





En effet cette 104è sentence fut celle de Benoit XV (1914-1922) sous le règne duquel eut lieu la Première Guerre mondiale et la révolution bolchevique qui, avec leurs millions de morts, dépeuplèrent vraiment la chrétienté. Une fois de plus les foules trouvaient dans l'antique prophétie une explication à leurs angoisses.
Dans celle de Pie XI, "Fides intrepida (la foi intrépide), on se plut à voir le pape des missions lointaines et de l'action catholique, preuves d'une foi intrépide.
Pie XII fut le pasteur angélique, "Pastor angelicus", de la devise suivante. Ce pontife visionnaire et mystique auquel la Vierge serait apparue et qui proclama le dogme de l'Assomption méritait bien cette appellation flatteuse. 
"Pastor et nauta" (Le pasteur et le pilote) fut celle de Jean XXIII (1958-1963). Archevêque de Venise, il fut aussi le pilote de l'église et son pasteur en lui donnant le coup de barre décisif quand il convoqua le concile de Vatican II qui allait l'engager dans des voies nouvelles.
Avec Paul VI (1963-1978) nous arrivons aux derniers papes de la "Prophéties sur les papes" de Malachies. Dans ce cas il fallut recourir à l'héraldique pour expliquer sa devise, "Flos florum (La fleur des fleurs). Ce pontife était en effet natif de florence, ville qui porte un lys dans son blason, lequel, en héraldique, est appelé la "fleur des fleurs".
Lorsqu'en 1978 fut élu pape sous le nom de Jean-Paul Ier l'obscur cardinal Albino Luciani, on ne manqua pas de scruter sa sentence, "De medietate lunea (De la moitié de la lune, ou par la méditation de la lune). Celle-là est difficile à interpréter. Au moment de son élévation sur le trône de Pierre, certains firent remarquer qu'elle visait la première partie de son nom. Lu, c'est-à-dire la moitié de lune. Mais sa mort subite, au bout d'un mois seulement de pontificat, frappa les esprits et on crut que la prophétie évoquait plutôt son très court règne et sa mort solitaire dans le silence de la nuit, sous le signe de l'astre lunaire.
Jean-Paul II, élu en 1978 est attribuée la 110è et avant dernière légende. "De labore solis" (Du labeur du soleil). Elle semble assez bien vérifiée que le pontife polonais, le premier pape non italien depuis Adrien VI en 1523, vient de l'Orient, de l'est de l'Europe, là où le soleil se lève.
A Benoit XVI élu en 2005 est attribué la sentence "(De) gloria olivae" (de la gloire de l'olive). Cette devise termine la liste des papes dits "traditionnels" au sens propre du terme, pour laisser place ensuite au dernier "soi-disant successeur" de l'apôtre Pierre qui n'a certainement jamais mit les pieds à Rome, sauf pour y vivre sa dernière heure et y être mis à mort. Sa prophétie reste encore assez floue. Certains la mettent en parallèle avec un autre texte prophétique, "l'Apocalypse" de saint Jean : de la "prédication des deux témoins" que mentionne ce livre, à l'apparition du sixième ange. N'oublions pas que cet ange de l'Apocalypse précède le septième et dernier, celui qui doit annoncer la fin du monde et le jugement final. Or ces deux "témoins" sont désignés sous le nom étrange d'"oliviers".
Petrus Romanus (Pierre le Romain). Cette dernière prophétie apparaît pour la 1re fois dans l'édition princeps d'Arnold de Wyon du Lignum Vitae de 1595. Dans cette édition, elle est rédigée ainsi :
« Dans la dernière persécution de l'Église Chrétienne siégera Pierre le Romain qui fera paître ses brebis à travers de nombreuses tribulations. Celles-ci terminées, la cité aux sept collines sera détruite, et un Juge redoutable jugera son peuple ».
Sur cette longue sentence se termine la prophétie de saint Malachie. Elle annonce évidemment la venue d'un pape qui prendrait le nom de Pierre II, qui serait l'ultime pontife de l'Eglise romaine avant la fin du monde symbolisée par la destruction de la ville aux sept collines, c'est-à-dire, Rome.
Ainsi se termine la prophétie publiée par Arnold de Wyon. La dernière sentence se trouvera-t-elle vérifiée comme de nombreuses autres ?
Seul l'avenir, un avenir tout de même assez proche le dira. Le mieux ici est de se taire et de rêver.
La prophétie du moine Malachie est à tout le moins un bon instrument pour permettre aux hommes que l'avenir angoisse de s'interroger sur leur destin...