• Les cartes de Piri Reis

     

    Les cartes de Piri Reis

    Le 9 novembre 1929, le directeur des musées nationaux turcs, Mr Halil Etem Eldem, découvrit en dressant l'inventaire du fameux musée Topkapi d'Istanbul, un fragment d'une carte du monde dont l'une des 24 légendes précise l’identité de son auteur "Cette carte fut dessinée par Piri Reis entre le 9 mars et le 7 avril 1513)


    Les cartes de Piri Reis


    L'amiral Piri Reis issus d'une famille de très grand marins turcs.
    Considéré comme un pirate par l'histoire européenne, l'amiral Piri n'en était pas moins un homme intelligent et cultivé. Parlant le grec, l'espagnol, le portugais et l'italien, il lui fut possible de consulter l'ensemble des cartes accessibles de son époque.
    Ainsi put-il établir, synthétisant le savoir géographique de son temps, deux cartes du monde, l'une en 1513, celle qui nous intéresse, l'autre en 1528.
    Auteur de poèmes et ouvrages, il est surtout célèbre auprès des marins de son pays pour être l'auteur du "Livre de la marine", un volume de mémoire qui est aussi un véritable traité de navigation.


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    Abordant différents sujets, il établit sans équivoque la genèse de l'aventure de Christophe Colomb et rétablit la vérité historique, à savoir que le navigateur n'a pas découvert l'Amérique : Colomb n'a fait que la redécouvrir ou, plus exactement, que révéler à l'Europe un continent qui n'était jusque-là connu que de quelques initiés. Connaissance hérité de certains secrets de l'ordre du Temple. N'est-ce pas d'ailleurs ce que signifie la croix rouge templière sur les voiles des trois caravelles de Colomb ?

    Ainsi Piri Reis écrit dans son chapitre consacré à la "mer occidentale" (nom donné longtemps a l'océan Atlantique) :

    " Un infidèle dont le nom était Colombo et qui était génois, fut celui qui découvrit ces terres. Un livre était parvenu dans les mains dudit Colombo, et il trouva qu'il était dit dans ce livre qu'au bout de la mer occidentale, tout à fait à l'ouest, il y avait des côtes et des îles et toutes sortes de métaux et aussi de pierres précieuses."

    Mais quel était donc ce fameux livre détenu par Christophe Colomb ?

    L'amiral Piri ne donne aucune précision à son sujet.
    Dans l'une de ses légendes il parle de sa documentation : " Dans ce siècle, il n'y a aucune carte comme celle-ci en possession de quiconque...je l'ai extraite d'environ vingt cartes et de "Mappae Mundi" (carte dessinée au temps d'Alexandre); de cartes dessinées par quatre portugais et aussi d'une carte dessinée par Colombo dans la région occidentale. En réduisant toutes ces cartes à la même échelle, je suis arrivé à cette forme finale. Si bien que la présente carte est aussi correcte et aussi sure pour les Sept Mers que la carte de nos pays est considérée correcte et sure par les marins."

    Qu'entendait donc Piri Reis par "cartes d'Alexandre" ? Voulait-il par cette expression désigner des cartes dressées par les contemporains du grand Alexandre ou se référait-il à des cartes entreposées dans la plus célèbre des bibliothèques du monde antique, et miraculeusement préservées de Jules Césars et des destructions ultérieures dues au fanatisme des chrétiens ?
     Comme chacun le sait, aucun des cartographes de l'antiquité n'a présenté dans les travaux qui nous sont parvenus, l'Amérique et l’Antarctique. Tandis qu'un premier coup d’œil jeté sur la carte en couleurs de Piri Reis, réalisée sur une peau de gazelle, nous permet de constater qu'elle comprend les côtes occidentales de l'Afrique et de l'Europe, du cap Palmas y comprit les îles de l’Atlantique Sud, Cuba et les îles Caraïbes, la côte atlantique de l’Amérique du Sud jusqu’à l'Amazone, deux îles inconnues, une partie de la chaîne des Andes.


    Les cartes de Piri Reis


    Notons encore que parmi les nombreuses illustrations et enluminures ornant cette carte, figurent un lama et un puma dans la partie représentant l'Amérique du Sud...
    Si parmi les navigateurs précurseurs de Colomb, il n'en reste pas moins qu'ils ne connaissaient qu'une portion de l'Amérique du Nord, qu'ils ignoraient la totalité du littoral sud-américain.
    Notons que les cartographes contemporains de l'amiral turc confondaient encore l'Amérique du Nord et l'Amérique centrale, ou restituaient une Amérique totalement méconnaissable.
    De plus il faudra attendre les expéditions des conquistadors pour apprendre l’existence des Andes, des pumas et des lamas.


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    Quand au continent Antarctique, il est représenté libre de glaces ; il ne fut "redécouvert" qu'au début du XIXe siècle, et il fallut attendre 1958, l'année géophysique internationale, pour que soit établit un tracé de ses côtes en sondant sous la glace.
    Peu après sa découverte, la carte de Piri Reis fut étudiée par différents scientifiques comme les professeurs allemands Khale et Deischmann. Mais bientôt, on n'en entendit plus parler ; les savants s'en débarrassèrent hâtivement en concluant qu'elle n'était nullement une carte de Christophe Colomb ! IL nous parait maintenant bien "évident que cette carte dérangeait et qu'elle remettait trop d'idées reçues en question, posant plus de problèmes qu'elle n'en résolvait, faisant même vaciller les bases incertaines de l'histoire de l'humanité et de son évolution.

    Il fallut différents concours de circonstances pour qu'elle attire de nouveau l'attention en 1956.
     En 1956, a Washington la carte de Piri Reis attire enfin l'attention de scientifiques dénués d'idées préconçues. Offerte par un officier de la marine turque au bureau hydrographique de la marine américaine, l'une des copies fut transmise à un cartographe, M Walters qui la communiqua à l'un de ses amis féru de carte ancienne, le capitaine H. Mallery.
    Ayant examiné la carte, il constata immédiatement que sa partie méridionale représentait des îles et des baies de la côte antarctique, maintenant dissimulées par les glaces, et il fut le premier à déclarer que cela impliquait que quelqu'un avait effectué ce relevé avant l'apparition des glaces, donc au cours d'une période où, l'Antarctique était encore pleinement accessible à l'homme et ses ressources exploitables, ce qui justifie l’intérêt humain porté à ces terres australes, soit au plus tôt, il y a six mille ans.

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    Bien entendu, cette déclaration déchaîna l'ire et les sarcasmes des géographes. Cependant, diverses personnalité sérieuses prirent au sérieux les affirmations du capitaine Mallery. Et c'est sur leurs instigations que le professeur Charles Hapgood, géographe et géologue, détenteur d'une chaîne d'Histoire des sciences au Keene State Collège de l’université de New Hampshire, se jeta à corps perdu dans l'étude des "plus scandaleuses hypothèses cartographiques et historiques de son temps. ".

    Pour résumer :

    1. - La carte de Piri Reis , qui est un document authentique, et non une quelconque supercherie, a été réalisée à Constantinople en l'an 1513 de notre ère.

    2. - Elle montre essentiellement la côte occidentale de l'Afrique, la côte orientale de l'Amérique et la côte de l'Antarctique au sud de l'océan Atlantique.

    3. - Piri Reis ne peut avoir obtenu ses informations sur cette dernière région auprès des navigateurs de son temps, dans la mesure où l'Antarctique ne sera découverte qu'en 1818, trois siècles plus tard.

    4. - La présence de la côte de la Terre de la Reine Maud sur la carte constitue un véritable casse-tête dans la mesure où les données fournies par la géologie confirment que la date la plus tardive à laquelle elle aurait pu être relevée et cartographiée libre de glace est 4000 av. J-C.

    5. - Il n'est pas possible de déterminer avec précision la date la plus reculée à laquelle une telle tâche aurait pu être accomplie, mais il semble que le littoral de la Terre de la Reine Maud soit resté libre de glaces, de manière durable, pendant au moins 9 000 ans avant qu'il n'ait été englouti entièrement par calotte glaciaire.

    6. - Les premières civilisations connues ne sont apparues qu'au lendemain de la période concernée - après
    4 000 av. J-C.

     

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    En d'autres termes, la véritable énigme posée par la carte de 1513 n'est pas tant le fait qu'elle comprenne un continent resté inconnu jusqu'en 1818, mais qu'elle décrive une partie de la côte de ce continent dans des conditions climatiques qui ont pris fin il y a 6 000 ans et ne se sont pas renouvelées depuis.

    Malgré le soutien retentissant d'Albert Einstein, et bien que John Wright, le président de l'American Geographical Society, ait reconnu par la suite qu'Hapgood avait " émis des hypothèses qui méritaient plus ample vérification " aucun chercheur ne s'est penché depuis lors sur ces étranges cartes anciennes. Bien plus, loin d'avoir été applaudi pour avoir apporté une contribution sérieuse et nouvelle au débat sur les origines de la civilisation humaine, Hapgood, fut jusqu'à sa mort regardé de haut par la plupart de ses pairs, qui, en guise de discussion de ses théories, se bornèrent à " le couvrir de sarcasmes inqualifiables, en insistant sur des vétilles et des faits invérifiables pour fonder leur condamnation, et en cherchant de cette façon à éviter tout véritable débat ".

     

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    " Je reçois souvent des lettres de personnes désirant me consulter sur leur travaux inédits, observait Einstein. Il va sans dire que ces travaux sont dans leur grande majorité dépourvus de la moindre valeur scientifique.
    Le tout premier courrier, cependant, que m'adressa Mr Hapgood, m'a électrisé. Son idée est originale, d'une grande simplicité, et, si rien ne vient la contredire, d'une grande importance pour tout ce qui touche à l'histoire de la surface du globe. "

      


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