• Ys, la cité engloutie

     

    Ys, la cité engloutie

    Le Menez Hom, aux formes si douces, est un ancien volcan. On sait qu'un volcan n'est jamais éteint... Aujourd'hui encore, la région bretonne enregistre des secousses telluriques qui, malgré leur faible intensité, n'en sont pas moins aussi fréquentes que celles que subit l'Auvergne !

    Certains effondrements de la terre dans la mer semblent bien dus à ces phénomènes. Doit-on leur attribuer la disparition d'une ville comme Lexobie, qui était pourtant la plus grande garnison romaine d'Armorique et que les historiens sont bien incapables de situer sur une carte ?

    Ys, la cité engloutie

    En 709, un grand cataclysme a secoué toute la côte nord de l'Armorique et a fait passer sous les vagues de l'océan tout les environs de la ville d'Aleth. Toujours en 709, les îles anglo-normandes ont été coupées du continent et 9 villages ont été perdus en mer.

    En janvier 1735, une tempête d'une incroyable violence s'est déchaînée dans la baie où s'abritait Saint-Etienne-de-Paluel : en se retirant, la mer a dégagé les ruines du villages et, le temps d'une marée basse, les riverains ont pu arpenter les anciennes rues rendues pour un jour à la chaleur du soleil.

    Ces changements de la ligne des eaux ont touché bien d'autres sites. A en croire les chroniques, au XIIIè siècle, la terre bretonne a tremblé à plusieurs reprises. Certaines secousses ont ébranlé le pays
    de Vanne " pendant quarante jours, si fort que les meubles s'entrechoquaient au point de se briser. "

    Ys, la cité engloutie

    L'ilots d'Er Lannic, dans le golfe de Morbihan, est là pour en témoigner : un double cercle de menhirs, aujourd'hui à demi submergés, laisse penser que les eaux se trouvaient une dizaine de mètres plus bas au moment où ils ont été érigés.
    L'archéologue James Miln a observé dans la baie de Quiberon, au siècle dernier, un alignement de menhirs que découvraient les basses eaux des plus grandes marées. Peut-être s'agissait-il des vestiges de la ville engloutie de l'île d'Aïse, que la tradition populaire situe entre Quiberon et Belle-Ile...

    Chez les peuples celtes, l'âme l'emporte souvent sur la raison. Fortement imprégnée de mythes, la mentalité celte rend hasardeuse la tentative de séparer l'imaginaire du réel, Chuchulain, Morgane, Artus, Merlin ou le roi Marc'h : les ressources de l'imaginaire celtiques paraissent infinies.

    Dans une civilisation dont l'un des traits fondamentaux a été de reconnaître pour tradition celle que les druides se transmettaient oralement, le passé se trouve réécrit en permanence.

    Ys, la cité engloutie

    Reconnaissons ainsi comme symboliques les nom des hameau de l'antique Brocéliande : ils affichent aujourd'hui sur de très concret panneaux routiers une évidente propension naturelle au mystère et au rêve : le Pont-du-secret, Néant-sur-Yvel, Folle-Pensée, le Val-sans-Retour...

    L'étude des contes bretons, ces véritables archives de la mémoire d'un peuple, ne fait que nous conforter dans le devoir d'accepter la vérité des légendes comme une des formes de la réalité. Le Barzac Breiz, cette odyssée mi-historique mi imaginaire des Bretons, représente bien une démarche qui fait accepter le mythe comme l'essence même d'une éternelle renaissance.

    Ys, la cité engloutie

    F. Le Roux et Ch. Guyonvarc'h nous ont livré la clé qui nous permettra peut-être de mieux comprendre le véritable secret de la ville d'Ys et de cerner d'un peu plus près le pourquoi des différentes formes prises par cette légende.

    Ils écrivent :
    " La civilisation celtique est antihistorique et n'a nul besoin d'archives. Le mythe, conçu comme une explication et une illustration des origines infiniment vivant dans la mémoire humaine, est valablement permanent et immuable. L'homme qui l'accepte et qui le transmet échappe par là à la fuite du temps. Il ne craint ni la mort, ni l'écrasement chronologique de l'histoire. "

    L'histoire de la ville d'Ys commence par une saga et fini comme un sermon de curé.

    Ys, la cité engloutie

    Parti guerroyer dans les pays de glace et du soleil de minuit, le jeune Gradlon, roi de Cornouaille, met le siège devant une imprenable forteresse. Siège difficile, meurtrier, qui s'éternise tant que les barons abandonnent leur roi. Celui-ci va renoncer à son tour quand une clarté déchire la nuit : Malgwen, la reine des glaces, apparaît avec ses armes royales. Elle est séduite par la vaillance de Gradlon. Celui-ci est fasciné par la beauté de la reine...

    Ils s'enfuient vers la petite Bretagne, emportant sur leur nef un fantastique coursier noir, d'une merveilleuse rapidité.
    C'est Morvac'h, le cheval de mer. Long est le voyage... Si long que Malgwen, la fée des mers glacées a le temps de concevoir et de donner la vie à une fille, Ahés. Hélas, à peine réincarnée, la reine meurt !

    Ys, la cité engloutie

    Dans son armure d'acier-bleu, le bouclier couvrant ses jambes et le glaive en travers du bouclier, son corps est rendu à la mer par Gradlon, fou de douleur.

    Ces premiers instants marqueront à jamais le destin d'Ahès.
    Pour Gradlon, par contre, le temps des errances est révolu. En perdant son épouse, il a perdu le goût de l'aventure. Pendant de longue années, il va se consacrer à son peuple et à sa fille.


    Ys, la cité engloutie

    Alors qu'il rend justice dans sa capitale de Quimper, une étrange affaire lui est soumise : un ermite chrétien venu de Bretagne est accusé par
    une " sorcière " d'avoir fait disparaître sa fille. Le future saint Ronan se disculpe et ressuscite la fille pour faire bonne mesure. Il quitte ensuite la Cornouailles.

    Le grain est semé dans l'esprit de Gradlon. Ce que Ronan a entamé, Corentin le parachève à la faveur d'une chasse infructueuse : le roi et sa cour, affamé, arrivent près de l'ermitage de Corentin, qui se livre à une sorte de multiplication des pains. Le roi se convertit et, pour être sûr
    " de suivre en toute chose la loi de Dieu ", prend comme conseiller Gwénolé, disciple de Ronan et abbé de Landevennec. Corentin reçoit l'archevêché de Quimper.

    Le roi n'a pourtant pas prévu l'antagonisme qui oppose immédiatement les hommes de Dieu à sa fille, Ahès, que le peuple surnomme Dahud,
    " le bonne sorcière ". Tout les élément du drame sont là, prêts à se nouer. Le destin tragique de la ville d'Ys est désormais irréversible...

     


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :