• Le récit s'ouvre sur un vieil homme dans une pièce close à la fenêtre condamnée. M. Blank, ainsi que le nomme le narrateur, n'a plus de souvenirs. Il ne sait pas pourquoi il est dans cette chambre, qui il est, qui sont les personnes sur les photographies empilées sur le bureau. Ce qu'il sait, c'est que son cœur est empli d'un implacable sentiment de culpabilité. En même temps, il ne peut se défendre de l'impression qu'il est victime d'une injustice terrible.

    A mesure que la journée se déroule, Mr Blank rencontre différentes personnes et apprend ou réapprend l'existence d'individus qu'il aurait envoyés en mission. Pour faire quoi ? Il ne s'en souvient pas, mais ces personnes nourrissent à son égard un profond ressentiment. Sur le bureau, il y a le manuscrit d'un certain Sigmund Graf : ce narrateur raconte une histoire dans un univers inconnu. Mais l'histoire n'est qu'une ébauche et c'est à M. Blank de combler les blancs...

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    Tout le récit va se dérouler entre ces murs avec ce vieil homme que nous appellerons Mr Blank, muré dans une cellule blanche et habillé de la tête au pieds en blanc par une garde malade amoureuse et totalement dévouée.

    Sommes-nous dans le monde réel ou dans l'imaginaire de ce malade ? Ce livre flirte avec la fiction et la réalité.  Pourquoi donc lui fait-on prendre des cachets qui lui font perdre la mémoires et l'équilibre ? Pourquoi ressent-il ce terrible sentiment de culpabilité ? Qui sont ces fantômes qui le hantent sitôt qu'il ferme les yeux et qui semblent réclamer justice ?  

     Nous ne sommes pas très loin de Kafka tant les situations sont absurdes et les personnages incompréhensible.

    Il est très difficile de résumer un livre sans en dire trop. Sachez simplement que ce livre est d'une rare intelligence, un de ces bouquins qui marquent à jamais et que tout jeune écrivain devrait lire.


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  • L'agent Peter Grant ne croyait pas aux fantômes, jusqu'au jour où un étrange personnage lui affirme avoir assisté, au meurtre sur lequel il enquête. Un témoin providentiel... s'il n’était mort depuis plus d'un siècle ! Et Peter n'est pas au bout de ses surprises : recruté par l'énigmatique inspecteur Nightingale, il intègre l'unité de la police londonienne chargée des affaires surnaturelles. Au programme, traquer vampire, sorcières et autres créatures de la nuit ; faire respecter les divers accords passés entre les forces occultes de Londres ; réconcilier les divinités qui se partagent la Tamise....

    Peter doit en passer par là, s'il veut un jour devenir à son tour le dernier sorcier de Londres.

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    Bourré de bonnes idées, de références culturelles anglaises ou Gek et d'humour du même tonneau, Les Rivières de Londres débute une série qui plaira énormément aux amateurs de Doctor Who, Harry Potter, Torchwood et autres... dans un Londres magique et inquiétant. Rien d'étonnant lorsqu'on sait que Ben Aaronovitch a été l'un des scénaristes de la série Doctor Who. 

    Le mélange entre fantasy et policier fait merveille. L'imaginaire est à chaque page. Un constat s'impose d'entrée ; la magie existe. Elle est puissante et tire sa grande puissance de la même source que le célèbre fog londonien : la Tamise, domicile de dieux et déesses. L'auteur aborde le panthéon de divinités fluviales "mondiales" avec bonheur.

    Fan de thriller, de roman policier, de fantastique ou de fantasy, ce roman est pour vous.  

     


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  • Berlin fin 1964. Les forces de l'axe ont gagné la guerre. La paix nazie règne sur l'Europe et des millions de personnes vivent sous le joug du fürher. Dans quelques jours le président Joseph Kennedy viendra fêter l'anniversaire d'Hitler et sceller un accord de collaboration avec les dignitaires du IIIème Reich. La capitale allemande est en ébullition et la découverte de deux cadavres d'anciens SS de haut-rang va mettre l'inspecteur March dans une situation périlleuse. Alors qu'il avance dans son enquête, Xavier March découvre l'existence d'un complot visant à éliminer tous les participants de la conférence à des fins diplomatiques, en vue d'un rapprochement politique de l'Allemagne avec les États-Unis. 

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    Roman policier uchronique avec un cas de figure intéressant, à savoir que serait l'Allemagne aujourd'hui si elle avait gagner le seconde guerre mondiale ? Que serait-elle dans les années 1960 ? Quelle histoire serait enseignée dans les écoles ?

    Robert Harris nous propose avec ce livre une une version de l'histoire revisitée parfaitement réaliste sous forme d'un thriller. 

