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    Si l'on se réfère au dictionnaire , la magie est un "art prétendu de produire au moyen de pratiques occultes, des effets contraires aux lois naturelles". On peut y ajouter la définition de Furetière au XVIIe siècle : " Science qui apprend à faire des choses surprenantes et merveilleuses. La Magie blanche est un art qui fait les mêmes effets par l'invocation des bons anges. La Magie noire est un art détestable qui emploie l'invocation des démons et se sert de leur ministère pour faire des choses au-dessus des forces de la  nature."

    Mais, en réalité, ce terme englobe tant de croyances, de superstitions, de pratiques, de confiance ou de répulsion, qu'il est difficile à cerner, et cela d'autant plus qu'il évolue et diffère selon les époques et les pays. Si les racines de nos croyances viennent souvent d'origines lointaines, chacune de ces origines est un monde à part. Asie, Amérique, Afrique, Océanie, chacune des ethnies de ces continents  a développé ses propres croyances où la magie est parfois extrêmement présente et diversifiée.

    La magie est, pour les adeptes, supposée pouvoir accorder santé, bonheur, richesses, amour, ou, en rapport avec les forces  démoniaques, apporter aussi le malheur et même la mort. Dite "blanche", elle tente de faire intervenir des forces et des moyens bienveillants, bénéfiques, positifs ; ses résultats espérés sont concrets, précis, mais licites.
    La magie "noire" est censée faire appel à des entités maléfiques et redoutables, capables d'apporter puissance et richesses mais aussi nuisance, destruction et mort. Elle est alors le plus souvent assimilée à la sorcellerie tant combattue et redoutée au fil des siècles, mais pourtant toujours présente. En ajoutant que ces pratiques peuvent fort bien coexister chez le même magicien ou sorcier, selon les demandes qui lui sont faites.

    La magie

    Les moyens mis en oeuvre dans la magie sont extrêmement variés utilisant rituels, incantations, textes magiques, mais aussi des supports matériels, et là interviennent les plantes. Parfois seules, souvent mêlées à d'autres ingrédients d'origine animale ou même humaine.

    La magie existe très probablement depuis les temps préhistoriques où les hommes étaient entourée forces inconnues d'eux, redoutables et puissantes, inexplicables, qu'il fallait se concilier. Les représentations graphiques sur les parois des grottes pourraient bien en être les premiers témoignages

    Au tout début de la civilisation, la Genèse nous dit que Mistraïm, parent de Nemrod, crée les peuples magiciens. Ou que Cham, fils de Noé, est à l'origine des magiciens d'Orient...

    Parmi les toutes premières attestations écrites et décrites de pratiques magiques, figurent des tablettes sumériennes et des textes égyptiens. Les papyrus dits "magiques", longtemps négligés par les archéologues, mais maintenant peu à peu traduits, nous en apportent des preuves millénaires. D'abord seulement protectrice et rassurante, nous voyons la magie égyptienne ajouter par la suite des désirs de puissance, de nuisance et de destruction.

    Il est important de préciser que les magiciens égyptiens n'étaient pas que cela : ils étaient aussi prêtres, médecins, astronomes, détenant les diverses formes de savoirs, et la magie était omniprésente. Magie et religion étaient alors étroitement unies.   

    La magie est une forme de puissance : celle du magicien sur ceux qui ont recours à lui, et tout au long de son histoire elle sera exercée le plus souvent par ceux qui détiennent le "savoir", même si celui-ci est parfois très relatif.

     


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  • Culte funéraire asiatique

    Expulser les esprits dangereux ou entrer en leur possession relève de rituels magico-religieux complexes, dont le caractère ésotérique renforce l'efficacité. Ainsi, les diagrammes et écritures magiques, dont les significations ne sont connues que des spécialistes, jouent un rôle de protection contre les entités invisibles. Selon un principe d'opposition symbolique, les objets associés à la pureté et à l'ordre universel sont de nature à chasser les esprits néfastes. Cependant, le moyen le plus efficace de chasser les fantômes et de convertir les défunts en figures protectrices reste le rituel et le culte funéraires.

    L'exorciste taoïste maîtrise les esprits malveillants qui non pas reçu de rituel funéraire. A l'aide de talismans et d'objets magiques, il cherches d'abord à les identifier, avant de les combattre en invoquant des généraux célestes, chasseurs de démons. Les souffles spirituels et corporels qui animent la personne se dispersent après la mort. Les premiers (shen) rejoignent le ciel, où ils peuvent être divinisés, alors que les seconds (guaï) rejoignent la terre. Si les guaï ne sont pas nourris par le culte des ancêtres, ils engendrent de dangereux fantômes affamés ou des démons.

