• Procès d'animaux

     

    Procès d'animaux

    Il fait très froid cet après-midi là, à la Falaise, en l'an de grâce 1386.
    Le vent glacial transit bête et gens. Ses morsures n'ont pas découragé pourtant le bon peuple de Falaise de se porter en grand nombre sur la place de l'église de la Sainte-Trinité. C'est que justice va être faite et la justice ne doit souffrir aucun retard.

    M. le vicomte de Falaise est là, surplombant tout le monde.
    Son cheval est si parfaitement immobile que seul le brouillard qui entoure ses naseaux permet de ne pas le confondre avec une statue.

    Procès d'animaux

    La potence est dressée depuis la veille sur une estrade, face au grand porche de l'église. M. le curé et ses vicaires entonnent le Miserere sous la croix, en attendant que Leurs Excellences, les juges aient fini de lire au condamné en sa prison les horrifiants détails de la sentence.
    Cela lui cause un vif déplaisir comme de bien entendu : on l'entend pousser d'ici des cris déchirants. Des cris de bête en vérité....

    Procès d'animaux

    Ce bougre effroyable s'est subrepticement introduit dans le logis du maçon Jaunet le Maux, s'est jeté sur un petit enfant au berceau et lui a arraché, outre le bras, une bonne partie du visage.
    Aux pieds de la potence, tenu d'assister à l'exécution, il y a le malheureux père de l'enfant. On lui a fait cette obligation
    " pour punition de n'avoir pas veillé sur son enfant ".

    Et il y a aussi, tout déconfit, le maître du criminel " pour lui faire honte de sa négligence ". De sa négligence ? Certes oui ! Il a laissé divaguer son troupeau de cochons et le criminel qu'on va mener pendre est... une truie ! C'est à cette truie que Leurs Excellences sont en train de lire si gravement la sentence.

    Procès d'animaux

    La voici d'ailleurs qui arrive sur les lieux du supplice. Enchaînée, conduite par le bourreau ou plutôt traînée par lui, elle soulève les cris de haine bien légitimes des habitants. Ses cris perçants et plaintifs sont interprétés comme autant d'appels à la clémence... alors les huées redoublent : " A mort la garce ! point de merci !... "

    Procès d'animaux

    Elle a dévorer le visage de l'enfant : on lui coupe le groin bien ras qu'on jette incontinent dans un grand feu. Sur la plaie à vif on applique un masque à figure humaine. Elle a blessé son bras : on lui entaille rudement une patte. Puis, pour bien marquer sa responsabilité pleine et entière dans ce crime, on lui passe des culottes et une veste tandis que ses sabots antérieurs sont affublés de gants blancs. Enfin, on la pend par les pattes de derrière, ce qui lui vaut une agonie particulièrement lente e cruelle...
    Longtemps les bons habitants de Falaise pourront entendre ses clameurs et bien se persuader que justice est faite !...

    Extrait et adaptation de " Histoire Magiques de l'Histoire de France " de Guy Breton et Louis Pauwels

     


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