• Le Cycle des douze jours

     

    Les premiers successions de temps aisément observables furent celles de la vie et de la mort, le jour et la nuit. L'obscurité, source d'angoisse, de dangers invisibles, de froid, fut très vite associés à la mort, à la destruction, au mal. la lumière du jour et le soleil au contraire sont bénéfiques, sources de chaleur et de vie. Or, chaque année, cette durée de jour diminue progressivement, entraînant le froid, des changements dans la végétation et la disparition d'animaux. Après le solstice d'hiver, le soleil reprend sa course ascendante et la lumière revient de plus en plus longuement. Ce fut l'origine de festivités païennes, de rite de retour à la vie. Lumières, masques, cultes de la végétation et de la fertilité, abondance de nourriture, offrandes marquèrent ces fêtes. 

    Le calendrier fixait les dates. Son établissement impliquait un point de départ de l'année, un "nouvel an", adapté le plus souvent aux signes annonciateurs de changement de saison. Le monde germanique le situait au 11 novembre, quand l'ours entrait en hibernation, les Celtes le placèrent à Samain (1er novembre) quand les arbres perdent leurs feuilles et les romains primitifs au 1er mars, puis au 25 mars, date de l’équinoxe et du renouveau de la nature sur leur territoire. César créa, en  av. J-C, le calendrier dit "Julien" avec un début d'année le 1er janvier, aux calendes les plus proches du solstice d'hiver. Les orthodoxes choisiront plus tard la 6 janvier. 

    A propos des "douze jours", deux théories se juxtaposent. La plus souvent entendue prend en compte le fait que l'année solaire comporte 365,24 jours (arrondie à 366 jours) et l'année lunaire douze lunaisons de 29,53 jours (arrondie à 354 jours). Cela laisse un décalage de douze jours. Il faudra donc raccorder selon un mode luni-solaire, d'où découleront des fêtes fixes. et des fêtes mobiles. Les douze jours "de rattrapage" seront placés, selon les peuples à l'équinoxe de printemps ou à partie d'un solstice d'hivers. La période hivernale retenue n'est pas propre au monde chrétien ; on en retrouve la trace dans l'ancienne Mésopotamie, en Chine ou dans l'Inde védique. Ces douze jours échappent à la durée profane, douze jours et douze nuits en attendant que le temps reprenne son cours normal. Ils seraient "hors du temps".

    Une autre possibilité serait que ces douze jours connus, dès l'Antiquité, dans le monde indo-européen encadrent le solstice d'hivers et aient été un temps sacré de rencontres entre les dieux, avec offrandes et festins, de pratiques divinatoires concernant non seulement les récoltes et la fertilité, en général, mais aussi les événements politiques et militaires pour toute l'année qui suivrait. A chaque jour correspondrait un mois de l'année, d'où sont issues nombres de traditions populaires. Les bases païennes ne disparaîtront jamais totalement avec la christianisation. L'Eglise a adapté son propre calendrier et ses fêtes aux religions existantes, surtout le culte de Mithra (le Soleil invaincu qui lutte contre le mal) et la religion celtique. Il fallait remplacer les festivités concentrées pendant "les douze jours" de la période hivernale. La solution s'imposa par le choix de la date de la naissance du Christ le 25 décembre (Jésus "la lumière du monde" remplace Mithra "le Soleil invaincu". On garde ainsi le compromis entre calendrier solaire et lunaire, un "hors temps" mystérieux et magique qui permet le passage  vers une nouvelle année, pour les chrétiens vers un nouveau temps, une nouvelle "lumière", un nouveau "roi". 

     

     

     

     

     


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