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    Les dragons

     

    Depuis des millénaires, le mythe des dragons hante l'imagination des peuples de la Terre entière. Mais est-on bien sûr qu'il s'agit d'un mythe ? La figure menaçante du dragon est toujours là, tapie au creux d'horribles légendes. Et la figure héroïque de l'homme qui cherche à le combattre se dresse toujours. On l'appelle Persée, Mardouk, Hercule, Siegfried ou Saint-Georges.

    Mais le dragon renaît éternellement de ses cendres, toujours vivant dans l'imagination populaire. S'il faut en croire les traditions, il crache le feu et dors au fond des étangs, en montant la garde devant d'inaccessibles trésors. Attention à son sang : il contient de foudroyants poisons.
    Au moins dans le domaine littéraire, la race des dragons est toujours prospère. Ainsi, selon J.R.R. Tolkien, le dragon Smaug veille-t-il sur les richesses accumulées au creux d'une montagne.
     
    Les dragons
     
    En France, à Tarascon, la fameuse tarasque, une sorte de mannequin figurant un animal monstrueux, est promenée chaque année dans toutes les rues de la ville en souvenir d'un monstre fabuleux et amphibie qui faisait régner la terreur dans la région des bords des Rhône, avant d'être, selon la légende, apprivoisé par sainte Marthe.
     
    Les dragons
     
    Pour les celtes et les romains, le dragon était un symbole guerrier.
    L'écrivain romain Marcellus a raconté comment était entré dans Rome, a la tête de cohortes qui portaient des enseignes frappées de dragons : " Le vent agitait ces enseignes comme si les dragons avaient été vivants et prêts à semer la destruction ".

    Dans la littérature celtique le mot " dragon " désigne un chef. Un pendragon est un chef suprême, élu pour faire face dans les périodes de danger ou de troubles.

    Avec la légende de saint Georges, le dragon entre dans l'épopée de la chevalerie courtoise. Le gout de ces dragons pour les jeunes et belles vierges est assez saisissant.Il existe de nombreuse variante qui reprennent ce thème.
     
     Les dragons

     Sans vouloir accorder trop d'importance aux légendes qui décrivent tant de dragons, on peut se demander sur quels faits réel s'appuient ces contes. Après tout, les dragons ne sont peut-être que  des extrapolations mythiques d'animaux qui ont vécu, mais qui ont pu disparaître...
    Certains animaux préhistoriques, par exemple, pourraient parfaitement passer pour des dragons.

    Le ptérodactyle, ce reptile volant de l'ère secondaire, à ainsi de nombreux attribut de dragons de nos légendes. 
     
    Les dragons 
     
    Le plésiosaure, reptile marin qui hantait les rivages de notre continent il y a cent cinquante millions d'années, les possèdent également. Certain fossile de plésiosaures ont été récemment découverts en Europe; les spécimens mesuraient jusqu'à 9 m et possédaient des mâchoires armées de plus de 80 dents.

    S'ils avaient pu survivre depuis l'ère secondaire, certains de ces reptiles auraient été susceptibles de terroriser les premiers hommes et d'imprimer leur image dans l'inconscient collectif de nos ancêtres.
    C'est l'hypothèse du professeur Carl Sagan, un des scientifiques les plus doués de sa génération.

     Dans " Les dragons d’Éden ", Carl Sagan écrit : " Les fossiles les plus récents remontent à 60 millions d'années. Les premiers représentants de la lignée humaine sont apparus voici 10 millions d'années. Ne peut-on imaginer que ces créatures anthropoïdes aient pu rencontrer le Tyrannosaurus Rex ? Est-il possible que des dinosaures aient survécu à l'extinction de leurs congénère, à la dernière période du Crétacée ? ". Aussi téméraire soit-elle, cette hypothèse a de quoi séduire...

    Au Moyen-Age, les moine copistes interprétaient tout à fait différemment l'existence des dragon dans nos mémoires. Pour eux, qui enluminaient les manuscrits de toutes sortes d'animaux fabuleux, chaque créature de leur bestiaire fantastique avait une signification. Le phénix était le symbole de la résurrection; La panthère représentait le Christ. Le dragon, lui, n'était autre que l’Antéchrist. Une allégorie caractéristique affirme ainsi que la panthère dîna, puis dormit trois jours. A son réveil, elle bailla et tout les animaux suivirent son souffle embaumé, à l'exception du dragon, le seul ennemi de la panthère, qui se cacha, terrorisé par ce souffle qui pouvait l'anéantir.

    Le Bestiaire de Guillaume le Clerc de Normandie, qui remonte à 1210, montre le dragon combattant l'éléphant - le symbole d'Adam - en le frappant de sa queue et en s'enroulant autour de ses pattes ....

     Les dragons

     La lutte entre l'éléphant et le dragon est attestée chez le romain Pline l'Ancien, qui écrit :

    " Aux Indes vivent les plus gros éléphants, et aussi les dragons, qui sont leurs ennemis et qui les attaquent sans cesse. Les plus grands d'entre-eux s'enroulent autour des éléphants en formant un nœud."
     
    Pour le naturaliste antique, les dragons étaient des animaux réels, qui avaient leur place dans toute bonne classification zoologique.
    En 1658, Edward Topsell écrit une "Histoire des serpents", qui contient des descriptions précises et détaillées de différentes sorte de dragons souvent accompagnées de gravures réalistes.

    Le " serpent-dragon " vient ainsi s'ébattre près de son proche parent, le serpent. Le " dragon-reptile " voisine de même avec le caméléon Les "dragons de l'Inde", décidément à l'honneur, retrouvent leurs cousins d'Ethiopie et de Phrygie :

    " Ils ont, affirme l'auteur, d'énormes bouches qui leur permettent d'avaler tout entières de nombreuses créatures, homme ou animaux. "

    L'auteur est enfin remarquablement précis pour signaler les propriétés médicinales du corps du dragon : leur graisse est ainsi destinée à soigner les ulcères. Leur tête sert à prévenir le strabisme, et leur langue, conservée dans du vin, protège des " incubes ", succubes et autre démons cauchemardesques. 

    Pour les anciens cartographes, le dragon était un animal familier :
    " Cette contrée est déserte et toute pleine de dragons et de serpents géants ", écrivaient-ils quand ils avaient à dessiner une contrée inexplorée.  Pour eux, les dragons étaient des symboles de l'inconnu et ils en parsemaient leurs cartes exotiques en les plaçant parmi des girafes et des éléphants.
     
    Cette présence sur les cartes anciennes, d'animaux mythiques mêlés à des animaux réels est probablement due à une interprétation hâtive et erronée des récits des grands voyageurs. On a ainsi vu que l'alligator de Chine décrit par Marco Polo s'est mué en un genre de dragon sous le crayon et le pinceau d'un dessinateur d'époque.
     
    Les dragons
     
    Le corps gigantesque de quelques grands serpents, comme le python ou le boa constrictor, a également pu frapper les imaginations. Bien que ces serpents soient dépourvus des attributs classiques des dragons, il est fréquent qu'ils soient ainsi baptisés par ceux qui subissent leur présence.
    Ainsi en 1878, en Inde, après une chasse au python mangeur d'hommes, les habitants d'un petit village ne parlait plus que du dragon.

    Le varan de Komodo est, lui aussi, souvent appelé " dragon de Komodo", sans doute à cause de sa taille impressionnante, qui peut dépasser les 3 m de son long corps couvert d'écailles, de ses courtes pattes et de sa tête véritablement hideuse. Par contre il ne vole pas et il est en voie de disparition dans son habitat des îles indonésiennes. 
     
     Les dragons

    Même si serpents, crocodiles et grands lézards possèdent quelques traits qui pourraient être ceux des dragons de nos légendes, on ne peut raisonnablement les assimiler à ces créatures fabuleuses, ni même considérer qu'ils sont à l'origine de ces légendes.