    Culte funéraire asiatique

      Certaines formes de théâtre, de danse ou de processions masquées ont une fonction rituelle de protection d'un lieu. Dans le sud de la Chine, les théâtres populaires dixi et nuoxi, interprété en plein air, convoquent des divinités exorcistes pour chasser les mauvais esprits. Au Japon, le lion mythique est un gardien dont la danse permet d'expulser les entités néfastes au début du printemps. La parade de Phi Ta Khon de Thaillande représente quant à elle la venue des esprits du sol pour qu'ils apportent pluie et fertilité. 

    Les amulettes thaïes concentrent le pouvoir du moine qui les crée à partir de formules et de matériaux tenus secrets. Elles prennent une multitude de formes : cachets bouddhiques en terre cuite, effigies d'animaux mythiques, diagrammes magiques gravés sur feuilles d'or. Amulettes, poupées et couteaux magiques, ou encore tissus de protection...

    La mort ne suffit pas pour produire des ancêtres. Ce sont les rituels qui permettent de convertir les défuns en entités bénéfiques. D'ailleurs les manquements aux cérémonies funéraires sont souvent en cause dans l'apparition de fantômes affamés et autres spectres maléfiques. Le fantôme et l'ancêtre sont des figures opposées. Le premier erre entre deux mondes, sans lieu propre, et souffre de ne pas pouvoir rejoindre un lignage. Le second protège une famille et son inscription sur un territoire. L'ancêtre incarne le sang et le sol, c'est-à-dire le maintien d'un groupa de filiation dans le temps et dans l'espace. La peur des fantômes est peut-être à la mesure de l'importance qu'une société accorde au culte de ses ancêtres.

     

     

     


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  • Un fantôme ne meurt jamais. En Asie de l'Est et du sud-Est, les histoires d'épouvante ont traversé les époques et les fantômes ont dépassé le cadre moral et explicatif de l'art religieux. Leur iconographie s'est construite dans les formes d'expression plus profanes de la culture populaire. Le retour d'un défunt parmi les vivants résulte souvent d'un destin brisé de manière violente ou anormale et qui va chercher à s'accomplir après la mort. 

    Pour la philosophie bouddhique, toute existence est provisoire. Les enfers sont donc un purgatoire où les défunts expient leurs fautes sous la torture avant de rejoindre le cycle des réincarnations. Les rouleaux illustrés du Sûtra des Dix Rois, retrouvés à Dunhang et datés du Xe siècle restent les plus anciennes représentations connues des enfers. Les moines les utilisaient lors de rituels funéraires pour expliquer le devenir de l'âme dans l'au-delà. La vision des enfers est pédagogique et libératrice. Elle enseigne la loi du Karma, selon laquelle la condition de chaque être, dans cette vie et les suivantes, résulte de ses actes passés. 

    Dans la cosmologie chinoise, le monde humain reflète le monde céleste divin et son administration impériale. Selon le même principe d'analogie, les enfers souterrains reproduisent le système judiciaire médiéval.
    En Asie du Sud-Est, les manuscrits religieux, peintures murales des temples, rouleaux peints détaillent les tortures, comme la fameuse scène de l'arbre à épines auxquels les coupables d'adultère doivent grimper sans relâche en subissant les attaques de démons, de corbeaux et de chien. En Thaïlande, deux autres sources écrites inspirent les représentations des enfers : le traité de cosmologie des Trois Mondes et le récit extracanonique du " Voyage du moine Phra Malai ". La religion populaire associe les Trois Mondes aux enfers, à la terre et au Paradis, soutenus par le mont Meru. Cependant, d'après le texte, ces trois niveaux correspondent respectivement au monde du désir comprenant les enfers et la terre, au monde intermédiaire composé des premiers étages du Paradis, et enfin au monde de l'absence de formes, avec les dernières strates célestes aboutissant à la libération du cycle des renaissances. Les habitants des paradis sont purs et libérés des contingences physiques alors que les êtres du monde intermédiaire sont soumis au désir et à la souffrance . La descente vers les strates souterraines aboutit à la monstruosité des créatures voraces et à l'impureté. La vision de ces atrocités sert de support de médiation aux fidèles afin qu'ils s'élèvent vers d'heureuse renaissances et jusqu'à l'éveil.   

     


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