• Jeanne d'Arc - 4. Emblèmes et symbolisme

     

    Jeanne d'Arc - 4. Emblèmes et symbolisme

    La confrérie des cornards urbaine remontait, comme tant d'autres,  au Vè siècle de l'ère chrétienne ou du moins avait été réorganisés à cette époque.  

    Grasset d'Orcet nous a laissé une description et une interprétation d'un ex-voto ayant décoré une église de Langres : il représentait la patronne des cornards de Saint-Marcel, entourée de saint Michel et de Jeanne.
    La Pucelle est armée de toutes pièces et porte une cotte rouge garnie de grains d'argent, qui, par le truchement de la cabale phonétique, désigne la ville de Langres.

    Jeanne d'Arc - 4. Emblèmes et symbolisme

      Son heaume est couvert d'un capuchon frangé de bleu, qui appartenait à la confrérie des Francs Jacques Pseaulmes, charbonniers royaux langriens. La couleur rouge de la cotte est celle des dames de Remiremont. La pièce capitale de ce document est la bannière que porte la Pucelle, dans la mesure où elle diffère de celle qui l'accompagne habituellement. Pour Grasset d'Orcet, la mission particulière que Jeanne avait reçue des cornards champenois y est transcrite.

    Précisons que, dès l'époque carolingienne, la nation était divisée en deux classes ayant chacune son étendard et son héraut. Clergé et noblesse avaient l'oriflamme rouge : leur héraut se nommait Montjoie et leur cri était Montjoie Saint-Denis !

    Le peuple formait la classe des pouiers, ou païens, celle des gens du pays, ou paysans. Son étendard était blanc et noir, ou blanc et bleu, et se nommaient beauceant, ainsi que son héraut. Son cri était aussi Beauceant.
    Le blanc était la couleur des campagnards et le noir ou le bleu celle des citadins ou bourgeois non nobles.

    L'ensemble de ces trois couleurs, mises sur pied d'égalité, constitue l'actuel drapeau tricolore français...

    Jeanne d'Arc - 4. Emblèmes et symbolisme

    L'étendard de la Pucelle, bien que différent du beauceant blanc et noir à damier n'en portait pas moins les couleurs. C'était un étendard blanc semé de lis d'or, avec " la figure de Notre-Seigneur assis en son tribunal parmi les nuées du ciel, et tenant un globe en ses mains ".
    A droite et à gauche étaient deux anges en adoration, l'un des deux portant une branche de lis que le Seigneur semblait bénir. Après était écrits les mots : Jhesus Maria, que Jeanne avait pris pour devise et que l'on retrouve, séparés par une croix pattée, analogue à celle des templiers, sur le seul de ses trois anneaux qui nous soit parvenu. Si le fond de cet étendard était blanc, le groupe des personnages était coloré de bleu.

    Rappelons que l'étendard de Jeanne fit scandale lors du sacre de Reims. L'histoire ne nous précise pas si elle portait cet étendard, ou le beauceant, mais la bannière populaire paraît fort probable dans la mesure où elle déclara à propos de son étendard hors de son procès : " Il avait été à la peine, il devait être au plaisir ". Le mot plaisir renvoyant au terme joie de la devise de la baillie.

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    Le scandale s'explique d'autant  plus que le beauceant populaire avait été aussi l'étendard de l'ordre du Temple, et certains auteurs font de la Pucelle une représentante d'un Temple clandestin qui se serait maintenu secrètement après l'arrestation de 1307, ne serait-ce que parce que son épée était aussi celle de Bertrand du Guesclin que certains s'accordent à considérer comme grand maître d'un ordre templier clandestin.

    La présence des couleurs du beauceant lors du sacre était une reconnaissance explicite du rôle des confréries populaires et, plus particulièrement, celui des cornards de Langres. Comme on le sait, le roi renouvelait publiquement dans la cathédrale de Reims le pacte que Clovis avait conclu avec Remi, et il n'y était admis que l'étendard de la baillie.

    Jeanne d'Arc - 4. Emblèmes et symbolisme

    Ainsi, la présence, au sacre de Charles VII, de la Pucelle, habillée en homme et portant les couleurs populaires, témoignait publiquement du rôle des confréries dans la lutte contre les Anglais et signifiant, aussi, qu'elle entendaient dorénavant prendre ouvertement part aux affaires du pays. N'avaient-elles pas financé le sacre et la guerre et accepté de payer de manière fixe et permanente la taille, ce qui sera confirmé aux états généraux d'Orléans en 1439 pour obtenir que, dans les parlements, le tiers état ait voix égale ?

    Cette action en faveur de la représentation démocratique n'est nullement en contradiction avec celle que l'histoire traditionnelle lui assigne.
    Cela n'en exclut pas davantage le rôle occulte de Yolande d'Anjou, favorable à la participation populaire, et dont le fils, René d'Anjou, et la mère, Yolande de Bar, furent grands maîtres du Prieuré de Sion.

    Ainsi, par Yolande d'Anjou, avec l'assentiment de cette maison et l'accord de celle d'Orléans, Jeanne, princesse d'Orléans, soutenues par les classes populaires, fut l'ambassadrice du Prieuré de Sion.

     


  • Commentaires

    1
    Dimanche 23 Août 2015 à 22:35
    Intéressant article qui correspond à nos vues de l'épopée johannique. Merci de nous contacter!
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