Il existe un consensus assez général entre les archéologues et les anthropologues quant à l'ancienneté de l'espèce humaine : L'homme fit son apparition au Quaternaire, à la suite de la disparition des grands reptiles.
Le docteur Cabrera n'est pas d'accord. Il affirme que ces pierres gravées se formèrent à l'époque tertiaire, et c'est à cette époque que les êtres supérieurs qui arrivèrent de l'espace créèrent l'humanité.
D'autre part, il existe d'autres indices, en Amérique latine même, qui insinuent une plus grande antiquité de l'homme.
En Argentine, au siècle dernier, le paléontologue Florentino Ameghino, affirma avoir trouvé des restes humains dans des terrains tertiaires.
Sur le moment, ces découvertes furent considérées avec scepticisme par l'establishment scientifique.
Une découverte plus récente de l'anthropologue Hernao Marin, en Colombie, n'a pas reçu meilleur accueil : celle des restes fossilisés d'un animal antédiluvien mystérieusement associé à ceux d'un homme de Neandertal.
Un des éléments qui confirment l'opinion du docteur Cabrera est une pierre ou est tracée une carte du monde tel qu'il était à l'époque tertiaire. On peut y voir que la forme et la disposition des continents sont complètement différentes de ce qu'elles sont actuellement.
Considérant en outre que ce ne fut pas avant la fin du XIX è et le début du XXè siècle que la géologie découvrit des changements spectaculaires, dans la forme et la disposition des continents, provoqués par de grands cataclysmes de la fin du tertiaire.
Les théories du Docteur Cabrera n'ont pas eu beaucoup d'écho dans la communauté scientifique. Certains de ses adversaires sont allés jusqu'à prétendre que Basilio Uchuya, le paysan archéologue qui a fourni la plupart de ses éléments au docteur, les a lui-même fabriqués. La théorie voudrait que Basile grave les pierres, puis les enduisent de cirage à chaussures et les soumettent à la flamme pour leur donner une fausse patine.

Cette ingénieuse théorie ne tient pas compte de l'âge de Basile, ni du temps qu'il lui aurait fallu pour fabriquer toutes ces pierres. Si l'on suppose que le paysan aurait pu, dans toute sa vie, en fabriquer dix mille, le chiffre n'atteindrait pas les quarante mille qui ont été cataloguées jusqu'à présent, ni les centaines de mille qu'on a de bonnes raisons de croire encore enterrée. Ce pauvre paysan aurait dû se mettre au travail dès son adolescence à raison de 10 heures par jour et cela sans interruption pendant plus de 40 ans, belle constance et une sacrée suite dans les idées, pour récolter en fin de compte quelques dollars ! Un autre point remarquable tient dans la diversité des sujets dessinés sur ces pierres et les connaissances nécessaires pour imaginer toutes ces gravures qui font de ce paysan illettré un érudit hors-pair.
Cependant le docteur Cabrera n'est pas dépourvu complètement de soutien. Le français Chanoux, dans son "Enigme des Andes", assure que les pierres d'Ica pourraient être " la bibliothèques des Atlantes ", qui ont existé il y a 50 millions d'années;
Pris de manière isolée, ces galets n'ont aucun sens , mais si on fait le rapprochement avec les autres découvertes impossibles de ce site, notamment en paléontologie, on peut y apercevoir les bases d'une nouvelle préhistoire sans avoir à remettre en cause l'ensemble des connaissances scientifiques parcellaires que nos chercheurs ont âprement amassées au fil du temps et sans faire appel obligatoirement, mais sans en rejeter la possibilité pour autant, à des interventions extérieures "inconnues".

Le Dr Cabrera s'est toujours déclaré prêt à révéler cet emplacement seulement à une équipe de scientifiques dûment mandatée pour effectuer des recherches sérieuses. Mais voilà, puisque les pierres sont déclarées fausses, jusqu'ici, aucun scientifique n'a eu le courage, l'audace de braver l'interdit, de risquer sa carrière, sa réputation, pour entreprendre leur étude.
Alors, peut-être pour encore quelques années, la mémoire de notre passé va sommeiller au fond d'une grotte, en espérant que celle-ci ne soit pas pillée.
Extrait de " Inexpliqué " 1981