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    Si on vous demande de décrire une personne, vous dresserez un rapide portrait où vous préciserez la couleur de ses cheveux et de ses yeux, la forme de son nez, sa démarche et le son de sa voix, mais il ne vous viendra certainement pas l'idée de mentionner son odeur. Encore moins les odes de chaleur qu'elle émet, son électricité ou son magnétisme ! Ces informations, qui importent peu dans l'espèce humaine, permettent à certains animaux, aux souris, aux chauves-souris et aux pastenagues, par exemple, de reconnaître le monde et les êtres autour d'eux.

    Nos sens humains sont limités et parfois nous sentons. C'est à peu près tout. Qui plus est, nous pensons qu'il y en est de même dans le monde animal. Ce qui est totalement faux. Le sens des animaux sont plus développés que les nôtres. Ils vivent dans un monde qui nous est étranger, et leur comportement, par conséquent, nous reste souvent mystérieux. Nous nous étonnons, par exemple, que les saumons se dirigent sans se tromper vers les cours d'eau où ils sont nés, que les pigeons retrouvent leur chemin même quand le ciel est couvert et que les chiens policiers suivent les criminels à la trace.

    Il nous est, bien sûr, difficile de comprendre comment fonctionnent des sens que nous ne possédons pas, et beaucoup de découvertes dans ce domaine ont été faites par hasard. Voici, par exemple, ce qui arriva en 1956 à Kenneth Roeder, un professeur de physique, qui donnait une soirée dans son jardin. Les papillons de nuit voletaient autour des lanternes vénitiennes qu'on venait d'allumer lorsqu'un invité s'amusa à passer un bouchon humide sur son verre. A ce crissement aigu, tous les papillons de nuit tombèrent à terre, " tué par ce choc sonore ", pensèrent les invités, qui furent bien étonnés de voir les papillons se relever soudain et se remettre à voleter autour des lanternes, comme si rien ne s'était passé. Intrigué, Kenneth Roeder répéta l'expérience : tout se passa exactement comme la première fois. 

    C'est alors que le professeur fit un rapprochement avec les travaux de Donald Griffin sur les chauves-souris. En 1940, ce dernier avait démontré que ces animaux émettent en volant de puissants ultrasons dont les échos leur permettent de s'orienter dans l'obscurité la plus totale. A cette époque, cette découverte avait fait sensation. Sonar et radar n'étaient n'étaient encore que des secrets militaires jalousement gardés, et la notion même d'ultrasons était encore un concept révolutionnaire.

    Ce système d' " écho-location " est d'une telle précision que, dans un tunnel traversé de fils de moins de 0,2 mm de diamètre, la chauve-souris n'a aucune difficulté à détecter un objet de la taille d'un papillon de nuit. Plus elle crie, plus elle obtient d'informations sur sa proie. A la fin de sa poursuite, elle attrape le papillons de nuit directement dans sa bouche ou elle l'emprisonne dans ses ailes comme dans un filet.

     Toutefois, les papillons de nuit ont des cellules spéciales accordées à la fréquence des cris de la chauve-souris, ce qui leur permet de détecter son approche. Dès que cette sirène d'alarme retentit, ils se précipitent au sol. On comprend maintenant ce qui s'était passé lors de la soirée chez le professeur Roeder : les papillons de nuit avaient confondu le crissement du bouchon avec l'approche d'une chauve-souris...

    Cette faculté de pouvoir émettre ou détecter des ultrasons est assez répandue dans le monde animal, spécialement chez les rongeurs. Les souriceaux tombés du nid émettent des cris, inaudibles pour l'homme mais que les souris adultes interprètent immédiatement comme un signal de détresse ; elles se précipitent alors pour porter secours au souriceau en danger. Cette sensibilité aux ultrasons se retrouve chez les dauphins, chez les baleines et chez les Steatornis, ces oiseaux des Antilles qui vivent dans des grottes. Un point commun chez tous ces animaux : ils vivent tous dans l'obscurité. 

    l'absence de lumière développe aussi d'autres capacités. Les raies-pastenagues possèdent, par exemple, les détecteurs d'électricité les plus sensibles du monde animal. Aucun changement dans le champ électrique ne leur échappe, ce qui leur permet de retrouver n'importe quelle créature enfouie dans le sable.

    Quant aux serpents à sonnette, ils possèdent près de leurs narines des alvéoles contenant des rangées de cellules sensible à la chaleur. Elles sont semblables aux nôtres, sinon que, chez l'homme, il n'y en a que trois au centimètre carré alors que chez le serpents elles sont au nombres de 150 000/cm² ! Ce grand nombre de cellules spécialisées donnent au serpent un tableau immédiat des variations de température de son environnement. Elles permettent, par exemple, de percevoir la chaleur dégagée par le corps d'un rat ou d'une souris, même s'ils sont bien cachés.

     

    On sait maintenant que les oiseau qui voyagent de nuit se guident sur la Lune ou sur les étoiles.
    Mais qu'arrive-t-il quand le ciel est couvert ? S'orientent-ils par le magnétisme terrestre, comme certains le pensent ? Si, en 1970, cette hypothèse était tenue pour totalement farfelue, elle fait aujourd'hui l'objet de recherches sérieuses.

    Rappelons, dans un premier temps que la Terre est un aimant, ni très puissant ni très stable, cependant. Qui plus est, les deux pôles magnétiques sont reliés par un champ magnétique dont la puissance varie d'une façon systématique. Il est donc concevable, en théorie du moins, que les animaux puissent s'en servir pour se guider.

    Il reste à comprendre comment, car ce champ magnétique est si faible que l'homme doit utiliser la boussole pour le détecter. Les animaux auraient-ils une sensibilité magnétique naturelle ?

    Les dernière recherches semblent confirmer cette hypothèse. Si, par exemple, on met des rouges-gorges en cage peu avant l'époque de la migration, ils se perchent systématiquement dans la direction de leur destination saisonnière. En temps normal, les oiseaux se dirigent d'après leur environnement?. Toutefois, il a été démontré que dans un environnement vide de toute information, les rouges-gorges parviennent néanmoins à s'orienter ; par contre, ils s'égarent si on perturbe le champ magnétique autour d'eux. On sait aussi que les pigeons retrouvent leur chemin par temps couverts, ou lorsqu'ils ont été temporairement aveuglés par les lentilles de contact opaques.

    L'étude de l'anatomie des pigeons voyageurs allait, en 1976, éclaircir une partie du mystère. On découvrit en effet, entre les yeux de l'oiseau, la présence d'un tissu spécial riche en parcelles de magnétite, cette pierre naturelle que les premiers marins utilisaient pour se diriger. Ces parcelles sont en quantité suffisante pour que le pigeon puisse détecter les variations du champ magnétique terrestre. Mais utilise-t-il vraiment
    ces " détecteurs " ? Cela reste à prouver, car les recherches pour retrouver un quelconque système nerveux de liaison sont restées vaines jusqu'à ce jour.

    Un fait est certain : si on fixe des aimants sur le dos du pigeons, il s'égare, alors que des barres de cuivres non magnétiques ne le perturbent aucunement. Nous nous trouvons donc devant un phénomène vérifiable, mais  dont le mécanisme nous échappe encore. La magnétite joue un rôle, nous l'avons démontré.

    Mais lequel et comment ?

    On a découvert également de la magnétite chez les abeilles. A la différence des pigeons, celles-ci ne s'en servent pas pour s'orienter dans l'espace, mais dans le temps. La magnétite leur permet en effet de s'accorder aux variations quotidiennes du champ magnétique et de garder le rythme biologique malgré l'obscurité de la ruche et l'absence de tout repère visuel normal.

    Le magnétisme est-il donc un sens plus répandu qu'on ne le croyait avant 1976 ? Les êtres humains eux-même sont peut-être plus sensibles au champ magnétique qu'on ne le pense généralement.

    Le docteur Robin Baker, zoologue à l'université de Manchester, fait souvent l'expérience suivante : après avoir bandé les yeux d'un sujet, il le conduisit loin de chez lui, par des routes particulièrement sinueuses, vers une destination secrète. Quand il juge que le sujet est totalement désorienté, il lui demande de désigner du doigt la direction de sa maison. La proportion des réponses correctes est étonnamment élevée.

