• L'hypnose

     

    L'hypnose

    C'est probablement le goût du spectacle qui a dégradé l'hypnose jusqu'à en faire un art de bateleur.
    L'hypnotiseur fait appel à des volontaire dans la salle. Quelques-uns se lèvent, mais tous ne sont pas des complices. L'un après l'autre, l'hypnotiseur les endort en leur parlant sur un ton assez vite apaisant. Ceux qui ne réagissent pas sont déclarés rebelles et renvoyés à leur fauteuil. Ceux qui restent sur scène se livrent, consciemment ou non, à une série de pitreries qui ridiculisent tout en amusant la salle...

    L'hypnose

    C'est Franz Anton Mesmer (1734 - 1815) qui lance, sous le nom de
     " magnétisme animal ", ce que nous appelons aujourd'hui hypnose. 
    Vers 1773, il prétend traiter toutes sorte de maladies en plaçant ses patients en état de transe. Cette forme de thérapeutique n'était cependant pas nouvelle : bien avant Mesmer, certains médecins grecs ou proche-orientaux utilisaient déjà lé transe pour effacer la douleur. Avec Mesmer, pourtant, l'hypnose acquiert une immense popularité, qui suivra son
    " inventeur " jusqu'à ce que le public se lasse des scandales provoqués par les abus de ses disciples.

    Franz Anto Mesmer a tout d'abord découvert que, conditionné au cour de sa transe, le sujet pouvais très bien ne plus sentir la moindre douleur en cas de blessure. A une époque où les anesthésies n'existaient pas, c'était une révolution. Sceptiques, les médecins et les chirurgiens officiels ne seront convaincu qu'après une amputation de la jambe d'un sujet placé en état d'hypnose. Et encore ! Quelques-uns prétendront que l'opéré... faisait semblant de ne pas avoir mal.

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    Le père du magnétisme animal a ensuite aiguillé l'hypnose vers le paranormal en constatant que certains sujets pouvaient, une fois hypnotisés, révéler des dons et des talents ignorés d'eux dans la vie quotidienne. Dans quelques cas, l'hypnose pouvait même amener à décrire des lieux inconnus de l'hypnotisé ou des événement auxquels il n'avait pas participé.

    Ce deuxième élément est certainement à l'origine de la mauvaise réputation de l'hypnose dans le milieu scientifique.

    Le terme d' "hypnotisme" a été inventé par un anglais,
    James Braid (1795 - 1860) mais c'est J.M. Charcot (1825 - 1893) qui lève l'interdit officiel sur cette forme de traitement. A la fin du XIXè siècle, l'hypnose est passionnément discutée dans les facultés de médecine, même si ses démonstrations ne sont pas toujours sérieuses.

    Tout n'était pourtant pas mauvais dans les manifestations hypnotiques. A de nombreuses reprises, on a vu des sujets soumis à une suggestion mettre le doigt sur la flamme d'une bougie sans ressentir - si tel en était l'ordre - la moindre douleur. De même, on a prouvé que, convenablement suggestionné, un sujet pouvait éprouver la douleur d'une violente brûlure avec, par exemple, un fer froid. Certains sujets peuvent même avoir après un contact aussi inoffensif, l'ampoule caractéristique d'une brûlure...

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    Qu'en penser ? Jusqu'à présent, personne n'a pu clairement et valablement expliquer l'hypnose. Ce phénomène est généralement décrit comme un état de transe, une altération des facultés conscientes, qui se soumettent à la volonté de l'hypnotiseur. En état d'hypnose, un sujet se défait d'une partie de sa maîtrise de soi ou de certaines inhibitions. Mais pas de toutes, se qui laisse supposer  qu'il y a une part certaine d'auto-abandon dans le succès d'une suggestion hypnotique.

    On connait l'histoire de la jeune fille qui, sur scène, obéit aveuglément à l'hypnotiseur, même quand celui-ci lui ordonne de commettre un crime ou une action dangereuse, mais qui s'enfuit en courant et en rougissant quand celui-ci lui enjoint de se déshabiller...

    Pour Léon Chertok, directeur de l'institut de psychiatrie de Paris, l'hypnose serait une sorte de quatrième état de l'organisme (après la veille, le sommeil et le rêve).
    Pour Ivan Pavlov, le célèbre physiologiste soviétique, c'est un mécanisme de défense, analogue au sommeil.
    Le psychiatre britannique Stephen Black a synthétisé ces deux propositions en affirmant que l'hypnose pourrait être un réflexe conditionné, qui daterait des premiers mois de la vie intra-utérine.

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    Cette proposition expliquerait bien pourquoi l'immobilité forcée conduit, par suggestion ou non, à un état d'inaction quasi foetal, ou pourquoi certains bruits rythmés peuvent mettre en état d'hypnose ( ils rappelleraient le battement de coeur maternel). De même, l'état de transe de certains danseurs - traditionnels ou modernes - ou l'effet envoûtant des musiques rythmées et cadencées pourraient s'expliquer de cette façon.

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    Ce n'est pour l'instant qu'une hypothèse.
    On sait que le sommeil et le rêve produisent des tracés différents sur un électro-encéphalogramme : l'état d'hypnose ne provoque pas d'ondes particulières. Il ne modifie pas non plus le rythme cardiaque. Tout au plus, cet état provoque t-il un manque de sensibilité à la douleur, dont le symptôme de plus évident est un net accroissement de la pression sanguine : au cours d'une expérience à l'université de Stanford, on a comparé les réactions de deux groupes.
    Le premier était hypnotisé pour ne ressentir aucune douleur. Le second ne l'était pas, mais on avait demandé à ses membres de faire semblant de ne rien ressentir.
    Les réactions physiques des deux groupes à une douleur se sont révélées identiques, à ceci près que les hypnotisés avaient conservé une pression sanguine stable...

    L'hypnose

    D'où l'idée que l'hypnose pourrait agir comme un véritable analgésique.
    Ce que Mesmer avait déjà trouvé. D'où le renouveau de l'utilisation médicale de l'hypnose, dans tout les cas bénins où l'emploi d'anesthésiques est à éviter.
    Curieusement, alors qu'une substance chimique bloque les impulsions nerveuses douloureuses, l'hypnose semble agir sur le cerveau lui-même, qui ne tiendrait alors plus compte de ces impulsions douloureuses.

    Pour les accouchements difficiles, l’anesthésie hypnotique est idéale.
    De nombreux chirurgiens-dentistes y recourent également.
    Le traitement de certaines allergies, ou de l'accoutumance au tabac, s'en trouve nettement facilité.

    Depuis une dizaine d'année, les recherches médicales sur les applications pratiques - et non plus paranormales - de l'hypnose se sont amplifiées.
    On a pu montrer que l'homme était capable de contrôler  un certain nombre de ses fonctions corporelles, comme les pulsations cardiaques, la tension artérielle ou les sécrétions gastriques.

    L'hypnose

    Une nouvelle discipline est née : l'auto-hypnose, ou autosuggestion. Certains de ceux qui y ont recours peuvent, comme l'Américain Jack Scwartz, régler le débit artériel de la même façon qu'on règle... un robinet ! Même en cas de cancer généralisé, l'hypnose peut être efficace : non pour guérir un organisme déjà miné, mais pour prolonger la survie ou faire régresser - cela s'est vu - les tumeurs.

    L'hypnothérapie ne pose pas comme un traitement miracle. Les médecins qui l'utilisent prennent bien le soin d'expliquer à leur patients qu'il ne s'agit que d'une prise de conscience de leurs propres possibilités, de leurs propres pouvoirs. Cette hypnothérapie a deux avantages incontestés : elle est très facile à enseigner et ne coûte quasiment rien...

    Même si personne ne peut définir la nature réelle de l'hypnose, le fait subsiste que la plupart des fonctions corporelles peuvent être modifiées par la seule force de l'esprit humain - le sien ou celui d'un hypnotiseur.
    C'est ouvrir à notre curiosité un immense territoire vierge : celui des fantastiques possibilités de notre cerveau et de notre corps.

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    Mais on peut aller encore plus loin. Un autre domaine nous est ouvert par l'hypnose : celui de la mémoire.
    De stupéfiantes découvertes nous y attendent.

     


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