• La Légende du roi Arthur

    Les noms d'Arthur, de Lancelot, de Tristan, de Perceval évoquent un monde chevaleresque où l'honneur et l'amour tenaient la première place, un monde d'exploits fabuleux qui enchanta notre adolescence et dont nous gardons la nostalgie. 

    C'est à Londres, lors d'une grande fête, qu'Uther Pendragon, roi d'Angleterre, aperçut la belle Ygraine et qu'il fut pris pour elle d'une passion dévorante. L'époux d'Ygraine, Gorlois, duc de Cornouailles, devina le désir du roi et emmena sa femme dans la citadelle inexpugnable de Tintagel. Fous de passion, Uther alla demander l'aide de Merlin. Le grand magicien, qui poursuivait un objectif plus lointain, lui fit boire une potion qui lui donna temporairement l'apparence  de Gorlois. Ainsi "déguisé", Uther entra sans problème dans Tintagel et parvint jusqu'à la couche d'Ygraine. Cette nuit-là, Arthur fut conçu, et les homme d'Uther tuèrent Gorlois.

    Quand Arthur naquit, Merlin vint réclamer l'enfant. Il le confia à un chevalier du nom d'Ector qui l'éleva avec son propre fils Kay. Lorsque Arthur eut quinze ans, Merlin organisa, près de Londres, un rassemblement d toute la noblesse. Dans un pré, situé à côté d'une église, se trouvait une magnifique épée fichée dans une enclume. Sur la pierre qui tenait l'enclume était inscrits les mots : "Celui qui retirera l'épée de cette pierre et de cette enclume sera roi de toute l'Angleterre."

    Seigneurs et chevaliers venaient des quatre coins du pays pour tenter de retirer l'épée de la pierre. Tous échouaient. Aussi cria-t-on au miracle lorsque le jeune Arthur, sans aucun effort et tout à fait par hasard, libéra l'épée de l'enclume. L'Angleterre avait trouvé son roi ! Ce qui n'était pas l'avis de tous les seigneurs. Des années de durs combats suivirent avant qu'ils ne reconnaissent l'autorité d'Arthur.  

    Pour faire la paix, Loth de Lothian, un des ennemis les plus farouches d'Arthur, envoya sa femme Morgane, en ambassadrice auprès du roi. Il la séduit et un fils en fut conçu. Ce qu'Arthur ignorait c'est que Morgane était sa demi-sœur, une des trois fille d'Ygraine et de Gorlois. Merlin prédit que Modred, le fils de cet inceste involontaire, amènerait la ruine du royaume.

    Lors d'un combat, Arthur cassa l'épée qui l'avait fait roi. Merlin l'emmena alors sur les rives d'un lac où une fée, la Dame du Lac, lui donna une épée magique : Excalibur

    Plus tard, Arthur épousa Guenièvre et reçut en cadeau de mariage une magnifique table ronde. Lorsque les chevaliers de la cour prenaient place autour de la table, une place restait vide. Elle était réservée à celui qui réussissait à ramener le Saint Graal, une des reliques les plus sacrées de la chrétienté.

      Les légendes arthuriennes ne parlent pas seulement de combats et d'exploits fabuleux. La femme y tient une grande place, et l'amour qui unit Lancelot et Guenièvre est une des plus belles et des plus tragiques histoires d'amour de l'Occident. Poussé par Mordred, qui commence ainsi son œuvre de destruction, Arthur accuse publiquement le couple d'adultère et de trahison. Lancelot s'enfuit alors sur le continent avec Guenièvre et nombre de chevaliers, poursuivi par le roi et son armée. Le combat qui suit met un terme à l'esprit de la Table ronde. L'honneur perdu et prisonniers de leurs passions, les chevaliers se précipitent vers une catastrophe finale qu'ils ne sont pas en mesure d'éviter.

    Profitant de l'absence d'Arthur, Mordred lève une armée et s'empare du trône. Lors de la bataille de Camlann, où périssent la plupart des chevaliers, le roi bat Mordred en combat singulier, mais reçoit lui-même un coup mortel. Il ordonne alors au fidèle Bédivère de l'emmener au bord du lac où la Dame lui donna Excalibur et d'y jeter l'épée magique.      

