• La méthode Coué

     

    Il semblerai que l'être humain possède, au plus profond de lui-même, une formidable énergie psychique, capable de véritables miracles.

    Guérison de maladies graves, suppression de toxicomanies galopantes du potentiel tant physique que mental, éducation générale du comportement, etc.., elle est à même de tout entreprendre. Mais il faut pour cela apprendre à la découvrir, puis à la canaliser dans la bonne direction. L'auto-hypnose, le training autogène et quelques autres techniques de même nature se sont à cet égard montrés des plus efficaces.

    La presse américaine publia un incroyable témoignage. Un homme assurait s'être guéri tout seul d'un cancer du système osseux, rien qu'en visualisant des ours polaires !

    " ... J'ai imaginé pendant des mois, tous les jours et à heures fixes dans une même journée, qu'une meute d'ours blancs s'attaquaient à ma terrible maladie. Ils ressemblaient à celui que j'avais, en peluche, quand j'étais enfant. Durant tout ce temps, ils m'ont aidé à lutter. Ils ont détruit mon mal. Aujourd'hui, ils en sont complètement venus à bout... "

    Une telle déclaration aurait normalement dû susciter l'hilarité des commentateurs et le dépit attristé des spécialistes face à un délire de cette sorte. Rien de tout cela. Le patient avait bel et bien guéri son cancer de cette manière. Plusieurs médecins, qui l'on examiné avant et après la " visualisation d'ours polaires ", sont formels. Le malade, condamné à court terme, moins d'un an auparavant, est définitivement guéri et en parfaite santé.

    Il a pour cela utilisé l'autosuggestion. Ainsi que lui avait conseillé un thérapeute qualifié, il s'est aidé en choisissant l'image de l'ours polaire, chez lui essentiellement sécurisante puisque rattachée à un souvenir d'enfance très agréable. Et tout a remarquablement marché.  

    Comme le remarque Carl et Stéphanie Simonton ou le docteur australien Ainslie Mearses, ce n'est bien sûr pas toujours spectaculaire. 

    " ... L'autosuggestion, qu'elle obéisse aux techniques de l'auto-hypnose proprement dite ou du training autogène, écrit le docteur Mearses, donne des résultats très variables. Il importe en premier lieu qu'elle soit bien conduite, et l'assistance d'un spécialiste est pour cela pratiquement indispensable. Il faut ensuite que le patient effectue un entrainement très strict de ses facultés imaginatives, qu'il apprenne à soumettre sa volonté propre et consciente à la volition profonde de tout son être. Ce n'est pas facile dans la mesure ou le résultat dépend beaucoup plus d'un instinct obscur de réussir que d'un effort spécifiquement volontaire... "

    Derrière ces termes un peu spécialisés se cache une réalité toute simple : il faut apprendre à éveiller en soi la formidable énergie dont nous parlions au début et la mettre correctement en oeuvre.

    C'est un français, le docteur Emile Coué, qui s'est le premier aviser d'étudier scientifiquement cette " énergie du miracle " au début du XXè siècle. Fasciné par les travaux de Bernheim et de Liebeault sur l'hypnose, il s'est demandé très tôt si les prodiges réalisés par le Christ, Mahomet, Bouddha ou leur saints hommes n'avaient pas quelque chose à voir avec les étranges mécanismes psychologiques que révélaient les hypnotiseurs sérieux. 

     En prononçant la rituelle parole " Lève-toi et marche ! " au chevet des paralytiques, tous ces personnages ne faisaient après tout que libérer chez le grabataire une force qui le remettait sur pied. Ils galvanisaient une foi viscérale dans la guérison. L'impact de leur intervention psychique était tel, dans le tréfonds des inconscients concernés que l'effet était la plupart du temps spectaculaire et immédiat...

    Que faisait d'autre un Liébeault ou un Bernheim quand ils persuadaient un patient qu'il allait boire une potion médicamenteuse et complexe alors qu'ils administraient simplement de l'eau colorée ? Sous hypnose, le malade s'autosuggestionnait tellement bien qu'il prenait cette dernière pour ce qu'elle aurait dû être et ressentait tous les effets du médicament pourtant imaginaire...

    Face à la personnalité de Jésus-Christ ou, dans une moindre mesure évidemment, aux inductions de Bernheim, l'énergie mystérieuse se libère instantanément et joue son rôle. Mais pourquoi chacun d'entre nous, quel qu'il soit, ne pourrait-il apprendre lui-même à la maîtriser au moins partiellement et à l'utiliser pour son plus grand bien ?

    Emile Coué multiplia les expériences et finit par mettre au point une méthode qui est demeurée célèbre.

    N'importe qui est, théoriquement du moins, en mesure de l'appliquer sur soi-même. Il s'agit de s'autosuggestionner positivement jusqu'à ce que le désire profond devienne réalité sous l'impulsion de cette énergie irrésistible que l'on est enfin parvenu à susciter.

    En fait, la technique Coué est beaucoup plus complexe que n'ont voulu le laisser entendre ses détracteurs ou simplement ceux qui, par la suite, s'en sont un peu hâtivement moqués. Il ne suffit pas de répéter à longueur de journée : " Je suis le plus fort, donc je vais obtenir ce que je mérite ", ou encore : " J'ai en moi toute la puissance psychique nécessaire pour guérit, donc je guérirai... " pour que le miracle s'accomplisse.

    La répétitivité n'est qu'un élément, nous allions presque dire secondaire, du processus. Coué propose, pour qu'elle devienne efficace, toute une rééducation de l'imagination et de la volonté.

    Il s'agit de préparer le terrain par toute une série d’exercice de développement personnel. Le subconscient doit être littéralement " remodelé " afin que les inductions et suggestions que l'on s'impose créent le potentiel d'énergie psi nécessaire à la réalisation du projet mis en train, qu'il s'agisse de guérison personnelle, de réussite ou simplement d'une réaction du comportement contre une toxicomanie par exemple.

    Quoique astreignante, la méthode n'en demeure pas moins accessible à n'importe qui, dans la mesure ou l'o, dispose d'un bon manuel de base auquel se référer. 

    Elle mérite d'ailleurs d'être pratiquée, ne serait-ce que pour accroître la portée, avec une technique parallèle, comme le training autogène de Schultz, par exemple.

    Cette fois, on est précisément en face d'une méthode d'auto-hypnose puisque l'on reproduit directement sur soi-même les états induits par les suggestions de l'opérateur. 

    Selon la transe obtenue, on pourra entreprendre telle ou telle série de programmes autosuggestifs : désintoxication, guérison physique, développement de la mémoire ou de la concentration, etc...

    Comme dans la méthode Coué, il n'y a pas de miracle, du moins pas pendant la période d'entrainement !

    Schultz, qui travaillait au début du siècle, a soigneusement mis au point, à partir des acquis de l'hypnose dans les décennies précédentes, une démarche progressive vers la maîtrise de certains états seconds au cours desquels il est facile de réaliser les objectifs de Coué.

     Le sujet doit commencer par une prise de conscience corporelle. il lui faut apprendre à relâcher complètement ses muscles, à en contrôler la chaleur et le poids. Ensuite, il doit aborder la régulation cardiaque. Il lui sera possible, après quelques semaines d'entrainement quotidien, de ralentir ou d'accélérer son pouls à volonté. Puis ce sera le tour de l’abdomen, de la respiration, et enfin des zones cervicales. 

    Certains spécialistes affirment qu'il n'est pas tout à fait prudent de mettre en pratique les conseils de Schultz sans un opérateur qualifié. Certes, jouer avec son cœur ou avec ses encéphales droits et gauche suppose des dangers. Mais il n'est pas toujours nécessaire d'aller aussi loin et de s'adonner non plus à l'auto-hypnose légère, mais au fakirisme pur et simple.

     On peut donc soi-même s'auto-induire jusqu'à un certain degré, au niveau du contrôle respiratoire par exemple, et à ce stade imprimer fortement en son subconscient les suggestions de Coué ou d'un autre.

    S'il est déconseillé de soigner seul de cette manière des maladies graves, la méthode est remarquable pour le traitement des petits inconvénients quotidiens : migraines, maux dentaires ou névralgiques, relaxation avant une démarche importante...  Elle donne de même un très bon résultat lorsqu'on l'utilise pour se débarrasser de l'usage du tabac ou de toute autre forme de toxicomanie n'exigeant pas véritablement une intervention médicale. 

    Les sportifs en usent fréquemment avant d'entreprendre une compétition. Et on serait bien avisé de l'apprendre aux étudiants qui se présente à un examen, ainsi qu'aux jeune cadres à la recherche d'un emploi dans cette période difficile !

    Lorsqu'il songeait aux miracles des grands thaumaturges en pratiquant ses expériences, Emile Coué était absolument dans le vrai. Beaucoup de systèmes religieux ne fonctionnent pas autrement - par le biais de la prière, de la méditation et de la foi en général - que sur les bases d'une stimulation de cette énergie inexploitée qui sommeille dans notre subconscient imaginatif. 

    C'est encore plus vrai pour les sectes actuelles que pour les grandes religions révélées, où du moins un profond message théologique, la plupart du temps inédit à leur époque, sous-tendait ce que l'on pourrait appeler les " exercices pratiques " autrement dit le rituel.

    Dans son livre Science et santé, Mary Baker Eddy, la fondatrice de la Christian Science, qui compte des centaines de milliers d'adeptes à travers le monde, montre qu'elle a eu, à la base, exactement la même idée que Coué. Lui en a fait une science, elle, une religion, ou du moins une école de pensée théogonique. 

    Il suffit, selon elle, de se convaincre que l'esprit divin est tout-puissant en même temps infiniment bon. Dans ce cas, la maladie et la souffrance ne peuvent être dues qu'au péché. Se repentir, faire amende honorable et se réconcilier avec cet esprit divin par la prière et le rite apportent donc la santé, tant physique que mentale et spirituelle...

      Dans le  cas de la Christian Science, il est indubitable que ce contrôle auto-hypnotique de millions de personnes sur une base inductives identique vise les objectifs les plus louables : améliorer l'homme  et la société. On ne peut peut-être pas en dire autant de toutes les sectes qui prolifèrent en Occident.

    C'est justement de manipulation trompeuse des esprits par l'application des principes essentiels de Coué et des spécialistes de l'auto-suggestion que l'on a accusé les scientologues, les disciples de Moon ou les adeptes de Krishna.

    Comme toutes les sciences, surtout lorsqu'elles concernent le mystère de l'esprit humain et qu'elles ne sont pas encore complètement explorées, on voit qu'on peut les utiliser aussi bien dans un but maléfique que pour une amélioration efficace de l'être humain.

    En ce qui concerne l'hypnose, l'auto-suggestion et les techniques qui en découlent, certaines recherches démontrent que l'on est seulement sur le seuil de fantastiques univers inexpliqués...

     

     

      

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :