• Doris Stokes - Médium de la télévision australienne

    L'apparition de Doris Stokes à la télévision australienne suscita une certaine émotion. Le standard fut submergé par les appels, les lettres affluèrent et la chaîne n°9 supprima Startsky & Hutch pour laisser l'antenne à une seconde émission d'une heure sur la fille du forgeron anglais.

    Aucune autre personnalité n'a eu eu un tel impact sur les spectateurs australiens. Pourtant, Doris Stokes n'est pas une superstar.
    Elle habite avec son mari, John, un modeste appartement à Londres et se considère comme quelqu'un de très ordinaire.

    Elle possède néanmoins un don surnaturel qui la place en marge : elle est médium et prétend pouvoir parler aux morts...

    Après avoir été interviewée par Don Lane au cours de son populaire débat télévisé, Doris Stokes fut invitée à transmettre des messages aux personnes qui se trouvaient dans le studio. C'est une chose qu'elle fait régulièrement dans les églises spirites d'Angleterre, sans créer beaucoup de remous.

    Cependant, pour les téléspectateurs australiens, le spectacle d'une femme " parlant " aux esprits était tout à fait stupéfiant. Ils en demandaient davantage, et la télévision australienne se fit un plaisir de les satisfaire.

    Qu'est-ce qui suscite un tel succès ? Sans aucun doute la façon directe et intime de Doris Stokes de jouer l' " intermédiaire " mettant en relation les noms et les informations qu'elle prétend tenir des morts. Ce sont surtout des vois qu'elle entend, différentes par leur accents et par leurs intonations. Aussi la connait-on plus comme " clairentendante " que comme " clairvoyante ".

    Le bon sens et la bonhomie dont elle fit preuve à la télévision attestèrent le fait qu'il n'y a rien d' " ésotérique " dans sa démonstration. Elle se tint simplement devant son auditoire et attendit les voix pour donner ses informations.

    " Pour la dame là-bas, dit-elle, se tournant vers l'un des invités de Don Lane, j'entends un homme nommé Bert.
    - C'est mon beau-frère, répondit la femme dans un souffle.

    - Il dit qu'il est passé très rapidement.
    - C'est vrai
    - Qui est Wyn ?
    - C'est moi "

    D'une manière générale, ses messages sont assez insignifiants, mais les intéressés sont convaincus, par la précision des noms et des détails, qu'ils assistent là à un phénomène extraordinaire. La question n'en subsiste pas moins : y a-t-il vraiment communication avec les morts ou s'agit-il simplement de perception extra-sensoriel ? A chacun d'en décider pour lui-même, comme Doris Stokes le fit dans son enfance.

    Ses dons de médium se révélèrent en effet dès son plus jeune âge, quand elle se rendit compte qu'elle décrivait ou présidait des choses dont elle n'avait pas pu avoir connaissance normalement. Cela chagrina beaucoup sa mère. Son père, naturellement médium comme elle, comprit et ne fit rien pour la décourager.

    Ce ne fut pourtant qu'après son mariage et la mort de son père que ses pouvoirs de médium se développèrent : ses expériences achevèrent de la convaincre qu'elle était en contact avec des gens décédés.

     

    Elle fit son expérience personnelle la plus dramatique pendant la Seconde Guerre mondiale. Son mari fut déclaré mort au combat et un médium d'une église spiritualiste voisine " confirma " qu'il avait bien été tué. Doris Stokes retourna chez elle auprès de son bébé. Elle a décrit dans son autobiographie, Voices in my Ear, ce qui se passa ensuite : " La porte de la chambre s'ouvrit si brusquement que je crus que c'était ma mère qui faisait irruption dans la pièce. C'était mon père. Je restai bouche bée.
    Il paraissait aussi réel que de son vivant...

    - Père ? chuchotai-je 
    - Je ne t'ai jamais menti, n'est-ce pas petite ?
    - Non, c'est vrai, répondis-je
    - Je ne te mentirai pas d'avantage aujourd'hui. John n'est pas avec nous et tu en auras la preuve à Noël.

    Puis, comme je l'observai, il disparut... "

    Trois jours plus tard, une lettre arriva du War Office, annonçant la mort de John. Mais tandis que tous était affligés, la " veuve " refusait de le croire. Toutefois, elle ne sut que son père avait dit vrai que le jour de Noël, comme il l'avais prédit.

