• Noël - 25 décembre

    Au Moyen Âge, Noël ouvre une période clé du calendrier liturgique chrétien. Cette période dite "des douze jours" va du 25 décembre au 6 janvier (jour de l’Épiphanie). Elle se caractérise par un ensemble de rites et de mythes qui ont survécu jusqu'à nos jours mais dont on ignore souvent l'origine. Le fête de Noël telle que nous la connaissons aujourd'hui apparaît donc comme une manifestation d'une fusion de coutumes préexistantes qui trouvent leurs fondements dans les rites antiques mais dont les principaux éléments semblent fixés par la mythologie chrétienne de la période médiévale.

    Pour le christianisme, Noël célèbre la naissance du Christ. Le 25 décembre a été reconnu fort tardivement comme le jour anniversaire de la naissance de Jésus. En effet, selon les époques et les diverses religions chrétiennes, avant d'être fixée au 25 décembre; cette date anniversaire a été placée à différents moments de l'année : le 6 janvier (Épiphanie), le 25 mars (Annonciation), le 10 avril ou encore le 29 mai. Le théologien Clément d'Alexandrie, ui a écrit vers 200 après J.-C. mentionne certaines des dates qui ont déjà été proposées comme la date authentique de la naissance de Jésus Christ. Les nativités printanières étaient les plus populaires, avec de nombreuses dates en mars, en avril ou en mai. Le 25 décembre n'est pas mentionné. 

    L'Eglise n'a fixé cette date qu'au IVè siècle de notre ère. La commémoration de la naissance du christ le 25 décembre résulte de contraintes à la fois saisonnières et mythologiques imposées par les croyances païennes antérieures au christianisme. En effet, l'importance accordée aux anciennes fêtes du solstice d'hiver, le souvenir des Saturnales romaines et la place considérable qu'avait acquise dans l'Empire romain le culte de Mithra expliquent pour une bonne part ce choix. Ces pratiques ne pouvaient que préparer le subtil syncrétisme mis en oeuvre par les chrétiens pour assimiler la naissance de Jésus au retour de l'astre solaire. Au milieu du IVè siècle, le 25 décembre est déjà retenu à Rome comme la fête de la Nativité du Christ. Au début du siècle suivant, la fête de Noël est placée sur pied d'égalité avec celles de Pâques et de l’Épiphanie, laquelle commémore désormais la venue des Rois mages. En 440, l'Eglise décide officiellement de célébrer la naissance du Christ le 25 décembre et Noël devient une fête d'obligation au début du VIè siècle. 

    Selon Philippe Walter : "La fête de Noël appartient au temps de la féerie et permet l'effraction de l'autre monde dans le monde humain". Noël valorise les forces de la nuits ainsi que les puissances du mystère et du merveilleux. Pour l'historien, la traduction chrétienne de cet ensemble mythique laisserait affleurer la mémoire archaïque du paganisme qui oriente la fête médiévale. A ce titre, le repas de Noël s'associe au motif du repas des fées, bien connu grâce à certains textes médiévaux ainsi qu'à certains contes folkloriques. Si l'on en croit ces textes littéraires, le repas des fées se tient à la naissance de certains enfants prédestinés. C'est ainsi que les fées se présentèrent la nuit où naquirent les héros comme Ogier le Danois ou Guillaume au court nez pour doter l'enfant de grandes vertus. N'était-il pas naturel alors de fixer la nativité du Christ durant cette nuit des mères - ou nuit des fées - au cours de laquelle on célébrait déjà la naissance de héros mythique parfaitement profanes ? La fixation de Noël au 25 décembre répondait alors aux coutumes païennes du repas des fée associé à une naissance exceptionnelle. 