    Après beaucoup d'hésitations, Bédivère fait finalement ce que son roi lui demande. Un bras surgit alors des eaux, saisit l'épée et disparaît. Puis Bédivère installe le roi mourant dans une barque, qui selon la légende, emmena Arthur vers l'île magique d'Avalon, où il mourut. La légende ajoute aussi que le roi Arthur reviendra, car sur sa tombe sont inscrits les mots : Hic Iacet Arthurus Rex Quondam Rex Futurus ("Ici gît le grand roi Arthur, celui qui fut et qui sera")

    Voici résumé brièvement la vie et les exploits du roi Arthur. Quelle est l'origine de cette histoire romancée ?

    L'existence d'Arthur reste problématique et serait fixée... à la fin du Ve siècle ! La Table ronde, le château de Camelot et Lancelot, tous les éléments de la légende furent inventés au Moyen Age. Cependant, les codes d'honneur et de chevalerie, les tournois, l'amour courtois étaient des idéaux encore inconnus à l'époque du vrai roi Arthur. 

    L'histoire d'Arthur est en fait une collection de récits qui, à l'origine, n'avaient sans doute aucun rapport avec un personnage historique connu. Ces récits furent, à un moment donné, rattachés à un seul héros, puis rassemblés en une seule histoire que poètes et chroniqueurs enrichirent au cours des siècles. L'histoire d'Arthur que nous connaissons nous est parvenue principalement à travers La Mort d'Arthur de Sir Thomas Malory, Les Idylles du roi de Lord Tennyson et The once and future king de T.H. White.

    Il est difficile de savoir comment s'est constitué le fond de la légende arthurienne. Un fait est certain : elle naquit en pays celte - dans le pays de Galles, en Cornouailles et en Bretagne - et prit une autre dimension après la conquête normande de 1066. Puis les troubadours colportèrent les récits arthuriens dans l'Europe entière, comme l'atteste un bas-relief de la cathédrale de Modène, daté du XIIe siècle, représentent Arthur.     

     Vers 1136, Geoffroy de Mommouth, un moine bénédiction, rassembla tous les récits "bardiques" en une seule et même Historia regum Britanniae, y mêlant un peu d'histoire vraie et surtout beaucoup d'imagination. L'importance de cette "Histoire des rois de Bretagne" a été déterminante dans l'histoire de la littérature, certains critiques n'hésitant pas à y voir "un des livres les plus importants jamais écrits dans ce pays". Dans l'introduction, Geoffroy de Mommouth affirme qu'il n'a fait que traduire "un livre très ancien" que lui avait confié Walter, archidiacre d'Oxford.

    De toute évidence, l'Historia n'est pas la traduction fidèle d'un unique ouvrage. Impossible aussi de croire l'auteur lorsqu'il affirme faire œuvre d'historien. Un critique littéraire a dit : "Geoffroy, et d'autres aussi, sans doute ont composé l'Historia peut être par simple jeu ou, plus vraisemblablement, pour obtenir les faveurs des Bretons."

    L'Historia commence avec la fondation de la Bretagne par Brutus, petit-fils d'Enée, le héros de Virgil. Suivent alors de nombreux rois aux nom célèbres : Lear, Cymbeline, Coel, pour arriver à Arthur, qui occupe à lui seul un cinquième du livre.

    On retrouve dans l'Historia des noms et des endroits qui nous sont devenus familier : Merlin, Guenièvre, Mordred, Kay, Bédivère, Tintagel, Camlann et Avalon. Toutefois, l'épée magique d'Arthur ne s'appelle pas Excalibur, mais "Caliburn", et la Table ronde, Lancelot, Galahad et le Saint Graal n'y apparaissent pas. Autre différence essentielles : l'histoire se déroule au Ve siècle.

    L'Historia connu un immense succès. La dynastie normande qui régnait désormais sur l'Angleterre voyait d'un très bon œil ce roi héroïque dont les exploits rivalisaient avec ceux de Charlemagne. A l'égal des Français, les rois normands avaient maintenant leur ancêtre légendaire. D'autre part, Arthur, comme les Normands s'était battu contre les Saxons et les avait vaincus. Ce parallèle créait un lien spirituel avec les bretons et avec ce que représentait Arthur.

    Toutefois, c'est à deux auteurs français que l'on doit la diffusion de la légende arthurienne. Vers 1154, Robert Wace, chanoine de Bayeux, traduisit l'Historia en un poème en langue vulgaire, Le Roman de Brut. On y voit pour la première fois les chevaliers prendre place autour d'une table ronde afin d'éviter une querelle de préséance. Robert Wace précise que les récits bretons de la Table ronde étaient nombreux, mais qu'ils se sont perdus au cours des temps. Quoi qu'il en soit, d'autres écrivains répandront ce thème et la Table ronde deviendra le symbole de la chevalerie.

    C'est Chrétien de Troyes qui fit entrer la légende arthurienne dans la littérature moderne. Chrétien écrivit plusieurs romans en vers. Erec et Enide (1170) est le premier roman arthurien de la littérature française. L'auteur situe à la cours du roi Arthur et de Guenièvre les amours d'Erec et d'Enide. Lancelot et Perceval font pour la première fois partie des chevaliers de la Table ronde. Suivent Cligès, Yvain ou le Chevalier au lion et Lancelot ou le Chevalier à la charrette, dont l'action se déroule en partie à Camelot, à la cour du roi Arthur. Lancelot date aussi de 1177. Puis vient Perceval ou le Conte du Graal qui resta inachevé, la mort ayant surpris son auteur avant que l'œuvre ne soit terminée. L'influence de Chrétien de Troyes est considérable. On lui doit l'introduction du thème de l'amour passion dans la littérature moderne. Il est l'initiateur des romans courtois qui auront un succès considérable dans toute l'Europe. 

    C'est Robert de Boron, un autre écrivain français du XIIIe siècle, qui rattacha à l'histoire sainte la légende profane du Graal. C'est dans son poème que se dessine le rôle de Merlin dans l'éducation du jeune Arthur. 

    Parallèlement aux légendes arthuriennes s'était développé le mythe de Tristan et d'Iseut, principalement à travers les œuvres de Béroul et de Chrétien de Troyes. Vers 1230, Le Roman de Tristan de Léonois intègre cette tragique histoire d'amour-passion dans le cycle arthurien, en faisant de Tristan un chevalier de la Table ronde.

    Entre 1215 et 1230, des poètes français réunirent tous ces différents récits arthuriens en un seul cycle de plusieurs romans. Ce cycle constitue la "bible" de la littérature arthurienne. Il y est, pour la première fois, fait mention de Galahad.

    Fait curieux, c'est à un assez triste personnage que l'on doit le plus beau fleuron de toute la légende. C'est en effet de la prison de Newgate que Sir Thomas Malory composa La Mort d'Arthur, vers 1469. Ce titre célèbre n'est pas de son invention. On le doit à son éditeur, William Coxton, qui fit imprimer le livre en 1485, soit quatorze ans après la mort de Mallory. 

    Curieusement, le cinéma a mis un certain temps avant de s'emparer de la légende. La première adaptation ne date que de 1949, avec un feuilleton en quinze épisodes. Les aventures de Sir Galahad. Le succès ne vint qu'en 1954 avec Prince Vaillant, un film tiré du dessin animé de Hal Foster. Le succès ne s'est pas démenti depuis. On peut citer "Merlin l'enchanteur" de Walt Disney, le très satirique "Monthy Python et le Sacré Graal", ainsi que "Excalibur". 

    C'est le thème de la quête du Saint-Graal qui unifie les légendes arthuriennes. Le Saint-Graal est un symbole complexe que les auteurs de roman arthuriens eux-mêmes ne semblent pas totalement maitriser. Aucun ne définit sa signification précise. On en connait plusieurs représentations : pierre précieuse, reposoir de reliques saintes, ou même un étrange plat sur lequel est déposée une tête humaine sanguinolente. Mais le plus souvent, le Graal est le calice de la Cène dans lequel a été recueilli le sang du Christ. C'est Joseph d'Arimathie qui l'aurait amené en Angleterre, ainsi que la lance avec laquelle le centurion transperça le flanc de Jésus Toujours selon la légende, des descendants de Joseph veillaient jalousement sur ce calice et le gardaient dans un château mystérieux.

    De nombreux ouvrages ont été écrit sur la signification du Graal dans le cycle arthurien et dans la mythologie celte. Certains voient derrière la légende la réalité historique de la visite de Joseph d'Arimathie, ce qui parait hautement improbable. D'autres, notamment les occultistes de la Quest Society de G.R.S. Mead, un avatar du mouvement théosophique fondé à la fin du siècle dernier par la célèbre Mme Blavatsky, prétendent que les récits du Graal transmettent le savoir ésotérique d'une société de la haute Antiquité. Mais, comme par définition, ce savoir n'est accessible qu'aux initiés, les preuves manquent pour que nous puissions juger de la valeur de cette hypothèse. Beaucoup plus sérieux sont les ouvrages qui démontrent l'affiliation celtique du Graal, qui n'est qu'une forme christianisée des coupes et chaudrons magiques, symboles de vie et de renaissance dans la mythologie celte. 

    Le Conte du Graal, poème de neuf mille vers de Chrétien de Troyes, est le plus ancien récit de Graal qui nous soit parvenu. Ecrit vers 1120, l'auteur le laissa inachevé. Chrétien affirme qu'il s'inspire d'un livre qui lui donna le Comte Philippe de Flandres. Rappelons qu'à cette époque on tenait beaucoup à l'authenticité d'un récit qu'il fallait onc justifier de sources sérieuses, les inventer, au besoin ! Le héros du Conte du Graal est Perceval de Gallois. Au cours de ses aventures, il trouve le château mystérieux, le gardien et un grand plat en bois aux attributs magiques. Il doit aussi poser une question qui guérira un roi blessé et ramènera la fertilité sur ses terres. Episode que l'on retrouve dans beaucoup de récits du Graal. 

     

              Perceval ressemble à s'y méprendre à Pryderi, le héros des Mabinogion. Dans ces romans de chevalerie de langue galloise, il est souvent fait allusion à un chaudron magique qui présente tout les attributs traditionnel du Graal. On retrouve aussi, indirectement le personnage d'Arthur. Dans un récit intitulé "Le Pillage d'Annwn", le roi et ses hommes font voile vers le monde magique d'Annwn pour s'emparer du chaudron magique. Seul Arthur et sept de ses compagnons en reviennent vivant. Ce récit s'inspire en fait d'un épisode du Mabinogion, de Branwen, fille de Llyr, qui fait partie de la saga de Pryderi. 

    Derrière ces héros celtes se cachent les anciens dieux païens. Llyr, par exemple, est l'équivalent du Gaélique Ler, le dieu de la Mer des Tuatha, de Danaan. Il suffit de rappeler que ces dieux gaéliques possédaient un chaudron magique, une lance et une épée qui donnaient la victoire pour faire immédiatement le rapprochement avec le Graal, la lance qui perça le flanc de Jésus et Excalibur. 

    Vers 1200, Robert de Boron composa Joseph d'Arimathie, un long poème qui raconte comment ce dernier devient le gardien du Graal. Comme Chrétien de Troyes, Robert de Boron prend soins de donner des "preuves" de l'authenticité des ses sources. 

    Joseph d'Arimathie n'est qu'un personnage mineur du Nouveau Testament, "un disciple secret de Jésus qui craignait les Juifs". C'est dans un tombeau qu'il avait fait construire pour lui que les disciples déposèrent le corps de Jésus après la Crucifixion. Dans un Nouveau Testament apocryphe, il prend une tout autre dimension. Les Juifs, furieux contre lui, l'enferment dans une pièce sans fenêtres avec l'intention de la tuer. C'est alors que Jésus ressuscité lui apparait et, avant de le délivrer lui confie la garde du Graal, ce calice sacré qui apporte la joie éternelle à tous ceux qui le contemple. Au cours du récit, Robert de Baron précise qu'il n'y aura que trois gardiens. 

      Libéré de prison, Joseph quitte la Palestine en compagnie de sa sœur Enygeus, de son mari Bron et d'autres juifs convertis au christianisme. Quelques années plus tard, les enfants d'Enygeus et de Bron partent prêcher l'Evangile dans des pays lointains situés "loin vers l'ouest". Un dénommé Pierre, sur lequel on nous fournit peu d'informations part vers le "Val d'Avaron" - Avalon ? - pour attendre le troisième et dernier gardien du Graal, dont l'identité reste incertaine. Pierre emmène Bron, le second gardien. Joseph d'Arimathie ne fait pas partie du voyage.

    Le poème de Robert de Boron explique comment le Graal parvint "à l'ouest". Le but de l'entreprise est clair : convaincre le lecteur que le Graal est bien une relique chrétienne. Pourtant, l'Eglise reste bien curieusement absente de toute cette aventure. Comment se fait-il qu'une relique aussi importante ne soit pas sous sa protection ? Qu'elle soit sous la garde d'"indépendants" qui détiennent leur autorité du Christ lui-même. D'autres part, les mystérieuses transformations miraculeuses que subira le troisième et dernier détenteur du Graal semblent bien païennes. Ce qui fait dire à beaucoup que la légende du Graal cache en fait un enseignement hérétique...