    Une uchronie basée sur des faits bien réels, puisque l'auteur choisi de ne changer le cours des événement qu'à partir de l'année 1942. Avec une documentation extraordinaire, nous entrons dans une Allemagne telle que Adolf Hitler la voyait. Le décor étouffant de Berlin écrasé par le gigantisme académique des monuments nazis est planté avec une grande vérité. Spécialiste de l'histoire du Reich, Robert Harris dose avec habileté les détails qui rendent crédible cet univers hallucinant. Un monde tout de brutalité, de soumission et de conformisme.

    Beaucoup d'intervenants sont des personnages historiques réels et la conférence mentionnée dans le résumé a bien eu lieu. Nous apprenons beaucoup de ce thriller/policier qui ne nous laissera pas indifférent.

     


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  • Jean-Baptiste Grenouille naît à Paris. Il vient au monde au milieu de légumes et de poissons avariés, lors "d'une des journées les plus chaudes de l'année". Sa mère, accusée d'infanticide est condamnée et décapitée. Le petit Jean-Baptiste est confié à plusieurs nourrices. Aucune ne le garde. Trop inquiétant car il ne possède aucune odeur.

    L'une des nourrices le ramène au père Terrier, moine au cloître de Saint-Merri. Ce dernier est frappé par l'extrême sensibilité olfactive du nourrisson. Inquiet, il se débarrasse vite de Grenouille. Il sera alors confié à Mme Gaillard, une femme sans odorat. Dans cette maison, Grenouille survit dans un milieu hostile. Il apprend à distinguer les odeurs environnantes.

    Cet odorat d'exception fait de lui un quai surhomme. Un odorat hyper-développé qui lui permet de se diriger dans l'obscurité et de "voir" à travers les murs et placards. Un talent exceptionnel qui fait de lui un homme insensible à tout ce qui l'entoure. Rien ne peut l'émouvoir, tout lui est indifférent y compris la beauté et la vie humaine. Seul les odeurs l'intéresse.Il recherche le parfum absolu, celui qui grise tout le monde, les hommes et les femmes. La quête de sa vie. 

    Il deviendra l'un des plus grands tueur en série de l'histoire de la littérature pour capturer l'odeur des femmes qu'il cherche à collectionner.

    Dans ce roman à la fois très documenté et baroque, Patrick Süskind nous propose une réflexion sur notre animalité et notre sensualité. Poussant "l'empire du sens" à son comble, il fait de son héros un demi-dieu terrifiant qui magnétise les hommes en les tenant par le bout du nez.   

     


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  • Dans ces trois longues nouvelles, les narrateurs doivent faire face à des obligations familiales : l'un a une nièce à garder, l'autre une tante à déménager, le dernier un père à supporter... Au départ, rien d'extraordinaire, en dehors de quelques patronymes inhabituels ou de quelques exigences étonnantes... Pourtant, subtilement et sans effet théâtral, le récit glisse vers un fantastique absurde et poétique, qui doit plus au merveilleux qu'à l'horreur.   

    A l'instar de celui de Matheson, le fantastique de Pierre Stolze plonge en effet ses racines dans le quotidien le plus banal. Mais alors que Matheson distille angoisse et terreur, le climat est ici à l'ironie et à l'optimisme... Bourrées de références littéraires ou cinématographiques, ces nouvelles prennent des allures d'allégories, mais avec malice et bonne humeur, grâce et légèreté. 

    Un immeuble semble contenir l'univers, un dragon s'envole pour un destin inconnu... Pierre Stolze n'explique guère, et le lecteur devra donc se débrouiller seul pour chercher un sens à ces images fortes et mystérieuses. L’intrigante nouvelles qui donne son titre au recueil nous mène vers un phénomène physique inexplicable qui prend une ampleur impossible et qui cesse... brusquement. En effet, autour de la Maison Usher ne cesse de s'étendre un trou immense et improbable, un ravin aux profondeurs bientôt insondables qui menace d'engloutir l'antique demeure. Fils du propriétaire des lieux, Rodrigue n'y voit qu'un moyen pour son insupportable géniteur de se rendre intéressant. Il sera pourtant bien obligé de se réconcilier avec lui pour éviter la chute de la Maison Usher. 

    Dans ces trois récits, Pierre Stolze œuvre dans un registre devenu fort rare : un fantastique jovial, le genre de fantastique qu'on n'a guère de chance de lire dans la plupart des collections. L'intérêt de ces trois contes doit également beaucoup à l'écriture de l'auteur, qui manie comme personne et avec un appétit vorace le procédé d'accumulation, sans jamais lasser le lecteur. Il fait montre d'une telle gourmandise narrative, et ses personnages sont pour la plupart tellement extravagants, que l'on ne peut suivre qu'avec délectation leurs pérégrinations.  


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