• Le Paradis terrestre

    Dans la culture judéo-chrétienne, c'est la Bible qui nous en parle, lorsque dans la Genèse, elle décrit le lieu de délices où avaient été placés Adam et Ève, et raconte la manière dont ils en furent chassés, après le péché originel : Dieu  " bannit l'homme et posta devant le jardin d'Eden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l'arbre de la vie ". Après cela, le Paradis terrestre devint un lieu de nostalgie, que chacun voudrait retrouver mais qui demeure l'objet d'une recherche infinie.

    Commun à de nombreuses religions, ce lieu rêvé où l'on vivait, à l'origine du monde, dans un état de béatitude et d’innocence ensuite perdu, représente souvent une sorte d'antichambre du Paradis céleste.

    Le jaïnisme, l'hindouisme et le bouddhisme mentionnent tous trois le mont Meru, dont jaillissent quatre fleuves et sur lequel se dressent la demeure des dieux et l'ancienne patrie de l'homme. Dans le poème du Mahâbhârata, le dieu Indra se bâtit la ville mobile d'Indraloka, qui présente de nombreux point communs avec l'Eden. Les légendes taoïstes racontent le rêve d'un lieux merveilleux où il n'exstait ni rois ni sujets, où tout se déroulait dans la spontanéité la plus naturelle. Ses habitants entraient dans l'eau sans se noyer, n'étaient pas blessés si on les flagellait et s'élevaient dans les airs comme s'ils avaient marché sur le sol.

    Les mythes égyptiens parlent d'un âge heureux, où s'étaient peut-être profilé pour la première fois le songe du jardin des Hespérides. Le paradis des Sumériens s'appelait Dilmun, et ni les maladies ni la mort n'y existaient. Aux yeux des taoïstes, les montagnes du Kunlun constituaient le site du paradis terrestre. Les mythologies chinoise et japonaise mentionnent toutes deux le mont Penglai, que les légendes localisent en des endroits différents : la douleur et l'hivers en sont absents ; de grande tasses de riz et de grand verres de vin ne s'y vide jamais ; des fruits magiques permettent d'y guérir de toutes les maladies et, bien entendu, on y jouit d'une éternelle jeunesse.

    Le Paradis terrestre

    Les grecs et les romains racontaient des fables sur l'Âge d'or et les règnes heureux de Kronos et de Saturne : selon Hésiode, les hommes vivaient alors libres de toute préoccupation, demeuraient jeunes pour l'éternité, se nourrissaient des fruits de la terre sans avoir à la travailler et mourraient comme en s'endormant.

    On voit déjà apparaître chez Pindare le thème des îles Fortunées où étaient censés vivre les justes déjà passés par trois réincarnation terrestres ; en outre, on trouve aussi bien chez Homère que chez Virgile la description des Champs Elysées, demeure des bienheureux. Horace y fait lui aussi allusion, en référence justement aux inquiétudes de la société romaine après les guerres civiles, comme échappatoire à une réalité déplaisante.

    Dans le Coran, les caractéristiques du Paradis céleste se révèlent très proches de celles des différents Paradis terrestre de la tradition occidentale : les bienheureux y habitent des jardins de délices, en compagnie de splendides jeunes filles et au milieu d'un abondance de fruits et de boissons. Cette image inspira la merveilleuse architecture islamique des jardins, lieux de fraîcheur où gargouillent des jets d'eau.

    En somme, il semble que dans chaque culture, le monde de la réalité quotidienne apparaissait souvent douloureux et invivable, on ait rêvé d'une terre heureuse où les hommes auraient autrefois résidé - et où ils pourraient peut-être retourner un jour. Comme l'a rappelé Arturo Graf dans une étude devenue classique sur le mythe du Paradis terrestre, certains chercheurs auraient même avancé l'hypothèse selon laquelle le mythe édénique refléterait
    " le souvenir brouillé d'une condition sociale primitive, antérieur à l'établissement de la propriété foncière ".

     


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