• Le savoir caché au fond de nos rêves

    Le rêve de l'artiste était frappant... Après avoir eu la vision d'un certain nombre de poteaux, il eut ensuite l'impression d'une lutte pour l'obtention d'un prix : 

    " Je devais me rendre à Madison Garden pour prendre des tickets pour un match de boxe, se rappelle-t-il, et il y avait plein de " punks " autour de moi, des gens liés à ce combat. "

    Pourquoi devait-il faire un tel rêve, lui qui ne s’intéressait pas à la boxe et ne s'était jamais rendu à un match ?

    Ce rêve était une expérience. L'artiste était un " cobaye " du laboratoire de recherches sur les rêves du Centre hospitalier Maimonides,
    à New York. Branché sur une machine qui sert à surveiller l'activité du cerveau pendant le sommeil, le patient, dès le signal émis par l'appareil, venait d'être réveillé par les chercheurs, qui lui avaient demandé de décrire son rêve.

    Le savoir caché au fond de nos rêves

    Dans une autre partie du laboratoire, une femme, fixant une image choisie au hasard parmi douze autres, se concentrait pour essayer de la communiquer à l'artiste endormi. En l’occurrence, cette image représentait un tableau montrant Jack Dempsey jeté hors du ring à Madison Square Garden.

    Lorsque des " juges " indépendants connurent la description verbale du rêve du dormeur et de ses impressions et qu'ils examinèrent les douze images, ils n'eurent aucune difficulté à faire le rapprochement entre le récit et la gravure représentant Dempsey.

    Les expériences de ce laboratoire se sont déroulées pendant quinze ans à partir du début des années soixante. Elles étaient conçues spécialement pour étudier les phénomènes de télépathie entre des sujets endormis et des agents éveillés '' transmettant " les images aux premiers. Les chercheurs de ce centre découvrirent un sujet particulièrement doué en la personne du docteur William Erwin, et un bon " agent ", Sol Feldstein,
    étudiant en médecine. L'équipe de recherche put ainsi tenter des expériences de télépathie en rêve sur ces deux sujets et obtenir des résultats bien meilleurs que ceux auxquels ils s'attendaient à priori.

    Souvent, au cours de ces expériences, les chercheurs tombèrent sur des cas où le dormeur, au lieu de recevoir les pensées de quelqu'un, avait apparemment un aperçu d'un événement à venir. Cela se produisit notamment pour le docteur Montague Ullman, psychiatre à New York et dirigeant l'équipe de recherche, lequel n'en fut d'ailleurs nullement surpris, ayant déjà constaté une prémonition dans un de ses rêves.
    Cette nuit-là, il avait rencontré en rêve un autre chercheur, le docteur Krippner, et avait été surpris de découvrir sur le visage de ce dernier une grande lésion, qui saignait. Ce rêve le frappa tellement qu'il s'éveilla avec un sentiment de terreur. 

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     Le lendemain, le docteur Ullman, ayant à se rendre dans un quartier de la ville de New York qu'il connaissait mal, y rencontra un homme dont la démarche lui rappelait celle du docteur Krippner. Persuadé qu'il s'agissait de son collègue, mais étonné de le trouvé en cet endroit, le docteur Ullman traversa la rue pour lui parler. Tandis qu'il s'approchait, il put se rendre compte qu'il ne s'agissait pas de son confrère, mais que cet homme était celui qu'il avait vu en rêve, avec une lésion autour de la bouche.

    Cette expérience était spontanée. Mais le docteur en fit d'autres dans son laboratoire. Au début de 1971, le groupe de rock
    " Grateful Dead " intéressé par les recherches du laboratoire sur la télépathie, se rendit à Maimonides. L'équipe de chercheur décida d’enrôler les musiciens pour découvrir si la communication télépathique pouvait être plus forte si elle était pratiquée par plus d'un agent. L'orchestre devait donner six concerts à New York, et les musiciens avaient accepté de demander à leur public, chaque soir, de tenir le rôle d'agent télépathique.

    Chaque soir également, un Anglais doué de facultés psychiques, Michael Bessent s'endormit au laboratoire sous l'oeil attentif de l'équipe de recherche. pendant le concert, une photo de Bessent fut projetée brièvement sur un écran. Puis une autre image, prise au hasard, lui fit suite pendant quinze minutes tandis que l'orchestre jouait et que le public essayait de transmettre l'image à Bessent. Lorsque les rêves de Bessent furent analysés, on constata qu'il avait réussi à recueillir quatre images sur six.

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    Mais l'histoire ne s’arrêta pas là, elle se solda par un résultat tout à fait inattendu. Les chercheurs se demandèrent s'il était possible à un intermédiaire d' " intercepter " la communication télépathique et de décrire les images. Ils demandèrent donc à un autre sujet de leur laboratoire, Félicia Parise, d'essayer de s'introduire dans les pensées du public, mais à son insu. Les résultats furent à première vue décevants, le sujet n'ayant pu trouver qu'une seule image ; néanmoins, l'équipe constata un effet remarquable de décalage.

    Pendant trois nuits, les impressions de Felicia Parise ne présentèrent aucune ressemblance avec l'image proposée au public au même moment, mais elle fournit des descriptions impressionnantes de celles qui avaient été montrées les nuits précédentes ou qui devaient l'être par la suite, après avoir été prises au hasard ! Felicia Parise semble d'une façon ou d'une autre, avoir vu le passé et l'avenir...

    Les chercheurs spécialisés dans l'étude des phénomènes psychiques pensent depuis longtemps que les rêves fournissent un grand nombre d'informations d'ordre paranormal. Il y eut de nombreux rêves qui annonçaient le désastre d'Aberfan en 1966. Ce minuscule village du pays de Galles disparut enseveli lors de l’effondrement d'un puis de charbon et 144 personnes y trouvèrent la mort. Le docteur John Baker ayant analysé 31 prémonitions au sujet de cette catastrophe, il put constater que 28 d'entre elles étaient le faits de rêves. 

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    Jusque dans les années cinquante, le problème posé par les recherches sur les rêves prémonitoires venait avant tout du fait que les gens ne se rappelaient pas leur rêve ou l'oubliaient rapidement. C'est alors qu'on se rendit compte que, en réveillant le dormeur après une période de sommeil marquée par des mouvements rapides des yeux, celui-ci était presque toujours capable de raconter son rêve. Cette technique permit également aux chercheurs d'établir que, dans la transmission d'image mentales, il y avait coïncidence entre cette transmission et une certaine phase du rêve du dormeur.

    Les rêves varient dans leur nature, et les études relatives à une sorte de rêve en particulier ( le rêve lucide ) déclenchent un grand intérêt. Le terme pourrait suggérer un rêve particulièrement puissant. Il est, en fait, utilisé pour décrire cette expérience dans laquelle le dormeur sait qu'il rêve et peut considérer son rêve objectivement.

    Les rêves lucides ont été un sujets d'études et de discussions pendant des années. Un chercheur danois, le docteur Van Eeden, commença par enregistrer ses propres rêves en 1896 et, au bout de trois ans, fit la distinction entre ses rêves lucides et les autres, en enregistrant 352 en tout.

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    L'un d'eux lui fit une forte impression : 

    " En mai 1903, je rêvai que je me trouvais dans une petite ville danoise de province, et, soudain, j'y rencontrais mon beau frère qui était mort quelques temps auparavant. J'étais absolument sur que c'était lui et je savais qu'il était mort... Il me raconta qu'une catastrophe financière allait m'arriver. Quelqu'un allait me voler la somme de 10 000 guldens.
    Je lui dis que je le comprenais, mais une fois réveillé, j'étais stupéfait et ne savais que penser de ce rêve...

     " Je souhaite souligner que c'est la seule prédiction que j'ai jamais reçue d'une façon aussi impressionnante. Et les faits se sont produits, à la seule différence que la somme que je perdis était 20 fois plus grande. Au moment du rêve, il ne semblait pas qu'il y eu la moindre possibilité que cette prédiction se réalise : Je n'avais même pas une telle somme. Mais c'était le moment où se produisirent les premiers événements - le grèves des cheminots de 1903 - qui devaient déboucher sur ma ruine. "

    Le docteur Keith Hearne, psychologue à l'université de Hull, est le pionnier en vue d'une nouvelle approche de la recherche sur les rêves par le biais des rêves lucides. Il mène de concert des expériences sur les phénomènes de perception extra-sensorielle. Le docteur Hearne fait remarquer que, chaque nuit, quelques 400 000 personnes dans le Royaume-Uni font des cauchemars. Il serait très simple, selon lui, de trouver des similitudes entre ces rêves et des événements se produisant ultérieurement. Il en conclut qu'il s'agit donc de prémonitions, du moins pour une certaine part.

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    Lorsqu'un dormeur rêve, s'il peut bouger les yeux, ses autres muscles sont virtuellement paralysés. Par conséquent, même si le rêveur a un rêve lucide ( quand il sait qu'il rêve ), il lui est impossible de le signaler au chercheur, ses doigts ne pouvant bouger ! Le docteur Hearne tenta alors de savoir si la communication pouvait avoir lieu entre le dormeur et le chercheur à l'aide des mouvements des yeux, considérés comme des signaux. Et, c'est précisément ce qu'il a réussi.

    En se mettant d'accord par avance avec le sujet, Allan Wordsley, il fut décidé que huit mouvements de gauche à droite indiqueraient un rêve lucide simultané. La première communication de ce genre eut lieu dans le laboratoire de Hull, le 11 avril 1975. Depuis, la communication s'est perfectionnée : se servant d'un code décidé à l'avance. Wpprdsley peut signaler qu'il vole ou qu'il vient d'atterrir, ou qu'il est en train de faire une autre action de cet ordre dans son rêve.

    Mettre un pied dans un tel système fut néanmoins extrêmement laborieux et exigea 45 nuits en laboratoire, au cours desquelles le docteur Hearne ne put enregistrer que huit rêves lucides. Il mit alors au point une '' machine à rêves ", qui produisait des " rêves conscients contrôlables ". Cette machine détecte le moment où le dormeur lui-même en émettant une petite décharge électrique sur son poignet. 
    L'esprit endormi sait alors qu'il rêve, et le rêve devient à ce moment un rêve lucide.

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    Le docteur Hearne a également découvert que le rêveur lucide peut signaler au monde éveillé qu'il rêve en modifiant sa façon de respirer. 
    Il a utilisé ce fait d'une façon nouvelles, afin de tester des phénomènes extra-sensoriels : lorsqu'un dormeur se rend compte qu'il est en train de rêver, il respire rapidement ; une boite noire placée à côté de son lit répond à ce changement et met immédiatement en marche un cadran. Lorsque l'autre participant à l'expérience reçoit un coup de téléphone muet, il sait que le dormeur est en train de faire un rêve lucide. Une image est alors choisie au hasard par celui qui a reçu l'appel : cette image mentale est envoyée au rêveur, comme dans les expériences de télépathie réalisée au Centre de Maimonides.

    Actuellement, le docteur Hearne poursuit ses travaux sur les phénomènes de perception extra-sensorielle dans des rêves lucides. On en attend les résultats avec impatience.

    Depuis des temps immémoriaux, les rêves sont considérés comme les canaux de transmission d'un savoir occulte, ou du moins extraordinaire. Il se peut que, en état de rêve, les êtres humains soient extrêmement sensibles à une influence, même subtile, d'autres esprits venus du vaste univers et même du passé ou de l'avenir ! Aujourd'hui, l'observation expérimentale de l'activité psychique au cours du rêve a commencé...

    Les nouveaux travaux sur le rêve lucide suggèrent qu'un grand pas en avant dans la compréhension de cet aspect du paranormal est imminent, grâce à la participation active du rêveur. Comme le déclare Kenneth Hearne : " Les rêves lucides sont l'état psi idéal, parce que le rêveur sait qu'il est en train de rêver  et de prendre part à une expérience psi. 
    Il peut ainsi regarder un certain nombre d'images. Les rêves lucides sont peut-être bien la voie royale qui mène à la connaissance des phénomènes psychique. "

     

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