    Mais l'expérience ne s'arrête pas là. Le docteur Baker fixe ensuite un aimant ou une barre de cuivre sur la tête de son patient et répète le scénario précédent en choisissant une autre destination. On remarque alors que seuls les sujets qui n'ont pas d'aimant s'orientent correctement. Les autres se trompent immanquablement...

    Le magnétisme joue un rôle plus important chez les oiseaux que chez les mammifère, car chez ces derniers, l'odorat est nettement plus développé. Le cas de l'homme est spécial : nous avons tendance à mépriser les informations qui nous viennent de notre sens olfactif pour favoriser presque uniquement les informations visuelles.

    Malgré tout ce déséquilibre, notre odorat garde tout son potentiel. Avec un minimum d'entrainement, il reprend une force oubliée. Un bon parfumeur, par exemple, est capable de différencier 10 000 odeurs.
    Lors d'une émission télévisée anglaise, on a pu voir un responsable du Service des eaux goûter successivement sept verres d'eau prélevée à différents endroits de la Tamise et identifier tous ces endroits sans erreur.

    Dans la vie quotidienne, nous nous servons souvent de notre odorat sans vraiment en prendre conscience. 
    Par exemple, nous savons reconnaître les odeurs spécifiques de nos proches et de nos amis. Et, comme Marcel Proust dans A la recherche du temps perdu, la saveur ou le parfum d'une madeleine ou de tel autre met peuvent soudain évoquer tout un monde de souvenirs.

    Il n'en reste pas moins que notre odorat est loin d'être aussi développé que celui des animaux. Les chiens par exemple, ont une surface olfactile cinquante fois plus importante que la nôtre. Pour comprendre le rôle que joue l'odorat dans la vie des animaux, il nous faut donc observer attentivement leur comportement. 
    Les blaireaux parsèment les frontières de leur territoire d'excréments, dont l'odeur fétide sert à avertir l'étranger qu'il a intérêt à rebrousser chemin. Dans le même but, les hippopotames se servent de leur queue plate comme d'une pelle pour étaler leurs excréments à la hauteur du nez des autres animaux. Les chiens arrosent les lampadaires...

    Les animaux d'une même espèce sont très sensibles aux " messages chimiques " de leurs congénères. 
    Pour retrouver l'endroit exact où, ils vont frayer, les saumons se guident sur l'odeur de ceux de leur famille qu'ils détectent dès l'entrée de l'estuaire. Si on leur bouche les narines, ils se montrent incapables de retrouver leur chemin.

    Les messages chimiques font parties de tout code sexuel : les femelles de nombreuses espèces dégagent des odeurs qui attirent les mâles.

     Le phénomène est particulièrement fréquent chez les insectes. La femelle du bombyx du ver à soie, par exemple, dégage une odeur qui attire le mâle même s'il se trouve à plusieurs kilomètres. Les femelles des macaques rhésus et d'autres familles  de singes agissent de même.

    L'homme aurait-il , lui aussi, conservé certaine de ces caractéristiques ?

    Dans une étude conduite en Amérique, on a observé une nette concordance entre les menstruations des étudiantes qui, à l'université, partageaient le même dortoir. Une autre étude  a démontré que les hommes, les femmes enceintes et les enfants ne sont que très peu sensibles à une substance chimique dérivée du musc ; en revanche, les femmes en période d'ovulation détectent l'odeur immédiatement.

    D'autre part, on trouve un produit chimique semblable dans l'urine masculine. Les hommes émettraient-ils aussi une substance chimique qui attirerait les femmes fertiles ? La question reste posée...

    Les rapports qu'entretiennent la sexualité humaine et les substances chimiques restent mystérieux.

    Toutefois, il devient de plus en plus évident que les animaux ne possèdent pas le monopole des aphrodisiaques
    " biologiques ". On sait, par exemple, que les poils pubiens et ceux des aisselles permettent une meilleure évaporation des odeurs de nos corps et de leurs messages secrets.

    Les recherches dans ce domaine continuent et apportent de nouveau mystères. Pourquoi les poulets ont-ils des pigments ultraviolets dans les yeux, comme on vient de découvrir récemment ? Et à quoi exactement sert le 
    " troisième œil " des amphibiens et des reptiles ?

    Autant de questions qui, pour l'instant, restent sans réponse...

     

     

     


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    En 1410 sans doute, Jean Van Eyck imagina un procédé révolutionnaire de peinture à l'huile.

    GiorgionVasari fut le premier, en 1550, à fournir un récit détaillé de cette invention qui révolutionna l'art de peindre : " Ce fut une belle invention et une grande commodité pour l'art de la peinture d'avoir découvert le coloris à l'huile. Le premier inventeur en fut Jean de Bruges...  Il chercha diverses sortes de couleurs, étant très amateur d'alchimie et distillant continuellement des huiles pour composer des vernis et différentes sortes de choses, comme cela arrive fréquemment aux personnes imaginatives ".

    L'information fut reprise en 1604 par l'historien Carel Van Mander qui n'hésitait pas à comparer la découverte avec celle, beaucoup moins pacifique, de la poudre à canon.

    Si tous les chroniqueurs s'entendent sur l'importance de l'invention, aucun n'en révèle la nature. Des éléments permettent cependant de formuler une hypothèse assez solide. 
    Vasari écrivait encore " Et quoique ses peintures possédassent une certaine odeur aiguë d'où il paraissait possible de les connaître, le secret ne fut quand même pas trouvé pendant de nombreuses années ". Cet indice olfactif, rapproché du fait que le peintre distillait des huiles, fait songer à la térébenthine dont l'usage se vulgarisa par la suite. La térébenthine aurait déjà été distillée à la fin du XIIè siècle par un médecin, chanoine à Tournai, Jean de Saint-Amand, et était connue à Bruges au milieu du siècle suivant. C'est elle vraisemblablement qui, n'ayant pas été détectée en laboratoire lors de la restauration du célèbre " Agneau Mystique ", fut qualifiée de substance x. Restauré, mais amputé du panneau original des Juges Intègres, le polyptyque de l' " Agneau Mystique " recèle une part de mystère qui rattache Van Eyck à l'occultisme. L'oeuvre contient nombre d'inscriptions énigmatiques qui mêlent l'hébreu, le grec et le latin. Ainsi cet Honi qui reste inexpliqué, l'incantation Adonaï sabaot et cet Agla qui pourrait être l'abréviation d'Agno Laus ou l'acrostiche d'une formule cabalistique destinée à éloigner les démons : Atha Gilbor Leolam Adonaï.

    De nombreux tableaux portent la devise du peintre, " Als ich can ", qui curieusement comporte la majorité des lettres de l'alchimie, alkemen, proche de al-kennen (tout connaître) ou de 
    al-kunnen (tout pouvoir), pourrait en éclairer le sens : " Comme je peux ".

    Van Eyck alchimiste ? Certainement ! Dans la seconde moitié du XVè siècle, il n'était pas rare de voir les érudits et les artistes s’intéresser à l'alchimie tant technique que philosophique. Ne citons pour preuve que cet Arnold de Bruxella, surnommé le Flamand qui s'imposa comme l'un des meilleurs imprimeurs du siècle et qui possédait des connaissances alchimique très étendues. Ne disait-on pas que le protecteur de Van Eyck, le duc Philippe le Bon lui-même s’intéressait aux spéculations alchimiques et avait tout spécialement créé l'Ordre de la Toison d'Or, en 1429, pour en célébrer l'excellence ?

    Le duc avait fait aménager dans son palais de Bruxelles une " chambre de retret " sorte de cabinet de curiosité, où il collectionnait les objets insolites, des " choses secrètes ", parmi lesquelles un fourneau d'alchimiste ne devait pas détonner.

    Si Van Eyck y pénétra par la faveur princière, gageons que les deux hommes y discutèrent politique et peinture, mais aussi de cet or philosophal, communion de l'esprit et de l’intérêt entre le peintre et son mécène naquit d'ailleurs la confiance qui fit accomplir à Van Eyck sans doute plusieurs missions diplomatiques au nom de la Cour de Bourgogne.

