• L'île italienne de la baie de Naples, en mer Méditerranée s’étend sur une centaine de mètres de longueur pour une largeur équivalente et tiens son nom des cavités qui l'environnent. 

    La légende raconte que le poète Virgile, qui aurait eu des dons de magicien, a enseigné son savoir ésotérique sur l'île. Au XVIIè siècle, elle était occupée par des établissements romains, puis elle fut utilisée pour défendre le golfe de Naples. Au début du XIXè siècle, elle est occupée par un ermite, connu sous le nom de " The Wizard ", le sorcier en français. Peu de temps après la mort de l'ermite y est construite une luxueuse villa, qui fut propriété de l'écrivain britannique Norman Douglas, en exil après avoir échappé de justesse à la prison de Londres, où il était accusé d'actes de séductions envers un garçon de seize ans. Il y mourra d'une overdose.

    Dans les années 1920, l'île est reliée au continent par le téléphérique et de nombreux propriétaires vont se succéder dans la villa. Tous mourrons dans des circonstances étranges. Ainsi, le Suisse Hans Braun est retrouvé mort, enveloppé dans un tapis ; un peu plus tard, sa femme se noie en mer. Le prochain propriétaire, l'Allemand Otto Grunback, meurt d'une crise cardiaque dans la villa. L'industriel pharmaceutique Maurice-Yves Sandoz, après avoir résidé sur l'île, se suicide dans un hôpital psychiatrique en Suisse. 

    La villa a également appartenu à l'industriel et homme d'affaires italien Gianni Agnelli, dont le fils unique s'est suicidé, et au milliardaire américain Paul Getty, qui a subi l'enlèvement d'un de ses petit-fils. Le dernier propriétaire privé de l'île est Gianpasquale Grappone, qui a ensuite été emprisonné quand sa compagnie d'assurance s'est subitement effondrée.

    On comprend mieux pourquoi la population de Naples la considère comme une île maudite en raison de la mort prématurée de la plupart de ses occupants ! Devant autant de mauvais sort, l'île de la Gaiola  et sa villa de luxe restent désormais complètement abandonnées. Mais la malédiction s'acharne  : les journaux ont de nouveau parlé de ce sinistre endroit en 2009, après le meurtre de Franco Ambrosio et de sa femme Giovanna Sacco, qui possédait une villa... en face de l'île.   

     

     


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    Pour le Moyen-Âge, les défunts poursuivent une autre vie dans un au-delà qui reçoit diverses formes et qui, la plupart du temp, reste proche de notre monde. Ils se manifestent sous la forme de fantômes et de revenants. Les textes fourmillent littéralement d'histoire sur eux... Précisons d'emblée qu'il ne faut pas confondre ces deux types de trépassés, erreur commise par nos lointains ancêtres qui ne faisaient pas vraiment la différence entre eux. 

    Le mutisme des fantômes est normal pour Cicéron qui s'étonne qu'on leur prête la parole, " comme s'il était possible de parler sans langue, sans palais, sans que fonctionne les organes de la gorge, de la poitrine, des poumons ". 
    A la fin du XVè siècle, l'Anonyme de Byland note qu'un revenant " formait ses mots dans ses entrailles et ne parlait pas en utilisant sa langue "

    Au XIIIè siècle,un comte procure à un défunt une sépulture décente ; celui-ci l'aide à gagner la main d'une dame et, lorsque le comte veut lui serrer la main, il ne saisit que du vide. Le clerc anglais  Gautier Map a avancé une explication de ce type de phénomène : " A propos d'une hallucination, c'est-à-dire d'une apparition furtive, on parle de fantôme " ; ce sont en fait les démons qui créent d'eux-mêmes ces apparences, ajoute-t-il.
    Parlant d'un fantôme, Guillaume de Newbury note : " Il sortait la nuit de sa sépulture, à l'instigation de Satan, comme on le croit. " Pour les Chrétiens, les apparitions sont toujours de nature diabolique ; ce sont des fantasmagories, des illusions.

    Ekkehart de Saint-Gall évoque dans sa Chronique une apparition singulière qui eut lieu en 1125 : les sentinelles d'un château de Saxe virent un homme sortir du mur de la forteresse ; son corps brûlait comme une torche. Pour les clercs, il ne peut s'agir que de damnés, comme le confirme un exemplum composé entre 1180 et 1200 : deux clercs s'adonnent à la nécromancie ; l'un trépasse après avoir promis de se montrer trente jours après son décès. A la date indiquée, il apparaît enveloppé dans un manteau et accompagné de démons. Il sort la main de son manteau : elle brûle et des gouttes incandescentes en tombent.

    Tous ces morts qui ne trouvent pas le repos font connaitre leur présence par des bruits. Thietmar de Mesebourg relate dans sa Chronique un fait étonnant : le vendredi 1 décembre, au premier chant du coq, une lumière jaillit de l'église de Rottmersleben et on entend un fort grognement, ce qui annonce la mort de Liudgard, une cousine de l'auteur qui déclare : " Un jour, moi et mon compagnon entendîmes des morts parler entre eux " Pour Thietmar, ces bruits annoncent un décès pour l lendemain, cela ne fait aucun doute. Un mauvais aumônier hantait les alentours du monastère de Melrose en poussant " des grognements effrayants ".

     Parfois les apparitions s'accompagnent de cris, de tintements, de coups sourds, comme dans l'histoire de la maison hantée d’Athènes que rapporte déjà Pline le Jeune dans une lettre à Lucinius Surra : un fantôme a prit possession des lieux car il a été enterré dans la cour et ne trouve pas le repos ; il se montre enchaîné. Vers 1115, Guilbert de Nogent nous dit avoir entendu, une nuit d'hiver, " un bruit de voix proches et nombreuses " qui précède de peu l'apparition d'un défunt. L'immense majorité des témoignages nous apprennent, lorsqu'ils précisent les faits que les bruis sont d'abord dus à des morts relevant de la catégorie des âmes en peine ou des âmes du purgatoire, dans une optique chrétienne.

    Constance de Lyon rédige la Vie de saint Germain vers 475 - 480 et rapporte un épisode étonnant de vie du saint : avec ses compagnons, alors qu'il passait la nuit dans une maison hantée et isolée, " apparut soudain un hideux fantôme tandis qu'une grêle de pierres s'abattait sur les murs de l'édifice ", ce qui apparente ce mort à un poltergeist. Conjuré par saint Germain, le " hideux fantôme " parle, révèle ses crimes et demande une sépulture. Depuis le petit traité de saint Augustin sur Les Soins à donner aux morts, écrit entre 422 et 424, la notion de sépulture chrétienne est en effet étroitement liée aux apparitions. Plus païenne est la notion des défuns n'ayat pas reçu la sépulture rituelle.

    Dans les Loisirs impériaux, Gervais de Tilbury nous raconte qu'un défunt se montra à une jeune fille de Beaucaire en 1211 ; répondant au nom de Guillaume, il apparut trois ou cinq jours après son décès à celle qu'il avait aimée, et elle seule le voyait.

    Parfois les morts se regroupent : " En petite Bretagne on vit des proies nocturnes et des chevaliers les conduisant qui passaient toujours en silence. La troupe et les phalanges allant de nuit, que l'on appelait d'Herlethingus, assez célèbres en Angleterre, apparurent jusqu'à l'époque de notre roi Henri II " nous confie Gautier Map. Cette cohorte fantôme fut par la suite interprétée comme un purgatoire itinérant et trouva place chez de nombreux auteurs de l'Occident médiéval.

    Les défunts apparaissent aussi dans les rêves. " Une nuit, la jeune Herdis rêva qu'une femme venait à elle, rapporte la Saga des habitants du Val au Saumon ; elle portait un manteau de laine et un linge recouvrait sa tête. "
    L'apparition délivre un message ; on arrache le plancher et on trouve des ossements noirs et inquiétants d'une sorcière, un bel exemple de ce que l'on appelle " l'influence des restes ". L'empreinte chrétienne est très forte dans les histoires de fantômes. La grande leçon des textes est que le péché est toujours puni mais que les vivants peuvent secourir les morts par des suffrages. Le poète Michel Behain illustre même le danger d'évoquer le nom de Dieu : 

        Un beau jour, le comte Eberhard de Wurtemberg partit seul chasser en forêt . Il entendit bientôt un grand fracas et vis paraître une créature inquiétante qui poursuivait un cerf. Effrayé, il mit pied à terre, se réfugia dans un bosquet et demanda à l'apparition si elle lui voulait du mal. L'inconnu lui répondit :
    " Non, je suis un homme comme un autre. Autrefois, je fus un seigneur qui aimait passionnément  la chasse et je demandais un jour à Dieu de me permettre de chasser jusqu'au Jugement dernier. Pour mon malheur, je fus exaucé et il y a déjà 500 ans que je traque cet unique cerf. " Eberhard lui dit alors : " Montre-moi ton visage afin que je puisse éventuellement te reconnaître. " L'autre se découvrit : son visage était à peine gros comme le poing, ridé et sec comme une feuille morte - puis il s'éloigna à la poursuite du cerf.

    Il existe enfin des armées fantômes dans le témoignage d l'historien Giraud de Barri. Dans la Conquête de l'Irlande, il rapporte comment l'armée de Robert Fitz-Stephen, campant à Ossory, fut alarmée par le bruit produit par des milliers d'hommes, accompagné de choc des armes et des haches, et Giraud d'ajouter : " De telle apparitions spectrales se font souvent voir en Irlande aux armées en campagne. "

    Reflétant une interrogation majeure sur le destin de l'homme après son décès, les histoires de fantômes apportent leur propre réponse en fonction de la religion des témoins. C'est une tentative d'explication de croyances irrationnelles venue du fond des temps et qui jouissent encore aujourd'hui d'une étonnante pérénité car elles suscitent l'espoir que la mort n'est pas une fin.      

     

     

     

     


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  • Divers rôles sont attribués aux personnages de l'empire des morts gouverné par Hadès, l'un des douze grands Olympiens, et son épouse Proserpine. Le chien Cerbère entre autres, y est le gardien de la porte des Enfers.

    Selon les dires du poète Virgile, il convient, pour parvenir en ce lieu, d'atteindre le fleuve Achéron où le passeur Charon a la charge, avec sa barque, de convoyer les âmes des morts. Les défunts parviennent ensuite à la porte menant au Tartare puis à celle des Enfers gardée par Cerbère. Le rôle de ce chien est à la fois de contenir les intrus et de veiller à ce que les défunts ne quittent pas le monde souterrain. La bête sera d'ailleurs confrontée à maints visiteurs inattendus. 

    Ainsi, le héros Héraclès doit le ramener du royaume d'Hadès afin d'accomplir le dernier des douze travaux imposés par son cousin le roi Eurysthée. Il ne pourra cependant compter que sur ses propres aptitudes, Hadès lui ayant interdit d'utiliser quelque arme que ce soit pour accomplir cet exploit. Héraclès atteindra l'univers des ombres par une grotte située au cap Ténare pour découvrir Cerbère dans l'estuaire de l'Achéron. Il le soulève alors et le conduit à la surface de la Terre puis jusqu'à Mycènes. Eurysthée, dévasté par la vue du monstre, ordonne à Heraclès de le ramener à son poste, renonçant ensuite à accabler le héros.

    De même, Psyché dut se soumettre à Vénus, qui jalousait sa beauté, dans l'espoir de retrouver son époux. La déesse la soumit à quatre épreuves dont la dernière consistait à rapporter un peu la beauté de Proserpine dans un contenant. Psyché se retrouve donc aux portes du royaume des morts à la recherche de cette dernière afin de lui réclamer l'élément exigé et, confrontée au redoutable gardien, offre un gâteau à la bête. Cerbère se laisse alors apprivoiser et lui permet d'accéder au lieu désiré.

    Le musicien et poète Orphée, quant à lui, aimait une jeune fille appelée Eurydice mais elle mourut sitôt leur noce achevée, ayant été mordue au pied par une vipère. Il décida donc d'aller la quérir chez les défunts et utilisera la lyre pour vaincre divers obstacles. Sa musique suffira à faire relâcher la garde de Cerbère, permettant à Orphée de poursuive sa quête.   

     

     


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