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    Georges, tribun, né en Cappadoce, vint une fois à Silcha ville de la province de Libye

    À côté de cette cité était un étang grand comme une mer, dans lequel se cachait un dragon pernicieux, qui souvent avait fait reculer le peuple venu avec des armes pour le tuer il lui suffisait d'approcher des murailles de la ville pour détruire tout le monde de son souffle.

    Les habitants se virent forcés de lui donner tous les jours deux brebis, afin d'apaiser sa fureur, autrement c'était comme s'il s'emparait des murs de la ville il infectait l'air, en sorte que beaucoup en mouraient.

    Or, les brebis étant venues à manquer et ne pouvant être fournies en quantité suffisante, on décida dans un conseil qu'on donnerait une brebis et qu'on y ajouterait un homme.

    Tous les garçons et les filles étaient désignés par le sort, et il n'y avait d'exception pour personne.

    Or, comme il n'en restait presque plus, le sort vint à tomber sur la fille unique du roi, qui fut par conséquent destinée au monstre. (...)

    Alors elle se jeta aux pieds de son père pour lui demander sa bénédiction, et le père l'ayant bénie avec larmes, elle se dirigea vers le lac.

    Or, saint Georges passait par hasard par là et, la voyant pleurer, il lui demanda ce qu'elle avait. " Bon jeune homme, lui répondit-elle, vite, monte sur ton cheval, fuis, Si tu ne veux mourir avec moi" - " N'aie pas peur, dit Georges, mois dis-moi, ma fille, que vas tu faire en présence de tout ce monde ?" - "Je vois, lui dit la fille, que tu es un bon jeune homme, ton coeur est généreux. Mais pourquoi veux-tu mourir avec moi ? Vite, fuis !" Georges lui dit: "je ne m'en irai pas avant que tu ne m'aies expliqué ce que tu as.  " Or, après qu'elle l'eut instruit totalement, Georges lui dit : " Ma fille, ne crains point, car ou nom de Jésus-Christ, je t'aiderai." Elle lui dit : " Bon soldat ! Mais hâte-toi de te sauver, ne péris pas avec moi ! C'est assez de mourir seule, car tu ne pourrais me délivrer et nous péririons ensemble. " Alors qu'ils parlaient ainsi, voici que le, dragon s'approcha en levant la tête au-dessus du lac. La jeune fille toute tremblante dit : "Fuis, mon seigneur, fuis vite." 

    Saint Georges et le dragon - La Légende dorée

    A l'instant Georges monta sur son cheval, et se fortifiant du signe de la croix, il attaque avec audace le dragon qui avançait sur lui : il brandit Sa lance avec vigueur, se recommande à Dieu, frappe le monstre avec force et l'abat par terre : "jette, dit Georges à la fille du roi, jette ta ceinture ou cou du dragon ne crains rien, mon enfant". Elle le fit et le dragon la suivait comme la chienne la plus douce.

    Or, comme elle le conduisait dans la ville, tout le peuple témoin de cela se mit à fuir par monts et par vaux en disant : " Malheur à nous, nous allons tous périr à l'instant !"

    Alors saint Georges leur fit signe en disant :

    " Ne craignez rien, le Seigneur m'a envoyé exprès vers vous afin que je vous délivre des malheurs que vous causait ce dragon : seulement, croyez en Jésus-Christ, et que chacun de vous reçoive le baptême, et je tuerai le monstre."

    Alors le roi avec tout le peuple reçut le baptême, et saint Georges, ayant dégainé son épée, tua le dragon et ordonna de le porter hors de la ville.

    Quatre paires de boeufs le traînèrent hors de la cité dans une vaste plaine.

    Or, ce jour-là vingt mille hommes furent baptisés, sans compter les enfants et les femmes.

    Quant au roi, il fit bâtir en l’honneur de la bienheureuse Marie et de saint Georges une église d'une grandeur admirable. Sous l’autel, coule une fontaine dont l’eau guérit tous les malades : et le roi offrit à saint Georges de l’argent en quantité infinie; mais le saint ne le voulut recevoir et le fit donner aux pauvres.

    Alors saint Georges adressa au roi quatre avis fort succincts. Ce fut d'avoir soin des églises de Dieu, d'honorer les prêtres, d'écouter avec soin l’office divin et de n'oublier jamais les pauvres. Puis après avoir embrassé le roi, il s'en alla.

