• Hadès

    Fils de Cronos et de Rhéa, Hadès reçut le monde souterrain lors du partage avec ses frères Zeus et Poséidon.
    Les Grecs croyaient que son nom d'Hadès " Celui que l'on ne voit pas ", qui lui venait de la kunée, casque fabriqué par les Cyclopes dont le pouvoir était de rendre invisible, portait malheur. Ils désignaient alors le dieu des morts par un surnom flatteur, pour ne pas l'indisposer mais témoignant aussi d'autres attributs : ainsi était-il pour beaucoup ploutôn, " le riche ", car il représentait aussi les richesses du sol fertile et du sous-sol. C'est pourquoi il est fréquemment représenté avec une corne d'abondance. Il était aussi klimenos, " le renommé ", car dans ls conceptions anciennes la mort scellait définitivement la renommée qu'un mortel avait pu acquérir de son vivant.

           En dépit de sa réputation de dieu sinistre et inflexible, Hadès n'était en rien une figure démoniaque, bien au contraire. Représenté comme un homme mûr, assis sur son trône et tenant un sceptre à deux fourches, il avait pour mission principale d'empêcher que les âmes des défunts quittent les Enfers. Mais il passait aussi pour être la figure par excellence du juge, comme le présente notamment Eschyle, même si la conception grecque du Jugement dernier différait notablement de celle des Égyptiens ou des Chrétiens par la suite. Il partageait ce rôle avec Minos, Rhadamante et Eaque qui assignaient une place à chaque nouvel arrivant.

    Le royaume d'Hadès  était par ailleurs clairement défini et délimité. Selon une antique croyance, il était même situé à l'ouest, à l'endroit où se couche le Soleil, mais une tradition postérieure le place sous la Terre. Il était délimité par des rivières au rôle symbolique qui convergeaient au centre du monde souterrain vers un vaste marais : le Styx représentait la haine, l'Achéron le chagrin, le Cocyte les lamentations et le Léthé l'oubli. C'est Charon qui permettait le passage sur le Styx et qui recevait de la part du défunt une obole afin de le rétribuer. C'est pourquoi , à partir du Vè siècle av J-C, une pièce de monnaie était glissée dans la bouche du mort, sous la langue.

    A l'image des autres royaumes, celui d'Hadès était polymorphe : ainsi pouvait-on y distinguer pour commencer l'Erebe, où les défunts expiaient temporairement leurs fautes, et la plaine des Asphodèles, vaste espace où se rendaient la plupart des âmes pour y mener une existence floue et imprécise, pâle reflet de leur vie sur la Terre. Ceux qui avaient gagné la faveur des juges se rendaient aux Champs Elysées ou sur l'île des Bienheureux, où régnait un printemps éternel. Enfin ceux qui avaient offensé les dieux, à l'image de Prométhée ou de Sisyphe, allaient dans le Tartare, y revivant indéfiniment maux et tourments. Afin qu'aucune âme ne s'échappe, Hadès sortait peu de son royaume à l'exception notable du rapt de sa future épouse. 

     

     

     


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