• Le cancer des égyptologues

     

    Le cancer des égyptologues

    Interrogé par la télévision américaine en 1977, Lord Carnavon, le descendant direct de la première " victime " de la fameuse malédiction de Toutankamon, devait déclarer :
    " Je n'ai jamais cru, mais je n'ai jamais refusé de croire à la malédiction des pharaons. "

    Une phrase très anglaise, un peu démentie par une dernière assertion :
    " Je n'accepterais pas, même pour un million de livres, de pénétrer dans le tombeau de Toutankamon, dans la Vallée des Rois. "

    Près de 60 ans après l'ouverture du tombeau du jeune pharaon, le dossier de sa " malédiction " qui semblerait n'être qu'une forme aiguë de la sentence de mort lancée par les égyptiens contre tous ceux  qui troubleraient un jour la paix de leurs sépultures, reste aussi épais que mystérieux et fascinant. Pour certains occultistes, cette malédiction aurait pour origine une énergie négative accumulée dans les tombes par les prêtres de l'ancienne Egypte. Pour d'autres chercheurs, les Egyptiens auraient trouvé le moyen de domestiquer des énergies de type atomique, dont les radiations contamineraient mortellement les égyptologues.
    Comme en général, ces chercheurs admettent par ailleurs que les pyramides ont été bâties par des extra-terrestres, laissons-les à leur hypothèses totalement invérifiables.

    Le cancer des égyptologues

    Pour la majorité des savants, par contre, la vengeance des pharaons n'est qu'un des mythes de notre époque, une de ces flambées d'irrationnel que nos esprits se plaisent à s'offrir de temps à autre. Malgré tout, certains scientifiques ont tenté de donner à ces morts en série une explication à peu près satisfaisante. On a ainsi remarqué que la plupart des décès prématurés constatés après l'ouverture du tombeau de Toutankhamon pouvaient se ranger en trois grandes catégories : les accès soudains de fièvre, accompagné ou non d'hallucinations, les attaques d'apoplexie, avec ou non embolies ou infarctus, et les cancers à développement fulgurant.

    En 1956, le docteur Dean, médecin-chef d'un hôpital rhodésien, a cru pouvoir affirmer que les chauves-souris, dont les excréments portent le virus de l'histoplasmose, pouvaient être à l'origine de certaines morts attribuées à la vengeance des pharaons. On le sait, l'histoplasmose est une affection du sang dont les symptômes ressemblent à ceux qui ont précédé la mort de Lord Carnavon et de plusieurs de ses infortunés amis : une forte fièvre, un épuisement général et une mort rapide. Reste à savoir, dans cette hypothèse-là, pourquoi la malédiction se serait attachée à la tombe de Toutankhamon, restée hermétiquement close à plusieurs mètres sous-terre, pendant plus de 3 200 ans...

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    D'autres chercheurs se sont penchés sur le problème d'éventuelles vapeurs toxiques ou de gaz : les magiciens de l'Egypte antique qui avaient de solides connaissances empiriques en chimie, auraient très bien pu maitriser certaines substances gazeuses, à diffusion lente, et en vaporiser leur tombeaux. On peut alors retourner l'objection précédente : ce qui serait valable pour la tombe close de Toutankhamon devient plus aléatoire pour des sépultures ouvertes à tout vent depuis des siècles.

    Une des hypothèses les plus modernes est celle de la présence, dans l'atmosphère des tombes, de micro-organismes nocifs. Ces champignons, qui pourraient proliférer à l'air semi-libre comme dans l'ambiance confinée des sépultures les plus secrètes, seraient responsables d'affections pulmonaires assez comparables aux effets de l'histoplasmose.

    Le cancer des égyptologues

    Plusieurs études, faites récemment sur des personnes habituées à manipuler des momies ou des objets égyptiens, ont montré qu'ils étaient souvent victimes d'inflammations et de troubles respiratoires caractéristiques. Rien n'empêcherait des microbes ou des champignons de survivre pendant plusieurs millénaires. Une étude plus poussée de ces phénomènes de " maladies des cavernes " pourrait donner une explication naturelle au déroutant problème de la malédiction des pharaons.

    Mais après tout, pourquoi n'y aurai-il pas eu de vrai malédiction ?
    D''après les nombreux papyrus parvenus jusqu'à nous, les Égyptiens devaient être de redoutables spécialistes des poisons. La toxicologie était d'ailleurs, à l'époque, une sorte de " science sacrée " réservée à quelques rares initiés. Tout le monde connait Cléopâtre, la belle reine qui était aussi une des plus célèbres empoisonneuses du Bassin méditerranéen.

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    Pline nous donne un exemple de ses talents. Antoine se méfiait un peu de sa maitresse, un peu trop versée à son goût dans l'art des poisons. Il lui arrivait de faire goûter ses coupes par un esclave. Un jour, après dégustation et bonne appréciation par cet esclave, Cléopâtre lance, avec un très beau geste, une fleur dans la coupe. Antoine, séduit par le geste, s'empresse de la porter à ses lèvres. Plus rapide que lui, Cléopâtre l'en empêche ; essayée sur un condamné à mort, la " coupe fleurie " foudroie celui-ci : la fleur était porteuse de poison. Une manière subtile de dire au Romain que toute sa méfiance était inutile face au savoir-faire égyptien !

    On sait que certaines substances toxiques peuvent, par un simple contact avec la transpiration de la peau ou par une petite plaie avoir des effets mortels des plus rapides : Dans certaines chambres funéraires, sur certains meubles ou sur les momies impériales, de tel poisons auraient pu se conserver pendant des millénaires. A l'intérieur des tombes comme celles de Toutankhamon, la température approche souvent les 50°C : la contamination par transpiration ne pose donc aucun problème.

    Le cancer des égyptologues

    En déplaçant les objets, il arrive que les archéologues s'infligent de petites écorchures : ces plaies bénignes pourrait suffire à les empoisonner. Malheureusement, aucune recherche toxicologique n'a encore été effectuée sur les momies ou dans les tombes égyptiennes pour étayer cette séduisante hypothèse des poisons qui frappent au-delà des millénaires.

    Enfin, il ne faut pas dramatiser : un examen plus attentif de la liste des victimes du jeune pharaon révèle que plusieurs d'entre-elles étaient déjà malades avant leur premier contact avec Lord Carnavon ou avant leur première visite à Toutankhamon. De plus, quelques-unes d'entre elles se rendaient en Egypte... pour raison de santé. De même le passage brutale de l'atmosphère sèche de la surface à l'atmosphère humide et chaude des tombes a pu provoquer chez certains visiteurs du jeune pharaon, des affections respiratoires plus ou moins graves...

    Le cancer des égyptologues

    On a récemment redécouvert l'étonnant pouvoir de cetaine formes géométriques : ainsi, placée sous une pyramide dont les proportions sont identiques à celle de la Grande Pyramide, une lame de rasoir émoussée retrouve son tranchant. Un morceau de viande se momifiera au lieu de se corrompre et de pourrir. Les anciens Egyptiens connaissaient évidemment ces phénomènes physiques : pourquoi n'en auraient-ils pas connu d'autres, moins inoffensifs, pour protéger le repos de leurs souverains et de leurs chefs ?

    Luis Alvarez, physicien et atomiste américain, prix Nobel 1968, a tenté de découvrir les raisons de ce phénomène " pyramidal " de momification et d'auto-affûtage. Il a introduit des appareils détecteurs de rayons au cœur de la pyramide de Khéphren, pour en " ausculter " les parois et tenter d'y découvrir une éventuelle chambre secrète. Il a eu la surprise de voir tout ses instruments s'affoler et se détraquer définitivement : " Appelez cela comme vous voulez, a-t-il déclaré. Sorcellerie ou malédiction des pharaons, il y a là quelque chose que nous ne pouvons pas expliquer. "

    Le cancer des égyptologues

     Aussi rationaliste soit-elle, notre époque est incapable de faire la lumière sur cette curieuse affaire de " vengeance " des pharaons. Nous restons seuls face à une des plus troublantes énigmes que nous pose l'histoire : comment un peuple qui a eu la volonté et l'audace de construire des monuments toujours considérés comme prodigieux n'aurait-il rien fait pour protéger ses pharaons des pillards et des aléas de l'histoire ?
    Et, si ce peuple a fait quelque chose, comment l'a-t-il fait ?

    Le cancer des égyptologues

                                                                                         Extrait de " Inexpliqué " 1981

    1ère partie : La malédiction des Pharaons

    2ème partie : La Vengeance de Toutankhamon

     Le Trésor de toutankhamon


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