     


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    La Provence est Terre d'empire. Son nom même le dit, Provincia, dont l'origine latine fait d'elle la province romaine élue entre toutes. Cette vocation pourpre, à la royauté, à la lumière rejoint toutes les données de la géographie sacrée.

    Ainsi, toute terre prédestinée par les lieux, ses peuples et sa mystique est un reflet de la " Terre primordiale ", centrale et polaire par excellence, et constitue par rapport à elle un centre privé. On en veut pour preuve, sur les bords de la Méditerranée, que l'extraordinaire odyssée du navigateur Pythéas, qui parti de Marseille à la recherche de l'Apollon hyperboréen, franchit les Colonnes d'Hercule et s'aventura sur le grand Océan, découvrant tour à tour la Grande-Bretagne, la verte Erin et peut-être l'Ultima Thule... le Groenland, dont la calotte glaciaire recouvre le mystère originel.

    Semblable au Latium, à l'Arcadie, à la Palestine, la Provence est donc une terre sainte, et ce n'est pas un hasard si la tradition chrétienne fait aborder dans le delta du Rhône les saintes femmes et Maximin, chassés de Judée et abandonnés sur une barque en pleine mer, faisant d'eux les premiers apôtres d'occident.

    De même, si Massalia (Marseille) est une fondation de la grecque Phocée et devient dès lors une projection hellénique en Gaule au point de servir d'exemple aux auteurs anciens, avec le déclin du monde antique et le Bas-Empire, c'est Arles qui prend le relais au Vè siècle, brillant d'un tel éclat qu'elle devient une seconde Rome.

    Aux temps barbares, le royaume d'Arles maintient la civilisation gréco-latine et accède au rang de cité impériale en tant que préfecture des Gaules, chère au cœur des premiers empereurs germaniques qui viennent s'y faire couronner.

    C'est encore en Provence qu'un magistrat romain, élève de saint Augustin, crée, dans les Alpes, près de Digne, la cité de Dieu : Théopolis, en hommage à l’évêque d'Hippone. En Provence toujours que s'élève le Trophée d'Auguste à La Turbie, au-dessus de Monaco, fondation mythique d'Hercule, non loin de Nice la grecque, dont le nom signifie : la victoire. En Provence, enfin, que les souverains pontifes porteurs de la triple couronne, la tiare, installent pour un siècle le siège de la papauté en Avignon, dans cette région du bas-Rhône où Nostradamus prévoit la bataille d'Armagédon des textes apocalyptiques, le plus gigantesque affrontement entre les armées de Gog et Magog à la veille de la fin des temps.

    La clé du destin de la Provence est dans l'union. Union entre autorité spirituelle et pouvoir temporel. Union entre Orient et Occident. Union entre peuples de race et de civilisation latines. Union entre l'Europe continentale et le monde méditerranéen. Ce mariage est celui de Protis et Gyptis, des marins grecs et des terriens celtes, noces mystiques entre les montagnes et l'eau sous le ciel lumineux, avec pour prêtre le soleil. 

    Le sceau de la Provence s'irradie dans les quatre directions de l'espace et signe le grand livre de son histoire secrète. Au nord s'étend, comme une barrière naturelle, la frontière des Alpes et le Dauphiné, province mal définie, contestée entre les ducs de Savoie, les comtes de Provence et la monarchie française, partagée entre parler d'oil et parler d'oc, terre de transition dont le seul couloir est la vallée du Rhône, vivante artère qui fait communiquer le Lyonnais et la Provence par Vienne et Valence, dont le nom rappelle les comtes catalans. Du nord vient aussi, avec les invasions (Celtes, Germains, Francs) le maître vent, le fameux mistral, ou maestral, dont le souffle puissant dissipe les nuages efface les moiteurs lagunaires, s'engouffre dans la Crau, seulement arrêté par les contreforts de l'Estérel.

    Enfin, du nord coule le fleuve-dieu, le Rhône, au toponyme grec dont le son appelle l'évocation de Rhodes, l'île des roses. Ses eaux, avant de se jeter dans la Méditerranée, s'étalent en un vaste delta, triangle sacré rappelant celui du Nil, jusque dans les flamants roses de Camargue. Près de là, Marseille semble une réplique d'Alexandrie.