    Si les dragons n'ont aucune réalité animale, ne peut-on considérer, dans ce cas, qu'ils ne sont que des symboles d'éléments cosmique ? C'est le sens que leur donnent les chinois, qui considèrent les dragons comme entités bénéfiques.

    Surprenant retournement de situation qui nous ouvre un monde d'étranges interprétations...
                                                                                  Extrait de " Inexpliqué " 1981

     

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  • Mary Celeste

    La Mary Celeste, un brick goélette découvert en 1872 en pleine mer, en parfait état mais abandonné par son équipage. Cet évènement constitue une des plus célèbres énigmes du monde maritime dans la catégorie des vaisseaux fantômes.

    Ayant commencé sa carrière sous le nom d’Amazon le brick fut retrouvé dans l’Océan Atlantique, le 5 décembre 1872, naviguant sous voilure réduite, sans personne à bord. L’équipage du bateau qui le retrouva n’aurait trouvé aucune indication sur le livre de bord concernant les jours qui précédaient. Les dernières lignes situaient le navire à une centaine de miles des Açores (185 kilomètres) et étaient datées du 24 novembre. Toutefois, l’ardoise du navire indiquait qu’ils avaient atteint l’île de Santa Maria, le 25. Par contre, les instruments de navigation  manquaient à bord et une certaine quantité d’eau avait été embarquée dans les fonds. Des réserves de nourriture pour six mois étaient à bord. Seuls manquaient les deux canots. Tout laissait penser à un abandon trop hâtif par son équipage (canot et instruments de navigation manquants) d’un navire apparemment en difficulté.

    La disparition du capitaine Briggs, de sa femme, de sa fille et des sept hommes de l’équipage, le sort de la cargaison de 1 701 fûts d’alcool dénaturé et l’incompréhension de ce qui s’est passé ont entrainé de la part des médias de l’époque un grand nombre d’hypothèses. On parla de mutinerie, d’attaque du navire pour récupérer sa cargaison, de rivalité amoureuse, de monstres marins, etc.

    Le 26 mars 1873, le capitaine Morehouse reçut la somme de 1 700 livres du tribunal maritime, soit 5 % du prix du navire (36 000 £).


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    La légende du hollandais volant

     

    L'histoire du vaisseau fantôme est l'une des plus célèbres légendes de la mer. Elle se raconte depuis plus de cinq cents ans, mais son origine est certainement pré chrétienne.
    Essentiellement, l'histoire est la suivante : pour avoir défié Dieu, un arrogant capitaine hollandais est condamné à naviguer sur les mers pour l'éternité. Tous ceux qui aperçoivent ce vaisseau fantôme savent que leur fin est proche.
     
    La légende du hollandais volant
     
    Cette légende s'appuie-t-elle, comme certains le pensent, sur des faits réels ? Vraisemblablement, car les nombreuses versions présentent d'indéniables points communs bien que le capitaine s'appelle successivement Vanderdecken, Van Demien, Van Straaten ou Van quelque chose.
     
    La version la plus connue de la légende met en scène un certain capitaine Vanderdecken. Au cours d'un voyage autour du cap de Bonne-Espérance, le navire se trouve pris dans une tornade. Terrifiés, les passagers supplient le capitaine de rejoindre le port le plus proche ou, si cela est impossible, de diminuer au moins de voile pour sortir de la tempête au plus vite. Au lieu d'accéder à leur demande, le capitaine Vanderdecken, pris d'un accès de démence, s'attache au gouvernail et chante à tue-tête des chants blasphématoires.
     
    Alarmés par le comportement de leur capitaine, les membres de l'équipage tentent de s'emparer du navire. Mais le capitaine met fin à la mutinerie en jetant son chef par-dessus bord. Totalement désespérés, marins et passagers remet leur sort entre les mains de Dieu. Soudain, une glorieuse lumière transperce les nuages et illumine le gaillard d'avant.
     
    Le capitaine entend alors prononcer son châtiment : il errera sans fin sur une mer déchaînée et la mort adviendra à tous ceux qui apercevront son navire maudit. Du fer incandescent seront sa seule nourriture et du fiel, son unique boisson. Son petit mousse, victime des méfaits de son maître, sera son seul compagnon de voyage, mais il aura des cornes sur le front et un museau de tigre. Sur ces mots, l'apparition s'évanouit, ainsi que l'équipage et les passagers, laissant le capitaine et son mousse à leur terrible destin.  
     
    Certains historiens pensent que cette légende trouve son origine dans les aventures de Bartolomeu Dias (1450 - 1500), le grand navigateur portugais qui découvrit le cap de Bonne-Espérance en 1488.
    Son biographe lui attribua tant de qualité... hors du commun qu'il devint un personnage de légende. Il semble toutefois que l'histoire du vaisseau fantôme soit en fait une survivance des anciennes sagas nordiques. L'aventure tragique du capitaine Vandercleken rappelle en effet l'histoire de Stote le Vikings, qui pour avoir volé un anneau divin, est condamnée à périr par le feu, attaché au mât d'un navire laissé à la dérive.
     
    La légende du hollandais volant
     
    Depuis toujours, les marins se racontent des histoires de vaisseaux fantômes.
    Au début du XVIè siècle, l'équipage de deux navires marchands hollandais aperçut le fantôme d'un navire qui s'était abîmé dans le Pacifique.

    On connait aussi la légende allemande du capitaine Felkenberg, qui joua son âme aux dés avec le Diable. Et il perdit. Dans la légende hollandaise, il s'agit du capitaine Straaten, ou encore de Bernard Fokke.
    Fokke était célèbre pour la rapidité de ses voyages. Ceux qui enviaient ses qualités de marins prétendaient qu'il avait conclu un pacte avec le Diable, ce que son caractère violent et sa laideur repoussante semblaient confirmer. Aussi le jour où il disparut en mer, le bruit courut que le Diable avait finalement réclamé son dû.
     
    Déformée par la légende, l'histoire du vaisseau fantôme recoupe en partie la réalité. On connait de nombreux cas de navires abandonnés par leur équipage au cours d'une tempête et retrouvé par la suite, dérivant au gré des vents ou des marées.
     
     La légende du hollandais volant

    Le plus célèbre de ces bateaux errants reste sans nul doute la "Mary-Céleste". Citons également de cas de "Malborough" disparu en 1890 entre l'Australie et l'Angleterre et retrouvé 20 ans plus tard au large du Chili. On comprend aisément une l'apparition soudaine d'un bateau abandonné surgissant de la brume puisse frapper les esprits et donner naissance à de nouvelles histoires extraordinaires.
     
     La légende du hollandais volant

    Le mythe du vaisseau fantôme a été repris dans de nombreuses œuvres littéraires et musicales. Le poète allemand Heinrich Heine (1797-1856), inspiré le mélodrame de Fitzball soit par une histoire anonyme parue dans "Edimbourgh Magazine" qui  parle d'un vaisseau fantôme
    Wagner s'inspira à son tour de l'ouvrage de son compatriote pour composer "Le vaisseau fantôme" . Dans ce célèbre opéra, le capitaine Vanderdecken garde un ultime espoir, celui d'être sauvé par l'amour d'une femme désintéressée.
     
    Toutefois, le vaisseau fantôme est plus qu'une simple légende ou qu'une création littéraire. Comment expliquer en effet qu'il ait été aperçu de si nombreuses fois ?
    L'une des apparitions les plus anciennes date de 1702, une histoire ecclésiastique de la Nouvelle-Angleterre composée par le ministre puritain Cotton Malher.

    Beaucoup de témoignages sont dus a des hallucinations ou à l'abus d'alcool. Malgré tout nous possédons certains témoignages qui méritent d'être étudiés. Notamment ceux de George V, et de son frère aîné, le prince Albert Victor, qui, pour certains, serait le  trop célèbre Jack L’éventreur....
     
    La légende du hollandais volant 
     
    Voici le compte rendu de cet incident :
     
    "11 juin 1881. A 4 heure ce matin, un vaisseau fantôme nous a coupé la route. Il baignait dans une étrange lumière rouge. Lorsqu'il s'approcha à 180 mètres de nous par bâbord devant, on distingua clairement la mature et les voile d'un brick. Plusieurs marins témoignèrent de la proximité du vaisseau. La vigie du gaillard d'avant, l'officier qui était de garde sur le pont ainsi qu'un midshipman du gaillard d'arrière, tous le virent très clairement. Pourtant, lorsque le midshipman arriva sur le gaillard d'avant, le vaisseau mystérieux avait disparu, bien que la nuit ait été claire et la mer d'huile. Treize personnes en tout l'aperçurent, mais il est impossible d'affirmer qu'il s'agissait bien du vaisseau fantôme de Van Demien. Le Tourmaline et le Cleopatra, qui nous suivaient par tribord, envoyèrent des messages pour savoir si nous avions aperçu l'étrange lumière rouge.
     
    " A 10 heure 45, le marin qui, le premier qui avait aperçu le vaisseau fantôme tomba du sommet du mât de perroquet et se brisa les os. A 16 heure 45, après la prise de quart, nous avons mis en panne et avons immergé notre marin. C'était l'un des meilleurs manœuvres du navire et sa mort tragique nous a tous bouleversés. "  
     
    Treize personnes en tout à bord de l'Inconstant, plus un nombre non spécifié de témoins à bord du Tourmaline et de la Cléopatra , ont vu le mystérieux navire. Mais comme le précise lui-même le prince, rien ne permet d'affirmer qu'il s'agissait bien du trop célèbre vaisseau fantôme. Sauf, peut-être, que, comme le veut la légende, la mort suivit de près l'apparition.
     
    La légende du hollandais volant
     
    Un autre témoignage inattendu émane de Karl Dönitz, commandant en chef de la flotte allemande et bref successeur d'Hitler. On raconte en effet que Karl Dönitz aurait aperçu le vaisseau fantôme à l'est de Suez et qu'il aurait affirmé qu'il préférerait cent fois affronter toutes les flottes alliées réunies plutôt que de revivre cette expérience.
     
    Mais le vaisseau du capitaine Venderdecken n'est pas le seul à hanter les mers. En 1949, on estima à plus de cent le nombre de ces navires errants aperçus au large des côtes nord-est des USA.

    Le "Palatine" est sans doute le plus connu de ces  navires.
    La légende raconte qu'en 1752, au cours d'une violente tempête, le "Palatine" échoua sur les rochers de Block Island. Un passager trouva la mort, brûlé vif lorsque des pêcheurs mirent le feu à l'épave. Depuis lors, le fantôme du navire en flammes a été vu maintes et maintes fois.

    Une étrange lumière, il est vrai brille parfois dans la nuit au large de Block Island. Pourtant aucun navire n'a fait naufrage dans cette région en 1752. Quatorze ans plus tôt en revanche, en 1738, la "Princesse Augusta" transportant plus de trois cent réfugiés originaires du Palatinat, sombra au nord de Block Island. 
    Tout dans ce naufrage rappelle la légende du Palatine, sauf toutefois que la "Princesse Augusta" ne fut pas incendiée. Comment expliqué d'autre part que l'apparition baigne dans une lumière rougeoyante ?
     
    Citons enfin le "Goblin" aperçu plusieurs fois près de Leven, en Cornouailles par les habitants de Porthcurno Cove. Les apparitions de ce navire se produisent toujours près des côtes, parfois même sur les plages ou les falaises
    Que penser de toutes ces manifestations mystérieuses ? Fantômes marins et fantômes terrestres participent-ils de la même nature ?

    La question reste posée
     
                                                                                                                                               Adapté de Inexpliqué 1981
     
     

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    Les lignes de Nazca

    Quand les premiers conquistadors forcent les portes de l'Empire inca, ils ont un instant l'illusion que les terres plates qui s'ouvrent devant eux seront faciles à conquérir. Ils déchantent vite : sous leurs yeux se dresse bientôt la formidable masse de la Cordillère des Andes.

    Tout l'Empire inca est dans ce contraste entre une plaine côtière et semi-désertique et des sommets qui défient l'entendement humain. Là est bien le royaume de la démesure, et l'homme a dû lutter pendant des millénaires avant d'apprivoiser un tel paysage. Les Incas ne sont que les derniers maillons d'un immense effort humain pour survivre dans cette contrée. Le souvenir des premiers habitants s'est perdu dans la nuit des temps.  

    On a seulement retrouvé les signes que ces ancêtres des Incas gravaient dans la pierre, leurs poteries et, parfois, des traces de leur architecture.
    Ces marques se nomment Chimù ou Chanchan au nord du Pérou, Pachacàmac (près de Lima), Ica et Nazca au sud du pays.

    C'est dans la région de Nazca, bien connue des archéologues, qu'ont été découvertes les plus belles poteries polychromes des cultures préincaïques ; ainsi que des tissus et des motifs de broderie qui forcent encore notre admiration, tant leur technique est élaborée et tant les dessins sont originaux.

    Les lignes de Nazca

    Faire resurgir ici une histoire oubliée n'est pas facile. Les pampas sont d'immenses étendues désertiques de sables et de cailloux, battues toute l'année par des vents qui empêchent la faune et la flore de prospérer.
    Il est également difficile d'imaginer que des hommes aient pu vivre sur ces terres désolées, y croître et se multiplier.

     ‎En 1927,Toribio Mexta Xesspe,  un pilote de l'armée de l'air péruvien survole la région de Nazca et aperçois sur le sol, d'incroyables lignes droites et courbes qui se croisent sur des kilomètres. Encore plus incroyable : parmi ces lignes, il distingue nettement des figures qui représentent  des oiseaux, des animaux, ...des hommes ! en plein désert.

    L'aventure mystérieuse de Nazca ne fait que commencer.

    Les lignes de Nazca

    1929, Ducan Masson, un ingénieur écossais, remarque d'étranges sillons sur le sol. Intrigué, il loue un avion et effectue une nouvelle reconnaissance aérienne du site. A son tour, il est stupéfié par le complexe réseau de lignes et de figures courant sur le sol...

    1939, le professeur américain Paul Kosok, venu sur place, relève toutes les figures géométriques de Nazca, non sans difficulté, tant elles sont nombreuses et mêlées.

    Les dessins apparaissent disséminés principalement entre l'océan Pacifique et la Cordillère des Andes, sur une surface d'environ 500 Km², dans la pampa de Vallacuri. La plus forte concentration se trouve entre la Palpa et Nazca, à proximité du Rio Ingenio.

    Les lignes de Nazca

      Répertorier ces lignes n'est  guère aisé : même d'un avion volant à
    2 000 m, on n'en distingue pas la fin. Cette multitude, cet enchevêtrement et cette apparente confusion peuvent laisser les observations pantoises.
    Mais, avec un peu d'attention, on voit soudain ce réseau grouillant s'organiser autour de quelques lignes dominantes. De sorte que l'on a l'impression de survoler des pistes d'atterrissage, une sorte d'Orly revu et corrigé par des surréalistes...  

    Le tout garde aspect de rigueur géométrique. Les figures ne sont pas moins surprenantes. La plus connue, et celle qu'on distingue d'emblée, est une sorte d’araignée géantes, longue d'environ 46 m et remarquablement stylisée. Les pattes se rattachent à une espèce d'abdomen, paraissent dessinées d'un seul trait. On en compte huit.

     Les lignes de Nazca

    Plus loin, on distingue un singe d'une centaine de mètres de longueur, dessiné en pleine action, sa longue queue se repliant en spirale.

    Les lignes de Nazca

    Plus loin encore, on peut voir ce qui pourrait passer pour un condor, long de 180 m, dont les lignes parfaites se détachent sur un fond sombre et uni.

    Les lignes de Nazca

    Vient ensuite toute une succession de figures plus ou moins énigmatiques : perroquets, chats, oiseaux à quatre pattes, sauriens, poissons, fleurs, serpents à plusieurs têtes ou objets sans forme connue.

