• La fête des Fous

    La fête des Fous

    En ouvrant son roman Notre-Dame de Paris sur la fête des Fous, Victor Hugo plonge immédiatement son lecteur dans une atmosphère de liesse populaire : " L'acclamation fut unanime : on se précipita vers la chapelle. On fit sortir le bienheureux pape des fous. Mais c'est alors que la surprise et l'admiration furent à leur comble ; la grimace était son visage.... une grosse tête hérissée de cheveux roux, entre les deux épaules une bosse énorme... Tel était le pape que les fous venaient de se donner. "

    Au XVe siècle, époque où se déroule le roman d'Hugo, la fête des Fous est, par son contenu, une véritable expression du temps à l'envers ; c'est selon la formule de l'historien Jacques Heers, " la célébration du désordre, du reversement des hiérarchies ", Organisée à l'intérieur des églises et des cathédrales, la fête des fous était un événement qui se déroulait généralement entre le 25 décembre et le 6 janvier où les sous-diacres prenaient la place des hauts dignitaires pour danser, chanter des cantiques et professer des sermons grossiers et obscènes. Au point culminant de la fête, on élisait le pape des Fous, la plupart du temps un diacre, souvent même un profane ou un étudiant.

    La fête des Fous

    Pour être élu, il s'agissait de passer sa tête dans un trou et de faire la grimace la plus laide possible. Le roi était ensuite promené, déguisé en évêque, à travers les rues de la ville, monté sur un âne. Il portait la mitre et le bonnet des fous de cours. Cette procession le conduisait solennellement à l'église ou à la cathédrale. Lorsque celui-ci s’asseyait sur le siège épiscopal après être entré dans l'édifice à l’envers sur un âne, l'office pouvait débuter. Les gestes du cérémonial étaient alors méthodiquement inversés. On y jouait souvent aux cartes et aux dés. Les bagarres étaient rares et ces rituels débridés où se mélangeaient membres du clergé et hommes du peuple échappèrent peu à peu au contrôle des autorités ecclésiastiques.

    C'est pourquoi le Concile de Nantes en 1431 et celui de Bâle en 1435 cherchèrent à proscrire la fête des
    Fous " et autres abus qui régnaient en plusieurs églises ". La disparition de la fête des Fous semble alors avoir conduit à la formation plus laïque du carnaval qui dès le XVe siècle, fut pris en charge par les instances de la société civile. Il n'en demeure pas moins que les rituels d'inversion, la présence d'un peuple de fous, les cavalcades, les mascarades, les déguisements collectifs et les défilés de chars puisent leur origine dans cette tradition médiévale de la fête des Fous.

    L'historien Jacques Heers estime que la fête de Saint Nicolas - patron des marins et des enfants, qui jouit d'une dévotion très populaire en Occident - , le 6 décembre, ouvre les festivités de la fête des Fous. D'autres auteurs considèrent que le début des festivités  est le jour de la fête des saints Innocent, commémorant le massacre des Innocents. Mais la plupart des historiens s'accordent à faire coïncider le début de la fête des Fous avec le 25 décembre, jour de Noël.         

     


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