• Le Zodiaque de la destinée

    L'interprétation d'un horoscope repose sur certaines règles établies depuis fort longtemps. Le Soleil représente l'apparence physique extérieure et la Lune, la nature profonde et le subconscient. Dans l'horoscope que nous avons pris pour exemple, le Soleil est en plein dans le Capricorne où il restera encore quatre semaines ; la Lune est encore pour deux jours dans le Cancer avant d'entrer dans le Lion. Le signe ascendant est la Balance, mais, quelques minutes plus tôt seulement, elle aurait été dans la Vierge.

    Dans la rubrique astrologique des magazines populaires, seule la position du Soleil est prise en considération. De ceux qui sont nés à la fin du mois de décembre ou dans les trois premières semaines de janvier, on dit qu'ils sont Capricorne, tout simplement.

    Les Capricornes, selon la tradition astrologique, sont volontaires et quelques peu narcissiques : ils sont méfiants, persuasifs, mais sujet à l'irresponsabilité. Pourtant, la Lune dans le Cancer dénote aussi un sens profond de la stabilité, un goût de la sécurité et une bonne aptitude au mariage. La Balance comme signe ascendant suggère une taille élevée, une tournure agréable, des cheveux blonds, des yeux bleus et une bonne santé.

    Ce sont là seulement les points essentiels de l'interprétation astrologique. Par ailleurs, Vénus dans le Sagittaire indique un caractère franc et ouvert en même temps qu'un certain conformisme social. Mercure et Neptune peuvent suggérer des dons prophétiques. Mars dans le Capricorne augure une certaine réussite matérielle et sociale. Si Jupiter et Saturne sont en conjonction dans la Balance, cela indique un tempérament pratique, apte à résoudre les problèmes les plus divers, ainsi qu'une constitution robuste.

    De toutes ces indications différentes, nous commençons à voir se dégager une certaine image d'une personne née aux environs de minuit le 22 décembre 1980.

    Mais l'astrologie va encore plus loin. Nous allons voir que c'est précisément dans ces explorations les plus poussées que la recherche scientifique moderne rejoint curieusement les croyances les plus traditionnelles.

    Dans les analyses astrologiques les plus détaillées, la "configuration" c'est-à-dire la position des planètes les unes par rapport aux autres, prend une importance particulière. Nous savons tous, par exemple, que lorsque le Soleil et la Lune sont en conjonction leurs deux forces de gravitations conjuguées donnent lieu au phénomène que nous appelons 
    " grande marées " ou " vive eau ". Lorsque, au contraire, le Soleil et la Lune sont à angle droit, la hauteur des marées atteint son niveau minimal : c'est la " morte eau ".

    On peut envisager un effet analogue qui serait dû à d'autres planètes plus petites ou plus éloignées : le fait que deux de ces planètes soient en conjonction ou opposées renforcerait cet effet, qui serait au contraire réduit lorsqu'elles se trouvent en quadrature. S'il se rencontre
    une " trinité " de planètes, c'est-à-dire si trois d'entre elles forment les sommets d'un triangle équilatéral et qu'elles sont séparées par un angle de 120° ou par quatre signes du zodiaque, leur effet s'équilibrerait ; il se renforcerait, en revanche, si deux planètes seulement occupaient deux sommets du triangle.

    Il y a un autre élément de l'interprétation astrologique qui doit être considéré, si l'on veut bien comprendre la signification de l'horoscope. Les anciens Babyloniens, qui voyaient les planètes errer dans l'immensité céleste, imaginaient que chacune d'entre elles y avait sa "maison" particulière, où elle retournait régulièrement et qu'elle régissait. Le Soleil , c'est bien évident, est au sommet des sa puissance au cœur de l'été. Lorsque les planètes se trouvaient dans leur propre maison, on estimait que leur influence en était notablement renforcée.

    Une autre conception de ces maisons s'est développée plus tardivement : certains astrologues considéraient que la ligne de partage entre deux maisons différentes passait par le zénith. Ainsi, si l'on divise l'horoscope en douze maisons égales, la maison située juste à l'est du zénith comprendra 29 degrés du signe ascendant et 1 degré du signe suivant à l'ouest. Et ainsi de suite, tout le long du cercle du zodiaque. Il semble que le célèbre astronome et mathématicien Ptolémée, qui vivait à Alexandrie au IIè siècle avant notre ère, ait utilisé cette méthode, dite "maison égale".

    Plus tard, les Arabes, qui avaient en leur possession la plupart des ouvrages de la bibliothèque d'Alexandrie et qui étaient particulièrement versés dans les mathématiques imaginèrent toutes sortes de méthodes compliquées pour calculer la répartition des maisons. Le système ptolémaïque des maisons égales divisait l'écliptique en douze maison égales. Selon le système du mathématicien arabe Ibn Ezra, c'est l'équateur céleste qui est divisé en douze maison égales.

     Si ce système ne présente pas d'inconvénients pour les astrologues effectuant leurs observations près de l'équateur terrestre, il n'en va pas de même pour des latitudes plus élevées, où il contraint à des transformations considérables : ainsi, certains signes occupant 50 degrés du zodiaque doivent alors être compris dans 30 degrés de l'horoscope et inversement. D'autres systèmes ont encore été élaborés, dont le plus ridicule est sans doute celui de Placidus. Celui-ci se basait sur le temps mis par chaque degré du zodiaque pour passer de la partie inférieure du cercle de l'horoscope au plus haut du ciel. Comme, aux environs du cercle arctique polaire, de nombreuses régions du zodiaque restent toujours au-dessous de l'horizon, celle-ci n'apparaissent pas du tout dans l'horoscope de Placidus !

    Si ce système extravagant est toujours utilisé, c'est que l'éphéméride le plus courant, celui de Raphaël, publié quotidiennement depuis près de deux cents ans, se réfère toujours aux tables de Placidus en ce qui concerne les maisons... 

    Chacune des maisons de l'horoscope exerce, dit-on, une influence particulière sur la vie des individus : personnel domestique, emploi, maladie et recouvrement de fonds (maison 6) ; secrets, facultés psychiques et sens des cachettes (maison 12)... Mais les différents astrologues ne se sont jamais accordés sur la question de savoir si chaque division du ciel e douze maisons égales se faisait à partir de l'ascendant ou si les ascendants se trouvaient au milieu de leurs maisons respectives.

    Tels sont les principaux éléments impliqués dans l'interprétation d'un horoscope. Il est nécessaire de les connaitre si l'on veut apprécier les importantes découvertes faites depuis quelques décennies, découvertes qui sembleraient indiquer que ces croyances des âges anciens ne sont pas dénués de fondement.

     


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