• L'énigme des grandes migrations animales

     

    L'énigme des grandes migrations animales

     

    Les migrations des animaux adultes restent un phénomène mystérieux. Ces voyages si périlleux si périlleux sont-ils  un procédé de défense ?
    Obéissent-ils aux nécessités de la reproduction ou à une autorégulation de l'espèce ? Les scientifiques réservent encore leurs réponses...

    Comme les oies sauvages n'apparaissent que quelques mois par an,
    on pensait au Moyen Age qu'elles étaient une métamorphose des bernaches, participant ainsi au cycle biologique qui transforme la chenille en papillon et la graine en fleur.

    Les migrations donnèrent naissance à beaucoup d'autres légendes semblables, car des siècles s'écoulèrent avant que l'homme fût en mesure de concevoir que des animaux puissent parcourir de telles distances.

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    Dans le folklore anglais, les coucous se transformaient en faucons à l'automne. Quant au philosophe grec Aristote, il prétendait que les rouges-gorges se transformaient en rouges-queues, et il affirmait même avoir assisté à cette métamorphose. On attribuait aussi à l'hibernation la disparition de certains oiseaux.

    Que les hirondelles se regroupent à l'automne nous semble une preuve évidente de migration. Elles s'apprêtent visiblement à un grand départ.
    Pourtant, même Gilbert White, le grand naturaliste du XVIIIè siècle, ne comprit pas ce que ces grands rassemblements signifiaient.
    Comme le plupart de ses contemporains, il pensait que les hirondelles et les martinets passaient l'hivers bien au chaud, au fond des étangs !

    L'énigme des grandes migrations animales

      Ce n'est que depuis l'invention des bateaux et des trains à vapeurs puis, plus récemment de celle des automobiles et des avions que nous avons pris conscience des distances extraordinaires parcourues par les animaux migrateurs. Des animaux familiers, comme l'anguille et l'hirondelle, et d'autres moins connus comme certains papillons, ont fat l'objet d'études très suivies.

    Tous les animaux, bien entendu, se déplace dans le cadre de leur habitat. La difficulté est de définir les limites de cet habitat et de déterminer ce qui caractérise le phénomène migratoire. Les migrations peuvent donc être définies comme un ensemble de déplacements périodiques intervenant entre une aire de reproduction et une aire ou l"animal séjourne en dehors de la période de reproduction. La caractéristique principale des migrations est leur régularité et e fait qu'elles comportent un voyage de retour.

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    Ainsi, l’hirondelle, qui se reproduit en Europe et passe l'hivers en Afrique, est un animal migrateur, alors que l'araignée, dont le mouvement consiste à être ballottée au gré du vent, n'entre évidemment pas dans cette catégorie.

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    De tous les oiseaux migrateurs qui parcourent des distances fabuleuses, les sternes arctiques sont parmi les plus remarquables. Elles accomplissent chaque année le voyage du cercle polaire arctique au cercle polaire antarctique, soit une distance de 26 000 Km aller et 26 000  Km retour. On a calculé qu'elle doivent voler 24h/jour pendant 8 mois pour boucler cet extraordinaire périple.

    De nombreux invertébrés marins se déplacent aussi sur des distances appréciables en fonction des saisons. Les anguilles, par exemple, qui vivent la plus grande partie de leur vie dans les cours d'eau d'Europe, vont se reproduire dans la mer des Sargasse. Les mammifères aquatiques effectuent également des déplacements de grande ampleur. C'est le cas de la baleine à bosse qui, tous les ans, à l'automne et au printemps, accomplit
    les 8 000 Km qui séparent les tropiques des mers polaires du Sud.

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    Les déplacements saisonniers sont moins répandus chez les mammifères terrestres, la marche n'étant pas un mode de locomotion rapide sur de longues distances. Toutefois, certains parcourent des distances considérables de plusieurs milliers de kilomètres chaque année.
    En Amérique du Nord, dès la fin de l'été, les caribous migrent de la toundra vers les forêts, plus au sud. Des troupeaux comptant des milliers de têtes suivent des routes immuables à travers l’immensité canadienne.

    De manière générale, les migrations sont le fait de populations entières dont le nombre d'individus peut atteindre un chiffre incroyablement élevé. En Amérique, un seul vol de papillon couvrit une aire de 400 Km²
    Les cas de cet ordre ne manquent pas. On a observé des vols de pigeons voyageurs d'une telle densité qu'ils cachaient le soleil.

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    Dans un registre plus amusant, on peut citer le cas du vapeur norvégien bloqué 15 min par une marée de lemmings, ou celui du train hongrois que la masse gélatineuse de milliers de mille-pattes écrasés faillit faire dérailler. Des incidents tragiques peuvent en effet survenir. Il y a quelques années, en Afrique du Sud, un troupeau de Springboks se précipita dans la mer. On retrouva des cadavres sur 50 kilomètres.

    Diverses méthodes sont appliquées à l'étude des phénomènes migratoires. La plus simple consiste, bien sur, en une observation attentive des animaux en cours de migrations. Observation grandement facilitées de nos jours par le radar et les avions. Comme il est capitale de pouvoir suivre un individu déterminé, on utilise le marquage. Ce qui consiste à placer des signes distinctifs aux animaux : bagues numérotées, colliers, marques colorées ou puce.

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    Enfin, des recherches spécialisées font appel à des techniques particulières. En vue d'étudier, par exemple, les problèmes touchant à l'orientation, on a équipé des pigeons de lentilles opaques pour les rendre aveugles momentanément et voir si leur sens de l'orientation s'en trouvait affecté ( il ne le fut pas ).

    Dans le cas de ces mêmes recherches, on a placé des oiseaux en cage dans un planétarium et observé leur comportement pendant que la voûte céleste tournait autour d'eux.

    Toutefois, malgré es progrès de la science, l'origine et la fonction essentielle des migrations restent du domaine de l'hypothèse.
    Par le simple fait de quitter leur habitat, les animaux s'exposent à de grands dangers. La proportion des victimes est à la mesure de ces dangers : seulement une hirondelle sur deux survit au terrible voyage.

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    La migration s'est développée chez les espèces pour lesquelles elle constituait un avantage, affirment les biologistes. Autrement dit, si on en croit la théorie de la sélection naturelle de Darwin, cette habitude ne se serait pas imposée. Pourtant, on peut s'interroger sur le bien fondé de certaines migrations? celle, par exemple, de l’hirondelle de fenêtre. Espèce insectivore, elle migre en hiver vers des régions plus tempérées pour trouver sa source de nourriture habituelle. En chemin, les hirondelles doivent survoler le Sahara. Or, elles choisissent souvent une des traversées les plus longues. pour quelle raison ? En outre, pourquoi persistent-elles à voyager jusqu'en Afrique du Sud alors qu'elles rencontrent sur leur route d'autres pays aussi hospitalière pour passer l'hiver ?

    Y a t-il vraiment à voler si loin un avantage essentiel que nous ne saisissons pas, ou les hirondelles sont-elles victimes d'une habitude dont elles ne parviennent pas à se défaire ?

     On avance souvent l'argument de l'équilibre biologique. Rappelons que 50 % des hirondelles meurent pendant ces migrations saisonnières. Ce qui permettrait de maintenir un niveau stationnaire de population.

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    On recourt à ce même argument pour expliquer que tant de lemming et les springboks périssent pendant les migrations. L'avantage n'est certes que pour l'espèce. On a remarqué que, juste avant la migration, les lemmings deviennent très féconds. Résultat : la population augmente.
    Heureusement, affirment les biologistes, la nature veille. Si un nombre important de lemmings ne disparaissaient pas pendant la migration, il y aurait des problèmes de surpopulation.

    Toutefois, cette explication reste incomplète. Elle laisse subsister une bonne part du mystère des migrations. L'équilibre biologique et la sélection naturelle sont des facteurs essentiels, mais d'autres, plus subtils, entre en jeu...

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    L'énigme des pigeons voyageurs

    Les pigeons voyageurs ont fait l'objet d'études très poussées. De nombreuses hypothèses ont été émises pour tenter d'expliquer leur extraordinaire sens de l'orientation. Des expériences ont démontré récemment que la théorie selon laquelle ils s'orientaient d'après le soleil était faussée.

    En effet, des pigeons que l'on avait gardés enfermés pendant des semaines à la lumière artificielle la nuit et dans l'obscurité le jour, une fois relâchés, retrouvaient malgré tout leur chemin.

    Une autre théorie intéressante  selon laquelle les pigeons utilisent un sens magnétique pour se diriger doit aussi être réfutée. Des oiseaux auxquels on avait fixé des aimants, quoique visiblement perturbés de prime abord, furent cependant capables de retrouver leur chemin sans difficulté.

    L'énigme des grandes migrations animales

    La solution se trouve vraisemblablement dans la combinaison de tous ces facteurs : odorat développé, observation de la position du Soleil, de la Lune et des étoiles ainsi que  sens magnétique.
    Un " sixième sens " encore inconnu entre peut-être aussi en jeu.


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