• Licorne

    La Licorne joue un rôle extrêmement important dans la symbolique antique et  médiévale. Il est dans la plupart du temps représenté sous la forme d'un cerf blanc, avec une crinière de cheval et sur le front une corne en spirale.

    En Perse, la licorne est l'animal total du " Bundahish ". Elle est énorme comme le mont Alvand ; c'est un âne à trois jambe, à six yeux et neuf bouches, dont les cris sont ceux-là même du cosmos et qui est doté de cette corne qui élimine toute corruption.
    Dans le Talmud elle apparaît comme un animal colossal qui n'a pu échapper au Déluge qu'attaché à l'extérieur de l'arche...

    C'est sans doute l'historien grec Ctésias, vers 400 av J-C, qui a vraiment donné naissance au mythe de la licorne en rapportant l’existence d'un animal sauvage dont la corne possédait des propriétés médicinales - mais il voulait probablement parler du rhinocéros indien.

    La corne du rhinocéros était censée combattre l'impuissance masculine, et celle de la licorne, de par ses origines, comporte de toute évidence un symbolisme phallique. Dans l’iconographie occidentale, sa corne prend racine dans son front même, c'est-à-dire dans le siège de l'esprit, et le symbole sexuels se voit alors spirituellement réévalué.

    La licorne est par ailleurs un symbole de pureté et de force. Les miniatures et les tapisseries médiévales expliquent qu'elle ne peut être attrapée qu'avec l'aide d'une vierge pure.

    La scène de sa capture et celle de sa mise à mort par des chasseurs étaient souvent interprétées comme des symboles de la conception de Jésus-Christ par la Vierge Marie et de la mot du Sauveur sur la croix.

     L'ange de l'Annonciation Gabriel apparaît parfois sous les traits d'un chasseur qui poursuit la " précieuse licorne " ( la Vierge ).

    L'interprétation chrétienne de ce symbole se fonde pourtant aussi sur des légendes antiques et des textes moraux antérieurs au christianisme que l'on retrouve accompagnés d'illustrations, dans les bestiaires médiévaux.

    Son unique corne fait alors office d'antidote, et elle est censée faciliter, sous forme de poudre, la guérison des blessures. Des " cornes " de licornes étaient exposées non seulement dans les cabinets de curiosités de la Renaissance, mais aussi chez les apothicaires.

    Le Physiologus des débuts de l'ère chrétienne décrit ainsi les vertus d'antidote de sa corne : avant que d'autres animaux ne viennent apaiser leur soif, " le serpent crache dans l'eau son venin et s'en va. Mais les autres animaux savent que l'eau a été empoisonnée et n'osent pas en boire. Ils attendent la licorne. Lorsque celle-ci arrive, elle va directement dans le lac et y dessine une croix avec sa corne. Cela suffit a annuler l'action du poison. Les autres animaux attendent que la licorne ait bu de l'eau pour en boire à leur tour. "
    Il faut sans doute voir là l'expression de la survivance, sous une forme légendaire, de l'antique croyance à laquelle nous avons déjà fait allusion, dans les pouvoirs extraordinaires de la corne de rhinocéros.

    Dans le recueil de récit  médiévaux des Gesta Romanorum, c'est l'éléphant qui tient le rôle habituellement joué par la licorne ; il y est en effet raconté qu'un roi voulait tuer un éléphant et ordonna à deux très belles vierges d'aller nue dans la forêt pour y chanter de douces mélodies. 
    L'éléphant s'endormit alors qu'il était blotti contre l'une d'elles, la seconde le tua à l'aide d'une épée et teignit son manteau avec son sang. 

    Mais la licorne n'est pas toujours un symbole de pureté, de douceur, et de protection : elle peut être cruelle et aller même jusqu'à dévorer ses ennemis. Elle est aussi bien ailleurs " l'Esprit qui inspire un Pape " dans une gravure de Scaliger que " la licorne moqueuse " de Paracelse qui fait tomber de sa corne la tiare d'un autre pontife. 

    " Défie toi de la licorne, recommande saint Basille, elle approche le mal des hommes et elle est habille à le provoquer "

    La licorne chinoise ressemble bien peu à celle qui est décrite en Europe. Elle est souvent comparée à un reptile à queue de bœuf, proche du cerf et portant sur le front une corne recouverte de fourrure. Elle symbolise la douceur, la bonté et la prospérité. 
    On retrouve un équivalent chinois de l'association occidentale entre la licorne et la Vierge dans la figure de la déesse Kuan-yin trônant sur une licorne allongée sur le sol.

    Avec le Phénix, le dragon et la tortue, la licorne symbolise aussi l'un des quatre animaux bénéfiques. Elle est censée vivre mille ans et elle apparaît lors de la naissance des empereurs et des grands sages.

    Elle symbolise depuis toujours le bonheur d'avoir des enfants. On la retrouve de ce fait dans de nombreuses fêtes ou romans pour évoquer la fécondité. 

     

     


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