• Les énigmes de l'écriture automatique

     

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    Le phénomène de l'écriture automatique est resté un des plus passionnants du monde de la psychologie et de la parapsychologie. Tous les cas ne sont pas parfaitement explicables, mais, selon Arthur Ellison, un chercheur britannique spécialisé dans l'étude du psychisme humain,
    " un tiers de la population anglaise serait capable de produire une sorte d'écriture automatique ". Il ajoute : " La plupart du temps, cela donnerai une sorte de charabia incompréhensible. "

    Là se situe toute l’ambiguïté de cette écriture automatique. Tout le monde peut essayer de poser doucement un stylo sur une feuille de papier et de le laisser aller à sa guise : est-ce pour autant la manifestation d'un esprit de l'au-delà, qui s'emparerait ainsi de la main pour tenter de communiquer un message ?

    Est-ce encore l'oeuvre d'une créature terrestre ou une manifestation du divin ?

    A défaut de nous révéler beaucoup de choses sur le monde des esprits, l'écriture automatique peut nous en apprendre beaucoup sur le subconscient e celui qui écrit !

    Les énigmes de l'écriture automatique

    D'ailleurs, jusque dans les années trente, cette méthode d'écriture automatique a été utilisée pour diagnostiquer un certain nombre de maladies mentales et pour les soigner. On espérait ainsi encourager les patients à exprimer les conflits cachés qui structuraient leur personnalité. Depuis, cette méthode a été abandonné.

    Le principe de l'écriture automatique est relativement simple : il suffit d'être patient... Celui qui tente cette expérience doit savoir attendre et connaitre la " crampe de l'écrivain " : il peut se passer des heures avant que le crayon ne bouge ! Certaines personnes ne pourront produire qu'un gribouillis illisibles, ou encore des suites de mots incohérents. D'autres, par contre, parviendront à rédiger des messages, cohérents, intelligents, parfois dans une écriture radicalement différente de la leur...

    Les énigmes de l'écriture automatique

     C'est là que le problème commence ! On peut tout de suite considérer que bon nombre d'écrits religieux, " dictés par Dieu " selon ceux qui les ont diffusés, n'ont été que des exercices d'écritures automatique des prophètes intéressés. Ainsi, le Livre de Mormon de Joseph Smith n'a sans doute pas été dicté par un ange de Dieu. Reste à savoir par qui...

    J.B. Rhine, le fameux pionnier de la parapsychologie scientifique, inclinait à penser que l'écriture automatique était le fait 
    d' "automatismes moteurs " et qu'elle exprimait les conflits, les obsessions et les refoulements du subconscient. On peut admettre cette explication pour la plupart des cas d'écriture automatique. Les autres, une infime minorité, restent inexplicables.

    Les énigmes de l'écriture automatique

    En 1947, le médium Hester Dowden a tenté une très intéressante expérience d'écriture automatique. Déjà célèbre pour ses messages cohérents écrits les yeux fermés, il s'était spécialisé dans
    les " conversations " avec les auteurs dramatiques de l'époque élisabéthaine. A la clé, une question restée sans répons : quelle était la véritable personnalité de William Shakespeare. S'agissait-il bien d'un homme nommé William Shakespeare, ou de Francis Bacon, ou de Lord Oxford, ou encore d'un groupe de créateurs ?

     Mme Dowden a ainsi affirmé avoir reçu un message des trois principaux intéressés. Ces messages auraient été confirmés par d'autres auteurs de l'époque : en fait, les pièces de théâtre de Shakespeare auraient été le produits d'un travail collectif. William Shakespeare et Lord Oxford en auraient été les principaux maitres d'œuvres, tandis que Francis Bacon se serait contenté de jouer les censeurs.

    Les énigmes de l'écriture automatique

    Chacun aurait travaillé dans la partie pour laquelle il était le plus doué. Shakespeare aurait ainsi excellé dans la mise en scène de personnages forts, comique ou tragiques, comme Iago ou Falstaff. Il aurait également eu beaucoup de talent pour imaginer des scénarios que d'autres prenaient la peine d'enrichir. A côté de cela, Lord Oxford aurait fignolé le Shakespeare des passages lyriques et romantiques que nous connaissons aujourd'hui. Il se serait spécialisé dans les sonnets, au point d'en dicter trois nouveau - de l'au-delà - à Hester Dowden.

    Un autre auteur de l'époque, William de Stratford, devait insister auprès de Mme Dowden : " Je compris très vite ce qui pouvait faire de l'effet sur scène. Je trouverais une histoire de complot - Hamlet en est une - et, avec l'aide de Lord Oxford, j'en constituerais un squelette qu'il compléterait.
    C'est ainsi que je constituai l'essentiel de la pièce : sa chair et son sang n'étaient pas de moi, mais le fruit d'un travail de groupe auquel je participais.

    Il est certain que la littérature obtenue par l'écriture automatique peut être le fruit d'une créativité réprimée, qui trouve son expression à travers des moyens que nous ne pouvons pas encore - dans l'état actuel de nos connaissances - soupçonner. Après tout, pendant des siècles, écrivains, artistes et créateurs de toutes sortes ont bien " écouté leurs muses "...

    Souvent, des scènes d'intrigue ou des personnages sont apparus brusquement dans l'esprit de ces créateurs littéraires. Charles Dickens avait l'habitude de concevoir tous ses personnages en somnolant. Ils lui apparaissaient spontanément, " comme s'ils attendaient s'être couchés sur le papier ".

    Samuel Taylor Coleridge a ainsi rêvé la totalité de son poème
    Kubla Khan : il l'aurait écrit en entier si quelqu'un, qui est resté dans l'histoire littéraire comme " la personne de Porlock ", ne l'avait appelé par hasard, lui faisant oublier la fin de son poème...

    Les énigmes de l'écriture automatique

    Mary Shelley aussi à d'abord conçu en rêve son Frankenstein.
    R.L. Stevenson a fait de même pour son Docteur Jeckyll et Mr Hyde.
    Enfin Charles Dickens aurait écrit Oliver Twist presque complètement au moyen de l'écriture automatique. Ce qui ne veut pas dire que son talent personnel n'intervenait en rien dans la conception de ses œuvres !

    Alors, inspiration, supercherie ou automatisme venu d'ailleurs ?
    La vérité est peut être entre ces trois hypothèses.

    Le cas de Patrick Branwell Bronté peut nous éclairer : malchanceux, pas très sympathique, habitué au laudanum et quelque peu alcoolique, ce garçon vivait avec ses sœurs. Ses prétentions littéraires n'avaient pas pu déboucher quand il se serait aperçu, un matin, qu'il pouvait accomplir un travail d'une main et gribouiller de l'autre.

    Ainsi, petit à petit, se seraient formés sous sa plume de longs morceaux de prose et des poésies. Il aurait alors rédigé une version différente des
    Haut de Hurlevent en même temps que sa sœur, et par hasard...

    Il existe une autre version de cette histoire : le frère d'Emily Brontë aurait dérobé à sa sœur le premier chapitre de son fameux ouvrage et l'aurait lu à ses amis en affirmant qu'il s'agissait de sa propre prose. Il n'aurait inventé son histoire d'écriture automatique que pour justifier une œuvre que personne ne voulait lui reconnaître !

    Aujourd'hui, les écrivains automatiques n'ont pas cessé leurs activités.
    Quelles sortes d'œuvres produisent-ils ?

     


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