• Mu, le continent englouti

     

    Mu, le continent englouti

    De toutes les contrées mythiques qui ont enflammé l'imagination de générations de curieux, l'Atlantide demeure sans aucun doute la plus célèbre. Successivement placée à hauteur des Açores, au cœur de la mer Égée ou sur les rivages de la mer du Nord, l'île fabuleuse décrite par Platon dans le Critias et le Timée correspond certainement à une réalité historique, qui demeure difficile à cerner mais n'en apparaît pas moins indiscutable.

    Cette partie originelle de la civilisation dont les auteurs les auteurs les plus divers ont fait la mère de toutes les cultures supérieures qui se sont développées sur la planète, de l'ancienne Egypte à l'Inde aryenne et à l'Amérique précolombienne, fut cependant précédée, affirment certains, par une autre monde dont ne subsistent plus aujourd'hui que quelques vestiges épars, compréhensibles seulement par les spécialistes de l'espace océanien.

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    Douze mille ans avant l'ère chrétienne, un gigantesque continent se serait englouti dans les profondeurs du Pacifique : c'est sur cette terre que prospérait l'empire de Mu dont les habitants, essaimant vers la Birmanie, l'Inde, le Mexique, la Mésopotamie et l'Egypte, devaient ensuite jeter les fondements de toutes les grandes civilisation historiques, l'Atlantide ne jouant qu'un rôle de relais dans cette gigantesque aventure.

    Quels sont les éléments ou les informations qui permettent à certains savants de considérer aujourd'hui l'existence de Mu comme une probabilité qu'il est impossible d'écarter à priori ? Peut-on espérer que de nouvelles découvertes vont venir confirmer les fantastiques intuitions de James Churchward et de Louis Claude Vincent, les deux pionniers de l'histoire muenne ? Comment expliquer la disparition catastrophique de ce monde fabuleux qui fut sans doute, de nombreux faits permettent de l'affirmer, la terre où se constituèrent les plus hautes traditions spirituelles de l'humanité ?

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    De nombreux vestiges restent encore à mettre à jour et l'archéologie des îles océaniennes n'en est qu'à ses balbutiements ; certains textes précolombiens ou indiens doivent être complètement réinterpréter pour faire avancer davantage notre connaissance de Mu, mais il est d'ores et déjà possible d'établir une synthèse de tous les faits qui montrent à l'évidence que cette terre paradisiaque, vouée au culte du dieu Soleil, eut une existence historique bien réelle, dont le souvenir s'est conservé dans de nombreux documents et dont les archéologues commencent à redécouvrir les vestiges.

    La croyance en l'existence d'un vaste continent austral demeura longtemps ancré dans les esprits européens. Ce qui peut être aisément constaté en consultant les cartes du monde antérieures au XVIIIè siècle.
    C'est entre 1517 et 1521 que Magellan réalisa la première circumnavigation du globe, découvrant et traversant la " Grande Mer du Sud " déjà reconnue par Balboa sur la côte occidentale de l'Amérique centrale quelques années plus tôt.

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     De la sortie du détroit qui porte aujourd'hui son nom jusqu'à l'île des Larrons, dans l'archipel des Mariannes, il ne rencontra aucune terre importante durant les trois mois que dura son extraordinaire odyssée. Garcia Jofre de Loaysa, qui emprunta le même itinéraire pour atteindre les Moluques, et Andrés de Urdaneta, qui joignit la côte occidentale du Mexique aux Philippines par le route qui allait devenir celle du galion de Manille, ne rencontrèrent eux aussi que les immensités vides du Grand Océan.

    Les Espagnols, installés au Pérou, s'interrogèrent très vite sur ce qu'il était possible de trouver en naviguant vers l'ouest, au sud de l'équateur. Déjà, Juan Fernandez avait découvert au large de la côte chilienne l'île qui porte son nom et où séjourna l'infortuné Alexander Selkirk, qui devait servir de modèle au Robinson Crusoé de Daniel Defoe.
    Un historien de l'empire inca, pedro Sarmiento de Gamboa, avait retrouvé dans les traditions indiennes la trace des "Terres de l'Ouest", d'où l'empereur tupac Yupanqui aurait rapporté de l'or et des esclaves noirs. Un texte biblique tiré du livre d'Esdras avançait que la surface des mers ne devait égaler que le septième des terres émergées. Enfin, diverses croyances selon lesquelles le volume des terres et des continents devait exactement s'équilibrer entre les deux hémisphères boréal et austral, semblaient confirmer l'existence de vastes terres inconnues dans les mers du Sud.

    Ce continent, dont on soupçonnait fortement l'existence, apparaît même sur la mappemonde d'Abraham Ortelius, datée de 1570, sous le nom
    de Terra australis nondum cognita : partant de la Terre de Feu, le
    " continent austral " occupe toute la partie méridionale du globe et remonte au nord du tropique du Capricorne à hauteur de l'Australie.

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    Vivement intéressé par les découvertes de Sarmiento et persuadé lui aussi qu'il existait de nouveaux mondes à conquérir vers l'ouest, le vice-roi du Pérou, Francisco de Toledo, décida d'organiser une expédition dont le commandement fut confiée à son neveu Alvaro de Mendana de Neira. Après trois mois de navigation, ils atteignirent l'archipel des Salomon, ainsi baptisé en raison des quelques traces d'or qui y furent découvertes, vestiges supposés des mines du célèbre roi d'Israël. Mais ils durent faire demi tour en raison de l'insalubrité du climat et de l'hostilité des indigènes cannibales.

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    Il a fallut attendre un quart de siècle pour que fût entreprise une nouvelle expédition. Quatre navires quittèrent le Pérou dans la perspective d'aboutir à une véritable implantation coloniale.
    Pilotée par le Portugais Pedro Fernandes de Queiros, qui découvrit l'archipel des Marquises. L'expédition se termina mal elle aussi.

    Quelques années plus tard, en 1721, le Hollandais Jacob Roggeveen entreprit de nouvelles recherches dans les mers du Sud. Après avoir franchi le détroit de Lemaire et atteint les Shetland du Sud, les navires s'engagèrent dans le Pacifique et découvrirent, en avril 1772, l'Île de Pâques et les statues étonnantes qui y ont été dressées dans un but qui demeure encore aujourd’hui des plus mystérieux.

    La fin de la guerre de Sept Ans amena les marins français et britanniques à explorer systématiquement ces régions encore inconnues du globe.
    Pas plus de succès malgré la découverte de Tahiti par Wallis et la reconnaissance des îles Sandwich  par Carteret.

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    Les voyages du grand découvreur que fut James Cook devaient bientôt confirmer l'inexistence de l'immense Terra Australis à laquelle avaient rêvé, pendant plusieurs siècles, géographes et cartographes. Le premier voyage permit de reconnaître les îles de la Société, la Nouvelle-Zélande dans son ensemble et la côte orientale de l'Australie

    Un nouveau retour vers la Nouvelle-Zélande via l'Île de Pâques, et une nouvelle poussée vers le sud ne donnent toujours aucun résultat et l'on peut considérer que le deuxième voyage de Cook sonna définitivement le glas du continent austral : il était exlu en tout cas que ce dernier pût se trouver dans la zone tempérée de l'hémisphère Sud et ses dimensions ne pouvaient en aucun cas être celles auxquelles on avait songé précédemment.

    Le continent antarctique dont le grand navigateur anglais avait deviné l'existence ne pouvait en tout cas être confondu avec la Terra australis d'Abraham Ortelius et avec les vastes contrée imaginées par le président De Brosses ou Alexander Dalrymple.

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    A défaut d'un continent dont l'existence pouvait être vérifiée quelques part dans les latitudes moyennes de l'hémisphère Sud, certains esprits imaginèrent alors qu'il avait été englouti à la suite d'une catastrophe naturelle. Dès 1778, un compagnon de Cook, le théologien Johann Reinhold Forster, affirmait dans ses Observations que les îles hautes de la Polynésie sont les restes d'un continent submergé, qui anciennement aurait communiqué avec l'Asie et en aurait alors tiré sa population : ce continent aurait disparu en s'affaissant.

    Dans son Mémoire sur les îles du Grand Océan de 1834, Dumont d'Urville suppose
    " qu'un continent ou une grande île comme l'Australie dut jadis occuper une partie de l'Océanie habitée par un peuple dont les tribus polynésiennes ne sont que des débris échappés à quelque grande convulsion du globe "
    A partir de la seconde moitié du XIXè siècle, de nombreux auteurs évoquent l'Océanide, sœur lointaine de l'Atlantide de Platon, engloutie comme elle sous les eaux marines.

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    Cette hypothèse est cependant loin de faire l'unanimité et de nombreux savants, notamment des géologues affirment qu'il n'existe aucune preuve permettant d'imaginer un tel cataclysme. En 1934, l'un des compagnons d'Alfred Métraux, lors d'une expédition à l’île de Pâques peut écrire que rien ne permet d'avancer
    " que l’île de Pâques
    ait été jadis beaucoup plus grands qu'elle n'est aujourd'hui ou qu'un archipel situé dans ses environs ait disparu. L'hypothèse d'un continent Pacifique, d'une Lémurie, sœur de l'Atlantide, doit être définitivement écartée "...

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    Cette vue des choses est peut-être excessive et certains géophysiciens sont aujourd'hui plus nuancés. Le Pacifique a connu, c'est incontestable, d'importants bouleversements géologiques : la ceinture de feu qui l'entoure en demeure le témoignage le plus évident. Mais ceux-ci remontent à l'ère tertiaire, à plusieurs dizaines de millions d'années, c'est-à-dire à des époques beaucoup trop reculées pour avoir connu la présence humaine.

    Les tenants de l’existence du continent Pacifique entreprirent une approche toute différente du problème en préfèrent fonder leurs théories sur l'interprétation de certains documents et de certaines traditions, négligeant un peu, il faut le reconnaître, les réalités géologiques.

    Celui que l'on considère à juste titre comme le pionnier de toutes les recherches relatives à Mu, puisque c'est le nom qui aurait désigné la terre australe originelle, est le colonel James Churchward, auteur de cinq ouvrages consacrés à cette question.

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    La biographie de ce curieux personnage est assez mal connue et l'on demeure obligé le plus souvent de s'en remettre à ce qu'il nous dit de lui-même dans ses livres. Il aurait rencontré en 1874 un grand prêtre indigène qui lui fit découvrir, à travers certaines tablettes anciennes, l'existence passée du continent de Mu. Il participa ensuite à une expédition au Tibet et, un peu plus tard, à une autre entreprise de cet ordre en Mongolie et en Sibérie.

    Après avoir passé trente ans dans l'armée des Indes, il continua à parcourir le continent asiatique et voyagea également en Amérique centrale et dans le Pacifique, avant de se retirer aux Etats-Unis, où il mourut à l'âge de 86 ans.

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    Selon Churchward, c'est à l'occasion d'une famine qui ravagea l'Inde, en 1874, qu'il fit la connaissance de celui qui allait l'amener à s’intéresser à Mu. Il nous rapporte qu'il s’intéressait beaucoup à l'archéologie et aux anciens écrit et qu'il était plus savant en ce domaine qu'aucun autre homme vivant.
    " Quand il vit un jour que j'essayais de déchiffrer un curieux bas-relief, il s’intéressa à moi, et ce fut une des plus sincères amitiés que j'eus le bonheur de connaitre. Il me montra comment résoudre le mystère de ce bas-relief et proposa de me donner des leçons qui me permettaient de m'attaquer à un travail plus ardu ".

    Mu, le continent englouti

    Le grand prêtre en question allait apprendre au jeune officier, dont l’intérêt pour l'archéologie avait attiré son attention, la langue " originelle " de l'humanité, comprise seulement par lui-même et deux autres grands initiés, derniers représentants d'une secte, les Naacals, dont l'origine aurait été contemporaine de l'engloutissement de Mu.

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    Après deux années de travail qui lui permirent de déchiffrer un certain nombre d'inscriptions mystérieuses retrouvées sur les parois de certains, le jeune Churchward eut l'extrême privilège d'être amené à contempler des tablettes sacrées, qui selon son maître, avaient été apportées de Birmanie, où elles auraient été écrites par les Naacals, héritiers des anciennes connaissances muennes.

    Ces documents exceptionnels racontaient la création de la Terre et de l'Homme et évoquaient le continent originel où était apparu ce dernier : ce vaste monde, situé en plein cœur de l'océan Pacifique, avait été englouti douze mille ans plus tôt, à la suite d'un gigantesque cataclysme marqué par des séismes, des ras de marée et des éruptions volcaniques.

    Cette révélation devait désormais orienter de manière définitive la vie et les recherches de Churchward, qui s’efforça de retrouver sur toute la surface du globe les documents ou les vestiges permettant de confirmer ce que rapportaient les tablettes qui lui avaient été présentées.

    Mu, le continent englouti

    Churchward avait-il vraiment renoué avec une civilisation oubliée ? Après lui, d'autres chercheurs allaient tenter d'étayer ses hypothèses sur l'existence de Mu...

     


  • Commentaires

    1
    Victorien
    Mardi 16 Janvier à 19:48
    • Ce continent vient d'être redécouvert  sur une surface de 4,9 km². la nouvemme zélande en fait partie et il s'étend au nord jusqu'au haut de l'australie.
    • Référence/ science et vie N° 1204 janvier 2018
    2
    Victorien
    Mardi 16 Janvier à 20:02

    j'écrit trop vite, 4,9 millions de km² et il a été rebaptisé Zéalandia

     

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