    Quand Philippe II d'Espagne interrogea son contemporain, Ricardo Estanhimst, sur les manies et les goûts de son ancêtre, celui-ci apprit que Philippe le Bon avait accru sa fortune grâce à des transmutations alchimiques et fondé l'Ordre de la Toison d'Or pour les commémorer.

    Ceci corrobore la tradition alchimique de la quête de Jason dont le mythe, propagé au Xème siècle par le Byzantin Suidas, fit le bonheur de nombreux poètes de la fin du Moyen Age.

    Un des conseillers de Philippe le Bon et non des moindres, le chancelier Nicolas Rollin, dont Van Eyck immortalisa les traits, n'aurait-il pas eu lui  aussi des faiblesses pour Dame Alchimie.
    Sa curieuse devise, seulle, permet du moins de le supposer puisque le sceau de Salomon, l'étoile à cinq branches bien connue des ésotéristes, était le symbole de la pierre philosophale, quintessence du grand oeuvre.

    A la renaissance, de nombreux peintres étaient aussi alchimistes. Cosimo Rosseli et Le Parmesan se ruinèrent en vaines recherches pour découvrir la poudre de projection. Quant à Léonard de Vinci, plus prudent, il se limita aux seules distillations.

    Dès lors il n'y a rien de surprenant que Van Eyck s'inscrivit également dans ce courant hermétique. Le singulier " Double portrait dit d'Arnolfini et son épouse ", qui date de 1434, se décrypte comme un rébus. Van Eyck aurait été le témoin de ce riche mariage, ce qui expliquerait qu'il se fût représenté lui-même, reflété dans le miroir-sorcière au centre du tableau Ces noces seraient celles du soufre et du mercure, le couple alchimique destiné à engendrer la pierre et également inscrit virtuellement dans le miroir rond et bombé. De même l'auto-portrait du peintre, " L'homme au turban rouge ", ne laisse pas d'intriguer les spécialistes. La coiffure drapée symboliserait la pierre philosophale, rouge comme elle, que les Égyptiens désignaient d'ailleurs du terme d'encéphale à cause de sa nature spirituelle.

    " Als ich can "... Devise d'un peintre alchimiste, mais aussi adage d'un artiste resté modeste au faîte même de sa gloire

     

     


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  • Le 1 juillet 1965, Maurice Masse, un cultivateur de 45 ans  arriva vers 5 heures du matin dans son champs de lavande  situé dans le plateau de Valensole, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Une demi-heure plus tard, il s'apprêtait à allumer une cigarette lorsqu'il entendit un sifflement vers la butte, s'attendant à voir un hélicoptère.

    A son grand étonnement, il vit un objet de couleur neutre, de la taille d'une petite voiture. L'engin, allongé comme un ballon de rugby et surmonté d'une coupole, se tenait sur six pieds métalliques et sur un support central qui s'enfonçait dans le sol. Près de la "machine", Masse aperçut deux  "enfants" d'une dizaine d'années, fort occupés à examiner un pied de lavande.

    Son sang ne fit qu'un tour : " Petits voyous ! cria-t-il. Attendez un peu que je vous attrape ! ". Et il se mit à courir vers eux, pensant enfin tenir ceux qui lui avaient volé des jeunes plants de lavande la semaine précédente. Mais après plusieurs enjambées, il s'aperçut qu'il s'était trompé. Il ne s'agissait pas d'enfant, mais de deux créatures de petite taille qui avaient une grosse tête chauve...

    Il était environ 5 m de ces créatures lorsque l'une d'elle se retourna et pointa vers lui un instrument qui ressemblait à un crayon. Masse se retrouva soudain immobilisé en pleine course, totalement incapable de faire le moindre mouvement.

    Voici comment le témoin décrivit ces êtres inconnus : très petits, moins de 1,20 m, habillés de combinaisons gris-vert très ajustées, des têtes disproportionnées en forme de citrouille, pas de cheveux, mais une peau blanche et lisse.

    Ils avaient le visage découvert, les joues larges et charnues, un menton très pointu et de grand yeux en amande. Une fente très étroite leur servait de bouche. Ils semblaient communiquer par des sons inarticulés qui venaient de leur ventre ou de l'intérieur de leur corps.

    On ne possède aucune information sur ce qui arriva à l'infortuné cultivateur, car il n'a jamais voulu révéler ce qui s'était passé pendant ces quelques minutes. Il précisa seulement qu'à aucun moment il n'avait eu l'impression d'être à la merci des monstres.

    Peu de temps après l'avoir immobilisé, ces êtres retournèrent vers leur machine en se déplaçant d'une manière extraordinaire : " Ils montaient et descendaient dans l'espace comme des bulles dans une bouteille, sans support visible, a raconté le cultivateur. Ils glissaient le long des bandes de lumière. "

    Ils entrèrent dans leur vaisseau par une porte coulissante. De l'intérieur, ils continuèrent à observer Masse. Puis soudain, le pied central se rétracta avec un bruit sourd et les six autres pieds entamèrent un mouvement de rotation ascendant. Quand tous les pieds furent remontés, le vaisseau décolla dans un sifflement strident. On retrouva pourtant des traces de son passage sur des pieds de lavande pendant 90 m en direction de Manosque. Ces plantes se desséchèrent, puis repoussèrent plus hautes et plus belles que les plantes voisines.

    Masse mit plus d'un quart d'heure avant de retrouver l'usage de ses membres. Une fois libéré, il examina les traces autour de lui. Il trouva des marques laissées par les pieds du vaisseau ainsi qu'une flaque de boue dans le trou creusé par le pied central : la présence de cette boue était anormale, car il n'avait pas plu depuis plusieurs semaines. 

    Le cultivateur retourna précipitamment à Valensol. En arrivant au village, il s'arrêta au café des Sport. Malgré les conseils du patron du café, qui était un de ses amis, il refusa d'aller faire une déclaration à la gendarmerie, convaincu que personne ne voudrait le croire. Le propriétaire du café décida alors d'aller voir lui-même : il trouva des trace de l'ovni là ou Masse les  lui avait indiquées. Persuadé que son ami avait bien assisté à un événement extraordinaire, il commença à raconter l'histoire à tout le monde.

    Le soir même, Masse emmena sa fille de 18 ans sur les lieux de l'apparition : quatre pieds seulement avaient laissé des traces, et la boue autour du trou central s'était solidifiée. 

    Dans les jours qui suivirent, le chef de la gendarmerie lui fit subir un interrogatoire. Son rapport mentionne que Masse avait interdit à sa fille de s'approcher trop près du trou principal. Il s'inquiétait beaucoup des éventuelles conséquences génétique de cette rencontre avec des extra-terrestres. il décida d'ailleurs de combler ce trou, qui avait la forme d'un entonnoir renversé.

    Aimé Michel, le grand ufologue français, interrogea le témoin deux fois. Il le trouva dans un grand état de nervosité. lors de la seconde visite, il lui présenta la photo d'une maquette réalisée d'après les indications fournies par le sergent Zamora, un américain qui avait aperçu un ovni en 1964, dans l'état du Nouveau-Mexique. Étonné, Masse reconnu sa machine. Quand on lui expliqua que cette photo avait été prise aux Etats-Unis par un policier, il poussa un soupir de soulagement et déclara : " Vous voyez bien que je n'ai pas rêvé et que je ne suis pas fou !... "

    Deux ans plus tard, on distinguait encore sur place une circonférence de 3 m de diamètre délimitée par des pieds de lavandes desséchées.

    A l'intérieur de ce cercle, il ne poussait que des mauvaises herbes. Pourtant la terre avait été labourée et replantée plusieurs fois.

    Masse semblait remis de ses émotions, mais cherchait visiblement à se faire oublier. pour effacer toute trace de atterrissage de l'ovni, il arracha les pieds de vigne, laboura le champ de lavande et transforma le tout en champs de blé ! Ce qui coupa court à toute nouvelle tentative de recherches sur cette extraordinaire rencontre du troisième type

     

     


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