    Quel est donc le message de toutes ces figures ? Le plus troublant, c'est que ces figures ne sont pour la plupart visibles que du ciel.

    Un soir de 1940, Paul Kokok a vu les derniers rayons du soleil s’effacer dans le prolongement d'une de ces lignes. C'était le 22 juin, jour du solstice d'été. Peut-on parler de coïncidence ?

    C'est à Maria Reiche, une astronome allemande que nous devons l'étude la plus poussée et la plus minutieuse sue Nazca. Elle découvre ainsi des spirales en forme de bouquets d'étoiles, de nouveaux dessins d'animaux, dont une "baleine" longue de 27 m. La pureté du trait des figures et leurs précisions forcent son admiration.

    Les lignes de Nazca

     Elle fut aussi intriguée par la figure du  "chandelier", qui s'étale sur 183 m de long, sur le flanc d'une colline, et dont les deux branches verticales passent très exactement à 100 m du sommet de la colline. 

    Les lignes de Nazca

     Un autre fait la trouble : dans leur grande majorité, les figures à flanc de colline représentent des hommes. Elle se demande si tous ces dessins ne symbolisent pas les constellations visibles dans le ciel, celle de la Grande Ourse en particulier.

    Les photos aériennes lui livrent une vue d'ensemble plus large. En bonne mathématicienne, elle en conclut que nombre de ces lignes droites sont des arcs de cercle. De plus, absence  de cassure dans les courbes lui suggère des connaissances géométriques poussées. Une telle rigueur dans les formes n'indique-t-elle pas que les Nazcans étaient aptes à une pensée conceptuelle et abstraite ?

    Bref, plus l'astronome allemande avance dans ses recherches, plus le mystère de Nazca s'épaissit. Maria Reiche dirige alors ses pensées vers l'analyse géométrique des différentes lignes, et notamment vers la recherche de leur unité de mesure.

    Les lignes de Nazca

    Autre point important : la présence de cercle. Comment les Nazcans n'auraient-ils établi aucun lien entre cette figure et la roue ?
    D'hypothèse en hypothèse, Maria Reiche a fini par conclure que l'unité de mesure du site de Nazca étaient bien inscrites à l'intérieur des figures et des lignes, mais qu'elle était " codée " et, par conséquent, indéchiffrable pour nous.

    Parallèlement à ces travaux, de nombreux sceptiques viennent se pencher sur Nazca et émettent à leur tour leurs hypothèses. Le professeur américain Arthur C. Clarke ne voit dans le site aucun mystère, mais le simple désir des hommes d'inscrire sur le sol des signes qui leur assureront une sorte d'immortalité. Contre cet argument, les objections du plus élémentaire bon sens pleuvent. Il y a bien autre chose derrière l'énigme de Nazca. Mais quoi ?

                                                                                                                                              Extrait de Inexpliqué 1981

     La suite de ce mystère dans " Nazca et les aéronautes "

     


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    Paracelse

     L'enseignement des anciens alchimistes grecs parvint en Europe enrichi et développé par les Arabes au cours des siècles suivants, les grands alchimistes européens poursuivent les travaux de leurs illustres prédécesseurs. Il y a eu Albert le Grand (1193 - 1280) canonisé en 1931. Roger Bacon (1214 - 1294) qui fut l'un des esprits scientifiques les plus brillants et le plus clairvoyant de son temps pour qui la science ne doit pas être figée dans le respect des Anciens, mais au contraire en perpétuel devenir. Et aussi Paracelse (1493 - 1541) qui sera l'un des plus grands médecins de tous les temps.

