• L'Aigle

     

    L'Aigle

    Le " roi " des oiseaux qui descend du ciel pour s'abattre sur la terre est surtout connu comme un symbole de puissance et de combativité ; ainsi, l'aigle est avant tout un symbole héraldique que l'on retrouve sur de nombreux emblèmes nationaux et autres armoiries où il est souvent représenté par soucis de symétrie avec deux tête.

    L'antiquité lui attribuait le pouvoir de regarder le soleil sans ciller, et d'évoluer dans des régions du ciel inaccessibles à l'homme.
    Un texte babylonien dont on ne possède malheureusement plus aujourd'hui que des fragments, relate l'ascension  vers les cieux du roi  Etana porté par un aigle.

    Dans la Rome d'après Jésus-Christ, il devint de coutume , lors de l'enterrement de l'empereur, de laisser s'envoler un aigle tandis que l'on incinérait le corps du défunt car l'aigle symbolisait l'âme du mort s'acheminant vers les dieux.

    L'Aigle

    Dans la ville de Palmyre en Syrie, l'aigle était adoré comme figure du dieu du Soleil. On disait qu'il pouvait rajeunir tel le Phénix.
    Son envolée vers les cieux était d'ailleurs associée par les premiers chrétiens à l'Ascension du Christ. Le soleil, par l'action bienfaitrice de sa lumière spirituelle, était également censé le rajeunir.

    Tueur de serpents et de dragons, l'aigle est le symbole de la victoire de la lumière sur les forces obscures : c'est pourquoi il est représenté dans de nombreuses traditions tenant dans son bec des serpents. 

    L'Aigle

    Sur certains vitraux gothiques l'aigle emporte dans les airs ses enfants encore incapables de voler afin qu'ils apprennent à regarder la lumière du soleil.

    Dans l'iconographie chrétienne, il est associé à saint Jean l'évangéliste mais également au prophète Elie montant aux cieux ou à Jésus : les différentes significations qu'il peut revêtir sont donc toujours positives et c'est pourquoi il était considéré dans l'Antiquité comme attribut de Jupiter. A l'époque chrétienne, il symbolisait la puissante vertu de la justice, mais aussi le péché d'arrogance, apparemment en raison de son regard fixé vers le lointain qui semble ignorer tout ce qui l'entoure.

    L'Aigle

    Dans la symbolique maçonnique, l'aigle à deux têtes, représenté avec une couronne posée sur les deux têtes à la fois, et tenant à l'horizontale entre ses serres une épée, est le symbole du trente-troisième degré du rite écossais.

    Quauhtli ( aigle ) est aussi le nom du quinzième des vingt signes journaliers du calendrier aztèque : il tient ici lieu de présage et confère à ceux qui sont nés sous ce signe à la fois des qualités de guerriers et une tendance au vol et au crime. Dans les milieux guerriers aztèques, l'expression " aigle et jaguar '' désigne deux ordres militaires qui distinguent les troupes d'élite incarnant sur terre la dualité ; sur les décorations étaient donc représentés le plus grand oiseau et le plus grand prédateur terrestre du Mexique.

    La déesse Cihacoalt ( la femme aux serpents ) était aussi appelée Quauh-Cihuatl, la femme-aigle ; elle portait une couronne en plumes d'aigle et était la patronne des femmes mortes en couches.

    Dans la Chine ancienne, l'aigle était également symbole de force et de solidité. L'aigle assis sur un rocher était l'image parfaite du combattant solitaire, l'aigle assis sur un pin celle de la longévité dans toute sa force et son caractère immuable. L'image de l'aigle se battant avec un serpent trouve son origine dans le mythe indien du " roi des oiseaux ", Garuda.
    Celui-ci est en fait la monture de Vishnou. Apparenté aux serpents, il en est autant l'adversaire résolu, formant avec ceux-ci un couple d'opposé qui, selon les systèmes de lecture, peut-être interprété comme la dualité du ciel et de la terre, du haut et du bas, du jour et de la nuit, de l'esprit et de la matière. Il est à noter que dans cet esprit, et dans le cadre de l'ancienne royauté cambodgienne, Garuda symbolisait la souveraineté à caractère solaire, alors que les serpents renvoyaient explicitement à un pouvoir d'essence lunaire.

     

    L'Aigle

    Le même combat entre l'aigle et les serpents se retrouve également dans l'emblème de la capitale aztèque Tenochtitlan.

    L'aigle était aussi un symbole de la domination chez les Huns d'Asie Centrale. Il est d'autre part étroitement lié aux pratiques chamaniques, aussi bien en Sibérie que dans le monde amérindien.
    Lorsqu'il veut soigner un patient, le chaman part en effet à la quête de son âme égarée dans une transe induite par la danse, le chant ou les plantes hallucinogènes. C'est l'aigle qui guide le vol du chaman à travers l'espace, et la plume d'aigle. Cela est très souvent considéré comme une très bonne médecine, car elle emporte le mal avec elle.

    L'Aigle 

    L'aigle est avec le lion l'animal le plus représenté dans l'héraldique européenne, mais toujours d'une façon très stylisée, obéissant à un souci de symétrie et fort éloignée de la réalité. Les qualités héroïques qu'on lui attribue ont incité de nombreux souverains à le choisir comme emblème.
    Des problèmes de symétrie et les difficultés rencontrées pour représenter un aigle sur une surface plane ont très tôt conduit à le dessiner avec deux têtes : on trouve ainsi en Orient, dès l'Antiquité, l'image de l' "aigle à deux têtes "  qui devint notamment à partir de 1433 l'emblème de l'empereur du Saint-Empire romain germanique.
     

    L'Aigle 

    A la chute de l'empire en 1806, l'aigle à deux têtes devint le symbole de l'empire d'Autriche et du royaume serbe, et il constitue encore aujourd'hui une partie de l'emblème national albanais.

    Böckler nous explique :  " L'aigle est, au sein de la volière royale, le seul oiseau qui puisse regarder le soleil sans détourner les yeux, qui ne manque jamais sa proie et qui soit capable de rajeunir ; il est celui qui vole le plus haut et ceux qui étudient les oiseaux le considèrent depuis toujours comme le signe de la victoire. "
    La première chose que vit Romulus alors qu'il se trouvait encore sur la colline de l'Aventin était un aigle et il comprit que c'était là un signe du destin : c'est pourquoi à la tête de son armée se trouvait toujours un aigle en guise de bannière.

    Il existe six espèces d'aigles se nourrissant de leurs proies vivantes, et les espèces inférieures s'attaquent aux charognes. L'aigle ne représente pas la majesté impériale en personne, il est l'emblème de l'empire romain.

    L'aigle dessiné sur fond d'or montre à Dieu la personne dont l'étoile brille d'un éclat particulier, et qui répand le calme et inspire le respect "

    L'Aigle

    Dans le même ordre d'idée de la majesté royale, l'aigle a toujours symbolisé en Perse, que ce soit avant ou après la conversion à l'Islam, la puissance de la souveraineté ainsi que la force invincible ou la promesse de victoire. C'est sous ce signe qu'il apparaît dans les rêves ou les songes oraculaires, et il renvoie à l'idée de la puissance divine sans laquelle aucun roi ne peut se prétendre légitime.

    La psychologie voit dans le symbole de l'aigle un " être ailé et puissant évoluant dans le ciel bleu de l'esprit ", et l'apparition de l'aigle au cours d'un rêve est considéré comme une chose positive.
    Il convient cependant de s'interroger lorsque des pensées, en rapport avec l'aigle, surgissent à divers moments de la vie quotidienne et remettent en question le cours de l'existence, qui se trouve alors sous l'emprise de la " passion dévorante de l'esprit ".

    L'Aigle 

    Cela explique également que l'aigle soit devenu le symbole de Jean, l'évangéliste le plus proche du monde spirituel.

    Les bestiaires du Moyen Age comparent l'aigle à Adam. Le " roi des oiseaux " se meut dans les sphères les plus hautes des cieux, mais il se laisse tomber sur terre dès qu'il y aperçoit une proie.
    De même Adam était à l'origine tout proche du Ciel, jusqu'à ce qu'il aperçoive le fruit défendu qui l'attira sur terre.

      L'Aigle

       


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :