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    " Ceux qui assemblèrent les étoiles en constellations ne semblent pas avoir d'autre but que celui de... semer la confusion ! " s'exclama un jour Sir John Herschel , le grand astronome britannique du siècle dernier. 

    Il faut admettre que l'imagination - plus que la logique - semble avoir inspiré ceux qui peuplèrent le ciel de dragons, de serpents de mer, d'un lion, de deux ourses et d'une chèvre, ainsi que la plupart des dieux et déesse du panthéon grec.

     Qui était ce peuple à l'imagination si fertile ? Les Grecs ? Hypothèse logique de prime abord, puisqu'on y retrouve toute leur mythologie. Mais on retrouve aussi d'autres figures d'inspiration plus ancienne. Alors ?
    Il faut chercher plus loin dans le temps.

     Comme l'histoire ne nous a laissé aucun point de repère, la seule solution est de se tourner vers le
    ciel lui-même. Et pour étudier la distribution des constellations, il faut d'abord comprendre les mouvements du ciel.

     

    On peut comparer les mouvements des étoiles à des points lumineux fixés à une immense sphère invisible. Le ciel semble pivoter d'est en ouest, faisant un tour complet toutes les 24 heures. Pour un observateur de l'hémisphère boréal, la révolution semble s'opérer autour d'un point fixe, invisible dans le ciel : le pôle Nord céleste, alors que, pour un observateur de l'hémisphère austral, elle semble opérer autour d'un point fixe correspondant : le pôle Sud céleste.

    C'est bien sûr, le mouvement de rotation de la Terre d'ouest en est qui crée le mouvement apparent du ciel. les pôles célestes se situent au-dessus des pôles terrestres. La même correspondance existe entre l'équateur terrestre et l'équateur céleste.

    Pour un observateur de l'hémisphère Nord, le pôle Sud céleste et la région avoisinante ne sont jamais visibles. Au pôle Nord le ciel de l'hémisphère Sud disparaît totalement. Mais si un observateur s'installe quelques part sur l'équateur pendant une année entière, il pourra observer l'intégralité du ciel, nord et sud. Pour mener à bien notre étude, nous choisissons un point d'observation situé dans l'hémisphère Nord, à mi-chemin entre le pôle et l'équateur. 

    Chaque nuit, la plupart des étoiles se lèvent à l'est, tournent dans le ciel et se couchent à l'ouest. Seuls deux groupes d'étoiles échappent à ce schéma : les étoiles circumpolaire Nord qu'elles ne franchissent jamais la ligne de l'horizon, et les étoiles circumpolaire sud, si proche du pôle Sud qu'elles ne se " lèvent " jamais.

    N'oublions pas le Soleil. Il reproduit pendant le jour le mouvement est-ouest des étoiles, mais en " déviant ".
    Le cercle qu'il décrit dans le ciel est une réflexion de la révolution annuelle de la Terre.

    Le chemin annuel su Soleil parmi les étoiles s'appelle l'écliptique. L'angle d'inclinaison à l'équateur céleste est de 23"5'. Le parcours de la Lune et des planètes dans le ciel est proche de l'écliptique.

    Quand nous examinons la distribution de la sphère céleste des constellations telle que la connaissent les Grecs, nous remarquons que certaines étoiles ont été laissées de côté. Tout un morceau de ciel de l'hémisphère austral est vide de toute constellation. Une explication simple vient tout de suite à l'idée : le rayon de cette région, en degrés, était égal à la latitude de l'observateur et cette région du ciel lui était invisible. Toutefois, la réalité est plus complexe car la région vide de constellations n'est pas circulaire mais ovale, et son centre n'est pas le pôle Sud.

    Dès le IIè siècle avant notre ère, Hipparque, l'un des plus grand astronome grec avait déjà remarqué cette  anomalie en comparant ses propres observations avec celles d'Eudoxe, un de ses prédécesseurs qui vivait au IVè siècle. Ce dernier possédait un globe astronomique entré dans l’histoire sous le nom de " Sphère d'Eudoxe ".
    C'était un globe de métal ou de pierre où étaient gravées les étoiles les plus brillantes, l'écliptique, l'équateur et les figures des constellations.

     Eudoxe est aussi l'auteur de deux traités importants : Les Phénomènes et l'Enoptron. Bien que ces deux ouvrages soient perdus, l'essentiel des phénomènes nous est parvenu grâce à un poème écrit au IIIè siècle par Aratos, poète qui vivait à la cour du roi de Macédoine.

    Dans un commentaire, Hipparque s'étonne qu'Aratos, dans son poème, décrive des constellations invisibles, et qu'en revanche il laisse de côté d'autres bien visibles. L'histoire ne nous dit pas si c'est grâce à ses observations qu'Hipparque découvrit le phénomène de la précession, découverte pour laquelle il est resté célèbre.

    Les pôles célestes, en effet, ne sont pas fixes. Ils décrivent un cercle complet tous les 26 000 ans environ. Nous appelons étoile Polaire, ou Polaris, l'étoile relativement brillantes qui se trouve à 1 degré du pôle Nord céleste. Elle n'a bougé que très peu pendant la précession actuelle, mais, dans quelques milliers d'années, les astronomes et les voyageurs devront chercher une autre étoile pour leur indiquer le Nord.

    L'équateur céleste accompagne les pôles dans leur mouvement. Les points où il coupe l'écliptique, qui elle, est fixe, bougent aussi. Ce sont les équinoxes. Lorsque le soleil est dans leur alignement, exactement à mi-chemin entre les pôles célestes, le jour est égal à la nuit. Le mouvement conique de la Terre sur son axe s'appelle la précession des équinoxes. On admet communément qu'Hipparque découvrit la précession quand il remarqua que les positions des étoiles par rapport aux équinoxes avait changé au cours des siècles. En fait, ce sont plutôt les commentaires que lui inspirèrent les observations d'Eudoxe, transmises par le poète Aratos, qui le mirent sur la voie.

    Quoi qu'il en soit, cette zone vide de toute constellation peut nous fournir des renseignements très précieux. 
    Dans les année vingt, A.C.D. Crommelin, un historien de l'astronomie, démontra que le rayon de
    cette " Zone vide " était d'environ 36 degré. Ce qui signifie que ceux qui inventèrent les constellations vivaient à environ 36 degré nord de l'équateur. Qui plus est, le centre de cette zone vide coïncide avec l'emplacement du
    pôle Sud céleste 2 500 ans avant notre ère. Ces données se trouvent confirmées par une étude faite par l'astronome Michael Ovenden. En étudiant les orientations des constellations et leur distributions sur le globe, il montra qu'elles étaient liées à la position du pôle Nord céleste 2 500 ans avant notre ère. Tous ces éléments recoupent aussi les travaux de E.W. Maunder. D'après lui, la latitude se situerait entre 35 et 45 degrés et le nombre d'années correct serait de 2 700 ans.

    Ovenden étudia aussi le poème d'Aratos qui décrit, affirme-t-il la voûte céleste d'il y a 2 600 ans. Tout porte à croire que nous tenons là la date de création des constellations. 

    Envisageons la question sous un autre angle. Dans son poème, Aratos parle aussi de l'intersection des constellations et de l'équateur céleste, ainsi que de deux autres cercles fictifs, les tropiques célestes du Cancer et du Capricorne qui sont tous deux parallèles à l'équateur céleste.

    Par trente-deux fois, Aratos mentionne les cercles et leurs relations aux constellations. A cause de la précession, peu de ces positions coïncident avec les positions actuelles. Toutefois, on peut reconstituer le ciel d'origine dans un planétarium. On tenta l'expérience. On soumit les trente-quatre données astronomiques tirées du poème d'Aratos à un chois de dates allant de 2000 à 5000 avant notre ère. On adopta le classement suivant : 0 si c'était faux, 0,5 si c'était vraisemblable et 1 si c'était correct. Résultat : on obtint le score maximal de trente-trois en l'an 2000 avant notre ère.

    De toutes ces recherches diverses, il se dégage donc une concordance dans l'espace et dans le temps. La latitude serait de 30 degrés de latitude nord et la date 2500 à 2000 avant notre ère. On comprend qu'en comparant le ciel de son temps et les indications contenues dans le poème d'Aratos, Hipparque ait remarqué de nettes différences, puisqu'un millénaire s'était déjà écoulé...

    Il nous reste maintenant à découvrir à quel peuple appartenaient les astronomes qui assemblèrent les étoiles en constellations et quel était leur but. Eudoxe comprit que le globe qu'il contemplait représentait un ciel plus ancien, mais il ne parvint pas à expliquer pourquoi il n'avait pas été corrigé. La résolution de cette énigme nous mettra sur la piste des antiques astronomes qui créèrent les constellations.

     

     

     


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  • Les ovnis enjeu de la guerre psychologique

    " Je propose que nous discutions bientôt d'une possible utilisation des phénomènes ovnis, comme arme offensive, dans une guerre psychologique. "

    Cette déclaration est extraite d'une lettre que Walter B. Smith, directeur de la C.I.A. adressa au directeur du Psycological Strategy Board ( Département de recherches stratégiques ) américain. Écrite en 1950, elle fait partie d'un dossier secret classé dans la rubrique " Soucoupes volantes )

    Il semble que, dans les années qui suivirent, la C.I.A. ait procédé en effet à des recherches en ce domaine. Tout d'abord, pour des raisons militaires. Les Etats-Unis ont investi beaucoup d'argent dans la technologie militaire, surtout dans les armes aériennes. L'armée dispose, il est vrai, de milliers d'hectares de désert pour mettre au point les dernières inventions comme l'avion insensible au radar Stealth, les véhicules à pilotage automatique ou les armes biochimiques, mais cela n'est pas toujours suffisant. Une " protection ovni " augmente considérablement la liberté d'action et multiplie les possibilités de recherche.

    Prenons l'exemple de l'avion Stealth. Depuis 1966, l'armée fait des recherches sur un avions capable de déjouer les radars. Le projet a été classé en 1977. On possède des photos où l'on aperçoit un bombardier de petite taille, de forme assez inhabituelle pour être pris pour un ovni, même en plein jour. 

    En 1975, en Californie, un radar mobile de l'US Air Force repéra un objet se déplaçant à 740 km/h. Il fit soudain volte-face et disparut comme par enchantement avec une accélération estimée à 3 200 km/h. 
    Comportement caractéristique d'un ovni ! En fait, il s'agissait d'un avion Stealth dont le pilote essayait justement la protection radar. Officiellement, on classa ce cas dans la rubrique " Objets volants non identifiés ". 
    Le mythe se nourrissait d'un cas supplémentaire, et les recherches d'une partie de l'US Air Force restèrent secrètes.

    Des " taupes " agissaient au sein même des groupes de recherche, ne laissant passer aucune information importante sans d'abord la déformer. Répétons-le : il faut à priori se méfier des déclarations fracassantes et des révélations de premier ordre. Elle ne sont, en général, pas gratuites. Quel est le but recherché ?

    Prenons le cas du jeune officier de l'US Air Force qui, en juillet 1947, déclara avec enthousiasme avoir vu s'écraser une soucoupe volante au Nouveau-Mexique. Ce témoignage eut droit à une grande publicité.
    " Par hasard ", on avait, dans les jours précédents, lancé les premiers ballons de recherche en polyéthylène du terrain d'essai voisin de White Sands. Cela ne met pas forcément en doute la bonne foi du témoin, mais montre comment on peut utiliser ou orienter un témoignage.

    Dans un tout autre domaine, que dire des mutilations de bétail ?

    Effectuées avec une précision effrayante, elles sont en général associées à des apparitions d'ovnis. Que cherche-t-on à dissimuler ? Essaie-t-on sur ces bêtes de nouvelles armes biologiques ? Les mutilations sont-elles destinées à effacer toute trace de ces expérience ou prouvent-elles tout simplement que les recherches ne sont pas encore au point ?

    Autre genre d'expérience, cette fois d'étude psychologique sur le terrain : les hommes en noirs. Qu'ils soient des agents de la C.I.A. ne fait plus guère de doute. Ils viennent menacer les témoins, mais mettent très rarement leurs menaces à exécution. Technique qui leur permet d'observer jusqu'à quel point la peur conditionne les individus. dans le même dessein, ils adoptent un comportement étrange pour étudier les réactions des victimes devant l' " anormal ". Toutes ces observations sont facilitées par les techniques modernes.

    D'éventuelles révélations du témoin importent peu : ce e sera qu'une absurdité supplémentaire à ajouter au dossier ovni, déjà bien fourni en ce domaine !

    Le gouvernement entretient délibérément toutes ces inepties. Un phénomène sans logique apparente qui pourtant existe indéniablement, contribue à occuper " sainement " l'opinion publique. ce que recherche tout gouvernement. Et, comme le sujet est passionnant, le public ne se fatigue pas. On assiste même à une recrudescence d'apparition comme l'avait prévu la Commission Robertson.

    Le gouvernement eu très tôt l'idée d'utiliser et de diriger cet intérêt. Ce faisant, on neutralisait des éléments potentiellement dangereux en les tenant occupés avec un problème insoluble. Les résultats dépassèrent même, parfois, les espérances. Nombres de sectes vouées à l'adoration des extra-terrestres ont vu le jour, et il est certain que leurs adhérents ne cherchent pas à blâmer le gouvernement de sa mauvaise politique économique ou sociale... puisque la Fraternité Galactique viendra bientôt rétablir l'ordre et la justice !

    Le gouvernement utilisa très certainement cette tactique de diversion dès 1957. A l'époque, l'U.R.S.S. avait une nette avance dans la recherche spatiale. Alors que chaque essai américain de la fusée Vanguard se terminait en désastre, l'Union soviétique, en novembre 1957, mit son second satellite sur orbite, un mois seulement après le célèbre Spoutnik. Quelques jours après ce succès, une vague d'ovnis s'abattit sur le Texas et ne Nouveau-Mexique. Du coup, les soucoupes firent la " une " des journaux et l'épopée du satellite soviétique passa au second plan.

    Les enlèvement obéissent à différents objectifs. il est plus facile qu'on ne le pense de convaincre un individu de la réalité d'une expérience - en l’occurrence d'un enlèvement - en lui administrant des drogues ou en l'hypnotisant. Résultat : le mythe ovni s’accroît, les expérimentateurs améliorent leurs techniques de conditionnement, observent la réaction des victimes et étudient la façon dont l'information est traitée par les médias, par les ufologues et par le public.

     

    Conséquence indirecte : les scientifiques continuent à se tenir à l'écart d'un phénomène si peu " scientifique ".
    En revanche, les partisans acharnés des ovnis voient dans la bonne foi des témoins une nouvelle preuve de l'existence d'un phénomène que le gouvernement persisterait à nier, alors que, pensent-ils, ce serait l'événement capital de la fin du XXè siècle.

    Ovni sur Nantes le 27/08/2016

     Beaucoup d'ufologues auront du mal à admettre la réalité du " complot " que nous venons de dévoiler. 
    Cependant, les preuves ne manque pas. Demandons-nous par exemple pourquoi, malgré les groupes de recherche de toute sorte, on n'en sait pas plus long aujourd'hui qu'il y a trente ans sur la véritable nature des ovnis ?

    William H. Spaulding, qui le premier avança l' " hypothèse fédérale " résume la situation ainsi :
    " Que les partisans acharnés de l'existence des ovnis apportent des preuves. Ont-ils franchi des étapes décisives dans leurs recherches ? Depuis trente ans, on perd son temps à étudier quelque chose qui n'a jamais existé... Le fait que l'on continue à croire à un phénomène manifestement si incohérent témoigne de l'étendue de la crédulité humaine. Grâce à l'audace et à la créativité de ses membres, la C.I.A. a créé trois générations d'enthousiastes et à conquis l'attention du public... La saga des soucoupes volantes est probablement le mythe des temps modernes. C'est ce qui le rend si captivant. "

     

     

     


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    L'Egypte ésotérique

     

    La terre des pharaons et des pyramides a toujours exercé une grande fascination sur les imaginations. Et de nombreux adeptes des sciences occultes ont cherché à pénétrer les arcanes de la religion égyptienne. 
    Ainsi, lorsque le célèbre mage Aleister Crowley publia un ouvrage ésotérique à propos du jeu de tarots, il l'intitula Le Livre de Thot. N'est-ce pas suggérer qu'il détenait les secrets des anciens dieux ?

    Le dieu Thot tenait un rôle fort important dans le tribunal des morts. Cette assemblée présidée par Osiris et composée de quarante-deux autres divinités, régissait le passage des défunts dans l'autre monde. Thot, assisté d'Horus et d'Anubis, procédait à la pesée du cœur, rite essentiel de ce jugement : le cœur du mort était déposé sur l'un des plateaux de la balance des dieux, tandis que sur l'autre était placée une plume représentant la justice et la vérité. Le dieu à tête d'oiseau notait alors dans son registre les résultats de la pesée.

    Mais cette fonction de greffier divin n'était pas la seule attribution de Thot, qui était surtout considéré comme le dieu de l'Ecriture et de la Connaissance, et qui devint, par extension, le dieu de la Magie. Il aurait ainsi rassemblé, croyaient les anciens Égyptiens, l'essence de son savoir et les secrets fondamentaux qui président aux destinées de l'univers dans les livres sacrés " écrits de sa propre main ".

    Crowley et les nécromanciens modernes continuent à révérer Thot comme le grand initiateur et le maître des connaissances occultes, ce qui explique que les figures symboliques et les rites secrets des prêtres égyptiens aient conservé toute leur fascination.

    Dès 1781, le français Antoine Court de Gébelin prétendait, guidé, il est vrai, par sa seule imagination, que les vingt-deux atouts du jeu de tarots véhiculaient, depuis des millénaires, l'enseignement secret des anciens sages égyptiens - connaissances transmises sous une forme codée, afin d'éviter qu'elles ne fussent dévoilées aux non-initiés.  

    Vers la même époque, le comte de Cagliostro instituait le rite maçonnique égyptien : les membres de la loge se réunissaient dans une salle décorée comme un temple et ornée de statues d'Isis et d'Anubis ; et Mozart, dont l'opéra La Flûte enchantée recèle de nombreux symboles maçonniques aux mystères d'Isis. Plus tard, de nombreux occultistes comme Eliphas Levi, reprendront à leur compte cette assimilation entre les sciences ésotériques et la religion égyptienne.

    Même à notre époque, où la plupart des civilisations antiques ont livré leurs secrets, l'ancienne Egypte reste auréolée de mystère. Ne serait-ce que par le caractère gigantesque et proprement surhumain de ses réalisations. La construction des pyramides ou des grands temples des bords du Nil défie encore l'imagination, car elle implique une ampleur de moyen et de maîtrise stupéfiantes, même pour notre siècle hautement technologique.

    Nous sommes fascinés par ailleurs par le rôle prédominant joué par la mort dans la vie quotidienne des anciens Égyptiens - et notamment par les rites majeurs du passage dans l'eau-delà, sorte d'accession à une seconde vie, d'où l'importance du cérémonial funéraire. Quant aux hiéroglyphes, qui ont gardé si longtemps leur mystère, nous imaginerions facilement qu'il ne s'agit pas seulement d'un simple alphabet, mais de formules magiques.

    Enfin, la religion égyptienne se révèle d'une très riche complexité, alliant harmonieusement les divinités tutélaires locales et les démiurges qui régissent les éléments. Les dieux égyptiens, de ce fait, ont souvent une personnalité multiforme et de nombreux attributs différents. S'ils gouvernent les grandes forces cosmiques, ils restent cependant étroitement mêlés aux affaires des hommes. Les rois se réclamaient des plus hautes divinités ; les pharaons étaient désignés sous le nom de " fils de Rê " : le dieu-soleil Rê régnait à la fois sur les autres dieux et sur l'humanité.

     On lui assimila par la suite des divinités locales primitives : ainsi le dieu thébain Amon devint Amon-Rê, et les prêtres de Memphis identifièrent le dieu local Ptah, patron tutélaire des artistes et des artisans, à un fils de Rê.

    Selon les mythes cosmogoniques égyptiens, Rê aurait engendré de sa propre substance Geb et Nout, divinités du Ciel et de la terre, qui, à leur tour, donnèrent naissance à Osiris, Isis, Seth et Nephtys . Osiris, dieu de la Fertilité et de la Résurrection des morts, était l'époux d'Isis, qui donna naissance à Horus, dieu à tête de
    faucon ; avec Nephthys , qui était la compagne de Seth, Osiris engendra Anubis.

    Divinité bienfaisante, Osiris enseigna aux Égyptiens l'art de la culture et institua les lois et les rituels religieux.
    Seth, puissance maléfique, en conçut de la jalousie et résolut de se défaire de son frère. Il s'empara d'Osiris et le tua, puis dépeça son corps, dispersant ses membres à travers toute la terre d'Egypte. Mais Isis parvint à rassembler les dépouilles de son frère et époux, qu'elle recousit et enveloppa de bandelettes (Osiris ainsi la première momie), après quoi elle réussit à le ramener à la vie. C'est alors que le couple divin conçut Horus, qui devait combattre victorieusement Seth. 

    L'invocation suivante, adressée par un pharaon à Osiris, montre bien la nature multiple, à la fois lumineuse et féconde, de la divinité : 

    " Ô toi Osiris, qui est d'une essence plus secrète que les autres dieux ! Toi qui symbolise l’éternelle jeunesse !
    Là où tu apparais les ténèbres se dissipent. Les autres dieux et les mages n'existent que pour glorifier ta majesté et exterminer tes ennemis. "

    Les divinités secondaires de l'ancienne Egypte étaient plus directement liées aux activités quotidiennes.
    Thouéris, l'une des plus anciennes déesses, favorisait la maternité. Toutes les femmes égyptiennes lui adressaient des offrandes ou portaient une amulette à son image : Thouéris était représentée avec un corps d’hippopotame, une tête de crocodile, des pattes de lion et des mains humaines. Son époux, le génie Bès, avait également un rôle protecteur et bienfaisant, en dépit de son apparence terrifiante.  

     Le peuple égyptien sollicitait ces divinités tutélaires pour ses affaires courantes, un peu comme, aujourd'hui, nous demanderions à une voyante de nous dire la bonne aventure ou d'interpréter nos rêves avant de prendre une décision importante. Quiconque avait besoin de conseils passaient la nuit dans l'enceinte du temple dans l'espoir que le dieu ou la déesse lui apparaîtrait en songe pour lui donner son avis. Toutes sortes de magiciens, de devins proposant l'interprétation des songes, se pressaient aux abords du temple, prêts à monnayer leurs services.

    Voici quelle était la meilleure recette préconisée pour que Bès se manifestât en songe : il fallait d'abord écrire une supplique à la divinité à l'aide d'une ancre bien particulière, dans la composition de laquelle entrait notamment le sang d'une colombe blanche ; puis il fallait " dessiner l'image du dieu sur sa main gauche, que l'on enveloppait ensuite dans une bande d'étoffe noire, consacrée auparavant à Isis, et, enfin, s'étendre et attendre le sommeil sans prononcer une seule parole, pas même pour répondre à une question ".

    L'un des aspects de la civilisation de l'ancienne Egypte qui a le plus frappé notre imagination concerne les rites funéraire : il s'agit des momies et de l'aménagement intérieur des mausolées. Les sujets du pharaons étaient convaincus que l'existence se poursuivait après la mort. C'est pourquoi chaque défunt était pourvu d'une sorte de recueil de conseils pratiques, le Livre des morts, véritable guide illustré destiné à lui faciliter ses premiers pas dans l'au-delà. Il pouvait s'agir d'une fresque peinte directement sur les murs du mausolée ou sur les parois du cercueil, ou, plus modestement, d'un simple papyrus glissé aux côtés du corps, dans la tombe.

    Le Livre des morts enseignait aux Égyptiens comment subir dans les meilleures conditions possibles le jugement des dieux ; comment, par exemple, déjouer les pièges qui leur seraient rendus ou se disculper des fautes qui leur seraient imputées, afin que le tribunal divin tranchât en leur faveur. Parmi les scènes représentées pour l'édification du défunt figurent généralement la "pesée du cœur" et les supplices réservés aux plus coupables. 

      Par ailleurs, pour parvenir sans encombre au royaume d'Osiris, le corps devait être rendu indestructible par la momification et par un embaumement plus ou moins raffiné, selon les moyens du défunt. Les momies égyptiennes ont toujours fasciné les voyageurs étrangers. Au Moyen Age, les médecins arabes considéraient la
    " poudre de momie " comme une panacée, capable de soulager de nombreux maux. Cette croyance fut par la suite transmise en Europe et, aux XVIè et XVIIè siècles, certains négociants s'enrichirent en faisant commerce de cette macabre matière première.

    Au XIXè siècle, le " déshabillage " public d'une momie constituait l'un des divertissements les plus goûtés de la bonne société. En 1827, dix ans exactement après le Frankenstein de Mary Shelley, Jane Webb 
    publie La Momie, roman fantastique dont les deux héros entreprennent de ramener à la vie la dépouille du roi Chéops au moyen d'un courant électrique galvanisant : 

    " Alors qu'un roulement de tonnerre retentissait, la momie se dressa lentement hors de son sarcophage. Elric  la vit étendre dans sa direction sa main griffue et recroquevillée, comme pour le saisir. Il sentit soudain la terrifiante étreinte, puis les ténèbres se firent... "

    Le récit de Jane Webb allait être la source d'inspiration d'une longue série d'ouvrages fantastiques sur le même thème et fournir un argument à de nombreux films, dont le plus célèbre reste La Momie de Karl Freund (1932), avec Boris Karloff. Sans oublier La Malédiction des pharaons de Terence Fisher (1959), avec Christopher Lee, ni Deux Nigauds et la momie (1955), avatar comique sur le thème, avec Abbott et Costello.

    Depuis l'Antiquité, la terre des pharaons a été considérée comme un royaume mystérieux au sujet duquel couraient les légendes les plus extravagantes. Les Grecs et les Romains, qui occupaient le pays au cours des derniers siècles précédant notre ère, évoquaient déjà ses insondables mystères. Les Arabes, qui conquirent ensuite l’Égypte, répandirent les contes les plus fabuleux au sujet des merveilles et des trésors accumulés par les anciens rois. Il était question de coffres emplis d'or, d'armes forgées dans un prodigieux métal inaltérable, d'un verre extraordinaire que l'on pouvait ployer sans le rompre, de livres sacrés, aux pages faites de feuilles d'or, renfermant les chroniques des temps anciens et les prophéties concernant les siècles à venir.

    Toutes ces rumeurs parvinrent jusqu'aux voyageurs européens qui s'aventuraient dans ces contrées, enflamment leur imagination. Au XVIIIè siècle, l'Egypte est fort à la mode. Les artistes peignent des paysages fantastiques dans lesquels ils placent des pyramides, des obélisques et des sphinx. Sir Isaac Newton réinvente une nouvelle chronologie égyptienne en s’efforçant de faire coïncider les dynasties pharaoniques et les êtres bibliques.

    De son côté, l'érudit français Jean terrasson, rassemblant toutes les références bibliographiques grecques et latines au sujet de l'Egypte, en tire un roman philosophique intitulé Séthos (1731). Savants ou amateurs éclairés se penchent sur l'énigme des hiéroglyphes proposant les interprétations les plus ingénieuses, sinon les plus pertinentes. Ainsi, le chirurgien anglais Thomas Greenhil publie en 1705 un essai sur L'Art de l'embaumement ; il y affirme notamment que le signe représentant un crocodile symbolise la malice, l’œil signifie la justice, tandis que la main droite ouverte désigne une grande quantité.    

    La campagne d'Egypte dirigée par Bonaparte allait donner une base scientifique à toutes ces spéculations plus ou moins hasardeuses, et les hiéroglyphes livrèrent enfin leur secret. En 1799, en effet, un détachement militaire effectuant des travaux de fortification dans le petit port de Rosette mit au jour un fragment de stèle de basalte noir portant une série de trois inscriptions, en caractères grecs, hiéroglyphiques et démotiques. Champollion, l'un des savants accompagnant l'expédition, observant que certains noms propres revenaient dans les trois textes, eut l'intuition qu'il s'agissait de trois versions du même texte. On disposait désormais d'une base d'étude concrète, mais il faudra encore plus de vingt ans pour que l'écriture hiéroglyphique perde tous ses mystères. 

    Dès lors, l’intérêt suscité par la civilisation égyptienne ne cesse de croître et les expéditions archéologiques se succèdent. Le pillage des sites commence. Des statues monumentales, des bas-reliefs viennent décorer les capitales européennes. L'influence égyptienne s'étend à l'ameublement (pattes de sphinx caractéristiques du style Empire). On s'inspire même des monuments égyptiens pour construire certains bâtiments industriels. Les sociétés d’égyptologie se multiplient et les sectes ésotériques s’intéressent bientôt à cette source d'information inédites. Ce nouveau domaine est également exploité par les romanciers. Dans les années 1880, Ridder Haggard utilise comme toile de fond les fastes funéraires de l'Egypte ancienne, les embaumements et les résurrections dans les ouvrages comme Cléopâtre et She.

    Pour le célèbre occultiste Aleister Crowley, la source originelle de toute sagesse et de toute connaissance était Seth, qui deviendrait plus tard Satan.

    Seth, prétendait-il lui était apparu en 1904, alors qu'il se trouvait au Caire, sous la forme d'un esprit désincarné appelé Aiwass et lui avait dicté les trois chapitres qui deviendraient Le Livre de la Loi, ouvrage exposant la doctrine de Crowley et dont les principes essentiels pourraient se résumer par la formule " Fais ce qu tu veux ".

    Crowley, qui devait par la suite désigner lui-même ses disciples féminins sous le nom de " guenons de Thot " attendait de sa visite au musée du Caire des révélations fort importantes. Il se considérait en effet comme l'incarnation de la Bête citée dans l'Apocalypse et symbolisée par le nombre 666. Comme par hasard, la pièce n° 666 exposée au musée du Caire était une tablette commémorative d'un prêtre égyptien nommé
    Ankh-f-n-Khonsu, Crowley en déduisit qu'il avait été Ankh-f-n-Khonsu lors d'une existence antérieure. Il annonça également l'avènement du nouvel âge d'Horus et la fin de l'actuel âge d'Osiris marqué par la foi chrétienne en la résurrection.

     Les anciens Égyptiens portaient, croit-on, des amulettes protectrices, l'une des plus fréquentes étant 
    " l'oeil d'Horus ", et l'un de leurs plus anciens symboles bénéfiques l' "ankh", où la croix ansée, signe de vie, est à l'âge de la conquête spatiale, toujours utilisé comme breloque porte-bonheur !

     

     


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