• Les Hystéries religieuses

     

    Les Hystéries religieuses

    Les écoles sont un terrain d'élection pour l'hystérie collective : certaines manifestations en ont été soigneusement examinées, analysées et les comptes rendus ont été publié dans les journeaux médicaux. Les symptômes ne varient guère : étourdissements, évanouissement, maux de tête, frissons, perte du toucher, sensation de froid ou de chaud, picotements et démangeaisons , douleurs variées, spasmes musculaires, palpitations, gorge nouée, nausées et vomissements. On observe aussi, parfois, des symptômes qui relèvent de la tradition de l'hystérie : convulsions et pression avec une autre voix, parfois en une langue étrangère. Cela n'affecte qu'une infime minorité des victimes.

    Dans la majorité des cas, on trouve un élément très important qui semble être l'imitation. Des témoins se réfèrent souvent aux enfants " qui tombaient comme des quilles ". Mais l'imitation ne peut pas être entièrement consciente. Beaucoup des symptômes rapporté peuvent être difficilement imités délibérément - la gorge nouée, la perte du toucher, les picotements et les démangeaisons, les douleurs musculaires. Parfois même, les enfants qui s'affaissent brusquement à terre se trouvent en différents endroits de l'école : ils ne se voient donc pas entre eux !
    Ils peuvent même se trouver dans différentes écoles, comme ce fut le cas au pays de Galles e 1956, où des milliers d'enfants tombèrent à terre, à peu près au même moment.

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    La troisième signification de l'hystérie est, en effet, la contagion psychique : dans ce domaine, l'ignorance est presque totale et très peu de recherches ont été entreprises. De nombreux phénomènes d'hystérie dans les écoles n'ont jamais été étudiés et analysés. En cas d' " épidémie ", deux suspect de choix : les repas et le chauffage central ou le système de ventilation. Si l'on ne découvre pas des bactéries pathogènes ou des fuites de gaz, le proviseur du lycée préférera naturellement que toute l'affaire soit étouffée.

    Les preuves historiques de telle épidémies abondent. Souvent, elles ne font aucune allusion à une maladie éventuelle. Après tout, les apôtres, lors de la Pentecôte, furent clairement pris d'hystérie ! A telpoint qu'ils perdirent le contrôle de leur membres et qu'ils titubèrent comme s'ils étaient ivres : Pierre fut obligé d'expliquer à ceux qui assistaient à cette scène qu'ils n'avaient rien bu à cette heure de la matinée ! Les apôtres présentèrent également des signes de dissociation mentale : " Ils s'exprimèrent en des langues étrangères ". Pourtant, ils ne considèrent pas qu'ils avaient été malades. Au contraire, ils " avaient été visités par l'Esprit-Saint ", comme ils en étaient persuadés, et ce devait être le second événement décisif dans leur vie, après leur rencontre avec Jésus.

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    D'autre cas d'hystérie collective ont été plus horribles. Par exemple, ce qui se passa au couvent de Loudun, en 1630. Il est également probable qu'Hitler a dû son descendant sur le peuple allemand à son exploitation de l'hystérie collective qui se déchaînait au cours des rassemblements de Nüremberg.

    Pourtant, il existe d'autres traits de l'hystérie qui pourraient être exploités à notre avantage, d'une manière concevable : par exemple, elle peut produire un degré d'immunité remarquable non seulement à la douleur, mais aussi à toute blessure réelle.

    Existerait-il des effets bénéfiques de l'hystérie collective ?

    Cette affection se traduit par plusieurs symptômes caractéristiques : irresponsabilité, uniformité et contagion. La rapidité avec laquelle se propagent ces troubles reste encore en partie inexpliquée aujourd'hui : ces sortes d' " épidémies " surgissent à l'improviste et se répandent en un clin d’œil, beaucoup trop vite pour que l'on puisse en attribuer la responsabilité à quelques virus.

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    En Occident certes, l'hystérie suscite crainte et réprobation. Mais il n'en vas pas de même pour toute les civilisations. C'est ainsi que dans la plupart des sociétés tribales, les manifestations hystériques sont généralement entourées de respect, voire de vénération. Les anthropologues qui ont étudiés les moeurs de certaines ethnies ont découvert que, bien souvent, le " sorcier " de la tribu est justement choisi pour cette fonction parce qu'il est hystérique : il est capable d'entrer périodiquement " en transe ", devenant alors receptif aux puissances occultes. Grâce à ses incantations, ils affirment être en communication avec l'au-delà et il transmet à son peuple les messages des ancêtres disparus, dont la singulière expérience indique comment soigner un homme malade ou blessé, comment venir à bout des ennemis ou comment trouver du gibier en abondance.

    Au sein de certaines tribus, l'hystérie peut être délibérément provoquée à des fins thérapeutiques : les sujets malades sont " mis en transe ". Pour atteindre ce résultat, la tribu peut avoir recours, si besoin est, au rythme lancinant du tam-tam, aux danses rituelles et aux drogues hallucinogènes.
    Dans un état second, les malades sont saisis de convulsions. Une voix étrangère s'exprime par leur bouche avant qu'ils ne tombent dans une sorte de coma.

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    Quelquefois, le village tout entier entre dans le jeu, accompagnant le patient dans ses contorsions et imitant ses mimiques, afin de mieux l'aider à combattre les puissances maléfiques. Parfois encore, c'est toute la tribu qui est véritablement plongée dans des transes hystériques. Il s'agit alors de vaincre quelque tare physique ou mentale collective : l'état d'hystérie, en coupant brutalement les individus de la vie quotidienne, est susceptible, croit-on, d'abattre leurs barrières émotionnelles et leur faire dépasser les limites de leurs forces physiques. Après être ainsi sortis d'eux-même, ils peuvent recouvrer la santé.

    Cette tendance à associer les manifestations hystériques aux forces de l'au-delà n'est d'ailleurs pas le fait des seules sociétés primitives. Comme le révèle l'Ancien Testament, les prophéties étaient reconnus pour tels en raison de leur incapacité à entrer en transe et à transmettre ainsi les enseignements du Seigneur à son peuple. Dans la Grèce d'Homère, les devins sont des personnages respectés, encore qu'il ne leur soit pas tellement facile de démêler les intentions et les pensées de dieux querelleurs à l'humeur perpétuellement changeante.

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    C'est au IIIè siècle avant J-C que nous voyons pour la première fois l'hystérie mentionnée comme une affection pathologique, et non plus comme une grâce des dieux. Dans la Collection hippocratique, ensemble de textes médicaux dus à Hippocrate et à ses disciples et recueillis dans la bibliothèque d'Alexandrie, la science affirme ses droits : tous ceux qui prétendent exercer une quelconque influence sur leurs semblables sous prétexte que leurs transes sont d'origine divine sont dénoncés comme des escrocs et des charlatans.

    Il paraît en tout cas certain que plus une société est évoluée moins ses membres portent attention aux faits et gestes des dieux. Certes, le culte continue à être strictement observé et les sacrifices sont toujours offerts, mais on cesse peu à peu de guetter les paroles divines transmises par les médiums hystériques. Là où les devins et oracles continuent à exercer leur activité, celle-ci devient très étroitement ritualisée et tombe sous le contrôle strict du clergé. Désormais, les accès d'hystérie spontanés, dans la vie courante, encourent la réprobation et le mépris.

    Les Hystéries religieuses

    L'une des dernières et des plus éclatantes manifestations hystériques religieuses eut lieu lors de la première Pentecôte : les apôtres, emportés par les transes mystiques, furent persuadés que le Saint-Esprit descendait en eux, ainsi que Jésus le leur avait promis avant sa mort. Grâce à la révélation sacrée, ils allaient dorénavant pouvoir marcher sur les traces du Christ et répandre la divine parole dont ils seraient les messagers.

    L'Eglise catholique allait vite changer d'attitude...
    Aujourd'hui, comment considère-t-elle l'hystérie ?
    Et comment les savants l'envisagent-ils ?

     


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