• Une météorite pas plus grosse qu'une boule de bowling tombe dans les bois. Découverte par un vieil homme, elle exsude une substance gélatineuse qui recouvre sa main et dont il ne peut plus se défaire. Steve et sa copine l'emmène au cabinet médical de la ville, où la substance grossit, se nimbe d'une vive lueur rouge avant d'engloutir ses premières victimes : le médecin, son infirmière - et ce n'est qu'un début.

    Tourné pour 120 000 dollars, Danger planétaire introduit un élément de SF dans un succédané de la Fureur de vivre, ou des ados révoltés font des courses de voiture et flirtent dedans.  

    Les effets spéciaux, un ballon-sonde gonflable recouvert d'un gel silicone coloré, font ce qu'ils peuvent, mais il serait exagéré, ainsi qu'on a pu le suggérer, de voir dans sa couleur rouge une métaphore du péril communiste.

    La scène la plus mythique du film est celle où le Blob attaque une salle de cinéma qui projette un film d'horreur. Il y pénètre par une grille d'aération , puis avale le projectionniste avant de s'écrouler dans la salle comme la sirupeuse gelée de groseille qu'il est. 

    Le climax présente nos héros emprisonnés dans un petit restaurant que le monstre s’apprête à submerger sous sa masse. Rien ne l’arrête, ni l'acide, ni les coups de fusils, ni même le câble à haute tension qu'on abat sur lui. Alors que tout semble perdu, Steve se rend compte que les extincteurs au CO² stoppent sa progression. Congelé, le Blob est transporté par avion jusqu'en Antarctique, où il est imprudemment abandonné. Au mot fin, s'ajoute le point d'interrogation qui nous promet une suite, qu'il faudra attendre quatorze ans. 

    Contre toute attente, cette petite série B deviendra culte, grace à l'essor de la carrière de Steve McQueen, qui aura bien mérité de la SF, même s'il n'u est jamais revenu.

    Il est clair qu'il faut remettre le film dans le contexte de l'époque... De nos jours, les effets spéciaux sont bien entendu dépassés, on voit clairement que c'est une simple boule de gélatine et les attaques sur les bâtiments de simples maquettes...

    N'empêche que pour l'époque c'est plutôt bien foutu ! Et du coup le film a un charme fou et on peut être surpris par les différentes attaques du blob. La créature va attaquer à multiples reprises, il y a peu de hors champs de caméra, on sent que le réalisateur voulait vraiment impressionner le public  

     


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  • C'est la nuit, quand elle est couchée dans la chambre conjugale, que le fantôme vient hanter la veuve. Terrifiée, elle demande l'aide de ses proches, qui confirment qu'il s'agit bien de la voix  du défunt. L'affaire prend une telle ampleur qu'un petit groupe de frères Prêcheurs se rend sur place, autour du prieur Jean Gobi. On allume des lanternes, dans l'obscurité nocturne de la maison, on récite des prières et on attend la voix. La veuve est en proie à la panique quand elle se fait entendre. L'esprit de Guy explique qu'il n'est pas démoniaque, qu'il est un bon esprit encore au Purgatoire. Il revient afin de mettre son épouse en garde contre les conséquences d'un mystérieux péché qu'ils ont commis tous deux, dans la chambre commune. 

    Quel est ce péché "indicible" perpétré dans le lit conjugal, qui justifie que Guy de Corvo alerte son épouse depuis l'autre monde ? Qu'ont-ils fait tous deux de si grave ? Le secret demeure. Les époux gardent le silence car ils estiment avoir avoué en confession... Dailleurs, Jean Gobi ne s'en tient pas à cette indication d'ordre privé. Par une initiative extraordinaire, le prieur profite de pouvoir dialoguer avec le fantôme pour lui poser certaines questions. L'esprit de Guy est-il bon ou mauvais ? Guy est-il en présence de Dieu ? Dans quel lieu se trouve-t-il ? Comment les vivants peuvent-il aider les morts ? Comment gagner le salut ? Quelles sont les prérogatives des démons ? Et comment le fantôme peut-il bien parler sans avoir de bouche ? Etc...

      Le long et invraisemblable dialogue dure deux nuits. Puis, grâce à une hostie habilement cachée, Jean Gobi pratique sur le fantôme un exorcisme, qui garanti la sérénité à la veuve et à toute la communauté, ainsi que le maintient du fantôme dans l'autre monde. Ce que nous conservons de cette entrevue avec un spectre est une sorte de procès-verbal, voire un véritable traité, qui prend la forme sidérante d'un dialogue. Mais de cet interrogatoire, on fait un exemplum, c'est-à-dire un récit exemplaire à forme littéraire, qui permet d'aborder comme un fait divers, des question théologiques cruciales : le rôle de la confession, des indulgences, de la pénitence, des prières aux et pour les défunts, la question de la vision béatifique, mais surtout l'idéologie du Purgatoire, "invention" encore relativement récente.

    Dialogue avec un fantôme

      L'esprit profère même une théorie du double Purgatoire : le Purgatoire communs, où il passe le jour, et le Purgatoire particulier, où il se trouve la nuit. Dans son cas, ce second Purgatoire se trouve dans la chambre ou il a commis avec son épouse le fameux péché. L'intervention du fantôme n'est pas gratuite : le mort vient avertir les vivants et les inciter au repentir, tout en sollicitant leur suffrage pour alléger ses propres peines dans l'au-delà et connaitre in fine le salut.  

     

     


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    Priape est souvent réduit à la simple expression d'une érection. Cet emblème n'a absolument  aucune vocation à indiquer un lieu de débauche. Pourtant, le lupanar de Pompéi possède une belle fresque de Priape avec deux phallus. Cette double protection est de bon aloi dans ce lieu où l'on risque maladies, grossesses non désirée et mauvaises rencontres. Confondre Priape avec un dieu de l'érotisme, de l'amour ou de la sexualité est une grossière méprises qui consiste à ignorer le fait qu'il est hideux et vulgaire. Priape est tellement laid qu'il prête à rire. Les artistes rivalisent d'imagination pour charger la caricature du personnage en l'enlaidissant. Le dieu est affublé des traits disgracieux d'un nain difforme, grimaçant, chauve, bossu, famélique ou bedonnant. L'homme peut aussi prendre l'apparence d'un effrayant pygmée, étranger considéré comme un sauvage qui cumule tous les vices.

    Priape est malfaisant, vulgaire, puant, illettré, abominable et non civilisé. Dans certains cas, il chevauche son sexe qui se mue en horrible monstre, dont l'agressivité se retourne contre lui. D'autres artifices sont utilisés pour surprendre les superstitieux, comme dispositif conçu pour le faire apparaître soudainement. Priape est accompagné d'une lampe et de clochettes dont le bruit permet également de chasser le mauvais œil. La tradition romaine défend l'idée que le rire permet aussi d'écarter les maléfices. L'humour et la caricature participent du succès de la célébrité de ce dieu dont l'art de la défiguration concourt à déclencher un rictus salvateur.

    L'érection est arborée fièrement par tous les citoyens qui revendiquent explicitement leur appartenance à cette croyance populaire. Ils portent le phallus autour du cou sous la forme d'un bijou de famille. Ce talisman ostentatoire est fabriqué avec tous les types de matériaux : de l'or, de l'argent, de l'ambre, du bronze ou de l'os pour les plus démunis. Cette amulette accompagne les enfants pour les protéger de la mortalité infantile et des risques d'infertilité lors de l'adolescence. Les romains partagent la même conviction sincère selon laquelle Priape permet de protéger les défunts. Lors d'une rencontre inopinée avec un pénis, une jeune fille ne doit pas cacher sa honte, elle le chasse par un sourire qui désigne sa bonne éducation religieuse et sa connaissance de la tradition. Les Romains sont obsédés par les maléfices et c'est bien l'humour qui permet de les éloigner. Le rire et les plaisanteries sont de bon augure s'attirer la chance. Cette obsession conduit à exhiber le symbole viril pour implorer une protection pour tous les types de commerce. Il est surtout placé à des endroits où l'on peut rencontrer un danger potentiel (pont, route...) et sur les équipements liés à l'irrigation. Le membre turgescent est gravé, peint, sculpté sur tout type de bâtiments, qu'ils soient publics ou privés : remparts, thermes, amphithéatres, tavernes...

