• Robert-Houdin

     

    Houdini

    Nous somme en 1856, en Kabylie. En pleine insurrection. Les révoltés, fanatisés par leurs marabouts et d'autres faiseurs de miracles, résistent héroïquement à l'armée française, pourtant supérieure en nombre et en armement. Mais que peuvent les armes face aux indigènes totalement envoûtés par les magiciens des sables ? Donc , là où la force est sans résultat, d'autres pouvoirs vont entrer en jeu, et de manière décisive...

    C'est alors que, sur la scène du théâtre d'Alger, se déroule une séance qui devait rester longtemps gravée dans la mémoire de ceux qui y assistèrent. Devant un parterre d'aghas, de bachaghas, de caïds et de cheikhs, un français d'une cinquantaine d'années, élégamment vêtu, fait alterner les démonstrations fantastiques.

    Robert-Houdin

     Il demande à un Arabe de monter sur la scène et le prie de soulever une caisse en fer. L'Arabe, sans grand effet la soulève en ricanant.
    " Maintenant, lui dit l'illusionniste, je vais t'enlever toute ta force et te rendre aussi faible qu'une femme. "

    Cette fois, en effet, l'autre a beau s'acharner, il n'arrive pas à soulever le coffre du sol. Il retourne dans la salle, grave et silencieux, retient son souffle. Le Français salue la salle, se tourne vers le coffre et le soulève sans difficulté.

    Robert-Houdin

    Le coffre étant posé sur un électro-aimant, toute la magie consistait, en l’occurrence, à faire passer un courant électrique pour le coller au sol et à couper le courant pour le libérer. ( Cela nous parait simple aujourd'hui, mais ce n'était pas moins une des premières fois que l'on utilisait l'électricité dans une expérience de magie. )

    Pendant le même spectacle, le sorcier français se présenta aussi comme un homme invulnérable. un marabout, monté à son tour sur la scène, prit le pistolet qu'il lui tendais, s'assura que l'arme n'avait subi aucune modification et la chargea d'une balle de plomb qu'il marqua avec un couteau pour pouvoir la reconnaître par la suite. L'illusionniste piqua une pomme au bout d'un couteau et la plaça devant son cœur en criant au marabout : " Tire ! "

    Robert-Houdin

    Une détonation retenti, au grand effroi de la salle. Calmement, le magicien montra la pomme dans laquelle la balle s'était plantée sans la traverser. Le marabout put alors reconnaître la balle marquée avec son couteau. Après quelques autres expériences non moins ahurissantes, une panique indescriptible s'empara du public. Ce fut un sauve-qui-peut général...

    Le magicien français se nomme Robert Houdini, mais s'il se trouve ce jours-là à Alger, ce n'est pas tellement en qualité d'artiste. En effet, le colonel de Neveu, chef du Bureau politique d'Alger, l'a chargé, en grand secret de la mission suivante : démontrer aux Arabes qu'un Français vaut bien, sinon dépasse, tous leurs marabouts et battre ainsi en brèche l'influence de ces derniers chez les révoltés.

    Robert-Houdin

    Après la représentation d'Alger, Robert-Houdin, poursuit sa mission au cours d'un voyage dans l'intérieur du pays.  Un jour, dans un douar, il organise une sorte de duel avec un Arabe. C'est encore un marabout. Le magicien prie son adversaire de tirer le premier. Celui-ci appuie sur la détente, le coup part et Robert-Houdin montre tranquillement qu'il a attrapé la balle entre ses dents. Maintenant, c'est à son tour de tirer.  

    " Regarde, dit-il, je pourrais te tuer, mais j'en ai décidé autrement. "
    Il dirige son arme vers un mur, tire, et sur la blancheur du mur apparaît une large tache de sang. L'Arabe se précipite, frotte son doigt contre la tache et le porte à sa bouche : " C'est vrai ! s'écrie-t-il. C'est du sang. Tu es plus fort que nous ! Certes, pour ce tour qu'il expliquera plus tard dans ses mémoires, Robert-Houdin s'était particulièrement préparé, car il avait affaire à des spectateurs méfiants et surtout à des adversaires vigilants et redoutables, les marabouts, dont la puissance était en jeu.
    Mais, cette fois, il n'eut pas de contradicteurs. Il avait gagné, et une fantasia fut donnée en son honneur. En récompense de ses services, le gouvernement de Napoléon III lui offrit une importante somme d'argent qu'il refusa. Il estimait avoir rempli une mission militaire.

    Robert-Houdin

    Mais qui était cet homme, qui étonna toute l'Europe et une partie de l'Orient ? Pour le savoir, il nous faut revenir au début du siècle.
    Robert-Houdin s'appelait en réalité Jean Eugène Robert et était le fils de l'horloger Prosper Robert. Il naquit à Blois, le 7 décembre 1805, et fut, dès son plus jeune âge, passionné par la mécanique de précision.
    D'après ce qu'il raconta plus tard, ce fut seulement par hasard qu'il rencontra la magie.

    Travaillant comme apprenti chez son cousin Robert, horloger lui aussi, il se rend un jour chez un bouquiniste de la ville pour y acheter le faeux traité d'horlogerie de Berthoud. Rentré chez lui pour étudier, quelle n'est pas sa surprise quand il s'aperçoit qu'on lui a vendu par erreur un Dictionnaire encyclopédique des amusements des sciences, dont les différents chapitres portent des titres étranges comme " Deviner la pensée de quelqu'un ", " Démonstration des tours de cartes " ou bien
    " Comment couper la tête d'un pigeon et le ressuscité " !

    Robert-Houdin

    Evidemment, le jeune garçon devrait retourner changer le livre, mais la curiosité l'emporte, et il passe la nuit à déchiffré avec ferveur le secret des prestigieuses expériences qui rendent possible le merveilleux. C'est une véritable révélation : il deviendra prestidigitateur !

    Mais pour l'instant, il lui faut gagner sa vie. Ayant fini son apprentissage il devient ouvrier horloger chez un certain Noriet, à Tours.
    Il gagne trente-cinq francs par mois nourri et logé. C'est là qu'un jour, pour avoir trop raclé une casserole de cuivre contenant du ragoût, le jeune Jean Eugène est empoisonné par le vert-de-gris. Pendant des semaines, il délire, entre la vie et la mort, exigeant dans ses rares instants de lucidité qu'on le laisse mourir dans sa ville natale, Blois.
    Profitant d'un moment où la surveillance de ses patrons s'est relâchée il réussi à s'enfuir. Il monte dans la diligence, dont il est le seul voyageur.
    Pendant le trajet, pris d'un malaise soudain, il ouvre la portière, tombe sur la route et s'évanouit.

    Robert-Houdin

    Lorsqu'il se réveille, il se retrouve dans la roulotte d''un saltimbanque qui l'a receuilli, inanimé, au bord du fossé. Ce salimbanque prétend s'appeler Torrini et être... prestidigitateur !

    Plus tard, il confiera son histoire à Jean Eugène Robert. Son vrai nom est Edmond de Grisy, et il est le fils d'un riche aristocrate languedocien. Il a tout d'abord exercé la médecine mais, un jour, ayant assisté à l'exhibition d'un escamoteur célèbre, il a décidé d'abandonner sa première profession pour se consacrer à la prestidigitation. Bientôt, sa renommée sera si grande que le pape Pie VII exprimera le désire d'assister à l'une de ses représentations : le succès obtenu sera tel qu'il consacrera définitivement la gloire d'Edmond de Grisy. Quelque temps plus tard, pourtant, un drame effroyable devait briser sa carrière.

    Robert-Houdin

    Au cours d'une expérience appelée " Le fils de Guillaume Tell " il devait viser la tête de son propre fils avec un revolver chargé à blanc. Par malheur, le hasard voulut qu'un soir le revolver contint une balle véritable. L'illusionniste tua son enfant. Sa femme ne survécut pas à cet accident affreux.

    Le pauvre homme, décidant de briser avec son passé, abandonna son nom et s'appela désormais Torrini. Il acheta une roulotte et parcourut, solitaire, les routes de France, le cœur à jamais chargé de remords.

    Robert-Houdin

    Un jour, en passant sur la route de Tours à Blois, il découvre au bord du fossé un adolescent inanimé qui n'est autre que Jean Eugène Robert et qui ressemble étrangement à son fils disparu. Profondément ému, il l'installe dans sa roulotte, le soigne et le traite comme son propre fils.
    Lorsqu'il apprend que son protégé est, lui aussi, féru de magie, il décide de lui apprendre toutes les finesses de son art.

     Si bien qu'un beau soir, Jean Eugène prend son courage à deux mains et se produit en public, pour la première fois de sa vie, devant des villageois. Il leur présente " Les pyramides d'Egypte ", " L'oiseau mort et vivant ", " L'omelette au chapeau " et quelques autres tours non moins miraculeux.

    Robert-Houdin

    Il décide de rentrer à Blois et y donne une série de représentations privées. Au cours de l'une d'entre elles, il fait la connaissance d'une charmante demoiselle : Cécile Eglantine Houdin. Ils se plaisent, se le disent et se marient. Dès lors, Jean Eugène Robert partagera avec sa femme non seulement sa destinée mais aussi son nom : il s'appellera Robert-Houdin.

    Le jeune couple s'installe à Paris et bientôt, grâce à l'aide financière du beau-père, Robert réalise un rêve qui le hantait depuis longtemps : il fabrique des automates et crée un cabinet de curiosités mécaniques. Parmi les merveilles qui naissent de ses doigts, l'une des plus charmantes s'appelle " La leçon de chant ". Cette petite construction dorée représente un balcon, auquel on accède par un escalier à double révolution. Sur le balcon, une dame est assise auprès d'un guéridon sur lequel est posée une boite à musique. Devant elle, un oiseaux minuscule, rose et bleu, se tient sur son perchoir. La dame tourne la manivelle de la boîte à musique, qui joue un air, et l'oiseau répète de son mieux, d'abord tès mal, alors la dame le fait recommencer jusqu'à ce qu'il sache entièrement la leçon.

    Robert-Houdin

    A l'exposition universelle de 1844 il se fait remarquer par une réalisation étonnante : " L'écrivain-dessinateur ". Le roi Louis Philippe s'arrête devant l'ingénieux appareil et lui pose plusieurs questions auxquelles l'automate répond exactement en s'inscrivant ses réponses sur une écritoire. Il montre aussi qu'il sait dessiner, et Robert-Houdin obtient une médaille d'argent.

    Après ce premier succès, il décide de porter ses innovations à la scène. Le 3 juillet 1845, après une longue préparation, il inaugure dans la galerie de Valois, au Palais-Royal, le théâtre Robert-Houdin. Une affiche magnifique annonce la première représentation des Soirées fantastiques : automates, prestidigitation, magie. Les expériences se nomment " La pendule cabalistique ", " Auriol et Debureau ",
    " L'oranger ", " Lebouquet mystérieux ", " Le hibou fascinateur ",
    " Le pâtissier du palais-Royal " !

    Robert-Houdin

    Robert-Houdin, en habit, officie en maître de maison et, sans perdre un instant le sourire, accomplit des tours sensationnels dont certains mettent en jeu ses chers automates. La salle tout entière semble plongée dans un conte de fées. Fleurs et oranges, plumets, tourterelles poissons rouges, tout un monde aux vives couleurs apparaît et disparaît sous les doigts du fabuleux magiciens. A la fin du spectacle, des albums avec le portrait du maître, des journaux comique et un charmant éventail, l'éventail Robert-Houdin, où sont inscrits des petits poèmes à la gloire de l'illusion.

    Envoûté par cet art raffiné, tout Paris ne parle plus que de Robert-Houdin, et les Soirées fantastiques vont se jouer à bureaux fermé pendant des années. Le 6 juin 1846, à Saint-Cloud, le roi Louis-Philippe reçoit le grand illusionniste. Six dames de l'assistance ont confié à Robert-Houdin six mouchoirs, brodés à leur chiffre. le magiciens les place sous une cloche de verre, d'où ils disparaissent comme par enchantement.

    Robert-Houdin

    Ensuite, il demande au roi en quel lieu il souhaite les retrouver : " Dans la caisson d'oranger qui se touve au bout de l'allée du parc, répond
    celui-ci "... Et je jardinier déterre, à cet endroit, un coffre rouillé duquel on tire les six mouchoirs, accompagnés d'un parchemin portant le message suivant :

    6 juin 1786. Cette boite, contenant six mouchoirs, a été placée au milieu des racines d'un oranger par moi Joseph Balsamo, comte de Cagliostro, afin de servir à l'accomplissement d'un acte de magie qui sera exécuté dans soixante ans, à pareil jour, devant Louis-Philippe d'Orléans et sa famille.
                                                                                   Et c'était signé : Cagliostro

    Après cet exploit, Robert-Houdin part en tournée en Angleterre. Après Manchester, c'est Londre, où il a le très grand honneur d'exécuter ses tours devant la reine Victoria. Après l'Angleterre, c'est la Belgique, mais la fatigue l'empêche de poursuivre ses représentations, et doit rentrer en France. Il se retire dans une maison qu'il possède à Saint-Gervais-la-Forêt, près de Blois, sa ville natale. Il continue à y construire ses automates, met au point d'ingénieux dispositifs électriques et mécaniques, et aussi des instruments d'optique, sans pour cela négliger ses Mémoires ! Sa demeure " le Prieuré ", n'est pas une maison comme les autres. La porte s'ouvre toute seule au premier coup de sonnette. Un écriteau bascule, portant l'inscription : " Entrez ! " Il n'est pas inutile de préciser que toutes les horloges du '' Prieuré " fonctionnent à l'électricité, commandées par un mécanisme central. ( Nous sommes en 1855 ! )

    Dans le jardin, empli de grottes, on peut observer d'étrange personnages : un jardinier avec son râteau, un ermite barbu lisant la Bible à côté d'une poule et d'une tête de mort dont les yeux lancent des flammes. Il y a aussi un vrai ravin au bord duquel se trouve une chaise.
    A peine s'y installe-t-on que la chaise vous transporte de l'autre côté du ravin,...

    Robert-Houdin

      En 1971, Robert-Houdin est élu conseiller municipal de Saint-Gervais, mais le 13 juin de la même année, il meurt dans sa mystérieuse demeure. Les secrets de Robert-Houdin tiennent autant dans l'imagination de l'artiste que du talent de l'ingénieur. Quels étaient donc les truc de ce magicien de génie ?

      

     


  • Commentaires

    1
    louis
    Mercredi 17 Juin 2015 à 16:23
    Les illustrations ne correspondent á rien.
    Houdini, affiches des spectacles de Méliès.
    A part la maitrise su copier coller grande imcompétence
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