• Dark tourism

    Dark tourism

    Les touristes n'en restent pas moins fascinés par toutes les tragédies qui nourrissent l'histoire des régions Écossaises. Et les agences de voyage l'on bien compris. Les propositions de "ghost tours" fleurissent un peu partout. A Edimbourg, elles sont des dizaine à invoquer les contes sordides pour attirer les chalands : " Partez à la découverte d'endroits devenus légendaires pour leurs meurtres, monstres et carnages !", "Vous entendrez des histoires de sang et de violence "... Un phénomène que le professeur John Lennon, spécialiste du tourisme à l'université de Glasgow, a baptisé le "dark tourism", basé sur une fascination pour les lieux associés à la mort et aux atrocités. Cet attrait morbide semble concerner tous les publics : la plupart de ces macabres balades sont accessibles aux enfant dès l'âge de cinq ans, qui adorent se faire peur dans des ambiances dignes d'Halloween, avec guides costumés et fantômes de carton-pâte. Un véritable business de l'effroi. Mais attention : en Ecosse, on ne plaisante pas top avec les fantômes. On vit avec eux. Richard Falconer organise des visites des lieux historiques de St Andrews, petite ville qui, avec ses deux cents spectres, serait la plus hantée du monde. 

    Cet enfant du pays est un passionné. Depuis trente ans, il a collecté des centaines de témoignages sur les phénomènes paranormaux de la région. Et ce n'est pas le seul guide qui prenne au sérieux ces apparitions. Sylvie Havart a publié en 2014 "L'Ecosse hantée, guide à l'usage de chasseurs de fantômes", un voyage à travers l'histoire et les légendes de ces sombres bâtisses écossaises. Lors de ses nombreux périples, elle a eu l'occasion d'échanger avec les employés des sites historiques. Beaucoup disent avoir entendu des bruits de pas, des sanglots, ou même avoir vu des guéridons se renverser. Des conditions de travail particulières, qui peuvent être mal vécues :
    " Il n'est pas rare, lors d'une visite, raconte-t-elle, de voir un guide mal à l'aise rester sur le seuil d'une pièce. 
    J'ai même rencontré une femme si terrifiée après un an et demi de service qu'elle avait décidé de quitter son emploi. "

    Les impressions des touristes sont, elles aussi, troublantes :
    "Les manifestations sont souvent les mêmes, poursuit Sylvie Havart. Les batteries des appareils photos et des portables se déchargent d'un coup, on ressent un sentiment d'oppression et de malaise, une soudaine tristesse, voire, assez fréquemment, des nausées. Je pense être quelqu’un de plutôt rationnel. Il n'en demeure pas moins que j'ai vécu des expériences que je ne m'explique toujours pas. "

    En 2008, alors qu'elle passait la nuit dans une tour de Dalhousi Castle, au sud d'Edimbourg - un endroit supposément hanté par une "dame grise" autrefois emmurée dans les épais murs du château -, Sylvie Havart eut la frayeur de sa vie : " Dans la nuit, j'ai entendu gratter à plusieurs reprises à la porte qui séparait la chambre de la salle de bain. Lorsque j'ai allumé, j'ai vu la poignée tourner lentement ", raconte-t-elle. mais lorsque, les genoux tremblants, elle est allée ouvrir, la pièce était vide !   

     

     

     

     

     


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