• Des hommes plus fort que des ordinateurs 

    C'est un fait : il y a des individus qui ont une mémoire plus ou moins bonne. Beaucoup en possèdent une excellente, sans qu'on puisse taxer de pathologique. Ainsi Racine, qui, dit-on, pouvait déclamer des tragédies entières après les avoir lues une ou deux fois seulement. Auguste Comte trouvait plus simple, et surtout plus rapide, de composer "de tête" ses ouvrages avant de les coucher par écrit, d'où l'absence de ratures dans ses manuscrits.

    Robert Tocquet rapporte que " le docteur Fred Braum avait appris deux cent milliers de date de L'Histoire universelle et pouvait faire ses conférences en quinze langues différentes "... Soit ! Mais quelle part faire à la légende lorsqu'il affirme que " le cardinal Giuseppa Gasparo Mezzofanti, qui fut l'un des plus grands génies linguistiques de tout les temps, apprit cent quatorze langues et soixante-douze dialectes " ? Et lorsqu'il ajoute : " Dans cinquante-quatre langues au moins ", le même cardinal " pouvait se faire passer pour un autochtone " ?

    Si la chose parait improbable, c'est que,comme l'écrit Michel Tournier dans Le Vent Paraclet, à la différence de toutes les autres formes de connaissance dont l'assimilation " est affaire purement technique, l'assimilation véritable d'une langue exige nécessairement une immersion prolongée dans le milieu où elle est parlée. Là, le facteur temps intervient de façon irréductible. "

    En fait, il importe de distinguer, dans tous les phénomènes relatifs à la mémoire, les expériences truquées, dites " de mnémotechnie transcendante ", de celles qui n'ont pas cette prétention. Des exemples ? D'une part, le truc de Bottin, tour facile à réaliser, et, d'autre part, la présentation scénique de Rogello, homme de music-hall, certes, mais dont le numéro représente un exploit peu susceptible d'imitations...

    Dans le premier cas, l'illusionniste affirme connaitre par cœur le Bottin tout entier et demande à l'un des spectateurs de lui en faire, au hasard, réciter une double page, ou de lui poser toutes les questions qu'il voudra sur son contenu. Opération réussie à coup sûr : le Bottin en question est composé d'autant de feuillets qu'il faut pour avoir l'épaisseur requise, mais ces feuillets, hormis la numérotation des pages, qui contribue à créer l'illusion, reproduisent tous la même double page, au contenu en tous points identique...

     La prestation de Rogello, en revanche, ne repose sur aucun stratagème, aucune tricherie. Les ouvrages utilisés en la circonstance (les cinq volumes de l'histoire de France de Guizot et le Petit Larousse illustré) sont conformes à tous les autres exemplaires existants. Et Rogello, qui a appris par cœur, d'une part l'ouvrage de Guizot en son entier, de l'autre, les faits historiques correspondants renfermés dans la partie encyclopédique du Petit Larousse, connait également l'endroit exact où ces faits se situent dans l'un comme dans l'autre de ces ouvrages.

    Si bien que, lorsqu'un spectateur l'interroge sur un fait historique , Rogello lui répond non seulement en lui récitant les articles qui s'y rapportent dans les livres susmentionnés, mais en lui indiquant l’emplacement (pages, lignes,etc) qu'ils y occupent.

    Pour exceptionnelle qu'elle soit, la mémoire de Rogello n'est pas cependant sans similitude avec celle de ces "athlètes du savoir" qui se produisent au cours de certains jeux radiophoniques ou télévisuels. C'est une mémoire orientée, sélective, ultra spécialisée, dont l'extraordinaire doit plus, au bout du compte, à la direction qu'elle a prise et aux objets qu'elle se donne qu'à sa supranormalité.

    Tel était aussi le cas des griots, qui formaient, en Afrique Occidentale, une caste marginale, à la fois méprisée et crainte, car ces virtuoses de la parole, dont le rôle était multiforme, faisaient office de bouffons de cour, de journalistes oraux colportant louanges et médisances, et de conteurs capables de relater les récits ancestraux, à mi-chemin de l'histoire et de la légende. Leur mémoire était prodigieuse.

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    Témoin, Fadama Babou Condé, l'un des derniers grands griots, dont l'écrivain africain Camara Laye a recueilli les chants dans un livre intitulé Le Maitre de la parole, et publié par Plon en 1978.

      Babou Condé était alors agé de plus de 80 ans. Il appartenait à une longue lignée de griots, dont le premier en date semble bien avoir vécu dans le Mendén du XIIIè siècle. " C'est depuis cette époque lointaine, écrit Camara Laye, que les enfants mâles de la tribu des Condés de Fadama étaient exercés, dès leur plus tendre enfance, à l'art de parler. " Ils étaient soumis à un conditionnement quotidien, ce qui explique leurs prouesse. Il n'a pas fallu en effet moins d'un mois à Camara Laye pour enregistrer la psalmodie de Babou, à raison de quatre ou cinq heures par jour... Au surplus, les griots utilisaient largement ces procédés mnémotechniques que sont le geste, le mouvement, ma mimique lorsqu'ils sont associés à la parole. 

    Ici, donc, rien d'étrange. Mais il est des cas bien plus troublants... Exemple : Veniamin, le sujet étudié pendant plus de trente ans par le grand psychologue soviétique A.R. Luria. Jusqu'à la trentaine, rapporte ce dernier dans Une prodigieuse mémoire, Veniamin n'avait pas remarqué à quel point il différait du commun des mortels. Et comment aurait-il pu s'en rendre compte ?

    A l'école primaire, Veniamin avait été un élève moyen. Son gout pour la musique, notamment pour le violon, l'avait engagé à s'inscrire dans une école de musique. A la suite d'une affection de l'oreille interne, il comprit cependant qu'il ne pourrait jamais faire une carrière d'instrumentiste, car, tout guéri qu'il était, il n'avait plus l’ouïe aussi fine qu'auparavant. Il tâta donc de différents métiers avant de faire embaucher comme reporter dans un journal local.

    Tous les matins, comme de coutume, le rédacteur du service réunissait ses collaborateurs pour la distribution des tâches. Il leur dictait parfois de très longues listes d'adresses où ils devaient se rendre pour aller recueillir les renseignements souhaités ; et, bien évidemment, tous prenaient des notes...

    Tous, sauf Veniamin. Ce qui, lorsqu'il s'en aperçut, irrita fort le rédacteur qui, une fois le mouvement d'humeur passé, demanda au jeune homme de lui répéter dans le détail tous les consignes qu'il avait données pendant cette séance de travail. Veniamin les lui énonça toutes, dans l'ordre et sans la moindre erreur. Le rédacteur ne cria ni au prodige ni à la supercherie. Il en inféra plus sagement qu'un sujet comme Veniamin pouvait être utile à la psychologie et à la science.

    C'est ainsi que dans les années 1920, Luria rencontra Veniamin. Le psychologue soumit son patient à toutes sortes de tests. Or, il lui fallut bien se rendre à cette évidence : non seulement cet homme répétait sans difficultés aucune, des listes de 30, 50, 70 mots ou chiffres, mais ses capacités de fixations étaient telles qu'il était en mesure de restituer avec exactitude ces même listes quelques mois plus tard, et même parfois trente ans après... Phénomène d'autant plus extraordinaire que, Veniamin étant alors devenu un mnémoniste professionnel de music-hall, sa mémoire aurait dû depuis longtemps être arrivés à saturation.

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    A défaut de pouvoir jamais mesurer cette mémoire quasi monstrueuse dont les limites semblaient reculer en proportion de ce qu'on exigeait d'elle, le psychologue s'appliqua à en étudier les propriétés et le fonctionnement. Il lui apparut bientôt que les listes de syllabes ou de mots qu'on donnait à lire ou à entendre à Veniamin s'imposaient à ce dernier, sur l'écran intérieur de sa mémoire visuelle, avec autant de netteté que sur un tableau noir. Et s'il lui arrivait de se tromper, d'hésiter quelques temps avant de fournir la réponse juste, la raison n'était pas l'oubli, car à vrai dire Veniamin n'oubliait rien, mais un phénomène analogue à un défait de perception... Tout se passait alors comme si, déclarait-il, un mauvais éclairage l'eût induit en erreur, ou que la trace mnésique se fut confondue avec une atre trace de couleur identique qui l'aurait brouillée. 

    A l'évidence,, donc Veniamin avait une perception colorée des sons. C'est ce que confirmèrent les examens auxquels le soumit le laboratoire de psychologie de l’ouïe, à l'institut de neurologie de l'Académie de médecine de Moscou. Selon la hauteur du son et sa puissance en décibels, le sujet examiné "voyait" défiler différentes formes colorées. Et non seulement il "voyait", mais il percevait à l'audition des sensations gustatives et olfactives plus ou moins agréables, il ressentait sur sa peau certaines impressions, etc. Cela, il va sans dire, sans le recours à quelques drogue que ce soit.

    Ces sortes de transpositions sensorielles portent en psychologie le nom de synesthésies. Elles sont moins rare qu'on ne le pense généralement. L'extraordinaire, toutefois, chez Veniamin, c'est qu'elles étaient systématiques, constantes, tout en gardant leur caractères spontané. Et plus encore, qu'elles semblaient n'exister que comme moyen au service de la mémoire. Car la restitution du souvenir, pour cet homme, n'aurait pu se faire sans que soient à nouveau convoqués tous les récepteurs sensoriels qui avaient été sollicités au cours de sa fixation.

    La synesthésie n'était pourtant pas chez lui l'unique adjuvant de la mémoire. L'imagination qu'il avait vive, y concourait pour une large part. Sa fantasmatique était d'une telle richesse qu'il ne pouvait s'empêcher de doter chacune de ses syllabes qu'on lui épelait, par centaine, parfois, pendant une seule séance, d'une image et d'un sens qui contribuaient à la graver dans son esprit. 

    Les calculateurs prodiges sont tous, eux aussi, doués d'une mémoire proprement exceptionnelle, encore que spécialisée dans les nombres. Mais il semble s'y ajouter quelques choses de plus. Quelques chose d'apparemment incompréhensible, qui déconcerte la raison. Quoi exactement ?  

      


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    Les anciens Celtes de l'Antiquité partageaient l'année en période sombre de début de novembre à la fin d'avril, pui en période claire, de mai à octobre. A la limite entre ces deux périodes, les disparus pouvaient se manifester. C'est le sens de la fête d'origine celtique devenue Halloween, où les morts partent à la rencontre des vivants. C'est pourquoi, beaucoup plus tard, le catholicisme a conservé le 2 novembre comme " jour des trépassés ", où les morts doivent être honorés par des cultes et des offrandes afin de les apaiser.

    Nous voilà entré dans un mystère : peut-il arriver que dans des lieux pourtant consacrés par l'Eglise, des ministres du culte et représentant de la religion officielle deviennent des esprits nocturnes errants, des spectres , des fantômes, et se permettent d'intervenir parmi les vivants ? 

    Des exemple en France de prêtre revenants ne manque pas :

    En Haute-Bretagne, à Saint-Cast, un ancien vicaire décédé se promenait la nuit en chantant. Un ouvrier de Lamballe s'endort dans l'église, après y avoir été faire sa prière du soir. Au milieu de la nuit, il est réveillé par un spectre d'un prêtre en habits sacerdotaux qui s'avance livide, les joue décharnées, le regard éteint. 

    En Normandie, dans la Manche, Hyppolyte Sauvage raconte ainsi La Messe d'une heure : " La pieuse cérémonie s'accomplit encore au milieu d'un calme absolu. Comme la veille, rien ne vient la troubler ; personne n'entre dans l'édifice silencieux. Mais à l'instant où s'achève pour la troisième fois le dernier évangile, les ornements sacerdotaux qui couvraient les épaules du prêtre tombent à ses pieds ; à la place qu'il occupait, une forme incertaine apparaît vaporeuse, puis elle se dissipe au-dessus de l'autel en montant vers les cieux, comme voilée, aux spirales bleuâtres de l'encens. "

    En Corse, Julie Filipi évoque la légende du prêtre qui revient dire la messe à minuit : " On raconte qu'une nuit, entre minuit et une heure du matin, une vieille femme entendit sonner la première messe, qui d'habitude sonne à cinq heures. Elle se leva et alla à l'église ; la porte était ouverte, elle entra et s'agenouilla ; quelques minutes après, de la sacristie sortit un curé, prêt à dire la messe ; il demanda s'il n'y avait personne pour servir la messe ; la bonne femme était seule dans l'église, le curé rentra dans a sacristie, sans officier. La nuit suivante, la même scène se représenta, et la vieille, qui était accourue, s'en retourna comme la veille sans entendre la messe. La troisième nuit, cette brave femme réveilla son petit-fils, garçon de 13 à 14 ans, et le mena avec elle à l'église. Quand le curé demanda si quelqu'un pouvait servir la messe, le petit garçon monta à l'autel, et servit le curé, qui se retira lorsque l'office fut terminé. La grand-maman avec son petit-fils s'en allèrent, mais l'enfant, tout bouleversé dit : " Grand-maman, on dirait que le curé est un mort, il n'a pas d'yeux, ni de nez, il n'a que des trous à la place ".   

    A Aurillac, dans le Cantal, des prêtres dansent dans le cimetière et " nombre d'habitants avaient vu, la nuit, des prêtres au crâne blanchi, les orbites creuses, en chape noire, chantant des mots étranges... "  

    La plus célèbre abbaye hantée reste certainement celle de Mortemer, dan l'Eure : " Mathilde fut emmurée par son père qui lui reprochait sa conduite lgère. Elle errerait dans les ruines de l'abbaye surtout les nuits de pleine lune. De même, Pierre de Castel y rencontra une ravissante demoiselle blonde légère et transparente avec laquelle il dansa avant de comprendre qu'il s'agissait du fantôme d'une jeune fille morte quarante ans plus tôt. Les fantômes de quatre moines assassinés pendant la révolution hantent les lieux , faisant interminablement le trajet du cellier au pigeonnier. Plusieurs personnes affirment les avoir rencontrés à diverses époques. L'abbaye fut exorcisée en 1921, mais personne encore aujourd'hui ne passerait une nuit à l'abbaye de Mortemer, habitée par tant de revenants... On dit aussi qu'un chat-gobelin y garde encore un trésor.

    Le prêtre est un intermédiaire entre le monde divin et le mode terrestre. Les religieux représentèrent longtemps l'autorité morale indiscutable, et les paysans d'autrefois constataient que les curés et les moines ne vivaient pas comme des gens ordinaires, qu'ils ne travaillaient pas aux champs ni dans l'artisanat, n'avaient pas de famille, ne s'habillaient pas comme eux, bref qu'ils n'étaient pas des hommes ordinaires. De plus, les prêtres avaient des livres, détenaient le savoir quasi "magique". Ils menaçaient les ouailles de l'enfer ou du purgatoire si ceux-ci ne se conduisaient pas en bons chrétiens, s'ils ne respectaient pas les commandements. Ils se devaient d'être exemplaires, exempts de tout péché. Par conséquent, les religieux étaient plus menacés que tout autre d'une sanction divine en cas de péché.

    Dans les exemples précités, les prêtres, les prêtres maudits ne parviennent pas à trouver le repos après la mort parce qu'ils ont commis une faute morale. Parfois, ils se sont livrés à la débauche. D'autre fois, ils ont laissé mourir quelqu'un sans les derniers sacrements, par paresse de se déplacer. Ils n'ont pas fait dire la messe qui avait été payée, ou bien ont abrégé l'office. Le péché d'orgueil entraîne aussi la condamnation, comme chacun des sept péchés capitaux. Autre possibilité, ces religieux ont été tués dans des circonstances tragiques, donc sont morts sans confession ni onction. Il leur devient alors impossible d'aller au bout de leur voyage dans l'autre monde.

    L'étude des mythes est une science sociale qui démontre cette seule certitude : des gens ont cru depuis les temps les plus reculés, ou croient encore en ce XXIè siècle, aux manifestations surnaturelles que nous appelons spectres, fantômes, apparitions ou revenants. Ils ont transmis des récits, véhiculé des traditions. En ce sens de mythes, les prêtres-fantômes existeront certainement aussi longtemps que les croyances. 

           

     

     


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  • C'est la nuit, quand elle est couchée dans la chambre conjugale, que le fantôme vient hanter la veuve. Terrifiée, elle demande l'aide de ses proches, qui confirment qu'il s'agit bien de la voix  du défunt. L'affaire prend une telle ampleur qu'un petit groupe de frères Prêcheurs se rend sur place, autour du prieur Jean Gobi. On allume des lanternes, dans l'obscurité nocturne de la maison, on récite des prières et on attend la voix. La veuve est en proie à la panique quand elle se fait entendre. L'esprit de Guy explique qu'il n'est pas démoniaque, qu'il est un bon esprit encore au Purgatoire. Il revient afin de mettre son épouse en garde contre les conséquences d'un mystérieux péché qu'ils ont commis tous deux, dans la chambre commune. 

    Quel est ce péché "indicible" perpétré dans le lit conjugal, qui justifie que Guy de Corvo alerte son épouse depuis l'autre monde ? Qu'ont-ils fait tous deux de si grave ? Le secret demeure. Les époux gardent le silence car ils estiment avoir avoué en confession... Dailleurs, Jean Gobi ne s'en tient pas à cette indication d'ordre privé. Par une initiative extraordinaire, le prieur profite de pouvoir dialoguer avec le fantôme pour lui poser certaines questions. L'esprit de Guy est-il bon ou mauvais ? Guy est-il en présence de Dieu ? Dans quel lieu se trouve-t-il ? Comment les vivants peuvent-il aider les morts ? Comment gagner le salut ? Quelles sont les prérogatives des démons ? Et comment le fantôme peut-il bien parler sans avoir de bouche ? Etc...

      Le long et invraisemblable dialogue dure deux nuits. Puis, grâce à une hostie habilement cachée, Jean Gobi pratique sur le fantôme un exorcisme, qui garanti la sérénité à la veuve et à toute la communauté, ainsi que le maintient du fantôme dans l'autre monde. Ce que nous conservons de cette entrevue avec un spectre est une sorte de procès-verbal, voire un véritable traité, qui prend la forme sidérante d'un dialogue. Mais de cet interrogatoire, on fait un exemplum, c'est-à-dire un récit exemplaire à forme littéraire, qui permet d'aborder comme un fait divers, des question théologiques cruciales : le rôle de la confession, des indulgences, de la pénitence, des prières aux et pour les défunts, la question de la vision béatifique, mais surtout l'idéologie du Purgatoire, "invention" encore relativement récente.

    Dialogue avec un fantôme

      L'esprit profère même une théorie du double Purgatoire : le Purgatoire communs, où il passe le jour, et le Purgatoire particulier, où il se trouve la nuit. Dans son cas, ce second Purgatoire se trouve dans la chambre ou il a commis avec son épouse le fameux péché. L'intervention du fantôme n'est pas gratuite : le mort vient avertir les vivants et les inciter au repentir, tout en sollicitant leur suffrage pour alléger ses propres peines dans l'au-delà et connaitre in fine le salut.  

     

     


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