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    L'hypnose n'est pas une banale attraction de music-hall ou un jeu de salon désuet. Malgré une controverse qui dure depuis près de deux cents ans entre ses partisans et ses adversaires, la science et, en particulier, la médecine l'admettent de plus en plus volontiers. Elle pourrait même permettre, utilisée, tant dans l'investigation psychologique proprement dite que pour la guérison de certains malades rebelles aux techniques traditionnelles...

    Le premier spécialiste qui introduisit les termes d'hypnose et d'hypnotisme, en le définissant comme un " état particulier du système nerveux, déterminé par des manœuvres artificielles " fut l’Écossais James Braid en 1844.
    On ignorait pas auparavant la transe hypnotique et un certain nombre de moyens pour la produire. Mais à la suite du docteur Mesmer, qui avait défrayé la chronique au XVIIIè  siècle avec son fameux "baquet", on parlait plutôt de " magnétisme animal ". Braid forgea le mot à partir du grec hypnos, qui signifie " sommeil ". 

    En fait, la connaissance de l'hypnotisme est très ancienne. Comme l'écrit l'un de ses spécialistes, l'Italien Charles de Liguori : " Elle fait partie d'un bagage de notions humaines datant de plus de quatre mille ans. L'hypnotisme fut d'abord entendu comme "fascination", concept plutôt vague qu'on appliquait généralement à une substance mystérieuse : l'aimant, auquel on attribuait des propriétés magiques et qui, mis en contact avec le malade, pouvait provoquer la guérison. Cette croyance se prolongea dans le temps..."

    Aimant... Magnétisme... On voit que Mesmer lui-même n'était pas à l'origine du phénomène. A vrai dire, près de 70 ans avant lui, le physicien jésuite Kircher avait constaté que l'on pouvait induire chez certaines personnes ce curieux sommeil artificiel, accompagné de transes, en utilisant les propriétés de l'aimant proprement dit ou en pratiquant sur le patient " des gestes adéquats à libérer le fluide magnétique animal ".

    Pour les spécialistes, l'aventure scientifique de l’hypnose commence avec le médecin lyonnais Chastenet de Puységur, qui s'était intéressé aux travaux de Mesmer, parce que lui-même effectuait depuis 1775 des recherches sur l'électricité, le magnétisme naturel et tous les phénomènes de la nouvelle physique en son temps.

    Puységur eut la chance de découvrir un sujet extraordinaire qui est simplement resté dans l'histoire de l'hypnose sous le nom de Victor. Sous les passes habiles du médecin, il plongeait en quelques minutes dans des transes convulsives, parlais des langues étranges, et, pourtant, obéissait très fidèlement à toutes les injonctions de Puységur. Ce dernier parvint même à de nombreux résultats télépathiques avec son médium...

    A cette époque justement, on discutait, à l'Académie des sciences et de la médecine, des théories de Mesmer et de leur bien fondé. Bailly et Lavoisier acceptaient la réalité des phénomènes produits par les passes gestuelles et le fameux "baquet", mais niaient la présence magnétique ou d'électricité dans tout cela. D'après eux, il n'y avait ni fluide animal ni influence physique mystérieuse dans le somnambulisme provoqué par le médecin viennois. Mesmer n'était peut-être pas un escroc, mais, scientifiquement, sa théorie ne tenait pas debout.

     Stupéfait par les transes de Victor, Puységur passa outre ce désintérêt en publiant un mémoire enthousiaste dans lequel il essaya de trouver d'autres explications. C'est en cela qu'il peut être considéré comme le pionnier de la recherche postérieure.

    Comme nous l'avons dit, il faudra cependant attendre James Braid et les années 1840 - 1850 pour arriver à l'hypnose scientifique. L'écossais démontre alors que le phénomène est produit à travers une démarche psychologique, mais que la transe elle-même est une pure réaction physiologique. Il veut détacher de la notion d'hypnose tout le côté occultiste d'une part et sensationnel d'autre part qui commence à s'y attacher. Il n'y parvient qu'à demi.

    On sait produire le sommeil hypnotique. C'est en fait à la portée de tous, avec un minimum de connaissance et d'entrainement. Les bateleurs de foire et les illusionnistes de scène s'initient aux techniques de passes et de suggestions. Quand ils n'y parviennent pas tout à fait, ou trop lentement, ils ont recours à des acolytes. Mais comme, très souvent, à l'exemple de Mesmer, ils prétendent que leurs activités sont thérapeutiques pour ceux qui q'y prêtent, l'hypnose même inférieure, est vite battue en brèche par les scientifiques de l'époque.

    En voulant trop démontrer, ces derniers d'ailleurs, quand ils croient à la réalité du phénomène, tombent dans le panneau : ils obligent leurs sujets à se prendre pour des singes ou des perroquets sous induction ; ils les font aboyer comme de vulgaire roquets devant de doctes assemblées venues assister aux expériences  : ils montrent qu'en état d'hypnose une femme peut se déshabiller selon leur bon vouloir, ou qu'un sujet est capable de s'emparer sur leur ordre d'un poignard et d'assassiner le premier venu...

    Dans le dernier tiers du XIXè siècle, le très digne docteur Rudolphe Heidenhain, physiologiste et chirurgien allemand connu das toute l'Europe, fait couper à son jeune frère des favoris auxquels ce dernier tenait plus qu'à la prunelle de ses yeux. Il l'oblige aussi à boire de l'encre, en lui suggérant, dans sa transe, qu'il s'agit d'une excellente bière munichoise !

     

     


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  • Le vieux Cassave, un homme pouvant léguer un immense héritage se sent proche de la mort. Il convoque les membres de sa famille chez lui, dans sa demeure qu'il a nommée Malpertuis. Il annonce que chaque personne voulant toucher l'héritage devra vivre à Malpertuis. Ses ordres sont que seul le dernier vivant pourra avoir la fortune. S'il reste un homme et une femme, ils devront se marier et toucheront l'héritage à deux.

    Au fil des jours, des choses étranges surviennent, se dégradent . D'étrange petits êtres habitent le grenier, une ombre maléfique éteint les lampes, des membres de la famille disparaissent. 

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    Jean Ray est un grand maître du fantastique. Avec son style inimitable, il n'avait pas son pareil pour planter des ambiances ambigues, à la frontière du rêve, du mystère, de l'horreur, du grotesque, du sordide. 

    Jean Ray nous offre un huis clos surprenant. Commence alors pour les habitant de cette maison une vie alternant périodes de calmes relatif et périodes où surviennent des phénomènes de plus en plus bizarres, des lumière qui s'éteignent touts seules, des bruits de pas, des sensations de froid, de terreur qui vous assaillent... Nous sommes de plain pied dans Malpertuis avec Jean Jacques Gransire, le neveu de Cassave, dont le récit constitue le noyau principale de ce roman mais il n'est pas le seul narrateur. Ils sont quatre.

    La lecture de Malpertuis est une expérience singulière, étonnante. Le roman semble d'abord être une histoire de maison hantée jusqu'à ce que le récit prenne une autre dimension et bifurque vers autre chose que le thème classique de la hantise.

    Jean Ray - Malpertuis

    On prend la mesure du tour de force de Jea Ray au fur et à mesure de la lecture. Plus le roman avance, plus on est saisi par l'habilité narrative de l'auteur.

    Jean Ray a un talent pour instaurer une atmosphère angoissante. L'ambiance créée est vraiment palpable grâce à un grand pouvoir d’évocation. Les descriptions, tant visuelles que sonores sont saisissantes.

    Comme chez Lovecraft et Machen, le surnaturel et la peur viennent bousculer et balayer les certitudes des héros.

    On peut avoir un peu de mal à entrer dans cette histoire. Malpertuis est un livre que l'on lit souvent deux fois. La deuxième fois dès que l'on comprend tous les éléments de la première partie de cette histoire. Il est agréable de revenir sur les débuts et de replacer tous les petits détails qui nous avait échappés.   Il est impératif d'en savourer toutes les subtilités.


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    Si on vous demande de décrire une personne, vous dresserez un rapide portrait où vous préciserez la couleur de ses cheveux et de ses yeux, la forme de son nez, sa démarche et le son de sa voix, mais il ne vous viendra certainement pas l'idée de mentionner son odeur. Encore moins les odes de chaleur qu'elle émet, son électricité ou son magnétisme ! Ces informations, qui importent peu dans l'espèce humaine, permettent à certains animaux, aux souris, aux chauves-souris et aux pastenagues, par exemple, de reconnaître le monde et les êtres autour d'eux.

    Nos sens humains sont limités et parfois nous sentons. C'est à peu près tout. Qui plus est, nous pensons qu'il y en est de même dans le monde animal. Ce qui est totalement faux. Le sens des animaux sont plus développés que les nôtres. Ils vivent dans un monde qui nous est étranger, et leur comportement, par conséquent, nous reste souvent mystérieux. Nous nous étonnons, par exemple, que les saumons se dirigent sans se tromper vers les cours d'eau où ils sont nés, que les pigeons retrouvent leur chemin même quand le ciel est couvert et que les chiens policiers suivent les criminels à la trace.

    Il nous est, bien sûr, difficile de comprendre comment fonctionnent des sens que nous ne possédons pas, et beaucoup de découvertes dans ce domaine ont été faites par hasard. Voici, par exemple, ce qui arriva en 1956 à Kenneth Roeder, un professeur de physique, qui donnait une soirée dans son jardin. Les papillons de nuit voletaient autour des lanternes vénitiennes qu'on venait d'allumer lorsqu'un invité s'amusa à passer un bouchon humide sur son verre. A ce crissement aigu, tous les papillons de nuit tombèrent à terre, " tué par ce choc sonore ", pensèrent les invités, qui furent bien étonnés de voir les papillons se relever soudain et se remettre à voleter autour des lanternes, comme si rien ne s'était passé. Intrigué, Kenneth Roeder répéta l'expérience : tout se passa exactement comme la première fois. 

    C'est alors que le professeur fit un rapprochement avec les travaux de Donald Griffin sur les chauves-souris. En 1940, ce dernier avait démontré que ces animaux émettent en volant de puissants ultrasons dont les échos leur permettent de s'orienter dans l'obscurité la plus totale. A cette époque, cette découverte avait fait sensation. Sonar et radar n'étaient n'étaient encore que des secrets militaires jalousement gardés, et la notion même d'ultrasons était encore un concept révolutionnaire.

    Ce système d' " écho-location " est d'une telle précision que, dans un tunnel traversé de fils de moins de 0,2 mm de diamètre, la chauve-souris n'a aucune difficulté à détecter un objet de la taille d'un papillon de nuit. Plus elle crie, plus elle obtient d'informations sur sa proie. A la fin de sa poursuite, elle attrape le papillons de nuit directement dans sa bouche ou elle l'emprisonne dans ses ailes comme dans un filet.

     Toutefois, les papillons de nuit ont des cellules spéciales accordées à la fréquence des cris de la chauve-souris, ce qui leur permet de détecter son approche. Dès que cette sirène d'alarme retentit, ils se précipitent au sol. On comprend maintenant ce qui s'était passé lors de la soirée chez le professeur Roeder : les papillons de nuit avaient confondu le crissement du bouchon avec l'approche d'une chauve-souris...

    Cette faculté de pouvoir émettre ou détecter des ultrasons est assez répandue dans le monde animal, spécialement chez les rongeurs. Les souriceaux tombés du nid émettent des cris, inaudibles pour l'homme mais que les souris adultes interprètent immédiatement comme un signal de détresse ; elles se précipitent alors pour porter secours au souriceau en danger. Cette sensibilité aux ultrasons se retrouve chez les dauphins, chez les baleines et chez les Steatornis, ces oiseaux des Antilles qui vivent dans des grottes. Un point commun chez tous ces animaux : ils vivent tous dans l'obscurité. 

    l'absence de lumière développe aussi d'autres capacités. Les raies-pastenagues possèdent, par exemple, les détecteurs d'électricité les plus sensibles du monde animal. Aucun changement dans le champ électrique ne leur échappe, ce qui leur permet de retrouver n'importe quelle créature enfouie dans le sable.

    Quant aux serpents à sonnette, ils possèdent près de leurs narines des alvéoles contenant des rangées de cellules sensible à la chaleur. Elles sont semblables aux nôtres, sinon que, chez l'homme, il n'y en a que trois au centimètre carré alors que chez le serpents elles sont au nombres de 150 000/cm² ! Ce grand nombre de cellules spécialisées donnent au serpent un tableau immédiat des variations de température de son environnement. Elles permettent, par exemple, de percevoir la chaleur dégagée par le corps d'un rat ou d'une souris, même s'ils sont bien cachés.

     

    On sait maintenant que les oiseau qui voyagent de nuit se guident sur la Lune ou sur les étoiles.
    Mais qu'arrive-t-il quand le ciel est couvert ? S'orientent-ils par le magnétisme terrestre, comme certains le pensent ? Si, en 1970, cette hypothèse était tenue pour totalement farfelue, elle fait aujourd'hui l'objet de recherches sérieuses.

    Rappelons, dans un premier temps que la Terre est un aimant, ni très puissant ni très stable, cependant. Qui plus est, les deux pôles magnétiques sont reliés par un champ magnétique dont la puissance varie d'une façon systématique. Il est donc concevable, en théorie du moins, que les animaux puissent s'en servir pour se guider.

    Il reste à comprendre comment, car ce champ magnétique est si faible que l'homme doit utiliser la boussole pour le détecter. Les animaux auraient-ils une sensibilité magnétique naturelle ?

    Les dernière recherches semblent confirmer cette hypothèse. Si, par exemple, on met des rouges-gorges en cage peu avant l'époque de la migration, ils se perchent systématiquement dans la direction de leur destination saisonnière. En temps normal, les oiseaux se dirigent d'après leur environnement?. Toutefois, il a été démontré que dans un environnement vide de toute information, les rouges-gorges parviennent néanmoins à s'orienter ; par contre, ils s'égarent si on perturbe le champ magnétique autour d'eux. On sait aussi que les pigeons retrouvent leur chemin par temps couverts, ou lorsqu'ils ont été temporairement aveuglés par les lentilles de contact opaques.

    L'étude de l'anatomie des pigeons voyageurs allait, en 1976, éclaircir une partie du mystère. On découvrit en effet, entre les yeux de l'oiseau, la présence d'un tissu spécial riche en parcelles de magnétite, cette pierre naturelle que les premiers marins utilisaient pour se diriger. Ces parcelles sont en quantité suffisante pour que le pigeon puisse détecter les variations du champ magnétique terrestre. Mais utilise-t-il vraiment
    ces " détecteurs " ? Cela reste à prouver, car les recherches pour retrouver un quelconque système nerveux de liaison sont restées vaines jusqu'à ce jour.

    Un fait est certain : si on fixe des aimants sur le dos du pigeons, il s'égare, alors que des barres de cuivres non magnétiques ne le perturbent aucunement. Nous nous trouvons donc devant un phénomène vérifiable, mais  dont le mécanisme nous échappe encore. La magnétite joue un rôle, nous l'avons démontré.

    Mais lequel et comment ?

    On a découvert également de la magnétite chez les abeilles. A la différence des pigeons, celles-ci ne s'en servent pas pour s'orienter dans l'espace, mais dans le temps. La magnétite leur permet en effet de s'accorder aux variations quotidiennes du champ magnétique et de garder le rythme biologique malgré l'obscurité de la ruche et l'absence de tout repère visuel normal.

    Le magnétisme est-il donc un sens plus répandu qu'on ne le croyait avant 1976 ? Les êtres humains eux-même sont peut-être plus sensibles au champ magnétique qu'on ne le pense généralement.

    Le docteur Robin Baker, zoologue à l'université de Manchester, fait souvent l'expérience suivante : après avoir bandé les yeux d'un sujet, il le conduisit loin de chez lui, par des routes particulièrement sinueuses, vers une destination secrète. Quand il juge que le sujet est totalement désorienté, il lui demande de désigner du doigt la direction de sa maison. La proportion des réponses correctes est étonnamment élevée.

    Mais l'expérience ne s'arrête pas là. Le docteur Baker fixe ensuite un aimant ou une barre de cuivre sur la tête de son patient et répète le scénario précédent en choisissant une autre destination. On remarque alors que seuls les sujets qui n'ont pas d'aimant s'orientent correctement. Les autres se trompent immanquablement...

    Le magnétisme joue un rôle plus important chez les oiseaux que chez les mammifère, car chez ces derniers, l'odorat est nettement plus développé. Le cas de l'homme est spécial : nous avons tendance à mépriser les informations qui nous viennent de notre sens olfactif pour favoriser presque uniquement les informations visuelles.

    Malgré tout ce déséquilibre, notre odorat garde tout son potentiel. Avec un minimum d'entrainement, il reprend une force oubliée. Un bon parfumeur, par exemple, est capable de différencier 10 000 odeurs.
    Lors d'une émission télévisée anglaise, on a pu voir un responsable du Service des eaux goûter successivement sept verres d'eau prélevée à différents endroits de la Tamise et identifier tous ces endroits sans erreur.

    Dans la vie quotidienne, nous nous servons souvent de notre odorat sans vraiment en prendre conscience. 
    Par exemple, nous savons reconnaître les odeurs spécifiques de nos proches et de nos amis. Et, comme Marcel Proust dans A la recherche du temps perdu, la saveur ou le parfum d'une madeleine ou de tel autre met peuvent soudain évoquer tout un monde de souvenirs.

    Il n'en reste pas moins que notre odorat est loin d'être aussi développé que celui des animaux. Les chiens par exemple, ont une surface olfactile cinquante fois plus importante que la nôtre. Pour comprendre le rôle que joue l'odorat dans la vie des animaux, il nous faut donc observer attentivement leur comportement. 
    Les blaireaux parsèment les frontières de leur territoire d'excréments, dont l'odeur fétide sert à avertir l'étranger qu'il a intérêt à rebrousser chemin. Dans le même but, les hippopotames se servent de leur queue plate comme d'une pelle pour étaler leurs excréments à la hauteur du nez des autres animaux. Les chiens arrosent les lampadaires...

    Les animaux d'une même espèce sont très sensibles aux " messages chimiques " de leurs congénères. 
    Pour retrouver l'endroit exact où, ils vont frayer, les saumons se guident sur l'odeur de ceux de leur famille qu'ils détectent dès l'entrée de l'estuaire. Si on leur bouche les narines, ils se montrent incapables de retrouver leur chemin.

    Les messages chimiques font parties de tout code sexuel : les femelles de nombreuses espèces dégagent des odeurs qui attirent les mâles.

     Le phénomène est particulièrement fréquent chez les insectes. La femelle du bombyx du ver à soie, par exemple, dégage une odeur qui attire le mâle même s'il se trouve à plusieurs kilomètres. Les femelles des macaques rhésus et d'autres familles  de singes agissent de même.

    L'homme aurait-il , lui aussi, conservé certaine de ces caractéristiques ?

    Dans une étude conduite en Amérique, on a observé une nette concordance entre les menstruations des étudiantes qui, à l'université, partageaient le même dortoir. Une autre étude  a démontré que les hommes, les femmes enceintes et les enfants ne sont que très peu sensibles à une substance chimique dérivée du musc ; en revanche, les femmes en période d'ovulation détectent l'odeur immédiatement.

    D'autre part, on trouve un produit chimique semblable dans l'urine masculine. Les hommes émettraient-ils aussi une substance chimique qui attirerait les femmes fertiles ? La question reste posée...

    Les rapports qu'entretiennent la sexualité humaine et les substances chimiques restent mystérieux.

    Toutefois, il devient de plus en plus évident que les animaux ne possèdent pas le monopole des aphrodisiaques
    " biologiques ". On sait, par exemple, que les poils pubiens et ceux des aisselles permettent une meilleure évaporation des odeurs de nos corps et de leurs messages secrets.

    Les recherches dans ce domaine continuent et apportent de nouveau mystères. Pourquoi les poulets ont-ils des pigments ultraviolets dans les yeux, comme on vient de découvrir récemment ? Et à quoi exactement sert le 
    " troisième œil " des amphibiens et des reptiles ?

    Autant de questions qui, pour l'instant, restent sans réponse...

     

     

     


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    En 1410 sans doute, Jean Van Eyck imagina un procédé révolutionnaire de peinture à l'huile.

    GiorgionVasari fut le premier, en 1550, à fournir un récit détaillé de cette invention qui révolutionna l'art de peindre : " Ce fut une belle invention et une grande commodité pour l'art de la peinture d'avoir découvert le coloris à l'huile. Le premier inventeur en fut Jean de Bruges...  Il chercha diverses sortes de couleurs, étant très amateur d'alchimie et distillant continuellement des huiles pour composer des vernis et différentes sortes de choses, comme cela arrive fréquemment aux personnes imaginatives ".

    L'information fut reprise en 1604 par l'historien Carel Van Mander qui n'hésitait pas à comparer la découverte avec celle, beaucoup moins pacifique, de la poudre à canon.

    Si tous les chroniqueurs s'entendent sur l'importance de l'invention, aucun n'en révèle la nature. Des éléments permettent cependant de formuler une hypothèse assez solide. 
    Vasari écrivait encore " Et quoique ses peintures possédassent une certaine odeur aiguë d'où il paraissait possible de les connaître, le secret ne fut quand même pas trouvé pendant de nombreuses années ". Cet indice olfactif, rapproché du fait que le peintre distillait des huiles, fait songer à la térébenthine dont l'usage se vulgarisa par la suite. La térébenthine aurait déjà été distillée à la fin du XIIè siècle par un médecin, chanoine à Tournai, Jean de Saint-Amand, et était connue à Bruges au milieu du siècle suivant. C'est elle vraisemblablement qui, n'ayant pas été détectée en laboratoire lors de la restauration du célèbre " Agneau Mystique ", fut qualifiée de substance x. Restauré, mais amputé du panneau original des Juges Intègres, le polyptyque de l' " Agneau Mystique " recèle une part de mystère qui rattache Van Eyck à l'occultisme. L'oeuvre contient nombre d'inscriptions énigmatiques qui mêlent l'hébreu, le grec et le latin. Ainsi cet Honi qui reste inexpliqué, l'incantation Adonaï sabaot et cet Agla qui pourrait être l'abréviation d'Agno Laus ou l'acrostiche d'une formule cabalistique destinée à éloigner les démons : Atha Gilbor Leolam Adonaï.

    De nombreux tableaux portent la devise du peintre, " Als ich can ", qui curieusement comporte la majorité des lettres de l'alchimie, alkemen, proche de al-kennen (tout connaître) ou de 
    al-kunnen (tout pouvoir), pourrait en éclairer le sens : " Comme je peux ".

    Van Eyck alchimiste ? Certainement ! Dans la seconde moitié du XVè siècle, il n'était pas rare de voir les érudits et les artistes s’intéresser à l'alchimie tant technique que philosophique. Ne citons pour preuve que cet Arnold de Bruxella, surnommé le Flamand qui s'imposa comme l'un des meilleurs imprimeurs du siècle et qui possédait des connaissances alchimique très étendues. Ne disait-on pas que le protecteur de Van Eyck, le duc Philippe le Bon lui-même s’intéressait aux spéculations alchimiques et avait tout spécialement créé l'Ordre de la Toison d'Or, en 1429, pour en célébrer l'excellence ?

    Le duc avait fait aménager dans son palais de Bruxelles une " chambre de retret " sorte de cabinet de curiosité, où il collectionnait les objets insolites, des " choses secrètes ", parmi lesquelles un fourneau d'alchimiste ne devait pas détonner.

    Si Van Eyck y pénétra par la faveur princière, gageons que les deux hommes y discutèrent politique et peinture, mais aussi de cet or philosophal, communion de l'esprit et de l’intérêt entre le peintre et son mécène naquit d'ailleurs la confiance qui fit accomplir à Van Eyck sans doute plusieurs missions diplomatiques au nom de la Cour de Bourgogne.

    Quand Philippe II d'Espagne interrogea son contemporain, Ricardo Estanhimst, sur les manies et les goûts de son ancêtre, celui-ci apprit que Philippe le Bon avait accru sa fortune grâce à des transmutations alchimiques et fondé l'Ordre de la Toison d'Or pour les commémorer.

    Ceci corrobore la tradition alchimique de la quête de Jason dont le mythe, propagé au Xème siècle par le Byzantin Suidas, fit le bonheur de nombreux poètes de la fin du Moyen Age.

    Un des conseillers de Philippe le Bon et non des moindres, le chancelier Nicolas Rollin, dont Van Eyck immortalisa les traits, n'aurait-il pas eu lui  aussi des faiblesses pour Dame Alchimie.
    Sa curieuse devise, seulle, permet du moins de le supposer puisque le sceau de Salomon, l'étoile à cinq branches bien connue des ésotéristes, était le symbole de la pierre philosophale, quintessence du grand oeuvre.

    A la renaissance, de nombreux peintres étaient aussi alchimistes. Cosimo Rosseli et Le Parmesan se ruinèrent en vaines recherches pour découvrir la poudre de projection. Quant à Léonard de Vinci, plus prudent, il se limita aux seules distillations.

    Dès lors il n'y a rien de surprenant que Van Eyck s'inscrivit également dans ce courant hermétique. Le singulier " Double portrait dit d'Arnolfini et son épouse ", qui date de 1434, se décrypte comme un rébus. Van Eyck aurait été le témoin de ce riche mariage, ce qui expliquerait qu'il se fût représenté lui-même, reflété dans le miroir-sorcière au centre du tableau Ces noces seraient celles du soufre et du mercure, le couple alchimique destiné à engendrer la pierre et également inscrit virtuellement dans le miroir rond et bombé. De même l'auto-portrait du peintre, " L'homme au turban rouge ", ne laisse pas d'intriguer les spécialistes. La coiffure drapée symboliserait la pierre philosophale, rouge comme elle, que les Égyptiens désignaient d'ailleurs du terme d'encéphale à cause de sa nature spirituelle.

    " Als ich can "... Devise d'un peintre alchimiste, mais aussi adage d'un artiste resté modeste au faîte même de sa gloire

     

     


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  • Sans l'ombre d'un doute, celui qui, houppelande noire en bataille et crinière au vent, nez pincé par un lorgnon et tête perdue dans ses pensées, circulait par les rue de la Cité de Londres, en se heurtant à des passants qu'il n'avait pas vus venir, était le plus singulier et paradoxal esprit que le royaume-Uni ait jamais vu naître.

    Il s'appelait Gilbert Keith Chesterton et il était né le 29 mai 1874 à Londres, d'un père agent immobilier et d'une mère écossaise d'ascendance franco-suisse. En 1892, il s'inscrit à l'université de Londres, tout en prenant des cours de peinture : plus tard, il illustrera plusieurs de ses ouvrages ainsi que quelques œuvres de ses amis. 

    Ayant fait la connaissance d'Ernest Hodder William, le futur directeur de la célèbre maison d'éditions Hodder & Stoughton, il devient l'un des critique littéraire du mensuel The Bookman. A peine âgé de 20 ans, il est déjà connu comme critique et journaliste. En 1899 et 1900, il publie ses deux premiers recueils de poésies. 

    Pour lors, il est trop engagé dans de violentes polémiques pour songer à faire une oeuvre romanesque. En effet, pendant la guerre d'Afrique du Sud, il a violemment pris le parti des Boers. De même, il s'engage tout aussi rudement dans une série de controverses philosophiques et religieuses qui seront recueillies en 1905, dans Hérétiques. Il trouve cependant le temps d'écrire quelques essais de critique littéraire sur Stevenson, Browing, Dickens et Blake.

    En 1904, il publie son premier roman, Napoléon de Notting Hill, bientôt suivi de son chef-d'oeuvre : Le Dénommé Jeudi (1908), une oeuvre à l'image de son auteur, inclassable et complètement débridée. C'est un prodigieux livre fantastique, un extravaguant ballet mystificateur où se croisent policiers et anarchistes sans qu'il soit possible de les distinguer les uns des autres, tandis que le christianisme est présenté comme le comble de la facétie et de la fantaisie, ou comme une promesse joyeuse jetée dans l'absurdité du monde.

    C'est aussi un roman policier métaphysique dont Pierre Klosswski définit ainsi le thème majeur : " Une force mystérieuse souveraine se refuse à toute identification jusqu'à celle du nom absolu, tandis qu'elle se prête aux quiproquos les plus espiègles et les plus absurdes dès que l'ordre quotidien, qui, en fait, la renie essentiellement, cherche à se l'assimiler "

    Journaliste paradoxal, car davantage soucieux des ombres portées par les faits qu'il analyse que de leur incidence immédiate, poète indiscipliné, mais soucieux de la liberté que procure la scrupuleuse observance des règles de la versification, essayiste et biographe plus enclin à disserter sur ce qui le concerne que sur l'auteur qu'il a décidé d'analyser, polémiste et pamphlétaire acharné, toujours prêt à brandir la plume quand il s'agit d'être le seul à défendre ou à attaquer une opinion, romancier de l'absurde et du non-sens qui porte les idées et les lieux communs à leur ultime niveau d'absurdité, anarchiste ou réactionnaire, quand ce n'est pas les deux à la fois, pour ceux à qui ses idées donnent le vertige et qu'il fait doucement frémir en jouant les casuistes libertins, épouvantail dressé face au trop convenable héritage victorien qui brandit le drapeau blanc et noir de la révolte de l'esprit, Gilbert Keith Chesterton incarne bien l'irréductible liberté poétique et philosophique de la pensée qui vagabonde, de celle qui proclame bien haut que le chemin le plus court d'une pensée à une autre est la ligne brisée. Tel sera le chemin qu'il suivra jusqu'au bout, démontrant que les voies de l'esprit sont aussi impénétrables que celles du Seigneur.

    En 1911, Chesterton publie La Sagesse du Père Brown, dont le thomisme achève de le brouiller avec ses amis libéraux et protestants, qui lui reprochaient déjà son roman La Sphère et la Croix et son essais Ce qui cloche dans le monde. La rupture sera consommée et irrévocable lors de la déclaration de guerre, quand il prendra violemment à partie l'Allemagne luthérienne et l'Angleterre protestante dans ses Crimes de l'Angleterre

    Dès lors, sa voie est toute tracée : en 1922, il parachève son personnage en se convertissant au catholicisme, ce qui étonne nombre de ses lecteurs attentifs, qui le croyaient attaché depuis toujours à l'Eglise romaine... Auteur comblé et respecté, il s'éteindra le 14 juin 1936 dans le sein de cette Eglise qui ne pouvait s'empêcher de penser qu'il était le plus hétérodoxe des orthodoxes.

    Près d'un demi siècle après sa disparition, l'oeuvre romanesque de Chesterton, policière ou fantastique, s'impose comme l'une des plus étranges qui soient : si quelques-uns de ses essais ou de ses pamphlets ont vieilli, ses romans les plus réussis : L'Auberge volante - Supervivant - Le Poète et les Lunatiques nous montrent combien notre logique n'est qu'une interprétation et qu'une lecture d'un univers qui pourrait bien en avoir d'autres, et qu'elle sert surtout à accréditer nos croyances invérifiables.

    Le catholicisme de Chesterton n'en fait pas pour autant un dogmatisme, bien au contraire : il lui permet de développer une vision magique du monde, qui s'appuie sur un christianisme aussi mystique que mythique, et qui, finalement, sent le soufre.

    Avec Le Dénommé Jeudi, Chesterton nous plonge dans les abîmes sans fond de la métaphysique et de la casuistique, en nous entraînant dans un ballet de mots, d'idées et de pensées qui donne le vertige. Pris par cette folle sarabande qui le mène aux limites de la déraison, là où s'abolit le rire, le lecteur ne peut que se demander s'il est la proie du plus humoristique des cauchemars ou du plus sinistre des rêves. A cela, Chesterton ne peut que répondre : " Pouvez-vous boire à la coupe où je bois ? "

    A sa manière, le très catholique Chesterton rejoint l'hérésie. N'est-ce pas le meilleur gage de sa foi ? L'assurance que ce " fou de Dieu " possède la clé d'or ? Celle qui ouvre les portes de la nature et du cosmos, celle d'un monde où un Christ anarchiste danse au son de la flûte du Grand Pan, avec lequel il finit par se confondre... 

     

     

     


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