• Gilles de Rais

     

    Gilles de Rais

    Malgré sa haute naissance, Gilles de Rais est l'une des plus infâmes figures de l'histoire de France.
    Né en 1404 dans la trop célèbre tour Noire du château de Champtocé en Anjou, il était l'héritier d'une fortune qu'il multiplia plusieurs fois grâce à des héritages et à son mariage. jusqu'à se retrouver possesseur d'un véritable royaume.
    Il se couvrit de gloire à la guerre et fut le compagnon de Jeanne d'Arc, avec qui il conquit Orléans le 7 mai 1429. A l'âge de 25 ans, le 17 juillet de la même année, il fut maréchal de France.

    Gilles de Rais

    Moins de deux ans après l'exécution de Jeanne d'Arc en 1431, Gilles de Rais, alors âgé de 29 ans, cet homme qui n'avait connu que la renommée et la fortune, et qui se permettait tous les caprices, commença à se révéler un pervers sexuel et un meurtrier d'enfants à grande échelle. En tout, on pense qu'il a tué entre 140 et 200 enfants kidnappés.

    On ne sait si Gilles de Rais a toujours nourri ces goûts particuliers. La brutalité des faits de guerre a pu révéler sa nature psychopathe et avec le retour de la paix, ses instincts meurtriers désormais sans emploi ont pu porter pour la première fois sont attention sur les enfants.

    Gilles de Rais

    Il menait ses activités discrètement. Ses victimes lui étaient procurées par ses cousins, Gilles de Sillé et Robert de Briqueville, et ils savaient parfaitement où puiser. Les années de guerre avaient laissé des centaines d'enfants sans foyer ni parents, et de véritables bandes erraient de ville en ville, à l'aventure.

    La première victime dont le nom fut connu est Jean Jeudon, âgé de 12 ans, apprenti d'un fourreur du voisinage, qui permit à Sillé et Briqueville d'utiliser l'enfant pour porter un message au château de Rais à Machecoul. Nul ne le revit par la suite.

    Gilles de Rais

    Gilles de Rais réunit tout un petit groupe de rabatteurs, dont certains partageaient ses plaisirs pervers. Où que fut Gilles de Rais, les enfants disparaissaient. Les parents, qui soupçonnaient le pire, n'avaient rien d'autre à faire que supporter leur peine en silence. Cela en partie parce que Gilles de Rais était un homme très puissant, mais aussi parce que l'aristocratie portait peu d'attention au bien-être des serfs ou de leur progéniture.
    En octobre 1437, par exemple, quand les ossements de 40 enfants furent exhumés d'une tour du château de Champtocé, Robert de Briqueville fit profiter deux nobles dames du " spectacle " ; cela les divertit. Elles auraient peut-être été surprises par les goûts sexuels de Rais, mais elles ne ressentaient certainement aucune horreur devant la mort brutale de tant d'enfants sans défense.

    Deux sujets occupaient l'esprit de Gilles de Rais et lui coûtaient de l'argent.
    L'un était sa propre chapelle, la chapelle des Saints-Innocents, pour qui il sélectionnait les enfants de chœur les plus séduisants, parmi lesquels André Buchet et un nommé Rossignol, qu'il compromit sexuellement et qui, par la suite, se retrouvèrent activement impliqués dans ses crimes.
    Son autre projet favori était la représentation d'un mystère dans lequel un personnage représentait Rais lui-même au sommet de son art et de sa puissance et de sa gloire.  

      Gilles de Rais posséda un moment la plus grosse fortune d'Europe, qui disparut peu à peu, dilapidée dans ces projets et d'autres souvent bien plus insensés. La déconfiture commença dès 1429, quand il commença à vendre des propriétés à la périphérie de ses Etats. En 1433, il ne lui restait plus de terres à l'exception de celles de sa femme en Poitou et de deux châteaux en Anjou

    Gilles de Raisp

    La recherche d'argent commença à obséder Gilles de Rais. En 1435, il avait vendu toutes ses terres et en était réduit à céder ses biens privés.
    Désespéré, il se tourna alors vers l'alchimie.

    Il sollicita l'assistance d'Eustache Blanchet, un prêtre de Saint-Malo, entré à son service en 1435 qui se rendit en Italie et fit la connaissance de Franco Prelati qui étudiait les arts alchimiques. Prelati se révéla être un illusionniste de haute volée, capable d'exciter l'espoir de fabriquer de l'or chez Gilles de Rais.

    Cependant, les ennemis de Gilles de Rais se rassemblaient. Ils convoitaient ses terres.  C'est en mai 1440 qu'il commit la démarche la plus insensée de sa vie, se mettant dans les mains de ceux qui tenaient tant à le citer en justice. Il décida de reprendre son château de Saint-Etienne-de-Mer-Morte qu'il avait été obliger de vendre. Cependant il violait la propriété ecclésiastique, en emprisonnant un prêtre.

    Gilles de Rais

    Jean V imposa une lourde amende à Gilles de Rais, sachant bien qu'il était dans l'incapacité de payer. Parmi les personnes interrogées lors de l'enquête, il y eut les parents d'enfants disparut.
    Les conclusions de l'enquête rendent en juillet 1440 révélèrent que :
    " Gilles de Rais, avec l'aide de ses complices, avait tué et massacré de la plus odieuse manière de nombreux jeunes garçons, et qu'il avait pris avec ces enfants des plaisirs contre nature..." 

    Le 19 septembre Gilles comparut de nouveau et pensa que toute cette histoire pouvait se conclure par une sorte d'accord à l'amiable. C'est le 8 octobre, quand commença le jugement proprement dit, qu'il parut réaliser la gravité des charges.

    Sa réaction fut une explosion de colère. Il revint sur ses déposition, rejeta les droits de la Cour et refusa de prêter serment.
    Les accusations horribles contre Gilles de Rais furent prononcées publiquement. Parmi celle-ci :
    " pendant quatorze ans environ, chaque année, chaque mois, chaque jour, chaque nuit, ledit Gilles de Rais, possédé du démon, oubliant son salut, posséda, tua et eut commerce avec des magiciens et des hérétiques..."

    Gilles de Rais

    Contre toute attente, Gilles de Rais reparut devant la Cour avec l'image d'un repenti parfais. A part l'accusation d'avoir évoqué les démons, Gilles de Rais reconnaissait toutes les charges portées contre lui.

    Le 25 octobre, Gilles de Rais, comparaissant à nouveau dans la chambre supérieure de la Tour Neuve, fut reconnu coupable de " perfidie, apostasie hérétique et invocation des démons "
    A la vue de son attitude repentie, la Cour lui accorda d'être brûlé seulement après être mort par pendaison.

    Gilles de Rais

    Deux de ses complices furent brûlés et leurs cendres jetées au vent. La vieille rabatteuse Perrine Martin, se pendit sans sa cellule. Prelati fut condamné à la prison à vie, mais s'échappa : il fut cependant pendu plus tard pour d'autres crimes.

    Tout au long du procès, Gilles de Rais démentit que les meurtres aient été perpétrés en vue de cérémonies de magie noire ou de sorcellerie.

    Quelques érudits en doutent, mais on ne voit pas pourquoi Gilles de Rais aurait menti. Comme il le dit lui-même : " Je vous ai avoué bien pire que cela, et assez pour faire pendre 10 000 hommes ".

    Gilles de Rais

    A la fois à cause de l'énormité de ses crimes et de sa situation de vassal du duc de Bretagne, l'histoire de Gilles de Rais fusionna avec la vieille légende celtique de Barbe-Bleu, basée sur Comore le Maudit, un chef breton du VIè siècle.
    De toute façon, les agissements de Gilles de Rais sont minutieusement décrits dans les actes du procès, bien que quelques érudits aient réfuté l'étendue de ces crimes, et il ne fait aucun doute qu'il restera dans l'histoire comme un des assassins les plus sadiques. 

                                                                              Extrait de " Inexpliqué " 1981

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