• Priape

     

    Priape est souvent réduit à la simple expression d'une érection. Cet emblème n'a absolument  aucune vocation à indiquer un lieu de débauche. Pourtant, le lupanar de Pompéi possède une belle fresque de Priape avec deux phallus. Cette double protection est de bon aloi dans ce lieu où l'on risque maladies, grossesses non désirée et mauvaises rencontres. Confondre Priape avec un dieu de l'érotisme, de l'amour ou de la sexualité est une grossière méprises qui consiste à ignorer le fait qu'il est hideux et vulgaire. Priape est tellement laid qu'il prête à rire. Les artistes rivalisent d'imagination pour charger la caricature du personnage en l'enlaidissant. Le dieu est affublé des traits disgracieux d'un nain difforme, grimaçant, chauve, bossu, famélique ou bedonnant. L'homme peut aussi prendre l'apparence d'un effrayant pygmée, étranger considéré comme un sauvage qui cumule tous les vices.

    Priape est malfaisant, vulgaire, puant, illettré, abominable et non civilisé. Dans certains cas, il chevauche son sexe qui se mue en horrible monstre, dont l'agressivité se retourne contre lui. D'autres artifices sont utilisés pour surprendre les superstitieux, comme dispositif conçu pour le faire apparaître soudainement. Priape est accompagné d'une lampe et de clochettes dont le bruit permet également de chasser le mauvais œil. La tradition romaine défend l'idée que le rire permet aussi d'écarter les maléfices. L'humour et la caricature participent du succès de la célébrité de ce dieu dont l'art de la défiguration concourt à déclencher un rictus salvateur.

    L'érection est arborée fièrement par tous les citoyens qui revendiquent explicitement leur appartenance à cette croyance populaire. Ils portent le phallus autour du cou sous la forme d'un bijou de famille. Ce talisman ostentatoire est fabriqué avec tous les types de matériaux : de l'or, de l'argent, de l'ambre, du bronze ou de l'os pour les plus démunis. Cette amulette accompagne les enfants pour les protéger de la mortalité infantile et des risques d'infertilité lors de l'adolescence. Les romains partagent la même conviction sincère selon laquelle Priape permet de protéger les défunts. Lors d'une rencontre inopinée avec un pénis, une jeune fille ne doit pas cacher sa honte, elle le chasse par un sourire qui désigne sa bonne éducation religieuse et sa connaissance de la tradition. Les Romains sont obsédés par les maléfices et c'est bien l'humour qui permet de les éloigner. Le rire et les plaisanteries sont de bon augure s'attirer la chance. Cette obsession conduit à exhiber le symbole viril pour implorer une protection pour tous les types de commerce. Il est surtout placé à des endroits où l'on peut rencontrer un danger potentiel (pont, route...) et sur les équipements liés à l'irrigation. Le membre turgescent est gravé, peint, sculpté sur tout type de bâtiments, qu'ils soient publics ou privés : remparts, thermes, amphithéatres, tavernes...

    Dans tout l'empire, l'omniprésence de Priape s'impose au sein d'une religion polythéiste comme la source principale de toute une culture. Au quotidien, ce symbole ostensible rappelle le lien sacré qui unit l'homme aux dieux et la reproduction au sacré. La personnification du phallus divin devient un élément de décoration. L'étude des représentations permet de définir un art religieux, prouvant que les Romains sont très pratiquants. Assurément    

     

     

     

     

       

        


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :