• Les cathares du IIIè Reich

     

    Les cathares du IIIè Reich

    Par un beau jour d'été de l'année 1931, les habitants de Lavelanet, déjà levés en cette heure matinale, purent apercevoir un jeune homme grand et mince, au regard clair, vêtu d'une chemise de boy-scout et chaussé de lourds souliers de montagne, se diriger vers le château de  Montségur, qui détachait, sur le fond vert émeraude des forêts, la blancheur de son sarcophage de pierre. Ce garçon, alors âgé de 27 ans, qui gravissait les sentiers menant au "pog" aurait pu provoquer bien des interrogations. Que venait-il faire en ce lieu inhospitalier, perdu au cœur de la région de l'Ariège ? Qui était-il ?

    Otto Rahn fit une pause en arrivant au pied de l'immense porte donnant accès à l'intérieur de la forteresse dévastée. Que pouvait représenter à ses yeux ce lieu mystérieux que traversaient les premiers rayons de l'astre solaire ?

    Les cathares du IIIè Reich

    Montségur, Thabor des cathares d'Occitanie et dernier refuge de l'hérésie albigeoise, est un de ces hauts lieux où souffle l'esprit. de temps immémoriaux, le Pog, ou éperon rocheux sur lequel est bâti le château, a été considéré comme un site sacré.

    Déjà, à l'époque protohistorique, les Ibères se rendaient sur le Thabor pyrénéen vers l'équinoxe d'automne. On remarque ainsi, sur les pentes du Soularac, l'un des deux pics du massif du Tabe, un cromlech très rare formé de deux cercles de pierres dressés et tangents. Ce monument fut l'objet d'un culte dès l'époque néolithique, et n'a cessé d'être fréquenté par la suite, puisque les catholiques édifieront plus tard sur les mêmes lieux une chapelle vouée à Saint Barthélemy, fêté le 24 août, détournant ainsi le contenu des vieilles coutumes païennes.

    Les cathares du IIIè Reich

    On connait également la tradition qui fait des deux lacs que contient le massif de Saint-Barthélémy, l'étang des Truites et l'étang du diable, des lieux enchantés. On ne peut, dit la coutume, y jeter une pierre sans déchaîner aussitôt les foudres célestes. En fait, les orages sont très fréquents dans cette région montagneuse, et d'une rare violence. Pour les amateurs de mystères, disons que les druides, nombreux dans les Pyrénées lorsque les Celtes occupaient ces contrées, ont tracé à cet endroit un cercle magique qu'il est interdit au profane de franchir, d'où le nom de " lac des Truites ", déformation du mot druide.

    En dehors de sa situation inexpugnable, au sommet d'un éperon rocheux presque inabordable (1 272 m d'altitude), le château de Montségur offre des dispositions tout à fait étranges : les murailles de la forteresse, d'une épaisseur de 2 m, sont en effet dépourvues de crénelage, sauf sur le mur oriental, qui donne sur un à-pic vertigineux de 500 à 800 m. Une porte d'entrée monumentale, l'absence de tours de flanquement, l'abandon d'une part importante de l'aire rocheuse laissée sans protection sérieuse, la forme de la construction même font de Montségur un monument unique.

    Tel qu'il est, le château ressemble à un long coffre de pierre de forme pentagonale auquel est accolé un donjon rectangulaire. Toutes ces observations donnent à penser que le monument a été construit non en fonction d'impératifs militaires, mais sur un plan d'architecture sacrée. On peut désormais penser légitimement, et toute l'épopée albigeoise nous le confirme, que Montségur fut vraiment un temple voué à un culte, haut lieu appelé à offrir, en cas d'invasion, une résistance farouche.

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    Les observations extrêmement intéressantes de Fernand Niel, dans son livre Montségur, la montagne inspirée, prouvent que le plan de construction de l'édifice permettait de repérer avec une exactitude étonnante les principales positions du Soleil à son lever. Ancien temple manichéen dédié au culte solaire, Montségur est devenu le mont Thabor des cathares, selon une filiation spirituelle qu'il es aujourd'hui de plus en plus difficile de nier.

    D'autres châteaux occitans, il est intéressant de le noter, comme celui de Quiribus, dans les Corbières, qui servit lui aussi de refuge aux albigeois, ou celui de Puivert, représentent, à un certain degré, des dispositions comparables.

    Henri Coltel, qui fit des recherches dans le sud-ouest de la France, il y a quelques années, apporte un renfort à la thèse de Ferdinant Niel ; il découvrit en effet une quarantaine de souterrains des XIè et XIIIè, et il put constater :

    1° que tous ces souterrains contiennent une salle-chapelle pourvue d'une sorte d'autel ;
    2° que, pour une même région, tous sont orientés de telle sorte qu'ils convergent vers un même point.

    Après une étude approfondie de ces constructions , Henri Coltel, s'est convaincu qu'elles n'étaient pas uniquement ni essentiellement des refuges, mais surtout des lieux culturels où les cathares, dès avant les persécutions, célébraient des cérémonies initiatiques.

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    Otto Rahn, en 1931, savait ou pressentait tout cela. Il devait ainsi passer trois mois dans la région de Montsegur, avant de revenir, en 1937, pour un deuxième séjour après la parution de son ouvrage ''La croisade contre le Graal", paru en Allemagne en 1933.

    Mais, en 1931, les habitants de la petite commune de Montségur ne devaient pas se douter de l'honneur que leur faisait, outre-Rhin, un certain cénacle qui se préparait activement à fonder " pour mille ans "
    le IIIè Reich.

    Le fait est que cet intellectuel allemand avait reçu pour mission d'Alfred Rosenberg, auteur du fameux Mythe du XXè siècle, de vérifier l'exactitude de l'hypothèse suivante : Montségur était-il bien le Montsalvat des légendes arthuriennes, qui abrita le Saint-Graal ?

    Pour résumer l'importance de cette recherche, il faut signaler qu'Otto Rahn était un spécialiste plein d'avenir de l'étude de la Romanie. On sait que les cathares ont poussé leur prosélytisme jusqu'en Allemagne et, singulièrement, en Franconie, ce qui explique l’intérêt de nos voisins pour ce courant de pensée à base religieuse.

    Rappelons que le recteur de la cathédrale de Cologne prête aux cathares de Rhénanie la célébration d'une fête en l'honneur de leur grand initiateur Manès, preuve que la secte des cathares était alors solidement implantée en territoire germanique.

    Il faut croire que les recherches d'Otto Rahn étaient appuyées en haut lieu ou que ses sources étaient meilleures que celles de ses prédécesseurs, puisque cet ouvrage connut un rand retentissement en Allemagne et dans le Midi languedocien. Dans son livre, le jeune écrivain situait le Graal à Montségur et faisait des cathares les derniers dépositaires de l'objet sacré. Bien plus, il émettait l'hypothèse que le Graal pouvait être autre chose que la coupe d'émeraude de la légende chrétienne.

    Le deuxième séjour de Rahn à Montségur fut beaucoup moins long ; mandaté par le " Sacré Collège " hitlérien, il semble bien, pourtant, que Rahn n'ait pas abouti dans ses recherches, puisqu'une troisième mission fut organisée par la suite, qui semble-t-il, obtint quelques résultats...

    Les cathares du IIIè Reich

    Un deuxième ouvrage d'Otto Rahn parut en Allemagne en 1936, qui confirmait, si besoin en était, les talents de l'historien et du philosophe : La Cour de Lucifer en Europe, où l'auteur développe ses thèses catharisantes en s'appuyant sur des arguments politiques. 

    Après son court passage, en 1937, Otto Rahn, reparti pour l'Allemagne, ne devait plus jamais reparaître en Loguedoc, et le bruit courut, en 1945, qu'il avait été décapité par les nazi dans un camps de concentration. 
    Il semble que cette hypothèse, accréditée par Gérard de Sède dans son ouvrage Le Trésor cathare, soit un peu hasardeuse. Pour notre part, nous préférons nous ranger à l'explication donnée par Saint-Loup dans son dernier livre : Nouveau Cathares pour Montségur

    Les cathares du IIIè Reich

    L'enquête que l'auteur a effectuée auprès des autorités de la République fédérale d'Allemagne permet de confirmer que Rahn occupa un rang élevé dans l'Allemagne S.S. de Himmler. Par ailleurs, les papiers laissés par le ministre Rosenberg ont permis à Saint Loup d'apprendre la véritable fin de l'intellectuel national-socialiste. Nos livrons in extenso la conclusion de l'enquête menée par ce chercheur :

    " Rahn se donna la mort en absorbant une dose de cyanure au sommet de la montagne de Kufstein, pour des raisons politico-mystiques et aussi pour des raisons intimes. " (Probablement en mars 1939).

    Le début d'explication que nous livre Saint-Loup nous semble bien correspondre au sentiment profond de l'écrivain allemand : ce dernier a pu entraîné par ses recherches, préférer, à la guerre dévastatrice préparée par le IIIè Reich, apporter à l'homme blanc la révélation de sa vraie nature, qui consistait à faire de l’Allemagne une communauté de Purs, de Parfaits.

    Cette conception de Rahn était à l'opposé de la politique suivie, à partie d'une certaine époque, par les dirigeants nazis, aussi bien ne lui laissa-t-on pas d'autres choix que suivre la politique officielle du parti ou se suicider.

    Ayant sans nul doute, perdu tout espoir de se fixer en Languedoc, il ne lui restait plus qu'à utiliser le poison. Et c'est à la manière du suicide cathare (l'Endura) que Rahn est sorti d'un monde qu'il ne comprenait plus et qui allait rallumer, par les fours crématoires, les bombes au phosphore et l'explosion atomique d'Hiroshima, un bûcher de Montségur à l'échelle de la planète.

    Otto Rahn cherchait-il le Graal, ce vase sacré des peuple aryens ? Certains aspects de la doctrine nationale-socialiste pourraient expliquer cette thèse...

     


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