• L'Ane d'or

     

    L'Ane d'or

    Dans l'Âne d'or d'Apulée, le jeune Lucius assiste en cachette à la métamorphose de la sorcière Pamphile en chouette.
    L'imprudent demande à la servante de Pamphile de lui procurer le baume magique dont s'est servie la magicienne. Mais elle se trompe et lui donne un baume qui transforme le jeune homme en âne, symbolisation de ses bas instincts. Il ne reprendra figure humaine qu'après avoir brouté des roses consacrées à Isis.
    Une mésaventure comparable arrive au naïf tisserand Bottom, affublé d'une ridicule tête d'âne, qui, par un sortilège du roi des fées Obéron, devient l'objet de tout les désirs de la reines des fées Titania dans
    Le Song d'une nuit d'été de Shakespeare.

    L'Ane d'or

    L'âne est généralement considéré comme un symbole de la bêtise et du ridicule. En Bretagne, on voit en lui une contrefaçon diabolique du cheval. Au Moyen-Age, on représentait d'ailleurs démons et monstres avec des oreilles d'ânes. Ces même oreilles d'ânes ornaient également, il y a peu, les bonnets dont on coiffait les cancres dans les écoles.

     Dans le conte de Peau d'Âne, un âne magique expulse des pièces d'or en guise d'excréments. Le thème fut repris par le peintre Salvador Dali, qui voyait une corrélation directe entre l'or et l'ordure. Paul Sébillot précise :
    " Parfois des larrons vendent à leurs dupes, en leur faisant accroire qu'ils possèdent ce don, un vieux cheval ou une vieille jument, auxquels ils ont mis un louis sous la queue ". On se souvient d'ailleurs que le roi Midas, qui transformait tout ce qu'il touchait en or, était pourvu d'oreilles d'âne, après qu'Apollon l'eût puni d'avoir préféré la flûte du dieu Pan à la musique du temple de Delphes.

    L'Ane d'or

     

    L'âne est également associé aux excès, notamment sexuels. Priape l’ithyphallique était souvent représenté au côté d'un âne. Les testicules de l'animal passent d'ailleurs pour avoir un fort pouvoir aphrodisiaque.
    Les parties génitales de l'âne entrent également dans la confection de recettes magiques prônées par Albert le Grand :
    " les poils qui sont autour de la verge d'un âne, étant découpés dans du vin, si on les fait boire à quelqu'un, il pétera sur-le-champ. De plus, si on mêle l'écume et la sueur qui se trouvent autour des testicules d'un âne avec du vin, et qu'ensuite on le fasse boire à quelqu'un, il aura le vin en horreur. "

     

    L'âne fait partie des animaux à la signification symbolique très contradictoire. Dans l'ancienne Egypte, il était le plus souvent associé au meurtrier d'Osiris, Seth, et on dessinait dans les hiéroglyphes de l'âne un couteau planté dans son épaule afin d'ôter à ce mauvais présage son pouvoir magique

      

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    C'est grâce au christianisme que l'âne retrouva quelques lettres de noblesse.

    La Bible rapporte pour sa part l'existence de l'âne prophète Bileam qui comprenait mieux la volonté de Dieu que l'homme ; Jésus entra dans Jérusalem sur le dos d'un âne.

    Ce sont un âne et un bœuf qui réchauffent l'Enfant Jésus de leur souffle dans la crèche. Depuis, chaque nuit de Noël à minuit, les bœufs et les ânes s'agenouillent et prophétisent en parlant le langage humain. Mais celui qui, au lieu d'assister à la messe de minuit, cherche à entendre ce qu'ils disent périra avant l'aube. C'est également sur un ânon que Jésus choisit de rentrer à Jérusalem lors du dimanche des Rameaux.
    En signe d'élection, le Christ traça sur le dos de l'animal une croix ;  aujourd'hui encore, certaines races d'ânes portent sur l'échine une croix formée par les poils d'une couleur différente de leur robe.

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    Pour les Anglo-Saxon, il suffit de toucher cette croix le matin de Noël en formulant un vœu pour le voir se réaliser. L'âne christophore est ainsi devenu un symbole d’humilité et de martyre, que l'on trouve évoqué dans le conte de Perrault, Peau d'Âne. Enfin, l'âne est considéré comme ayant la faculté de connaître à l'avance l'heure de sa mort. Lorsqu'il sent le moment fatidique arriver, il va se cacher. C'est pourquoi un proverbe affirme : " Vous ne verrez jamais un âne mort. "

    A une certaine idée de l'âne, symbole de l'humilité et de la douceur, s'oppose une conception tout autre qui voit en lui l'image de la bêtise, de la paresse, de l'obstination et de la luxure sans borne. Sur les  statues romanes, l'âne et le bouc symbolisent l'inertie et la débouche.
    " Bêtise " signifiait aussi au Moyen-Âge le manque de foi et c'est pourquoi l'apôtre Thomas qui avait douté de la résurrection de Jésus, et le judaïsme, sont représentés accompagnés d'âne. Certains tableaux montrent par ailleurs un âne s'agenouillant devant une hostie sacrée tenue par saint Antoine de Padoue.

     

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