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    Tout d'abord, il ne faut pas confondre " les dieux " avec Dieu. Ce dernier, en tant que figure monothéiste adorée par les religions révélées est unique, et ne peut donc, à lui seul, être considéré comme un peuple. Les dieux, en revanche, issus des anciens panthéons et des mythologies antiques, doivent être classés, avec les peuples de l'air. Parmi l'infinité des mythologies, seules les ases possèdent une résidence dans le ciel, contrairement aux dieux ou divinités grecque et romaine, par exemple, dont le Panthéon ou l'Empyrée se situent sur Terre, au sommet d'une montagne. Les ases et les asynes sont les dieux et les déesses guerriers des mythologies germaniques et scandinaves. 

    Leur chef est le dieu borgne Odin, nommé Wotan dans la version germanique dont s'est inspiré Richard Wagner pour son opéra L'Or du Rhin. Dans son royaume céleste d'Asgard, l'enclos des dieux, nommé Walhalla en allemand, règne avec lui ses deux fils, Thor - dont le célèbre marteau, Mjöllnir, provoque le tonnerre lorsqu'il le lance - et Baldr - surnommé " le Bon ", car il est considéré comme le meilleur des ases - accompagné des dieux Loki - dieu du Feu et voleur, semeur de discorde et incarnation du mal - , Freyr, Njödr, Tyr, Heimdallr, Vidar, Bragi, Vali, Hoenir, Forseti et Ullr.

    La guerres des Géants

    Le royaume des ases, nommé Asgard ou Walhalla, situé dans le ciel, à côté du Soleil et de la Lune, est relié à la Terre, Midgardr, où vivent les hommes, par un pont nommé Bilfröst, qui se manifeste sous la forme d'un arc-en-ciel. Ce palais céleste fut construit par un géant, aidé de son cheval Svaldifari. Il fut convenu que, si le géant parvenait à bâtir ce palais dans un délai imparti, il aurait pour récompense la déesse vane Freyja, le Soleil et la Lune. Pour éviter de payer ce salaire exorbitant, qui les aurait privés à la fois des principaux luminaires cosmiques et de l'éternité, les dieux utilisèrent une ruse. Loki, le maître des métamorphoses, se changea en une jument en chaleur, sur laquelle se précipita Svaldifari, laissant le géant seul à la tâche. Le géant entra alors dans une colère si terrible que les dieux, effrayés, demandèrent à Thor de lui briser le crâne avec son marteau. Des œuvres de Svaldifari et de la jument Loki naquit un cheval à huit pattes, nommé Sleipnir, qu'Odin choisit comme coursier.

    Dans l'Eddas, recueil de récits mythologiques, on apprend que les ases furent en lutte avec les géants du givre, qu'ils massacrèrent, notamment le premier d'entre eux, Ymir, dont le corps dépecé et coupé en morceaux donna naissance au monde.

     

    Les Walkyries

    Dans la mythologie scandinave, les Walkyries, ou Valkyries, sont des vierges guerrières, filles de l'ase Odin. Grandes, belles, à l'allure fière et hiératique, elles ont des yeux très bleus et de longs cheveux blonds épais comme des cordages de navires. Elles portent des casques ailés ou cornus, se couvrent la poitrine de cuirasse de fer et chevauchent des coursiers volants. Lorsqu'une bataille doit avoir lieu sur Terre, opposant des clans rivaux, Odin envoie les Walkyries assister au combat. Chacune d'entre elles choisit le héros qui lui semble le plus vaillant et le plus valeureux pour l'emporter, s'il est mortellement atteint, jusqu'au Walhalla, lieu céleste où résident les dieux et les guerriers blessés. Leur rôle s'apparente donc à celui des anges gardiens dans la religion chrétienne.

    Les guerriers ainsi élus se retrouvent dans une vaste salle dont les murs sont revêtus de boucliers, de lances et d'épées sanglantes. Ils s'y livrent des combats violents, mais leurs blessures guérissent miraculeusement et ils se réunissent ensuite joyeusement auprès d'Odin pour manger du porc rôti et boire de l'hydromel ou de la bière forte, versés dans des cornes par les belles et fières Walkyries, qui, de guerrières, deviennent alors servantes.

    Entre chaque bataille, les Walkyries parcourent la Terre en empruntant la forme de cygnes blancs, proches en cela des waclygean, femme-cygnes de la mythologie celtique. Certaines d'entre elles choisissent de déserter le Walhalla pour s'installer sur terre comme simples mortelles. Elles sont alors réputées non seulement pour leur beauté mais aussi pour leurs dons de guérison.

    Richard Wagner s'est inspiré de cette mythologie ainsi que de La Chanson des Niebelungen, rédigée au début du XIIIè siècle, pour composer son opéra La Walkyrie Brünnhilde, ou Brynhildr, qui désobéit à Odin en donnant malgré tout la victoire à un guerrier promis à la mort. Odin la punit en la plongeant dans un profond sommeil, couverte d'un bouclier et protégée d'un mur de feu. Elle est délivrée par le héros Sigurd, qui la dépouille de sa cuirasse et l'éveille d'un baiser. Ils s'aiment, mais lorsque Brünnhilde apprend que Sigurd lui préfère la magicienne Gudrun, elle s'immole par le feu après que son amant a été assassiné par traîtrise. Parmi les inspirations de Richard Wagner, il faut également citer un personnage historique, la reine mérovingienne Brunehilde (appelée Brunehaut en France), veuve de Sigebert qui fut la première Reine de France.

    Les dieux germaniques et scandinaves ne sont pas immortels, puisque leur fin est consommée lors du Ragnarök, l'Apocalypse germanique  et scandinave que Wagner a popularisé sous le nom de " Crépuscule des dieux ". Le loup monstrueux Fenrir, enchaîné par les ases, rompt ses liens et dévore le Soleil et la Lune, tandis que le serpent de Midgardr émerge et provoque un déluge. Les géants empruntent Bilfröst, le pont de l'arc-en-ciel, et envahissent le Walhalla, où ils tuent les ases, aidés par Fenrir et le serpent. Le monde des dieux est détruit, mais le Soleil reparaît sur Terre, où un homme et une femme, miraculeusement rescapés, repeuplent un monde désormais privé de dieux.  

     

     

     

     


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  • Mars 1857 : les premiers cas de " possession " commencent à apparaître à Morzine. Des femmes souffrent  de violentes crises convulsives et hallucinatoires pendant lesquelles elles se débattent, vocifèrent, blasphèment ; une fois calmées, elles ne conservent ni trace ni souvenir. En quelques mois, le phénomène s'amplifia à tel point que l'Administration finit par s'en inquiéter et envoya des médecins de la ville. Ils posèrent leurs diagnostics et prirent des mesures thérapeutiques. Le Dr Augustin Constans était alors inspecteur général du service des aliénés se rendit trois fois à Morzine, mandaté par le ministre de l'intérieur dans le but de " rechercher et appliquer les moyens qui pourraient faire disparaître l'épidémie qui sévit à Morzine . Dans l'introduction de son rapport il écrit :

    " Nous soussigné (...), déclarons qu'ayant entendu parler des faits extraordinaires présentés comme possessions des démons qui avaient lieu à Morzine, nous nous sommes transportés dans cette paroisse, où nous sommes arrivé le 30 septembre dernier, pour être témoins de ce qui s'y passe et pour examiner tout cela avec maturité et prudence, en nous éclairant par tous les moyens que fournit la présence sur les lieux, à l'effet de pouvoir former un jugement raisonnable en pareille matière " Voici ses conclusions datées du 5 octobre 1857 : 

    " 1° Nous avons vu huit enfants qui sont délivrés et cinq qui sont en état de crise ; la plus jeune de ces enfants a 10 ans et la plus âgée 22 ans.
    2° D'après tout ce qu'on nous a dit et ce que nous avons pu observer, ces enfants sont dans l'état de santé le plus parfait ; elles font tous les ouvrages et les travaux que demande leur position, de sorte qu'on ne voit pour pour les autres habitudes et les occupations aucune différence entre elles et les autres enfants de la montagne.
    3° Nous avons vu ces enfants, les enfants non guéries, dans les moments lucides  or nous pouvons assurer que rien n'a pu être observé en elles, soit en fait 'idiotisme, soit en fait de prédispositions aux crises actuelles, par des travers de caractère où par un esprit exalté. Nous appliquons la même observation à celles qui sont guéries. Toutes les personnes que nous avons consultées sur les antécédents et les premières années de ces enfants, nous ont assuré que ces filles étaient, sous le rapport de l'intelligence, dans le plus parfait état.
    4° Le plus grand nombre de ces enfants appartient à des familles qui sont dans une honnête aisance de fortune.
    5° Nous assurons qu'elles appartiennent à des familles qui jouissent d'une bonne réputation, et qu'il y en a parmi elles dont la vertu et la piété sont exemplaires.

    Passons maintenant aux faits plus ou moins extraordinaires dont nous avons été témoins, ou qu'on nous a certifiés :

    1° Ces enfants parlent la langues française pendant leurs crises avec une facilité étonnante, même celles qui, hors de là, n'en savent que quelques mots.
    2° Ces enfants, une fois dans leurs crises, perdent complètement toute réserve envers qui que ce soit ; elles perdent aussi complètement toute affection de famille.
    3° La réponse est toujours si prompte et si facile qu'on dirait qu'elle vient au-devant de l'interrogation ; cette réponse est toujours ad rem, excepté quand le parleur répond par des bêtises, par des insultes ou un refus affecté.
    4° Pendant la crise le pouls reste calme, et dans la plus grande fureur, le personnage a l'air de se posséder comme quelqu'un qui appellerait la colère à son commandement, sans ressembler aux personnes exaltées ou prises d'un accès de fièvre.
    5° Nous avons remarqué pendant les crises une insolence inouïe qui passe toute expression, dans des enfant qui, hors de là, sont douces et timides.
    6° Pendant la crise, il y a dans tout ces enfants un caractère d'impiété permanent porté au-delà de toutes les limites, dirigé contre tout ce qui rappelle Dieu, les mystères de la religion, Marie, les saints, les sacrements, la prières, etc... le caractère dominant dans ces moments affreux, c'est la haine de Dieu et de tout ce qui s'y rapporte.
    7° Il nous est bien constaté que ces enfants révèlent des choses qui arrivent au loin, ainsi que des faits passés, dont elles n'avaient aucune connaissance ; elles ont aussi révélé à plusieurs personnes leurs pensées.
    8°Elles annoncent quelquefois le commencement, la durée et la fin des crises, ce qu'elle feront plus tard et ce qu'elle ne feront pas.
    9°Nous savons qu'elles ont donné des réponses exactes à des questions à elles adressées en langues à elles inconnues, allemand, latin, etc...
    10° Ces enfants ont, dans l'état de crise, une force qui n'est pas proportionnée à leur âge, puisqu'il faut trois ou quatre hommes pour tenir, pendant les exorcismes, des petites filles de dix ans.
    11° Nous avons la certitude que plusieurs de ces enfants ont fait des choses qui paraissent évidemment contre les lois de la nature, par exemple, grimper avec une facilité et une rapidité sans exemple au-dessus de l'extrême pointe ou rameau d'arbre de 40 à 50 mètres de hauteur, d'y faire la culbute, ou bien de sauter de là à un autre arbre éloigné de plusieurs mètres, de descendre la tête en bas, de se tenir d'un pied sur l'extrême pointe d'un arbre, et de l'autre, sur celle d'un autre arbre.
    12° Il est à remarquer que pendant la crise, les enfants ne se font aucun mal, ni par les contorsions qui semblent de nature à disloquer leurs membres, ni par les chutes qu'elles font, ni par les coups qu'elles se donnent en frappant avec violence.
    13° Il y a toujours pendant la crise, quand on interroge le personnage, il y a toujours invariablement dans ses réponses la distinction de plusieurs personnages : la fille et lui, le démon et le damné.
    14° Hors de la crise, ces enfants n'ont aucun souvenir de ce qu'elles ont dit ou de ce qu'elles ont fait ; soit que la crise ait duré même toutes la journée, soit qu'elles aient fait des ouvrages prolongés ou des commissions données dans l'état de crise.
    15° Une dizaine de ces enfants est délivrée par la vertu des exorcismes qui ont eu lieu à l'église, et d'autres ne sont pas entièrement guéries.
    16° Parmi les enfants guéries, il y en a qui n'ont fait aucun remède naturel ; d'autres ont pris des calmants qui ont produits des effets contraires à ceux qu'ils devaient produire.
    17° Nous avons remarqué, soit dans les enfants, soit dans les parents, soit dans la population, soit dans les ecclésiastiques qui ont examiné la chose avec maturité, une conviction invincible que ce n'est pas une maladie naturelle, qui doivent être guérie par des remède humains.
    18° Il y a eu impatience et mécontentement dans la population de Morzine, jusqu'à ce qu'on ait employé des prières spéciales pour la guérison des enfants ; il y a maintenant un grave ennui et une grave inquiétude de ce que les prières ont été suspendues.

    Pour conclure, nous diront que notre impression à nous, est que tout cela est surnaturel, dans la cause et dans les effets ; d'après tout ce que la théologie, l'histoire ecclésiastique et l’Évangile nous enseignent et nous racontent. Nous déclarons que, selon nous, il y a là une véritable possession du démon. "

    Un post-scriptum est ajouté à cette note : 

    " Nous déclarons, en outre que nous sommes venus à Morzine sans être appelés ni avertis par M. le curé, mais par notre propre impulsion ; pendant notre séjour, qui n'a été que de cinq jours, nous n'avons été influencés par personne, et c'est de notre propre mouvement que nous avons pris ces notes et donné cette déclaration. Celui qui écrit ces lignes déclare qu'il a trouvé une parfaite ressemblance entre les crises des filles possédées à Morzine et celle d'une autre fille possédée qu'il a vue en France dans l'Ardèche, en 1839. "

    Nous ne connaissons pas l'identité de ces témoins, mais il semble que le médecin local, le Dr Buet y ait
    participé ; il pensait lui aussi que l'origine de cette maladie était surnaturelle. De nos jours, selon l'Eglise quatre signes permettent d'identifier un cas de possession : une force hors du commun, l"horreur des choses sacrée, la connaissance des choses occultes et la connaissance de langue non apprises. Certains de ces signes ressemblent fortement à ceux rencontrés lors des possessions de Morzine. Les premières personnes atteintes se tournèrent vers l religion pour soigner leurs crises, car on allait naturellement chercher des remèdes vers le sorcier, le curé ou le guérisseur investi d'un pouvoir secret et magique, plutôt que vers le médecin, auquel on n'accordait pas une grande confiance ce qui était fort cher. Dès le début, les crises furent qualifiées de surnaturelles. A cela, l'Eglise fournit les armes de l'exorcisme et de la prière. Depuis les premières crises en 1857, de nombreux possédés furent exorcisées soit par les curés locaux, soit par des prêtres qui venaient sur place individuellement ou lors de missions, telles qu'il s'y en eut au début de 1864. Devant le manque de résultats, on attendit de l’évêque qu'il pratique un exorcisme général lors de sa visite fin avril de la même année... déclenchant une immense crise collective dans l'église ! Des bruits couraient que l'évêque en avait appelé au pape pour guérir les Morzinoizes. D'autres femmes partaient en pèlerinage pour se faire exorciser, dans des endroits aussi divers que Besançon, La salette, Notre Dame de la Gorge, Samoëns, St Maurice en Valais ou encore Einsiedeln, en Suisse Allemande.

    S'agit-il pour autant de véritables cas de possessions ? Le médium Alla Kardec, fondateur officiel de la doctrine spirite, fit un passage à Morzine, en 1862. Il a publié son avis dans sa revue spirite de 1863, dont nous vous livrons quelques extraits :

    " Si, de l'observation des faits qui se produisent par la médiumnité, on remonte aux faits généraux, on peut, par la similitude des effets, conclure à la similitude des causes ; or, c'est en constatant l'analogie des phénomènes de Morzinz avec ceux que la médiumnité met tous les jours sous nos yeux, que la participation d'esprits malfaisants nous paraît évidente dans cette circonstance, et elle ne le sera moins pour ceux  qui auront médité sur les nombreux cas isolés rapportés dans la Revue Spirite. Toute la différence est dans le caractère épidémique de l"infection... Ce qu'un Esprit peut faire sur un individu, plusieurs Esprits peuvent le faire sur plusieurs individus simultanément, et donner à l'obsession un caractère épidémique. Une nuée de mauvais Esprits peut faire invasion dans une localité, et s'y manifester de diverses manières... Les malades se disaient tourmentés par les rêves invisibles, mais comme le Dr Constans n'a vu ni lutins ni farfadets, il en a conclu que les malades étaient fous, et ce qui le confirmerait dans cette idée, c'est que ces malades disaient parfois des choses notoirement absurdes, même aux yeux du plus ferme croyant aux Esprits ; mais pour lui out devait être absurde. Il devrait pourtant savoir, lui médecin, qu'au milieu même des divagations de la folie, il se trouve parfois des révélations de la vérité (...)  Si pour les Morzinois, le tiers intervenant est le diable, c'est qu'on leur a dit que c'était le diable, et qu'ils ne connaissent que cela. On sait d'ailleurs que certains Esprits de bas étages s'amusent à prendre des noms infernaux pour effrayer. A ce nom, substituez dans leur bouche le mot Esprit, ou mieux mauvais Esprits, et vous aurez la reproduction identique de toutes les scènes d'obsession et de subjugation que nous avons rapportées. Il est incontestable que, dans un pays où dominerait l'idée du Spiritisme, une épidémie pareille survenant, les malades se diraient sollicités par de mauvais Esprits, et alors ils passeraient aux yeux de certaines gens pour des fous ; ils disent que c'est le diable : c'est une affection
    nerveuse. (...) Vivant au milieu de ce monde, qui n'est point aussi immatériel qu'on se le figure, puisque ces êtres, quoi qu’invisibles aux nôtres, nous en ressentons l'influence ; celle des bons Esprits est salutaire et bienfaisante, celle des mauvais est pernicieuse comme le contact des gens pervers dans la société.

    " Nous disons donc qu'à Morzine, une nuée de ces êtres invisibles malfaisants s'est momentanément abattue sur cette localité, comme cela a eu lieu en beaucoup d'autres, et ce n'est ni avec des douches, ni avec une nourriture succulente qu'on les chassera. Les uns les appellent diables ou démons ; nous les appelons simplement mauvais Esprits inférieurs, ce qui n'implique point une meilleure qualité, mais ce qui est très différents pour les conséquences (...) L’inefficacité de l'exorcisme en pareil cas est constatée par l'expérience ; et pourquoi cela ? Parce qu'il consiste dans des cérémonies et des formules dont se rient les mauvais Esprits, tandis qu'ils cèdent à l'ascendant moral qui leur impose ; ils voient qu'on veut les maîtriser par des moyens impuissants , et ils veulent se montrer les plus forts (...) La religion n'a pas été plus heureuse ; elle a usé ses munitions contre les diables sans pouvoir les mettre à la raison ; donc, c'est que les diables sont les plus forts, ou que ce ne sont pas des diables. Ses échecs constants, en pareils cas, prouvent de deux choses l'une, ou qu'elle n'est pas dans le vrai, ou qu'elle est vaincue par ses ennemis. "

    Pour conclure : L'épidémie de Morzine est unique en son genre par sa longue durée et le nombre considérable de personnes atteintes. En fait, il semble qu'à Morzine, il n'y a pas eu une épidémie, mais des épidémies, dont les causent diffèrent. En effet, les premières crises qui touchèrent les fillettes sont différentes des crises qui se développèrent par la suite au cours de l'épidémie. Les crises collectives prirent ainsi progressivement l'aspect d'un phénomène contestataire. Quant aux causes, il est difficile de n'en retenir qu'une seule, tant les hypothèses sont nombreuses. Les thérapeutes de l'esprits ont chacun leur concept sur ces manifestations convulsives : ignorance, hystérie, folie, peur, imitation, phénomène de groupe, endoctrinement, intoxication. Tout cela reste fort complexe et sans doute ces crises ne revêtaient-t-elles pas un seul et unique caractère. Les femmes étaient alors au cœur d'enjeux de pouvoir qui les dépassaient et les conflits présents au sein de cette communauté ont certainement contribué à ce que cette affaire dure aussi longtemps.

    Qui étaient les responsables ? Il est difficile de le dire, mais quand on s'en tiens au faits, on s'aperçoit que le changement de tout le clergé local en 1864 a porté un net coup de frein à ce phénomène... Le curé Vallentien, qui a grandement contribué à l'extinction de l'épidémie, a probablement substitué au message de crainte du péché un message plus positif d'amour et de compassion, tel qu'il est maintenant mis en valeur par les ministres du culte chrétien. Imprégnée de ces événement pendant des nombreuses années, l'histoire
    du " mal de Morzine " eut des répercussion significatives sur la communauté villageoise. Ces phénomènes furent riches d'enseignement et chacun, même de nos jours, pourra y trouver matière à réflexion, selon ses propres valeurs et croyances.
     

       


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    Qu'elle est mystérieuse, religieuse et sacrée, la Provence, cette terre auguste ranimée par l'aile des ombres et des magies perdues ! Que d'étoiles jalonnent le chemin des mages, depuis la crèche des Baux et le rais d'escarboucle des seigneurs provençaux jusqu'à la double étoile de Moustiers-Sainte-Marie, nous rappelant le divin attelage du bouvier céleste, Hercule, et les bœufs de Géryon.

      Oui, vraiment, par les nuits claires de Provence, les bergers de Giono peuvent croire un instant que " le ciel est sur la terre " ! Nostradamus l'avait bien compris, lui le natif de Saint-Rémy, qui fixa sa demeure à Salon pour y recueillir l'écho de la " mémoire des siècles "dont le sablier s'écoule vers le présent.

    Entre la fontaine miraculeuse de Vaucluse, qui inspira Pétrarque, et le plateau des Antilles, éternisant la mémoire des petits-fils d'Auguste au pied de cette chaîne des Alpilles justement célèbre, c'est là que Marius écrasa les envahisseurs teutons, en 102 avant J-C. C'est là, si l'on en croit les prophéties " que se déroulera la future bataille d'où naîtra cet empire qui mettra sa capitale en Avignon ". 

    Voici comment Mistral, en une poétique et visionnaire description, voit dans ses Mémoires et récits ce pays béni des dieux :

    " D'aussi loin que je me souvienne, écrit-il, je vois devant mes yeux, au midi, là-bas, une barre de montagnes dont les mamelons, les rampes, les falaises et les vallons bleuissaient du matin aux vêpres, plus ou moins clairs ou foncés, en hautes ondes. C'est la chaîne des Alpilles, ceinturée d'oliviers  comme un massif de roches grecques, un véritable belvédère de gloire et de légende.

    " Le sauveur de Rome, Caïus Marius, encore populaire dans toute la contrée, c'est au pied de ce rempart qu'il attendit le Barbares, derrière les murs de son camps ; et ses trophées triomphaux à Saint-Rémy sur les Antiques sont, depuis deux mille ans, dorés par le soleil. C'est au penchant de cette côte qu'on rencontre les tronçons du grand aqueduc romain qui amenait les eaux du Vaucluse dans les arènes d'Arles ; conduit que les gens du pays nomment " ouide di Sarrasin " parce que c'est par là que les Maures d'Espagne s’introduirent dans Arles. C'est sur les rocs escarpés de ces collines que les princes des Baux avaient leur château fort. C'est dans ces vals aromatiques, aux Baux, à Romanin et à Roque-Marine, que tenaient cour d'amour  les belles châtelaines du temps des troubadours. C'est à Montmajour que dorment sous les dalles du cloître, nos vieux rois arlésiens . C'est dans les grottes du Vallon d'Enfer, de Cordes, qu'errent nos fées. C'est sous ces ruines, romaines ou féodales, que gît la chèvre d'or. "

    Par une rencontre singulière, c'est non loin de l'antique Méthamis, évocatrice de légendes, de cités mortes, au pied des plateaux de Vaucluse, que se situe, dans un cadre de cyprès et d'oliviers tout proche d'Oppède et de Venasque, l'évocation du vieil Israël, avec un air de Toscane ou d'Assise.

    Pourquoi retrouve-t-on ici et non ailleurs la secte des chrétiens des Derniers Jours, les adeptes du Christ de Montfavet et, vers Bollène, le dieu du pèlerinage aux sources de Lanza del Vasto, revenu en ces lieux d'éternité, favorables aux prières des religions de sable et de soleil, après un long détour qui le mena près de Gandhi, sur les bords du Gange. Comme l'a souligné Maurice Pezet, " la secte des Chrétiens des Derniers Jours, ou Anges de l’Éternel, ne pouvait naître et durer en terre comtadine.

    Leur credo, naïvement altruiste, paraît une anticipation d'un nouvel âge d'or  : " La science de la vie est résumée par l'altruisme total, et, pour y arriver, il faut vivre " la loi universelle ". Chaque chose existe pour le bien de l'autre, et toutes choses ont communions entre elles. Le Soleil gravite sans heurt, sans bruit, pour le bien de toutes les planètes... Cette même loi se retrouve partout dans la nature, l'atmosphère, l'eau, l'air et même dans le corps de l'homme, où chaque organe est aussi altruiste. Par contre, le cerveaux de l'homme pense égoïstement , et c'est pourquoi il meurt, alors que, par sa constitution altruiste, tout s'accorde pour dire qu'il devrait vivre, aimer éternellement. "

    Revenons un instant sur Arles, aux destinées prodigieuses. Reflet de Rome dans les Gaules, elle vit couronner, sous les voûtes de Saint-Trophine, l'empereur Barberousse roi d'Arles, en 1178. " La tradition impériale avait quand même duré en Provence de l'an 29 avant J.-C., date à laquelle Octave fondait l'Empire, jusqu'en 1481 ; soit plus de quinze cents ans ", écrit Eric Muraise dans Saint-Rémy et les secrets de Nostradamus.

    Arles, la greco-latine, doit à Rome sa première enceinte, son aqueduc long de 75 km, son théâtre antique, ses arènes aux formidables assises, le palais impérial de Constantin, dont il subsiste aujourd'hui les thermes. A la Grèce, elle doit son port fluvial, sa Vénus marmocéenne, aux formes noblement classiques, surgie miraculeusement des fouille du théâtre et immortalisée par une nouvelle de Mérimée.

    Mais Arles partage avec Rome le privilège unique d'avoir offert à Auguste pour son triomphe un bouclier de marbre et, comme on l'a souligné justement, il s'agit d'un gage d'union, qui  marque une affinité singulière entre le Tibre et le Rhône. 

    A propos d'Arles, il faudrait encore évoquer la beauté des Arlésiennes, soulignée par leurs coiffes élégantes, au profil d'une beauté athénienne, louée par Mistral et Charles Maurras, ainsi que le mystérieux cimetière des Alyscamps, qui entoure la ville, avec ses funèbres allées de sarcophages aux toits grecs sous les grands arbres murmurants. Sur la chapelle Saint-Honorat, qui ferme la perspective de l'immense nécropole planté de cyprès, arbre de l'immortalité, se retrouve le sigle DM dont Nostradamus a fait la clé de ses prophéties, comme au musée d'art païen.

    C'est saint Trophime, envoyé de Rome par le pape Zosime pour occuper le siège épiscopal d'Arles au Vè siècle, qui choisi ce lieu, guidé par une inspiration divine, pour en faire le champ du repos éternel, lui qui avait tant fait pour les vivants. Gravissant la colline des Moulins-à-huile, il fut saisi par le calme, la douceur et la gravité des lieux : les pins bruissaient sous la caresse de l'air, les micocouliers faisaient une ombre délicieuse, et le saint pensa que les défunts y reposeraient dans la paix, tandis que les vivants viendraient s'y recueillir et y connaitre un avant-goût du Ciel. Le saint évêque entoura les lieux d'une enceinte de croix en bois d'olivier, arbre imputrescible une fois coupé.

    Quand vint l'instant de bénir la future nécropole, le Christ, en gloire, apparut à Trophime et lui dit : " Grâce à toi, Trophime, cette terre est sainte et demeurera protégée et libre à jamais des emprises des démons et des esprits malfaisants "

    A l'endroit où le Christ s'était manifesté demeura dans la pierre la marque de ses genoux et, afin de commémorer ce miracle, saint Trophime fit bâtir la chapelle de la Genouillade, donnant à ce lieu le nom d'Alyscamps, ou " Champs des Lys ", anagramme du séjours des bienheureux : les Champs Elysées. Puis il fit édifier aux quatre angles de la nécropole de grandes arches de pierre où furent rassemblés les restes des saints et des martyrs. La légende veut qu'il fût enterré là, ainsi que saint Cézaire et saint Honorat, tant et si bien que ces tombeaux illustres ne firent qu'accroître la gloire des Alyscamps au cours des siècles. Tous voulaient y mourir, tous voulaient y reposer, portés par le Rhône, devenu fleuve des morts pour la Gaule, comme la Gange pour l'Inde.

    Les corps des nombreux chrétiens qui désiraient y être enterrés étaient transportés sur des radeaux, les morts tenant entre leurs dents serrées l'humble pièce de monnaie, obole à Charon, le nocher des Enfers, quand on ne les déposait pas simplement dans des cercueils bitumés abandonnés au flot, signalés aux nautoniers par le tremblant fanal d'une lampe à huile posée à même la bière. La nuit, le clocher de l'église Saint-Honorat, au sommet duquel brillait une lanterne servant de fanal, chassait les mauvais esprits et guidait les funèbres convois à bon port. 

    L'Arioste et Dante, ces deux géants de la poésie, vinrent se recueillir en cette nécropole d'Arles, la " ville sainte " du Rhône. Comme à Montmajour, tout près de là, comme à Saint-Rémy, à Orange, la légende épique s'est emparée des lieux, évoquant les ombres de Charlemagne, de Guillaume d'Orange et des preux de Roncevaux. Paladins et patriciens, princes et gueux, saints, bateliers et podestats reposent dans la même terre arlésienne et ressusciteront un jour à l'appel des trompettes du Jugement dernier, tandis que les vivants connaîtront la royauté du Grand Monarque qui doit réveiller la chrétienté enfin rassemblée. Le sigle DM ou DMS (objet voué au dieux mânes), lisible sur les sarcophages païens et les tombes chrétiennes des Alyscamps, est lié à cet événement, ainsi que  nous le rappelle opportunément Nostradamus dans ses écrits.

    Une autre lettre jouera dans l'avenir un rôle important, comme cela s'est déjà vérifié dans le passé. Nous voulons parler de la huitième lettre de l'alphabet latin : le " H ". A-t-on songé combien d'Henri sont liés aux destinées et aux prédictions du mage de Salon et que le futur roi, annoncé par les Centuries, est nommé le
    " Grand Chyren ", anagramme d'Henryc ?

    En 1579, Henri III et sa mère, Catherine de Médicis, toujours en quête d'oracles et de prophéties, se rendirent en Provence, lors de leur " tour de France " des provinces, afin de raffermir la loyauté de leurs féaux sujets. 
    A cette occasion, ils ne manquèrent pas de consulter Nostradamus, en sa bonne ville de Salon. Plus tard, en 1600, l'année qui ouvre le Grand Siècle, Henri IV devait lui aussi honorer la Provence de sa visite et faire son entrée triomphale en Avignon, accompagné de son épouse, Marie de Médicis, recevant l'hommage de la cité qui éleva à cette occasion sept arcs triomphaux du signe H, en l'honneur du nouvel Hercule gaulois et de la nouvelle Diane.

    Le prophète et voyant de Salon avait prévu, sous le signe fatidique de la lettre H, marquée par la puissance de Pluton, le déchaînement des forces incontrôlées liées à la fin du cycle. mais cette force pouvait aussi bien jouer dans un sens maléfique que bénéfique, selon l'usage qui en serait fait.

    Maléfique s'avérait la lettre H, ou de mauvais augure, si l'on songe que Henri II, Henri III et Henri IV, les seuls rois capétiens à avoir porté ce nom, périrent tous trois de mort violente, et si l'on veut bien se souvenir, plus près de nous, du monogramme H qui est l'initiale de Hitler, dont l'apparition marqua le monde d'une aussi tragique empreinte. " H.H." sont également les initiales de l'empereur du Japon Hirohito, sous le règne duquel la ville d'Hiroshima fut réduite en cendre par la bombe atomique lancée le 6 août 1945, jour de la fête de la Transfiguration, signe d'une terrible inversion des symbole. La lettre H désigne encore la bombe thermonucléaire et se rappelle à notre souvenir dans la centrale nucléaire de Cadarache, en Provence, sur les bords de la Durance. L'encadrement nucléaire de la Provence se complète d'ailleurs par l'usine atomique de Pierrelatte au nord et celle de Marcoule un peu plus au sud, flanquée de la base de missiles du plateau d'Albion.

    Mais H est encore l'initiale du futur roi de Blois " Grand Monarque " et " empereur d'Occident " qui doit régner sur l'Europe " avant la fin des temps " sous le nom d'Henri V de France et d'Henri VIII du saint Empire. N'oublions pas, dans cette évocation, un personnage mythologique, le héros Hercule, symbolisant la force bénéfique victorieuse, dont les douze travaux sont un résumé de l'oeuvre de la nature, par opposition à l'antinature. Est-ce un hasard si le roi de France Henri IV est désigné dans le labyrinthe royal comme 
    le " nouvel Hercule gaulois triomphant ", le géant Ogmios ?

    Dans les centuries de Nostradamus, le lettre H inaugure le sigle "HDMP" aux obscures interprétations, et le fameux oracle d'Horappolo, cher à l'Astrophile, qui réunit la puissance conjuguée d'Horus l'Egyptien et  (le Soleil levant) d'Appolo, le fils de l'Hellage (le Soleil au zenith), en hélios (Tout-Voyant).

    Mais la lettre H, par une application inversée de la hiérarchie spirituelle, qui parodie le sacré en sacrilège, peut bien désigner aussi l'Antéchrist, que beaucoup confondront avec le Grand Monarque, bien qu'il sorte de l'Abime, c'est-à-dire de l'Hadès, monde de la haine et de l'horreur.

    La Provence est concernée au premier chef par les Centuries de Nostradamus car elle est la plaque tournante des événement qui doivent accompagner la consommation prophétique. Marseille est mentionnée pas moins de sept fois par Nostradamus, dans les quatrains II-53 (grande peste de 1723), X-58 (Seconde Guerre mondiale) pour ce qui est des événements passés : et pour l'avenir dans les quatrains III-86 : " Un chef venu d'Italie ira en Espagne par la mer. Il s'arrêtera à Marseille " ; III-79 : " Les ennemis s'empareront de la ville " ; IX-28 " les musulmans débarqueront dans le port phocéen quand l'Italie aura été envahie du côté de l'Autriche " ; X-88 : " encore l'invasion et l'occupation par l'ennemi " ; XII-59 : " Marseille sera livrée à toutes sorte de luttes " ; VII-3 : " après une grande victoire sur mer, les habitants de Marseille, avec ceux de Barcelone et de Salins (?) seront dans la joie ".

    Antibes, les îles de Lérins, au large de Cannes, ainsi que les îles d'Hyères, les îles d'Or de Mistral, sont évoquées dans le quatrain VII-37 : " Léryn, Stechades  nefs, cap dedans la nerte ", pour signifier le naufrage ou la défaite d'une grande flotte de guerre.

     Ce que Nostradamus nous annonce à travers les autres quatrains, fort nombreux, où il est question de la Provence et en particulier des villes d'Avignon, d'Arles, de Saint-Remy, d'Orange, de Salon d'Aix, de Bonnieux, des Baux, c'est le déroulement de grands combats sur le sol méridional, combats qui verront la victoire du Grand Monarque sur ses ennemis, qui sont aussi les ennemis de la chrétienté. Cette victoire s'accompagnera de la restauration de la Monarchie universelle.

    Dans Avignon, tout le chef de l'Empire
    Fera arrest pour Paris désolé : 
    Tricast tiendra l'Annibalique ire
    Lyon par change sera mal consolée.

    Le docteur de Fontbrune, un des meilleur exégètes de Nostradamus, donne cette interprétation :

    Le Roy de Blois en Avignon régner
    Une autre fois le peuple en monopole,
    Dedans le Rosne, par murs fera baigner
    Jusques à cinq le dernier près de Nole.

    Ensuite, le prophète voit la révolution s'imposer en Italie et l'invasion du pays entraîner la persécution de l'Eglise et le repli du Saint-Siège en Provence.

    Après une période d'accalmie de courte durée, les guerres reprendront, suivies du dépeuplement et de la ruine des villes du littoral méditerranéen : Nice, Monaco, Pise, Gêne, Savone ; Marseille sera investie et mise au pillage. Enfin, après de grandes tribulations, les nouveaux croisés triompheront du Croissant (l'Islam ?), le Grand Chyren (Henry) rétablira le pape sur le siège de Rome, libérant la France et l'Italie, qui jouiront d'une période de paix et de bonheur. Le sceptre et les lis triompheront en attendant la " montée de la Bête sortie de l'abîme " qui propulsera l'Antéchrist sur la scène mondiale, avant le bouleversement général de la " fin du monde ", qui ne sera peut-être que la fin " d'un monde ".

    Un dernier mot sur le blason de la Provence car il est symbolique et chargé de sens. Les véritables armes de la Provence ne sont pas celles de l'Aragon : d'or à quatre pals de gueules. Elles ne sont pas on plus celles de l'Anjou, qui portent un Lambel de gueules et une fleur de lis d'or sur fond d'azur. Le véritable et authentique blason de la Provence est celui de la sainte ville d'Aix, capitale historique des rois et comtes de Provence jusqu'à la Révolution. Ces armoiries sont celles de Louis 1er, duc d'Anjou, roi de Sicile et de Jérusalem, fils de Jean le Bon, roi de France.

    Certains auteurs de l'époque ajoutent à ces armes : " sur le tout d'Aragon qui est d'or, à quatre pals de gueules ".

    Tel est donc le blason intégral et ordonné de la Provence, que le magistrat suprême de la ville d'Aix garde jalousement en l'hôtel de ville et sur lequel le conseil d'Etat veille.

    Si le blason d'Aragon est cher, c'est parce que c'est celui de Béatrice, qui apporta la Provence en dot à Charles d'Anjou, et pour des raisons dynastiques et linguistiques : les langues catalanes et provençale sont sœurs. Ces armes résument le passé de la Provence et préfigurent son destin à venir.

    Relisons enfin le poète de Maillane et son Ode à la race latine, aux allures prophétiques :

    " Dresse-toi, race latine, sous la chape du soleil ; le raisin brun bout dans la cuve, le vin de Dieu jaillira bientôt. Avec ta chevelure qui se dénoue au vent sacré du Thabor, tu es la race lumineuse qui vit de joie et d'enthousiasme. "

     


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