     


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  • Les saturnales

     

    L'origine des saturnales est sans aucun doute à chercher dans la volonté de célébrer le solstice d'hiver qui, correspondait à la période la plus sombre de l'année. Les réjouissances étaient jadis associées à l'ouverture des réserves encore intactes et prometteuse d'une abondance inépuisable et synonyme d'un âge d'or sur lequel régnait Saturne. Ces fêtes semblent remonter à la fondation de Rome, mais elles auraient été mise en sommeil sous le règne de Tarquin le Superbe, septième et dernier roi de Rome qui régna de 534 à 509 av. J.-C. C'est durant la deuxième guerre punique, s'étendant des années 218 à 201 av. J.-C., qu'elles furent en quelques sorte dépoussiérées : on passe alors d'une vieille fête paysanne à une grande fête populaire scellant l'union de toute la cité.

    Se trouve alors réunies trois dimensions. Les saturnales gardaient indéniablement le caractère agricole de leur origine, puisque Saturne est le dieu qui favorise la germination, propre à apporter à la fois futures récoltes et donc richesse aux hommes. Cela explique que l'on offrait aussi à cette occasion des pièces de monnaies. 

    La deuxième dimension, tout aussi notable, est le passage de la vie sauvage à la vie civilisée. Selon Macrobe, c'est Saturne qui, détrôné, aurait trouvé refuge dan le latium où il aurait alors réuni les hommes éparpillés dans les montagnes et leur aurait donné des lois. Ce passage est étrangement marqué par un retour à l'état antérieur, que caractérisent tous les débordements qui pouvaient être constatés mais aussi du "monde à l'envers". Certains chercheurs, tel Mircea Eliade, y voient même une répétition de la cosmogonie qui a succédé au chaos et que les peuples auraient de cette manière manifestée à chaque solstice d'hiver. Toute nouvelle année serait donc une reprise du temps à son commencement et témoignerait d'un besoin de régénération.    

    Les saturnales

    Enfin, les saturnales remplissaient un rôle sociale. C'est la raison pour laquelle elles furent remises à l'honneur durant la crise que constitue la deuxième guerre punique. Au moment des saturnales, la société se retrouvait réunie dans toutes ses composantes et communiait dans un même élan, puisque nombre de frontières se trouvaient abolies pour l'occasion, renforçant du même coup la communauté. 

    Les saturnales n'étaient pas seulement une fête religieuse mais de véritables réjouissances publique. A l'origine, il s'agissait d'une cérémonie qui se tenait le 17 décembre dans le temple dédié au dieu, mais la durée des célébrations finit par s'étendre : trois jours après la réforme du calendrier julien, quatre sous Auguste, cinq sous Caligula, et enfin une semaine complète sous Dioclétien, jusqu'au 24. Pour l'occasion, la statue de Saturne était libérée des bandelettes et liens qui l'entravaient le reste de l'année. D'autres dieux aussi étaient honoré à l'image de la déesse Angerona, le 21 décembre. Celle-ci avait comme particularité de faire traverser les jours courts et les périodes angoissantes. 

    Pendant ces fêtes, le temps était comme suspendu : les tribunaux et les écoles étaient en vacances et tous les habitants de la ville cessaient leurs travaux. Il n'était pas non plus permis d'entreprendre une guerre, ni d'exécuter un criminel. La foule se portait en masse vers le mont Aventin, comme pour y retrouver la période qui avait précédé la fondation de l'urbs et une ambiance plus bucolique. Se succédait sept jours de festins, d'abord en public puis dans toutes les maisons où l'on s'invitait entre amis. Les jeux de hasard étaient aussi permis. L'ambiance était propice à tous à tous les débordements. La foule exubérante envahissait les rues, de nuits comme de jour, aux cris de "Io Saturnalia !  Io bona Saturnalia !" Les beuveries étaient nombreuses et dégénéraient parfois en orgies. C'était aussi le moment du "monde à l'envers", où l'ordre hiérarchique des hommes et la logique des choses étaient inversés de façon parodique et provisoire : les esclaves commandaient à leur maître et ceux-ci les servaient à table ; certains empereurs auraient ainsi admis des esclaves à leur table. On ne revêtait plus la toge, mais tout le monde portait la tunique, vêtement des pauvres et des esclaves ainsi que le bonnet de la liberté, coiffure des esclaves affranchis.   

     


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  • GRYLA

    A Noël, Gryla s'offre un bon repas. Cette géante, qui se terre  dans les montagnes d'Islande, dans le Dimmuborgir, le " château sombre " aux colonnes de lave, mange les enfants désobéissants. A l'approche des fêtes, elle descend dans les villages pour les attraper et dévorer. Snorri Sturluson, le principal écrivain scandinave du Moyen Âge, en parle avec effroi dans son livre Edda : "  La créature à trois têtes et quinze queues portait cent sacs dans lesquels pouvaient tenir vingt enfants ! " A côté, les croque-mitaines du continent font pâle figure. Elle aime également les hommes : elle a consommé trois mariages. De ces unions, treize ignobles gnomes sont nés. Voleurs d'enfants pour le compte de leur mère, ils semèrent la paniques pendant des siècles. Les longues nuits de l'hiver nordique, dans lesquelles se faufilaient les trolls et les êtres surnaturels, ont grandement favorisé la naissance d'un tel monstre et de sa descendance. Mais avec le temps, Gryla est devenue une femme grasse, grincheuse et grotesque, objet de moqueries des Islandais qui conjurent ainsi les frayeurs de leurs ancêtres. 

    BABOUCHKA

    La petite fille des neiges Snegourochka ou le grand-mère Babouchka accompagne "Père Gel" ou Père Givre" dans la sainte Russie. Le vieil homme à barbe blanche, envelopper dans un épais manteau rouge orné de fourrure blanche, sillonnait l'empire des tsars. Coiffée d'un magnifique kokochnik (diadème) et vêtue d'une robe blanche ou bleue à paillettes, Snegourochka contraste évidemment avec la vieille Babouchka. Pour autant, la grand-mère reste à jamais dans le cœur des Russes. Comme Tante Arie, elle endosse même parfois le rôle d'une " mère Noël ". Son histoire n'en est d'ailleurs pas si éloignée. Le soir de la Nativité, trois étrangers lui demandèrent le chemin de l'étoile polaire. Leur indiquant le sud, elle referma aussitôt la porte au froid, mais la maison devint glaciale. Babouchka " fée des nouveaux nés ", comprit alors son erreur. Ne retrouvant pas la trace des mages, la vieille femme se racheta en déposant des jouets et du pain noir pour les trois rois dans les foyers, en promettant de revenir chaque année.

    Tante Arie

    Ni sainte comme Nicolas, ni barbue comme le père Noël, Tante Arie est une fée qui apporte des étrennes aux enfants du pays de Montbéliard, du territoire de Belfort et de l'Ajoie suisse. Est-elle associée à junon, surnommée Aeria, épouse du dieu romain Jupiter, assimilée à Fréa, épouse du dieu germanique Wotan ? Ou la "dernière fille des druides" qui, chaque fin d'année, au solstice d'hiver, arpente les lieux du pays où résonnent les chants de la cueillette du gui ? A moins qu'elle ne soit le personnage réincarné de la "bonne comtesse" Henriette de Montfaucon Montbéliard, mariée à un comte du Wurtemberg, chevalier protecteur des plus démunis ? Bonne fée dans les foyers, elle est sorcière en sa grotte. Dehors, elle maintiens l'ordre naturel de choses en visitant les fours à pain et en surveillant les jeunes filles. Le XIXè siècle la transforme en distributrice de cadeaux. Le soir de Noël, Arie descend de la montagne sur son âne Marion dont le tintement des clochettes endort les enfants. Au matin, les plus sages découvrent des cadeaux et des gâteaux, comme les "nichottes" quand les désobéissants héritent d'un bonnet d'âne et de verges trempées de vinaigre.

     

     

     

     

     

     


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