    La mare nostrum fait entendre son irrésistible appel. Baignée par ses flots, la Provence est largement ouverte sur la Méditerranée. Et il faut contempler, depuis la villa Kerylos, à la pointe du cap Martin, où la folie généreuse de Théodore Reinach a édifié cette demeure athénienne, l'horizon maritime qui s'offre au regard depuis l'Italie jusqu'à la Ville-franche pour comprendre que rien d'essentiel ne nous sépare de Carthage, de Syracuse ou de Beyrouth. En commun, une mère, Sophia : la sagesse, une Bona Dea que les provençaux reconnaissent dans la Bonn Mère, Stella Maris, et que les Égyptiens identifiaient à Isis. N'oublions pas le succès de l'Artémis d’Éphèse, à Marseille, sous l'influence des Phocéens ; Pirenne, le grand historien, a distingué avec raison les empires maritimes des puissances continentales.

    Mais la Provence est une balance, une heureuse exception, point d'équilibre où réside un secret, entre ces deux plateaux que sont l'Espagne à l'Ouest, l'Italie à l'est. Par la mer, la Provence respire, vit, communique et commerce au nom de Mercure, dieu des Voyages, de l'Intelligence insaisissable et subtile, mais aussi des Mystères dont l'origine plonge dans les eaux de la mer Ionienne aussi bien qu'aux sources du Nil.

    Par voie de terre, la Provence est reliée à la sœur latine et  la Catalogne à travers le Languedoc et tous ces pays occitans que le Moyen-Age, féru de poésies des troubadours désignait sous le nom général de Provenza. Frédéric Mistral, dans l'hymne qu'il a dédié à sa patrie provençale, en fait le tabernacle d'un trésor sacré : Coupo Santo, le Saint-Graal, qui nous vient des Catalans par l'abbaye de Montserrat. N'oublions pas  qu'au XIIIè siècle la langue provençale, celle des poètes et des lettrés, mais aussi celle du peuple, est parlée de Barcelone à Pise et de Limoges à Valencia, véritable passeport ouvrant la porte des cours seigneuriales et des château, de la Sicile à la Souabe.

    De cette grandeur, les pays du sud de la Loire ont gardé la nostalgie, comme celle de leurs couleurs, le sang et l'or qui se fondent dans un creuset alchimique où s'unissent le magistère du soleil, d’Apollon, et celui de la lune, de Vénus, dont l'emblème est le taureau au sang vermeil.

    Couleur royale, conquérante, alliée au feu, le rouge, lié à l'amour, est inévitablement associé à l'or olympien, solaire, sacerdotal, dans le blason de l'Espagne, de la Catalogne, du Roussillon, du Languedoc et de la Provence.

    De la pourpre, la Provence a gardé le souvenir de la Pax romana, à travers les prénoms brocardés qu'elle donne à ses enfants : César, Marius, Auguste. De gueules, pour reprendre le terme héraldique, est le souffle brûlant de la tarasque et des dracs embrasés de " sainte folie ", qu'il s'agisse de l'amour courtois, culte de la femme-vierge, chanté par Pétrarque, ou de l'amour passion cher à Boccace. Le roi René, roi chevalier, qui écrivit un traité sur l'art des tournois, fut le même qui rédigea l'histoire symbolique de Cœur d'amour, au XVe siècle, en sa bonne ville d'Aix.

       Par un paradoxe qui n'est qu'apparent, ces deux couleurs se retrouvent dans l'arène, lieu ou se déroule un jeu sacré venu de Crète et Thanatos, dans l’enceinte solaire qui fait du sable une poussière d'or, les noirs toros zébrés de sang et les hommes de lumière, sous l'éclairage violent du ciel et devant une assemblée de fidèles venus célébrer un culte millénaire.

     Telles sont les corridas de Nîmes, d'Arles ou de Fréjus. Drame vécu, drame total qui s'accomplit dans le sacrifice de l'animal tellurique et cornu aux forces lumineuses, alliance du naturel et du surnaturel, de la matière et de l'esprit, antique cérémonie du taurobole, venue du lointain Orient védique avec Mithra, le dieu des pactes et des alliances.

