• A.L. Intelligence artificielle - 2001 - Steven Spielberg

    L.A. Intelligence artificielle - 2001 - Steven Spielberg

    Vieux projet que Stanley Kubrick aurait voulu monter après Full Metal Jacket, le film s'inspire d'une très courte nouvelle de l'écrivain britannique Brian Aldiss, des jouets pour l'été. Sans cesse repoussé en raison de la maniaquerie et du perfectionnisme légendaires du réalisateur, le film devait enfin être mis en route sitôt Eyes Wide Shut achevé, Kubrick se contentant toutefois de produire, tandis que la réalisation aurait échu à Steven Spielberg. Celui-ci hérita de l'entière responsabilité de l'oeuvre à la mort brutale de son concepteur en mars 1999 ; ainsi se réappropria-t-il totalement le sujet, au point de réécrire le scénario originel pour lequel Ian Watson avait succédé à Brian Aldiss.

    Dans un futur proche, la montée des eaux due au réchauffement climatique impose une stricte limitation des naissances, compensée par l'adoption de "mécas", enfants électronique semblable en apparence et en affect en leur modèles. 
    Le couple Swinton, dont l'unique fils est malade, fera l'acquisition de l'un de ces chérubins factices. Toutefois, le méca David n'a plus sa place dans la famille dès lors que le vrai fils revient, guéri. Ne reste plus à la mère qu'à le perdre dans les bois, même si le petit Poucet se confondra bientôt avec Pinocchio, car David n'aura de cesse de retrouver sa Fée bleue virtuelles et d'être reconnu comme un véritable petit garçon.

    L.A. Intelligence artificielle - 2001 - Steven Spielberg

    L'oeuvre comprend trois parties distinctes, presque trois films autonomes, ce qui n'entrave nullement sa progression.
    La première, la vie de famille, la plus réussie, déborde de sensibilité et émotions.
    La deuxième, où le fugitif tombe entre les mains de forains experts en nouveau jeux du cirque présente un aspect nettement féllinien avec son extraordinaire galerie de robots grotesques conçus par Stan Winston.
    La troisième, enfin, qui opère une vertigineuse et très kubrickienne plongée dans le futur, explore un New York d'abord immergé - on y voit les Twin Tower que le réalisateur, pour faire oeuvre de mémoire, n'a pas voulu effacer lors de la sortie 
    vidéo ; puis, deux mille ans plus tard, un New York figé par les glaces, tandis que des créatures métalloïdes ont pris la place de l'homme.

    Haley Joel Osment, découvert dans le sixième sens campe un David bouleversant, dont les deux fidèles compagnons sont eux aussi mécaniques : son ours en peluche Teddy et le fugitif Gigolo Joe, androïde de plaisir sans égal dès qu'il s'agit de fredonner Chantons sous la pluie en esquissant trois pas de claquettes pour séduire la gent féminine et auquel Jude Law, tout de cuir noir vêtu, octroie une singulière prestance.

    Profondément désenchanté et nostalgique, A.L. dépasse largement Rencontre du troisième type ou Minority Report pour ce qui est de la SF signée Spielberg...


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