    Dans tout l'empire, l'omniprésence de Priape s'impose au sein d'une religion polythéiste comme la source principale de toute une culture. Au quotidien, ce symbole ostensible rappelle le lien sacré qui unit l'homme aux dieux et la reproduction au sacré. La personnification du phallus divin devient un élément de décoration. L'étude des représentations permet de définir un art religieux, prouvant que les Romains sont très pratiquants. Assurément    

     

     

     

     

       

        


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  • Communion - Philippe Mora (1989)

     

    L'écrivain Whitley Strieber emmène sa famille et ses amis passer quelques jours de vacances dans une résidence se trouvant à proximité d'une forêt. Une nuit, une lumière vive remplit les fenêtres du chalet et réveille son fils et deux autres amis de la famille. Il commence alors à avoir des hallucinations. Il décide de consulter la psychiatre Janet Duffy qui utilise la régression hypnotique afin de découvrir ce qui s'est passé cette nuit là...

    **********

    Ce film est basé sur le livre du même nom écrit par l'écrivain Whitley Strieber qui relate l'enlèvement par des extraterrestres qu'ils aurait vécu le 26 décembre 1985. Depuis ce jour, Strieber aurait reçut plusieurs fois la visite de ces " étrangers ".

    Le romancier est incarné par Christopher Walken dont la performance reste mitigée.

    Nous passons assez rapidement par tous les clichés incontournables du cinéma lors d'enlèvement extra-terrestre : la lumière aveuglante, la sensation d'irréel, la pièce étrange remplie de créatures qui ne le sont pas moins, les expérimentations douloureuses et les souvenirs partiellement effacé au réveil.

    Les séances d'hypnoses replongent Whitley Strieber dans ses souvenirs. Les extra-terrestres se feront alors voir d'avantage, mettant en pleine lumière ce qui est arrivé à l'écrivain durant sa bizarre nuit du lendemain de Noël.

    Le film démarre en considérant les "visiteurs" avec un regard sombre, malveillant et angoissant et se termine avec une note nettement plus optimiste à la manière d'un Spielberg.

    Considéré comme un échec lors de sa sortie, ce film est en passe de suscité à nouveau l’intérêt d'une certaine catégorie de cinéphiles

    Terminons par une note nettement plus positive avec la musique d'un certain Eric Clapton dont le thème principale, un l'air de guitare aérien est de toute beauté.       


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  • Le Voyage dans la Lune - Georges Méliès - 1902

    Sans contestation aucune, c'est le premier véritable film de science-fiction au monde. Avouant s'être inspiré à la fois des deux romans de Verne, De la Terre à la Lune et Autour de la Lune (l'obus transportant les membres du Club des Astronomes) ainsi que du récit de Wells, Les premiers hommes dans la Lune (les explorateurs en gibus ont maille à partir avec les Sélénites insectoïdes), le magicien de Montreuil accumule les trouvailles poétiques et loufoques en un temps record : les étoiles ont des visages féminins, l'obus tiré se fiche dans l’œil de la Lune, les Terriens assistent à un clair de Terre et, pour échapper aux fourches des diablotins lunaires, il leur suffit de sauté d'une falaise... pour chuter dans la mer terrestre. 

    Découpée en trente tableau, sans aucun intertitre, l'oeuvre, par son audace et sa pérennité, échappe à toute classification. Météore unique dans l'histoire du cinémas, c'est probablement le chef-d'oeuvre de son malicieux auteur. 

     


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