    Doris ne s'était jamais exercée, à une exception près, mais elle se senti terriblement mal à l'aise. Elle se retrouva dans un salon au milieu de 
    " vieux excentriques gloussant d'admiration autour d'un médium autoritaire ". Ils étaient tous assis sagement, les yeux fermés, attendant la venue des esprits pour communiquer avec eux. Doris ouvrit les yeux quand une grosse dame se leva et annonça majestueusement, d'une vois très grave mais qui, de toute évidence, était la sienne, quelle était Sitting Bull ! Doris n'arrivait pas à le croire : toutes ces respectables personnes prenaient leurs divagations tellement au sérieux !

    Sitting Bull lui adressa alors des paroles dures ; elle dût décroiser les jambes et mettre ses pieds bien à plat sur le sol pour " se servir du pouvoir de la terre ". Doris se fit l'effet d'une petite lampe humaine et pensa que tout cela était assez ridicule. Elle ne revint jamais. 

    En fait, elle n'avait pas besoin de s’entraîner. Il devint bientôt évident que ses dons surnaturels particuliers pouvaient aider et réconforter les familles des défunts et les désespérés. Elle commença à donner
    des " séances " aussi bien sur des estrades publiques que chez des particuliers. Elle ne promis jamais de " passer de l'autre côté " pour communiquer avec une personne en particulier : elle mit son auditoire en condition, confiante dans le fait que les esprits leur parleraient peut-être à travers elle. Ils l'ont rarement déçue.

    Doris a remarqué que la voix est d'autant plus forte que la personne est morte depuis longtemps : ceux qui viennent de décéder ont tendance à être moins audibles. Parfois les voix se taisent toutes ensembles. Maintenant, elle a appris à s’accommoder de ces périodes de silences, mais, au début, elle fut tentée de tricher...

    Elle était jeune et consciente d'être " spéciale " en raison de ses étranges capacités : tout l'encourageait, par conséquent, à se mettre en valeur. Quand les voix se turent, la laissant seule et abandonnée sur une estrade devant une foule de gens rassemblés, elle n'eut qu'une seule idée : se précipiter chez un médium expérimenté pour lui demander conseil. Celui-ci lui suggéra d'arriver en avance dans la salle ou devait se tenir la réunion, de provoquer et d'écouter les conversations des personnes présentes :
    " Relevez les allusions, les noms, les dates, etc. Les gens parlent toujours de leurs aspirations. Prenez discrètement quelques
    notes ; si vos voix se taisent brusquement, vous pourrez toujours les consulter et " baratiner ". Les gens repartiront chez eux satisfaits ! "

    Doris reconnait qu'elle a essayé de tricher deux fois de cette façon. La première, elle glissa ses notes dans son livre de cantiques, espérant bien qu'elle n'aurait pas à s'en servir. Mais au milieu d'un message à une dame de l'assistance, les voix s'évanouirent. Blême, Doris chercha ses notes. Elles avaient disparu. Tant bien que mal, se rappelant des bribes de ce qu'elle avait entendu et inventant le reste, elle acheva
    la '' communication ", mais remarqua que la dame paraissait abasourdie... c'était un tel embrouillamini !

    Mais ce ne fut pas là le pire qui lui arriva. Les voix revinrent aussi soudainement qu'elles avaient disparu. Doris transmit deux messages authentiques, puis s'aperçut que son guide spirituel, dont le nom est Ramononov, reprenait et disait : " Maintenant, revenons à madame, vous allez vous excuser auprès d'elle et lui dire que la dernière partie du message ne venait pas de l'au-delà. "

    Horrifiée à la pensée de devoir subir une humiliation publique, Doris hésita, puis se lança : " Je suis absolument navrée. Je dois avouer que la dernière partie de votre message ne venait pas de l'esprit, mais de moi. "Heureusement, la dame se montra compréhensive et dit : " Je trouvais cela bizarre, vous aviez été si parfaite jusqu'à présent. " Cette réunion se termina dans une ambiance assez amicale. Toutefois, Doris n'en tira pas tout de suite la leçon. Elle essaya le même " tour de passe-passe " à une autre réunion. Une fois de plus Ramononov  intervint. Elle ne le refit plus jamais !

    A vrai dire, il arrive encore que les voix s'évanouissent pendant de court moments, mais, maintenant, Doris meuble le temps de silence par un cantique ou une conversation générale. Les vois reviennent toujours. 
    Il faut reconnaître un certain courage à Doris Stokes pour dire à son auditoire, qui a fait parfois des centaines de kilomètres pour la voir et l'entendre : " Il y a quelque chose que je ne parviens pas à entendre, nous allons attendre. "

    Les gens qui ont recours aux médiums sont la plupart du temps profondément déprimés. Ce qui met Doris Stokes au-dessus du médium ordinaire, c'est précisément son extraordinaire bon sens et son naturel. Pour elle, le monde de l'au-delà est aussi concret que notre monde
    d'ici -bas, et sa conviction profonde de l'existence d'une vie après la mort se communique d'elle-même à son auditoire.

    Ses messages individuels et souvent très personnels, supposés venir des défunts, ont souvent un contenu urgent: un veuf très éprouvé fut averti par sa femme qu'il ne devait pas prendre la dose de médicament qu'il avait préparée. Il fut très impressionné par le fait que personne en dehors de lui-même ne connaissait ses intentions.

    Voici la colère de son épouse rapportée par Doris :
    " Votre femme se fait beaucoup de soucis pour vous. Elle dit que ce n'est pas une chose à faire. Vous ne devez pas le faire. Elle vous attend et, même si elle est partie, elle vous assure qu'elle sera au rendez-vous quand il sera temps, mais que vous devez attendre qu'il soit l'heure, sinon vous le regretterez. "

    Plus d'un médium a eu l'occasion de porter ce genre de message :
    Presque toutes les religions condamnent le suicide. Mais Doris lui donne une force supplémentaire en " prouvant " la survie de l'épouse de cet homme par l'apport de nombreuses informations personnelles que seuls le veuf et son épouse ont pu connaitre. Soutenu par la conviction que sa femme " l'attendrait ", l'homme repartit chez lui pour y passer le reste de sa vie terrestre.

    Doris elle-même dut, en quelques occasions, faire appel à des médium.
    Une fois, par exemple, à l'âge de trente trois ans, alors qu'elle espérait être à nouveau enceinte après voir perdu son premier enfant, elle bavardait avec un ami, Walker Brookes, un médium réputé du Yorkshire. Celui-ci demanda brutalement si elle sortait de l'hôpital.
    " Non ", répondit Doris, qui se sentait en forme.

    Un instant, dit-il, c'est sérieux. J'ai bien peur que vous ne soyiez obligée d'aller à l'hôpital, le 1er juillet, je pense, pour une intervention à votre côté droit. Ils diront que vous êtes mourante, mais votre père veut que vous notiez ceci : c'est le nom d'une personne que vous devez demander, celui de madame Marrow. "

    Au mois de juillet, Doris Stokes fut soudain prise de violente douleur à l'estomac. Elle fut transportée d'urgence à l’hôpital, où l'on diagnostiqua une grossesse ultra-utérine. On informa John Stokes que l'on ne pouvait plus rien faire pour elle. Elle était mourante.

    Se souvenant su message du père défunt de Doris, John Stokes demanda aux médecins s'ils connaissaient une madame Marrow. Quand ceux-ci lui répondirent par l'affirmative et lui dirent qu'elle était gynécologue à l'hôpital de Nottingham, il insista pour que sa femme soit transférée dans cet hôpital. Grâce aux soins éclairés de madame Marrow, Doris se rétablit. Elle put reprendre bientôt son travail de médium, transmettant des messages qui pouvaient bien sauver la vie des autres.

    Après le succès que connu sa première visite en Australie, Doris refit en 1980 une tournée tout aussi triomphante, cette fois à la télévision et à la radio.

    Que l'on ait permis aux médium comme Doris Stokes de faire la démonstrations de leurs pouvoirs devant une aussi vaste assistance mécontente bien sûr les détracteurs du spiritisme. Mais Doris est heureuse d'être appréciée sur les résultats. Ils parlent d'eux-même...
    Sans que ces détracteurs puissent les expliquer ! 

     


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