    En ce XIIIe siècle, en Allemagne, le poète Wolfram Eschenbach reprenait le récit inachevé de Chrétien de Troyes et composait un Parzival. C'est un poète provençale du nom de Kyot, affirme-t-il, qui lui aurait raconté l'histoire. Ce dernier aurait lui-même trouvé ce récit dans un livre écrit en arabe, à Tolède. Dans le Parzival d'Eschenbach, le Graal se trouve dans le château de Munsalvaesche sous la garde des chevaliers "Templeisen" - allusion presque directe aux Templiers. 

    Les chevaliers de l'ordre du Temple n'étaient que neuf à l'origine. Ils avaient pour mission de protéger les pèlerins en chemin pour Jérusalem. A la fois religieux et militaires, ils faisaient vœux de pauvreté, d'humilité et de chasteté, et... célébraient des cérémonies dont le rituel est resté mystérieux. L'ordre grandit vite en puissance et en richesse. Se sentant menacé, le roi de France fit arrêter et torturer les grands maitres. L'Ordre démantelé et accusé d'hérésie, il s'empara de ses richesses.  

    On retrouve clairement l'influence templière dans la Queste del Saint-Graal du cycle des romans arthuriens... On y détecte aussi l'influence des moines cisterciens, l'Ordre fondé en 1098 par Bernard, abbé de Clairvaux, lui-même grand admirateur des Templiers. On ne peut en effet considérer cette œuvre comme un roman. C'est une polémique religieuse dont le thème est la pureté. Galahad, que l'auteur fait chevalier de la Table ronde, en est le héros. Il incarne les vertus chrétiennes de virginité, d'humilité et de patience, qui, jusqu'alors, n'étaient guère les qualités prédominantes des chevaliers de la Table ronde. Malade, Galahad trouve le Graal au château de Corbonec. Il doit ensuite l'emmener à Sarras, centre païen nouvellement converti au christianisme par Joseph d'Arimathie. Galahad devient roi de Sarras et meurt après un an de règne.

    Un grand miracle suivit la mort du saint chevalier : "Ses deux compagnons virent une main descendre du ciel. Elle prit le calice sacré et la lance, puis disparut dans le ciel. Personne depuis n'a revu le Saint Graal". Ce que contredit une légende très populaire qui veut que le Saint Calice soit caché à Glastonbury, identifié à Avalon, le lieu sacré où Pierre, le disciple de Joseph d'Arimathie, va prêcher l'Evangile, accompagné de Bron, le gardien du Graal. D'autre part, l'auteur anonyme du Haut Livre du Graal - Perlesvaus (1210), affirme s'être inspiré d'un livre écrit en latin que lui auraient donné les moines de Glastonbury.

    Selon une autre légende, l'apôtre Philippe serait venu prêcher en France après la Crucifixion. Or, au XIIIe siècle, les moines de Glastonbury affirmaient que ce dernier avait envoyé douze disciples en Grande-Bretagne. Le nom de leur chef nous est familier : il s'agissait de Joseph d'Arimathie. Ils auraient bâti l'ancienne église de Glastonbury, une construction en clayonnage qui aurait été détruite par un incendie en 1184. Elle se trouvait sous les ruines de l'abbaye actuelle. Après la mort de Joseph et de ses disciples, le site de Glastonbury serait resté désert. Beaucoup plus tard, des ermites envoyés par le pape Eleutherius fondèrent une communauté monastique.

    Ce récit aurait-il un fondement historique ? Il se peut que ce qui était alors une île ait été visité par des missionnaires chrétien il y a très longtemps. La légende associe Avalon et Glastonbury et veut que le Saint-Graal y soit caché. Les moines de l'abbaye ne sont pas responsable de ce mythe tenace. Toutefois, ils l'alimentèrent involontairement en affirmant que Joseph d'Arimathie était venu à Glastonbury. L'imagination populaire fit alors de Joseph l'oncle de Jésus et broda sur ce thème.

       Dans un récit moins connu, Joseph envoie Jésus en Grande-Bretagne pour qu'il apprenne à travailler l'étain. C'est ainsi qu'il aurait construit lui-même le bâtiment de clayonnage de Glastonbury! Idée intéressante, mais hautement improbable.   

    L'origine du Graal se perd dans la nuit des temps. Attribut païen, puis chaudron magique celte, il fut transformé au Moyen Age en un symbole chrétien. 

    Reste le problème de la réalité historique des exploits d'Arthur...  

                             Extrait de "Inexpliqué" 1981

     


  • Commentaires

    1
    Vendredi 9 Avril à 15:15

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