmi les étoiles s'appelle l'écliptique. L'angle d'inclinaison à l'équateur céleste est de 23"5'. Le parcours de la Lune et des planètes dans le ciel est proche de l'écliptique.

    Quand nous examinons la distribution de la sphère céleste des constellations telle que la connaissent les Grecs, nous remarquons que certaines étoiles ont été laissées de côté. Tout un morceau de ciel de l'hémisphère austral est vide de toute constellation. Une explication simple vient tout de suite à l'idée : le rayon de cette région, en degrés, était égal à la latitude de l'observateur et cette région du ciel lui était invisible. Toutefois, la réalité est plus complexe car la région vide de constellations n'est pas circulaire mais ovale, et son centre n'est pas le pôle Sud.

    Dès le IIè siècle avant notre ère, Hipparque, l'un des plus grand astronome grec avait déjà remarqué cette  anomalie en comparant ses propres observations avec celles d'Eudoxe, un de ses prédécesseurs qui vivait au IVè siècle. Ce dernier possédait un globe astronomique entré dans l’histoire sous le nom de " Sphère d'Eudoxe ".
    C'était un globe de métal ou de pierre où étaient gravées les étoiles les plus brillantes, l'écliptique, l'équateur et les figures des constellations.

     Eudoxe est aussi l'auteur de deux traités importants : Les Phénomènes et l'Enoptron. Bien que ces deux ouvrages soient perdus, l'essentiel des phénomènes nous est parvenu grâce à un poème écrit au IIIè siècle par Aratos, poète qui vivait à la cour du roi de Macédoine.

    Dans un commentaire, Hipparque s'étonne qu'Aratos, dans son poème, décrive des constellations invisibles, et qu'en revanche il laisse de côté d'autres bien visibles. L'histoire ne nous dit pas si c'est grâce à ses observations qu'Hipparque découvrit le phénomène de la précession, découverte pour laquelle il est resté célèbre.

    Les pôles célestes, en effet, ne sont pas fixes. Ils décrivent un cercle complet tous les 26 000 ans environ. Nous appelons étoile Polaire, ou Polaris, l'étoile relativement brillantes qui se trouve à 1 degré du pôle Nord céleste. Elle n'a bougé que très peu pendant la précession actuelle, mais, dans quelques milliers d'années, les astronomes et les voyageurs devront chercher une autre étoile pour leur indiquer le Nord.

    L'équateur céleste accompagne les pôles dans leur mouvement. Les points où il coupe l'écliptique, qui elle, est fixe, bougent aussi. Ce sont les équinoxes. Lorsque le soleil est dans leur alignement, exactement à mi-chemin entre les pôles célestes, le jour est égal à la nuit. Le mouvement conique de la Terre sur son axe s'appelle la précession des équinoxes. On admet communément qu'Hipparque découvrit la précession quand il remarqua que les positions des étoiles par rapport aux équinoxes avait changé au cours des siècles. En fait, ce sont plutôt les commentaires que lui inspirèrent les observations d'Eudoxe, transmises par le poète Aratos, qui le mirent sur la voie.

    Quoi qu'il en soit, cette zone vide de toute constellation peut nous fournir des renseignements très précieux. 
    Dans les année vingt, A.C.D. Crommelin, un historien de l'astronomie, démontra que le rayon de
    cette " Zone vide " était d'environ 36 degré. Ce qui signifie que ceux qui inventèrent les constellations vivaient à environ 36 degré nord de l'équateur. Qui plus est, le centre de cette zone vide coïncide avec l'emplacement du
    pôle Sud céleste 2 500 ans avant notre ère. Ces données se trouvent confirmées par une étude faite par l'astronome Michael Ovenden. En étudiant les orientations des constellations et leur distributions sur le globe, il montra qu'elles étaient liées à la position du pôle Nord céleste 2 500 ans avant notre ère. Tous ces éléments recoupent aussi les travaux de E.W. Maunder. D'après lui, la latitude se situerait entre 35 et 45 degrés et le nombre d'années correct serait de 2 700 ans.

    Ovenden étudia aussi le poème d'Aratos qui décrit, affirme-t-il la voûte céleste d'il y a 2 600 ans. Tout porte à croire que nous tenons là la date de création des constellations. 

    Envisageons la question sous un autre angle. Dans son poème, Aratos parle aussi de l'intersection des constellations et de l'équateur céleste, ainsi que de deux autres cercles fictifs, les tropiques célestes du Cancer et du Capricorne qui sont tous deux parallèles à l'équateur céleste.

    Par trente-deux fois, Aratos mentionne les cercles et leurs relations aux constellations. A cause de la précession, peu de ces positions coïncident avec les positions actuelles. Toutefois, on peut reconstituer le ciel d'origine dans un planétarium. On tenta l'expérience. On soumit les trente-quatre données astronomiques tirées du poème d'Aratos à un chois de dates allant de 2000 à 5000 avant notre ère. On adopta le classement suivant : 0 si c'était faux, 0,5 si c'était vraisemblable et 1 si c'était correct. Résultat : on obtint le score maximal de trente-trois en l'an 2000 avant notre ère.

    De toutes ces recherches diverses, il se dégage donc une concordance dans l'espace et dans le temps. La latitude serait de 30 degrés de latitude nord et la date 2500 à 2000 avant notre ère. On comprend qu'en comparant le ciel de son temps et les indications contenues dans le poème d'Aratos, Hipparque ait remarqué de nettes différences, puisqu'un millénaire s'était déjà écoulé...

    Il nous reste maintenant à découvrir à quel peuple appartenaient les astronomes qui assemblèrent les étoiles en constellations et quel était leur but. Eudoxe comprit que le globe qu'il contemplait représentait un ciel plus ancien, mais il ne parvint pas à expliquer pourquoi il n'avait pas été corrigé. La résolution de cette énigme nous mettra sur la piste des antiques astronomes qui créèrent les constellations.

     

     

     


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