    Sang et lumière sont les deux mystères de la vie puisque, selon une croyance ancestrale, c'est un peu de l'âme qui est infusée dans le précieux liquide qui coule dans nos veines. Mystère de la chair, mystère de l'esprit qui nous vient d'une autre terre méditerranéenne, la Palestine, où s'accomplit le drame divin de la Passion, de la Mort et de la Résurrection. Les témoins de la crucifixion du Fils de l'Homme, du sang versé, du corps brisé, de l'âme abandonnée et de la réconciliation, arrivent en Provence avec Marthe, Marie Jacobé, Marie Salomé qui viennent annoncer la religion du Salut.

    Mangeons donc ces navettes de la Chandeleur en pensant à la barque ballottée et abandonnée aux flots. Non loin de là, dans la crypte de Saint-Victor où l'on vénère la Vierge noire, Notre-Dame-de-sous-Terre, brillent les cierges verts de l'espérance, tandis que, sur la colline qui domine Marseille, la statue de Notre-Dame-de-la-Garde contemple le plus lointain horizon, dressée entre le ciel et l'eau.

    Telle est la Provence, sous son double aspect, solaire et tellurique, visible et caché. Les assises du temple sont profondes afin que les colonnes soutiennent facilement le fronton. Comment ne pas évoquer alors l'image d'Athéna tenant une branche d'olivier, sage protectrice des cités au front casqué, dont l'arbre aux feuilles argentées parle d'abondance et de gloire, d'oleifiantes libations, de lampes allumées devant les autels, des fruits de la terre et du travail des hommes, comme la vigne et le blé, ces trois richesses de la Provence de toujours ? Le blé, c'est l'or, le pain, la vie. Le vin, c'est le sang de la terre. L'huile, c'est le fruit du soleil, la lumière. Encore une fois, terre et ciel, rouge et or, visible et invisible... Provence.

     D'un côté, le soleil, la lumière, les temples d'Auguste, d'Apollon, les chapelles des sommets, le Ventoux, le pur génie de l'air et le laurier des poètes Mistral, Maurras, Giono, le royaume heureux de la reine Jeanne, la Provence aimable et souriante des Lettres de mon moulin, où le mythe fleurit en galéjade.

    De l'autre côté, la lune, l'ombre, les cryptes et les grottes vouées au bénéfiques Vierges noires, à Sara la Bohémienne, à Marie-Madeleine aux long cheveux, les eaux profondes et les fleuves, refuges des dragons, des trésors confiés à la chèvre d'or, les forêts initiatiques et les montagnes sinistres du Lubéron, théâtres de révoltes religieuses suivies d'affreux massacres, le pays gavot des masques, des sorcières et des génies de la terre. Provence inquiétante d'Henri Bosco... Provence macabre des Salyens, avec leur culte magique des têtes coupées à Entremont ou Roquepertuse... Anarchie bouillonnante des esprits qui cherchent la vérité contre la réalité, se font libéraux sous la monarchie, royalistes sous l'Empire, républicains sous Louis-Philippe.

    Pourtant, la Provence est propice aux travaux de l'esprit, aux écrivains, aux artistes et aux poètes qui aiment y trouver refuge. Elle apaise, elle inspire, elle équilibre, savant dosage entre les éléments : terre, air, eau et feu. Une sorte de perfection est le secret de l'âme provençale qui s'ouvre facilement mais se livre peu, cherchant à se maintenir sur un sentier de crête, entre le ciel et l'eau, comme la fleur de lis jaillissant des eaux bleues de son blason, tandis que le lambel rouge de son chef est une arche pour l'avenir, un pont, une balance, où viennent s'annuler toutes les contradictions.

     Ses couleurs héraldiques sont, en quelque sorte, ses âmes parlantes? Elles portent la marque de son destin : passé, présent et avenir.

    La Provence est l'héritière de trois mondes : le grec, le celte et le romain. Elle a déjà vu s'accomplir la mort de deux empires : le romain germanique. Les prophéties qui la concernent ont trait à la venue du " grand monarque ", au règne de l'Antéchrist et à la fin des temps. La Provincia verra donc refleurir un troisième empire qui sera le dernier, sous le signe des lis et du verger, ce qui nous transporte d'emblée au milieu des temps apocalyptiques.

    Nous voici dès l'instant situés dans un univers de géographie sacrée où l'espace et le temps viennent se rejoindre dans le triangle mystique d'Avignon, cité aux dimensions à la fois exotériques et ésotériques...

    Le coeur de la Provence se situe bien dans cette région du bas Rhône que délimitent au sud la Camargue et les Saintes-Marie-de-la-Mer, au nord les terres comtadines et le mont Ventoux, à l'est, enfin, les Alpes de Haute-Provencee, la ville de Moustiers et les gorges du Verdon. dans ce quadrilatère aisément repérable s'inscrivent Arles, Avignon et Salon-de-Crau, les Alpilles et le sîte des Baux, Saint-Remy-les-Antiques et Glanum, Aix et la montagne Lubéron, les abbayes de Montmajour et de Sylvacane, mais aussi les blanches étendues du plateau d'Albion où sont tapis les mortels vecteurs de la force plutonienne, à même leurs berceaux rocheux, l'usine atomique de Marcoule, le centre de Cadarache, l'immense camp militaire de Canjuers dans l'Artuby, tandis que Pierre-latte, au nord, sert de " gardien du seuil " à cet étrange taurobole du XXè siècle : l'influx nucléaire a remplacé le sang de Mithra.

    Non loin de là, Toulon veille, Neptune guerrier. Soleil clair d'Apollon et soleil noir de Pluton voisinent donc dans un triangle salin en d'étranges épousauilles, à la recherche d'un nouveau Tauroentum.

    Mais il y a bien d'autres lieux sacrés en Provence...

     

     


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    Que se passe t-il lorsque nous mourons ? Rien ? La béatitude totale ? La " vie éternelle " ? Ou un vague quelque chose ?

    Les matérialistes et les athées répondent : " rien ". Pour eux, la vie est un processus purement biologique. Lorsque le corps meurt, la personnalité meurt en même temps, à l'instar de l'électricité qui cesse d'être produite lorsque la batterie tombe en panne. Pour ces gens, la vie ne peut pas " aller quelque part ailleurs ".

    Ces rationalistes soulignent aussi que la croyance, vieille comme le monde, en une vie après la mort n'est que le reflet de la terreur de l'homme devant la disparition de sa propre personne. L'homme a toujours esquivé l'impensable, ou l'a entouré d'un rituel et d'un optimiste infantile. Les matérialistes considèrent cette attitude comme lâche et malhonnête intellectuellement.

    Qu'en est-il du concept de " vie éternelle " ? Presque toutes les religions ont prêché que l'homme survivrai à la mort du corps - sous une forme ou sous une autre. Il est probablement vrai que plus la religion est élaborée, plus elle est convaincue d'une forme quelconque de vie éternelle, que cela se passe dans un paradis quelconques ou au milieu des tourments de l'enfer.

    Si les croyants sont sur la bonne voie, à chacun de s’inquiéter de son salut. Mais, dans le contexte religieux, la croyance en une vie après la mort reste justement une question de foi, et seule, l'expérience de notre propre mort nous dira, en définitive, si nous avions tort ou raison.

     Mais qu'en est-il si aucune de ces deux conceptions n'est exacte ? Qu'en est-il si quelques chose - quelque étincelle de vie, quelque vestige de la personnalité humaine - survit et adopte une nouvelle forme d'existence, non pas à titre de récompense ou de punition, mais en obéissant à une loi naturelle ?

    Nombreuses sont les recherches dans le domaine psychique qui donnent tout lieu de croire que quelque chose survit, pas obligatoirement très longtemps après la mort pas obligatoirement non plus toute la personnalité Selon les chercheurs, dans ce domaine, une partie du système de la mémoire d'un individu et certains éléments semblent survivre un temps, ce qui permet au soi désincarné d'être reconnu par ceux qui le connaissaient de son vivant, même si cet élément fini peut-être par se désintégrer pour toujours.

    L'analyse objective des prétendues preuves de la survie humaine est la préoccupation essentielle de la S.P.R. (Société des recherches psychiques), fondée à Londres en 1882. 

    A partir de la Renaissance et au fur et à mesure que l'horizon des connaissances s'étendait, la position des matérialistes se renforçait : vers le milieu du XIXè siècle, un penseur était généralement considéré comme quelqu'un s'étant libéré des entraves de la superstition. Les croyances, se sentant attaqués, tendirent à fermer leur esprits aux faits qui venaient saper leur position et adoptèrent la même attitude que certains savants lorsqu'ils se trouvent aujourd'hui confrontés à des preuves indéniables d'événements paranormaux.

    A la lumière d'un rationalisme aussi dur, il fallut chercher des preuves à la survie après la mort. C'est ains que lorsque des poltergeists se manifestèrent dans la maison de la famille Fox à Hydesville dans l'Etat de New York, en 1848, le public se montra particulièrement excité. on se trouvait enfin devant une preuve de la survie de l'esprit. Un antidote à la tristesse du matérialisme !

    Le spiritualisme est né. Il est, depuis, devenu un mouvement important dans le monde occidental.

    Les spiritualistes croient démontrer de façon indiscutable l'existence de la  vie après la mort. Au court de certaines séances, des esprits font mouvoir des tables, jouent d'instrument de musique et apportent des objets. Des morts parlent à leurs parents encore en vie ou à leur amis, avec une vois reconnaissable, évoquent des événements connus d'eux seuls et même, parfois, se matérialisent dans leur ancien aspect devant ces personnes.

    C'est dans un tel climat que fut fondée la S.P.R. Les membres fondateurs étaient un groupe d'intellectuels britanniques qui s'opposaient aux positions tranchées des croyants et des sceptiques et qui sentaient qu'il était temps d'étudier de manière objective certains phénomènes inhabituels. Le matériel réuni par la Société britannique et d'autres sociétés semblables situées dans d'autres pays forme ce que l'on pourrait appeler un lourd dossier qui pousse vraiment à se poser la question : " Qu'arrive-t-il après la mort ? "

    L'énorme quantité d'information recueillies depuis 1882 peut être classée dans les catégories suivantes : les apparitions, les communications par l'intermédiaire de médium, les correspondances croisées, les apparitions de " bienvenue " vue par les mourants, les expériences de certains sujets extracorporelles, la preuve de la réincarnation ou les phénomènes de voix électroniques.

    Les apparitions, tout d'abord. La première réalisation de la S.P.R fut de dresser une liste des hallucinations. Elle réunit sept mille questionnaires dûment remplis sur les expériences hallucinatoires et les explications possibles. Après étude, 8% des expériences relatée furent considérées comme authentiques. Elles furent examinées scrupuleusement par les membres les plus importants de la S.P.R.., et les résultats de cette étude furent publiés dans un ouvrage en deux volumes, intitulé : Apparition de la personnalité humaine vivante et sa survie à la mort physique.

    Le premier volume renfermait une liste de manifestations de personnes apparues jusqu'à douze heures après leur mort. A cette époque, les chercheurs émirent l'hypothèse que ce phénomène pouvait s'expliquer par la transmission de pensée entre le mort, récent et ses contacts vivants, cette transmission étant retardée pour ne se produire qu'au moment favorable. même considérés ainsi, certains de ces cas pourraient à présent être classé parmi ceux qui apportent la preuve de la survie temporaire après la mort.

    La plupart des parapsychologues qui admettent l'existence des apparitions sont également d'accord sur ce phénomène de la transmission de pensée, qui rend compte de sentiment et d'images à la fois visuelles et auditives. Ils considèrent en effet qu'il s'agit d'une faculté de l'esprit humain qui pourrait expliquer les apparitions. A l'appuis de cette théorie : certaines déclarations d'individus qui se livrent mentalement à des visites astrales. Ceux qui vivent cette expérience voient non seulement les pièces dans lesquelles ils se projettent mentalement, mais ils peuvent décrire avec exactitude un changement de mobilier dont leur moi conscient n'avait pas pris note. De plus, les voyageurs astraux sont parfois décrits avec précision par des témoins étrangers.

    Cependant, environ 6 ou 7 % es apparitions enregistrées dans cette étude de la S.P.R. se sont produites trop longtemps après la mort du sujet pour être considérées comme des communications télépathiques différées. Comment les classer ?

     Les témoignages finalement considérés comme authentiques offraient des caractéristiques communes. Dans certains cas, l'apparition fournissait des informations ignorées par celui qui en était le témoin. Dans d'autres, elle avait un but clairement défini. Dans d'autres encore, elle ressemblait à une personne morte, inconnue de la personne à qui elle se manifestait et qui ne la connaissait que par la suite, sur un portrait, par exemple, dont elle n'avait pas encore eu connaissance au moment de l'apparition. Enfin, parfois, de nombreuses personnes voyaient la même apparition à des moments différents.

    Certains chercheurs dans le domaine des phénomènes psychiques pensent que seuls les cas d'apparitions dans lesquels celle-ci manifestent un but bien défini peuvent être considérés comme une véritable preuve de la survie après la mort et, même dans ce cas, d'une survie peut-être uniquement temporaire. Il se pourrait que à l'instar de la mémoire qui se rappelle un événement passé, une pensée ou une crainte continue à exister après la mort de celui qui a eu cette idée ou cette crainte, jusqu'à ce que cet objectif soit rempli. Ensuite, la mort pourrait véritablement intervenir.

    Depuis la création de la S.P.R. des esprits avisés ont étudié et enregistré des preuves relative à la survie fournie par de telles apparitions. Certains d'entre eux croyaient que nous continuions à vivre après la mort, d'autres non. Il est bon de dire qu'aucun de ces chercheurs ne s'est montré convaincu de la survie après la mort à cause des seules apparitions.

    Il y a aussi les communications par le biais des médiums. Les médium sont des personnes qui jouissent de dons psychiques inhabituels. Selon ces dons, on les classe parmi les médiums mentaux ou les médiums physiques.

    Un médium mental peut entrer en transe au cours d'une séance pendant laquelle un guide spirituel parle à travers lui, souvent avec une voix totalement différente de la propre voix du médium, et donne à ce dernier une apparence parfois également différente, de telle sorte qu'une Européenne, par exemple, peut avoir la voix et l'aspect d'une Chinoise, cela temporairement, bien sûr.

    Par le biais du médium, le guide spirituel peut présenter d'autres esprits, reconnaissable par leur voix, leurs gestes ou la nature de ce qu'ils racontent aux personnes assistant à la séance. De tel esprits peuvent sembler extrêmement convaincants, même s'il faut bien reconnaître que ceux qui veulent y croire y croiront de toute façon. Cependant les médium jouissent souvent des dons de clairvoyance et de perception extra-sensorielle. ils communiquent parfois par le biais de l'écriture automatique, ou encore dessinent dans le style de maîtres célèbres ou composent à la manière de musiciens tout aussi connu. 

    Autre type de capacité du médium : la " voix directe ". ici, le médium n'entre pas en transe, mais parle avec différentes voix, différents accents ou même dans plusieurs langues.

    Ces communications varient énormément sur le plan de la qualité. Un grand nombre sont tout à fait triviales et curieusement matérialises. Dans les premiers jours du spiritualisme, il était fréquent de se moquer de cette manifestation en arguant du fait qu les apparitions semblaient passer leur temps après la mort, à fumer des cigares et à boire du whisky !

    Cependant, d'autres communications sont d'un haut niveau culturel ou moral. Pourtant, lorsqu'on les met au défi de décrire sans équivoque ce qui nous attend de l'autre côté de la vie, les esprits répondent que l'existence spirituelle est indescriptible.

    Certains esprits sont malgré tout moins discrets, et une image relativement précise de la vie après la mort est, peu à peu, en train de voir le jour.

     Les médiums physiques sont ceux en la présence desquels se produisent des phénomènes physiques : coups sourds sur la table ou en différents points de la pièce, phénomènes de télékinésie, lévitation du médium ou d'objets, instruments de musique se mettant à jouer seuls, ou même matérialisation d'esprits.

    Malheureusement, dans la courte histoire du spiritisme, un bon nombre de ces phénomènes se sont finalement révélés faux, même si d'autres cas sont authentiques et défient toute explication rationnelle. De nombreux tests ont été conçus en vue de prendre les fraudeurs au piège et, dans une moindre mesure, de déterminer l'étendue du phénomène.

    Un de ces pièges consiste à disposer d'une assiette de cire chaude au cours d'une séance : l'esprit matérialisé plonge sa main, une fois dématérialisée, laisse une empreinte sans casser le moule.

    Mais même de telles démonstrations d'effets paranormaux ne prouvent pas qu'il y ait survie après la mort. Le matériel accumulé par la S.P.R. renferme, comme en sont convaincus de nombreux chercheurs des preuves beaucoup plus convaincantes...

     

     

     


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