     Paracelse fut souvent incompris par ses contemporains, méprisé par les officiels, et les mandarins des Universités le traitèrent en charlatan. Sa vie de chercheur solitaire, à contre-courant des idées reçues, en fit un éternel contestataire, un errant. Tandis que les autres parlent et paradent, Paracelse, lui, guérit. Il invente l'asepsie, pressent la psychanalyse, découvre les maladies psychosomatiques. Il est à l'origine des pensées très modernes, telles que la médecine du travail ou l'homéopathie. Il s'employa à donner à l'alchimie ses lettres de noblesse. Il se caractérise par un esprit critique violent et agressif. Son enseignement est souvent dur, mal comprit mais réussit à traverser les siècles : Il enseigna la théorie des signatures qui est une méthode d'observation du monde des plantes médicinales et sa libre association par analogie avec une partie du corps humain que l'on souhaite soigner et est à l'origine des pensées très modernes, telles que la médecine du travail ou l'homéopathie.

    Paracelse

     "Apprends, médecin, à ne tuer personne ; sinon, bêche la terre !" - "La Nature est une et son origine est une. Un vaste organisme dans lequel les choses naturelles s'harmonisent et sympathisent réciproquement.".

    Paracelse était un des précurseurs de cet art hermétique. Il disait :

    «L'alchimie ne consiste pas à faire de l'or et de l'argent, son but est de produire les essences souveraines et de les employer pour guérir les maladies.».


    Il ira jusqu'à appeler les alchimistes qui cherchaient à fabriquer de l'or, des "imbéciles qui battent la paille vide.". On prétend que Paracelse abandonna l'université pour devenir l'élève de l'Abbé Tritheim, à Wurzbourg. Moine bénédictin, Tritheim avait réalisé une synthèse entre la kabbale (tradition ésotérique juive), l'hermétisme (révélations du dieu Hermès dont alchimie et astrologie sont des disciplines majeures) et d'autres courants de pensée que l'église tenait pour hérétiques.

    Paracelse

    L'érudition de cet homme hors du commun n'est pas un hasard. Son but reste toujours d'améliorer ses connaissances et il ne cessera jamais d'étudier et d'expérimenter. Du Portugal, il prend la mer vers l'Angleterre. Apprenant qu'on se battait aux Pays-Bas, il obtient un poste de chirurgien-barbier dans l'armée hollandaise. Puis il contracte un autre engagement, au même titre, dans l'armée danoise. Partout où il séjourne il ne manque pas d'étudier les traditions médicales populaires. Ainsi qu'il le mentionnera dans son livre De Defensiones:

    " Les Universités n'enseignent pas toutes choses; il faut au médecin rechercher les bonnes femmes, les Bohémiens, les tribus errantes, les brigands et autres gens hors la loi, et se renseigner chez tous. Nous devons, par nous-mêmes, découvrir ce qui sert à la science, voyager, subir maintes aventures, et retenir en route ce qui peut être utile."

    Il restera fidèle à ce programme jusqu'à la fin de sa vie. Il dira aussi :

    "Il s'agit d'intégrer l'homme dans l'univers car tout ce qui existe vit et possède une âme. Ainsi "Le Macrocosme et le Microcosme ne font qu'un".

    Paracelse

     On peut dire qu'un alchimiste est en quelque sorte un savant presque complet qui s'intéresse au monde qui l'entoure. Il inaugure l'étude de la pathologie de la nutrition en soulignant que notre corps absorbe les poisons joints aux aliments. Il observe les intoxications d'origine respiratoire et insiste sur la nécessité d'aérer les chambres des malades et des hôpitaux. Paracelse perçut clairement la nature des maladies mentales. Il étudia en particulier l'épilepsie, et rejeta toute influence diabolique dans leur apparition. Abordant l'étude de la psychiatrie, il distingue l'inconscient du conscient (qu'il désigne respectivement par le terme d'âme animale et d'âme spécifiquement humaine). Son insistance pour protéger les personnes atteintes de folie est proportionnelle à la dureté des mœurs du temps à leur égard. Il indique la fonction cathartique du rêve que Freud redécouvrira quatre siècles plus tard, mais soutient aussi l'existence de rêves prophétiques ou surnaturels. Après Hippocrate, Paracelse enseigne que " les semblables guérissent les semblables...".

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    "Paracelse"


                                                                                  Extrait de " Inexpliqué " 1981

     


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